18

J'observe les traits de Louis, assit à califourchon sur mes cuisses, tandis qu'il déboutonne ma chemise. Il est à peine 19 : 00 et il vient de débarquer. Il m'embrasse, tandis que je m'accroche à ses hanches.

- Parle moi, je souffle entre deux baisers. S'il te plaît.

- Je croyais que tu voulais que je me taise ? il sourit, et embrasse mon menton, faisant glisser ses baisers sur ma mâchoire.

- