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Cassie regardait Jo avec impatience. Cette dernière assise devant le perron d'une porte marmonnait des jurons en signe de mécontentement.
Le soleil réchauffait les bras nus de Cassie, la chaleur de ce mois de septembre était encore pesante. Les rayons lumineux tapaient aussi sur la tête de Jo qui, tentait de l'éviter en se protégeant de ses deux mains.
-Jo, il nous en reste plein encore, on ne peut pas abandonner maintenant! Lança Cassie un brin excédée par l'attitude de sa meilleure amie.
-C'est la dixième maison qu'on essaye, et la dixième qui nous traite comme des moins que rien! Même si on m'acceptait, j'le refuserait ce boulot! Répondit-elle en colère, grattant le sol de la pointe du pied.

Cassie et Jo, effectuaient le tour des maisons de blancs en quête d'un quelconque travail. De ce côté-ci de la ville, la plupart des habitants avaient la peau blanche et étaient plus ou moins riches. Les deux jeunes femmes, à dix-neuf ans, ne pouvaient plus se permettre de dépendre financièrement de leur parents. Là était la raison de leur présence devant cette maison plus grande que les deux leur réunies, pourtant abritant seulement une certaine A. Fane.
A l'intérieur d'un calepin, Cassie avait noté, la veille, une trentaine d'adresses susceptibles d'avoir besoin de personnes comme Jo et elle. C'est-à-dire, des jeunes prêtes à accomplir n'importe laquelle tâche pour une petite somme d'argent en contrepartie. Toutes deux proposaient de faire le ménage, les repas, garder les enfants ou les animaux de compagnie...Toutefois, elles s'étaient faites suscintement rembarées à peine entrées.
Les potentiels patrons hurlaient qu'ils ne voulaient pas de noirs chez eux.
Le travail était tellement rare et l'argent précieux que Cassie ne comprenait pas la manière d'agir de son amie.
-Je trouverais un autre moyen! S'exclama Jo tout en se levant.
Cassie haussa les épaules toujours perplexe, le meilleur moyen était celui-ci.
-Tu ne me crois pas? On verra bien. Sur ce, elle s'en alla en direction de chez elle.
-On se voit ce soir quand même? Demanda Cassie assez fort pour se faire entendre par son amie déjà à une vingtaine de mètres.
-Bien sûr! Dit la questionnée avec assurance.
Rassurée Cassie, consulta son calepin à la couverture aussi blanche que sa peau à elle était noire. Un blanc pur, parfait, il est beau, pensa-t-elle. Elle l'ouvris avec délicatesse, des ses longs doigts fins et fît tourner les pages. La jeune femme avait le don de paraître gracieuse à chacun de ses gestes, un simple livre ouvert donnait l'impression d'un mouvement élégant.
Les lignes bleues se trouvaient recouvertes de lettres et de chiffres correspondant à des numéros de rues, des noms de familles. La brune barra les dix adresses qui avaient échouées. Comme toujours, son cerveau était occupé par une seule pensée, la danse. Naturellement, son poignet tourna et re tourna sur les feuilles, Cassie dessinait des pas de danse. Ses dessins, ressemblaient plutôt à des schémas grossièrement tracés mais ils plaisaient à la jeune fille. Elle s'imaginait les faire, les vivre.
-Vous là! Déguerpissez de devant de chez moi! Cria une voix naissillarde dans le dos de Cassie.
Cassie, retourna la tête subitement, ses cheveux sombres lui claquèrent au visage. Elle ne connaissait que trop bien l'expression du visage de cette femme, A. Fane, le dégoût. Ainsi, la chercheuse d'emploi qui était en plein dans ses rêveries s'en alla d'un pas hâtif. Elle n'avait pas bougé d'emplacement depuis que Jo était partie.
Le soleil était positionné maintenant, plus haut dans le ciel, d'ailleurs, l'estomac de Cassie se retournait dans tous les sens. Elle était donc contrainte de rentrer chez elle pour manger, donc d'interrompre ses recherches. Tout de même, elle se jura de revenir cet après-midi. La brune, était ce genre de personne qui n'abandonnait jamais.
Encore emprise de ses rêveries, Cassie regagnait sa maison. Elle passa devant une salle de sport, un gym plus particulièrement. Évidemment comme il était au sein de la zone pauvre, il semblait délabré. Les murs, jaunis par le temps présentaient des crevasses ici où là, tandis que la peinture autrefois rouge des portes s'écaillait. Curieuse, elle décida de s'arrêter, son visage atteignait parfaitement la fenêtre placée à droite des deux portes battantes qui donnaient sur l'intérieur du bâtiment.
Elle discernait plusieurs hommes s'entraîner contre des sacs de mousse, Cassie plissa les yeux, il lui semblait reconnaître cette carrure au fond de la salle.
Le gars du combat de rue hier, celui qui avait gagné.
Au centre se la pièce un ring trônait fièrement, cependant il était vide, il semblait défier quiconque de venir. Cassie n'aimait pas vraiment ce sport, la boxe était beaucoup trop violent pour elle. En effet, elle, elle était douce, attentionnée envers toute âme qui vivait. La danse lui convenait mieux.
La jeune fille s'apprêtait à repartir, pour enfin rentrer chez elle car son ventre lui suppliait chaque seconde un peu plus de le nourrir. La pauvre, n'avait pas mangé depuis la veille, en ce vingt-huit septembre la fin de mois se faisait ressentir. Cassie essayait de laisser le maximum de nourriture à sa mère, son père quant à lui était nourris à l'usine.
La main agrippée à la lanière de son sac beige ses pas se dirigèrent à l'opposé du gym.
-Eh! Attend. Hela une voix masculine.
Avant qu'elle ne puisse effectuer le moindre mouvement, quelqu'un lui attrapa le bras.
Cassie trembla, puis ses yeux de velours se levèrent vers le visage de l'homme. Elle se trouvait devant le boxeur qu'elle avait observé quelques minutes plus tôt, il avait sûrement dû remarquer sa présence. La brune, ne su dire si elle se sentait paniquée par le fait de savoir de quoi il était capable, elle se souvenait de la manière dont il avait gagné son combat la veille ou au contraire si les traits doux de son visage lui aspiraient confiance.
-Moi c'est Adonis. Susurra-t-il gravement, plongeant son regard profond dans le sien.
-Cassie. Dit-elle simplement un sourire au lèvres, finalement envoûtée.

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