20

Avant de rentrer, on est allé chercher les médicaments pour Noah.

Lorsque je me gare devant la maison, il est presque 20:00. Noah dort dans son siège auto, tandis que Louis regarde la porte d'entrée, sans vraiment bouger.

- Tu peux garder ma voiture pour rentrer chez toi si tu veux.

Il passe sa main dans ses cheveux et souffle.

- Qu'est-ce-que tu vas faire toi ?

- Je...

Sa voix se casse, et il fond en larme. Je me détache aussitôt, et l'attire contre moi. Louis se laisse faire, et je sens ses mains s'accrocher au col de ma chemise. Délicatement, je frotte son dos et embrasse son cou.

- Ca va aller Louis. D'accord ? Ca va aller. On va rentrer, coucher les enfants, et aller dormir. Tu en as besoin. On parlera demain.

- Tu restes ? il demande d'une petite voix.

- Je reste.

- Merci.

D'une main, Louis essuie ses joues mouillées, puis se décale de moi.

- Lou ?

Il relève ses yeux humides vers moi, alors que je me penche pour l'embrasser. Un baiser furtif, mais tendre.

- Je t'aime.

Il sourit doucement, et alors qu'il allait répondre, une petite voix enfantine nous coupe.

- Vous avez finis les bisous parce-que moi je suis fatigué.

Je ris et tourne la tête vers Noah, qui nous regarde avec sa frimousse de boudeur.

- Tu es réveillé toi ?

- Bah oui depuis longtemps. Vous faites trop de bruit.

- Toi aussi tu faisais du bruit. Tu ronfles fort Noah.

- Même pas vrai je ronfle pas moi !

Louis rigole légèrement et se détache. J'ouvre ma portière pour descendre, et aider Noah à faire pareil. Il porte ma veste bien trop grande pour lui, mais il avait froid, et n'arrivait pas à passer son bras dans son manteau à cause de plâtre. Il prend aussitôt la main que son papa lui tend et ils rentrent alors que je récupère le sac du petit garçon, puis ferme la voiture.

Lorsque je les rejoins à l'intérieur, je sens aussitôt deux petites choses s'accrocher à mes jambes.

- Harry !

Je souris, pose le sac de Noah et m'accroupis pour embrasser leurs joues.

- Hey, vous êtes pas encore couchées vous deux ?

- On voulait attendre papa et Noah.

- Tu nous as beaucoup beaucoup manqué.

Je souris à Roxanne et embrasse son front.

- Vous aussi vous m'avez manqué.

Elles s'accrochent toutes les deux à mon cou pour que je les porte. Ce que je fais, les calant chacune sur une hanche. Louis nous regarde depuis l'encadrement de la cuisine, où Noah montre son plâtre à sa mamie. Nos regards se croisent, et il me sourit.

- Vous avez brossé vos dents les filles ?

- Oui !

- Regarde elles sont toutes propres !

Elles font toutes deux un immense sourire, montrant leurs petites dents blanches. Je souris, elles sont adorables.

- Allé, au lit maintenant ! Vous faites un bisous à mamie.

- Oh déjà...

Elles boudent un peu, mais je les repose par terre. Les jumelles vont dire bonne nuit à Johannah, puis monte à l'étage avec leur papa. J'entre enfin dans la cuisine, où Noah dévore déjà l'assiette de spaghetti bolognaise que sa grand-mère lui a gardée.

- Bonsoir Johannah.

- Bonsoir Harry, elle sourit. Tu veux manger quelque chose ? Je vous ai aussi gardé une assiette.

- Je vais attendre Louis, merci.

Je m'installe au bar, en face de Noah, qui tente tant bien que mal d'entortiller ses pâtes autour de sa fourchette.

- Bon, je vais rentrer moi. Repose-toi bien Noah.

Elle embrasse bruyamment la joue de son petit-fils, et vient m'enlacer.

