[ chapitre 9 ]

Drago avait gardé les yeux fermés dès l’instant où il avait entendu la porte s’ouvrir. Il ne voulait pas affronter Harry. Pas maintenant. Pas après cette dispute qui lui laissait encore un goût amer dans la bouche et un poids sur la poitrine.

Il s'était promis de dormir, d’ignorer la douleur qui lui compressait le cœur, mais c'était impossible. Son corps était épuisé, pourtant son esprit était en feu, incapable de se calmer.

Chaque mot qu’ils s’étaient lancé tournait en boucle dans sa tête.

Il avait voulu provoquer Harry. Il avait voulu qu’il perde patience, qu’il hurle, qu’il le déteste autant qu’il détestait cette tension entre eux. Parce que s’il le détestait, alors au moins… c’était plus simple.

Mais quand Harry avait claqué cette foutue porte, Drago avait senti quelque chose se déchirer en lui.

Et il n’avait pas compris pourquoi.

Il n’avait pas voulu pleurer. Merlin, non. Mais les larmes étaient venues d’elles-mêmes, brûlantes et silencieuses, dévalant ses joues comme si son propre corps le trahissait.

Et maintenant, il était là, figé sous ses draps, la respiration contrôlée, s’efforçant d’avoir l’air paisible alors qu’il était tout sauf ça.

Il entendit Harry bouger dans la pièce. Des pas feutrés, un soupir presque imperceptible. Puis le froissement des draps lorsqu’il se glissa dans son lit.

Drago ne bougea pas.

Il aurait pu tourner la tête, faire semblant de se réveiller, dire quelque chose. Mais il n’en avait pas la force.

Parce qu'il savait que s’il le regardait, s’il croisait son regard, tout ce qu’il ressentait deviendrait encore plus réel.

Il ne voulait pas ressentir.

Mais il ne pouvait pas s’en empêcher.

Il savait qu’Harry était là, à quelques mètres seulement. Il pouvait presque sentir sa présence, cette chaleur familière qui lui manquait déjà lorsqu’il était parti.

C’était insupportable.

Mais c’était aussi rassurant.

Il se serra un peu plus sous les couvertures, essayant d’ignorer cette sensation étrange dans son ventre, ce soulagement discret mais bien réel de savoir qu’Harry était revenu.

Il ferma les yeux plus fort, s’obligeant à respirer lentement.

Il n’était pas sûr de pouvoir dormir cette nuit.

Mais il savait une chose : tant qu’Harry était là, il pouvait au moins essayer.

Et cette simple penser lui fit froncer le nez

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