24

Un petit poids plume me tombe brutalement dessus, me sortant du sommeil.

- Harry debout !

Il me faut quelques secondes pour émerger, et me rappeler que je suis chez Louis.

- Doucement, je souffle en me redressant.

Roxanne rigole et s'installe sur mes jambes, par dessus la couverture.

- Et comment ça se fait que tu sois là ?

- Papa Cal il peut pas nous emmener à l'école ce matin. Alors il nous a ramené à la maison.

Sarah entre à son tour dans la chambre et grimpe sur le lit.

- Il est encore là "papa Cal" ?

- Oui, papa lui a donné du café pas bon, se moque Sarah.

Ce serait quand même très mal poli si je n'allais pas lui dire bonjour, non ? Je pousse doucement les filles pour me lever, et leur tends aussitôt les bras. Elles y sautent aussitôt, et je les cale chacune sur une hanche.

- Hop, en route !

Elles rigolent en s'accrochant à mon cou. Je sors de la chambre et marche vers la cuisine. La voix de Calvin me parvient déjà. Je me retiens de lever les yeux au ciel, et entre dans la cuisine.

- On a réveillé Harry ! s'exclame joyeusement Sarah.

- Les filles je vous avez dis quoi ? souffle Louis en posant sa tasse de thé sur le comptoir.

- Mais il est même pas fâché !

- C'est bon, fallait que je me réveille de toute façon.

Je pose les filles sur le sol, et me penche pour embrasser Louis. C'est relativement bref, mais assez pour emmerder Calvin vu sa tête.

- Harry, encore là, il remarque en croisant ses bras sur son torse.

- Pas devant les filles, lui souffle Louis.

C'est bien Lou. Je lance un sourire à Calvin et me prépare un thé. Un silence glacial s'est abattu sur la cuisine, et je m'en veux un peu lorsque je vois que Louis est vraiment mal à l'aise maintenant.

- Bon, faut que j'y aille. Je reviendrais les chercher vendredi soir, lance l'ex de Louis en se levant.

Vendredi soir ? Il les reprend le weekend prochain ?

Je regarde Louis, et il détourne aussitôt son regard.

- Tu peux pas les prendre ce weekend, ma mère vient pour les rencontrer.

- Louis ne m'en a pas parlé.

Je m'en doutais.

- C'est pour ça que je te le dis.

- Je viendrais quand même les chercher. J'ai quelque chose de prévu avec eux.

- Les filles, vous venez on va faire un dessin dans ma chambre, lance Léo, apparaissant à l'entrée de la cuisine.

Les jumelles le suivent aussitôt.

- Ca peut sûrement attendre le weekend d'après, non ?

- Non. Et pourquoi ta mère passerait avant moi ? Je suis leur père. Moi et Louis, on est leurs parents. T'as rien à décider. N'est-ce-pas Louis ?

Il le fait exprès, il sait que Louis ne le contredira pas. Mon petit-ami inspire profondément, et passe sa main dans ses cheveux.

- Peut-être que... tu pourrais les ramener dimanche matin ?

Je suis quand même assez surprit que Louis propose ça. C'est pas exactement ce que je voulais, mais c'est déjà bien. Et dans un sens, Calvin a raison, même si je ne l'avouerais jamais à voix haute. Ce sont eux les parents de Noah, Sarah et Roxanne.

- Moi ça me va, je soutiens Louis.

On se regarde avec Calvin, alors qu'il enfile sa veste.

- Je les ramènerais vers 14:00. Pas avant.

Je suis surpris de croiser le regard de Louis, qui semble me demander si ça me va. J'hoche légèrement la tête, car c'est mieux que rien, et que Louis a fait un petit effort... parce-que je l'ai un peu poussé, mais quand même.

- Super, sourit Louis. A vendredi alors.

- Ouais, maintenant je vous laisse vous engueuler.

- Mais va te faire foutre, je lâche cette fois, sans me contrôler.

- T'inquiète pas c'est ce que je vais faire. Je vous souhaite pas la même chose hein.

Je fais un pas vers lui, mais Louis me retient aussitôt.