- Je suis contente de te revoir ici, elle me chuchote.

- Moi aussi.

On se sourit et elle monte à l'étage pour dire au revoir à Léo, et prévenir Louis qu'elle s'en va. Je prends mon portable, et préviens Niall par texto que je ne serais sûrement pas là demain matin.

- Tu vas rester beaucoup ? demande Noah, en se débattant toujours avec ses pâtes.

- Tu voudrais bien ?

- Oui, moi je t'aime bien. Et papa il est plus content quand tu es là. Il est tout amoureux en plus. Même si c'est moche d'être amoureux.

Je souris, et secoue doucement la tête.

- Il faut qu'on en parle avec papa d'abord.

Voyant qu'il a toujours du mal, j'entortille ses pâtes pour lui.

Quelques minutes plus tard, Louis nous rejoint, alors que Noah termine son assiette.

- Bon, les filles dorment. Tu vas bientôt aller au lit aussi toi. On verra demain pour la douche. Tu veux un dessert ?

Le petit garçon réclame un yaourt au chocolat, que Louis lui donne avec une cuillère, et lui ouvre.

- Tu vas rester à la maison demain, d'accord ? Le docteur a dit qu'il fallait que tu te reposes.

- Tu vas rester aussi ?

- Oui, je vais prévenir Danielle.

- Trop chouette.

Louis sourit doucement, puis il me regarde, et je souris aussi.

- Vous recommencez à être trop amoureux là, se moque Noah.

Lou rigole, puis se tourne vers son fils.

- Dépêche toi de manger ton yaourt au lieu d'embêter tout le monde.

- J'embête pas tout le monde ! Juste toi et Harry.

Je cache mon rire en toussant. Sacré Noah.

* * *

Je me réveille, collé contre le dos de Louis. Je me rends compte que c'est la sonnerie de son réveil qui m'a sortit du sommeil. Je me redresse et passe mon bras par dessus mon amoureux pour l'éteindre. Louis soupire et pousse la couverture pour se lever. Je le retiens en enlaçant sa taille, puis embrasse son épaule.

- Mon bisous !

- Dans tes rêves avec ton haleine de chacal.

- Quoi ? je lance, mi- choqué, mi-amusé. Mon haleine de chacal ?

Je le rapproche de moi et embrasse son cou. Louis sourit, puis rigole en tentant de me repousser. Il laisse tomber, et glisse ses doigts dans mes cheveux.

- Faut que je me lève.

- Ben vas-y.

- Lâche-moi alors.

- Je te tiens pas.

Il lève les yeux au ciel et tourne son visage vers moi.

- Tu restes avec nous aujourd'hui ?

- Tu veux ?

- Si je te le demande.

Il me sourit et embrasse ma joue.

- Je dépose les filles à l'école, je ramène le p'tit dej et on mange au lit ? Noah ne devrait pas se réveiller pour l'instant.

- Ca marche. J't'attends.

Je le lâche, et me rallonge confortablement dans son lit chaud. Louis se lève pour aller réveiller les filles.

* * *

Une petite heure plus tard, Louis entre dans la chambre avec le plateau du petit dej. Il le pose sur le lit, et retire son jean avant de me rejoindre.

- Putain il commence à vraiment cailler dehors.

Je souris en remarquant en effet, son petit nez rouge. Il est adorable.

- Fais moi de la place.

Il décale le plateau et se colle contre moi, puis prend mon bras pour le poser sur ses épaules.

- Tu m'as manqué Louis, je chuchote.

Je retiens sa main qui a prit mon bras, et entrelace nos doigts. Un léger sourire tire ses lèvres, et il me regarde.

- Toi aussi tu m'as manqué.

Puis il soupire et baisse la tête.

- Je suis désolé.

- C'est fini Louis. D'accord ? Je suis là maintenant.

- J'aurais pas dû....

- Calvin t'as fait peur, je peux pas t'en vouloir pour ça. Tu sais qu'il ne peut pas te reprendre tes enfants, mmh ? Alors arrête de psychoter. D'accord ? Tout vas bien.

- Mais si il...

- Non, c'est pas possible. Tu es avocat, tu devrais le savoir Louis.

Il souffle et passe sa main sur son visage.

- J'ai pas envie de me dire que tout vas bien, et qu'au final une merde arrive et tomber de haut. Tu comprends ?

- Oui, mais là y a aucune raison. Tu es le père biologique. Concrètement, Calvin n'a aucun droit sur les enfants. Dans un sens, que les lois soient mal foutues ça nous arrange pour une fois.

- Et comment tu sais tout ça ? il me fixe, et croise ses bras sur son torse.

J'hausse les épaules et prends la tasse de thé qu'il m'a préparé.

- Quand j'ai fais mon coming-out ma mère s'est bien renseignée sur le sujet. Elle m'a dit que si j'envisageais d'avoir des enfants en passant par une mère porteuse, c'était plus... rassurant, si c'était moi le donneur. Au cas où quoi.

- Donc si jamais on a des enfants tout les deux... tu veux être le donneur.

- Tu... tu veux qu'on ai des enfants ensemble ?

Nos regards s'accrochent, et il me sourit.

- Pas tout de suite bien sûr. Mais peut-être un jour, oui. Enfin, si t'as pas envie, c'est bon. Flippe pas pour ça.

Il m'embrasse furtivement et continue de manger son croissant.

- Pourquoi tu ne m'as pas dis que Calvin ne voulait pas que je sois ici ?

Louis soupire et reste silencieux pendant quelques secondes.

- J'avais peur que tu le prennes mal, ou que tu ne l'accepte pas... Je sais pas trop en fait. J'ai eu peur, et j'ai pensé à mes enfants en premier.

- C'est normal. Moi j'avais peur qu'hier soir, tu... tu l'écoutes, que tu me demandes de partir.

Il se racle la gorge et baisse la tête.

- J'ai... j'ai hésité à le faire, pour être honnête. Mais tu lui as tenu tête, et je m'y attendais pas trop.

- Tu m'en veux ?

- Bien sûr que non. Mais Calvin est tellement...

Il souffle et passe sa main dans ses cheveux. Il laisse son croissant et essuie ses doigts sur une serviette en papier posée sur le plateau. Je le regarde faire, alors qu'il prend mon visage entre ses mains.

- J'ai besoin de savoir si, il se mord la lèvre. J'ai besoin de savoir si tu es sûr de toi et de ce que tu veux. Est-ce-que tu es sûr de pouvoir, et de vouloir être là, avec moi... Avec nous.

- C'est toi que je veux. Toi tout entier, je chuchote en collant mon front contre le sien. Donc oui, je suis sûr de vouloir être ici avec vous.

Louis sourit, sa main droite glissant vers ma nuque pour glisser ses doigts dans mes cheveux. Son regard brille d'une façon qui me retourne l'estomac et fait battre mon coeur plus rapidement. Il picore deux ou trois fois mes lèvres, et se redresse un peu.

- Alors, je dis pas forcément demain, ou la semaine prochaine, mais quand tu voudras, tu pourras... réfléchir à t'installer ici ? Je t'oblige pas, je sais que tu as ton travail à Holmes Chapel, ta famille, tes amis... Mais si tu as envie, moi je suis d'accord.

Je souris et l'embrasse, bien plus tendrement que d'habitude.

- J'y réfléchirais.

La porte de la chambre s'ouvre tout doucement, et la petite bouille de Noah apparaît.

- Je peux venir ?

Louis hoche la tête et se redresse un peu. Noah referme la porte et marche rapidement vers le lit. Il grimpe tant bien que mal sur le matelas et enjambe les genoux de Louis pour venir s'installer entre nous deux.

***

Suite samedi 😘

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