Calvin sourit en voyant que je me calme, et s'approche de l'escalier pour appeler les enfants et leur dire au revoir.

- S'il te plaît, laisse-tomber, me souffle Louis. Laisse-tomber.

Je soupire et tourne la tête pour ne pas le regarder. Calvin s'en va. Dès que la porte claque, je me détache de Louis.

- Je vais prendre ma douche.

- Harry...

Je l'ignore et m'enferme dans la salle de bain de sa chambre.

* * *

Je pousse doucement la porte du studio. Les bruits qui viennent du bureau m'indiquent que Niall est déjà là. Je ferme la porte et le rejoins, sans rien dire. Je sens son regard sur moi, mais je fais comme si il n'était pas là.

- Bonjour Harry.

Je ne réponds pas, et sors juste mon ordinateur portable de sa pochette.

- J'ai pas mal réfléchi ce weekend. J'envisage très sérieusement de m'installer à Doncaster. Tu pourras garder le studio.

- Quoi ? il s'étrangle presque. Mais non, hors de question.

- Pourquoi ? Louis va foutre ma vie en l'air ?

- C'est pas... Ok je suis désolé ! J'aurais pas dû dire tout ça l'autre soir, mais j'ai paniqué ! Tu comprends ça ? J'ai paniqué, et quand je panique, je deviens un peu... très con. Vraiment très con.

- C'est vrai que t'avais des raisons de paniquer. C'est pas comme si j'étais moi même homosexuel et que j'allais te juger sur ce que tu fais avec ton cul. Ouais je comprends que tu ai paniqué.

Il souffle et passe sa main dans ses cheveux, cherchant ses mots.

- Par contre, j'estime avoir le droit de te juger sur la façon dont tu traites Zayn. Il est mon ami. Que tu joues avec lui comme ça, au bout d'un moment stop. Il a un coeur, et tu le possèdes à 10 000%. Sérieusement Niall, il est dingue de toi. J'ai jamais vu quelqu'un d'aussi amoureux. Il fait le dur, et prend tout à la rigolade quand tu es là, mais crois moi qu'il souffre énormément. A cause de toi. Tu aurais dis un "non" définitif dès le départ, vous seriez juste restés amis, ou vous auriez coupés les ponts, je pense que ça aurait été plus simple... Mais là, cette petite dose que tu lui donne dès que tu as besoin, pour mieux le jeter après, c'est en train de le tuer.

Niall me regarde, les larmes aux yeux. J'inspire doucement et m'assois sur le bord de mon bureau.

- Tu te souviens quand j'ai fais mon coming-out ? J'ai perdu quelques amis, mais toi tu es resté. Et tu m'as dis que tu t'en foutais complètement, que j'étais toujours moi. Tu le pensais ou pas ?

- Oui. Je le pensais. Je le pense toujours.

- C'est pas ce que tu as dis vendredi soir. Et vu comment tu te fais du mal, la façon dont tu penses de toi doit être bien différente de ce que tu pensais de moi il y a 8 ans.

- Je pensais pas que...

- Que quoi ? je l'encourage un peu, espérant qu'il vide enfin son sac.

- Je pensais pas que c'était comme ça. Je veux dire... j'ai constamment peur que quelqu'un l'apprenne, que le regard des gens changent, qu'ils se moquent, qu'ils me fassent du mal...

- Evidemment que ça fait peur... mais je te garantie que dès que tu l'auras accepté, ça ira mieux. Je te parle pas d'accepter d'être homosexuel, bi, ou toute autre étiquette dans ce genre. Je te parle d'accepter que tu es au minimum attiré par Zayn.

Il ne dit rien, et baisse la tête.

- Tu... tu crois qu'il m'en veut ? il bredouille.

- A ton avis... Si tu te décides à le récupérer, je sens que tu vas ramer cette fois.

Il plonge ses mains dans ses poches et souffle. Je m'installe à mon bureau, le laissant réfléchir un peu sur tout ce dont on vient de parler.

- Je suis amoureux, il murmure sans me regarder.

* * *

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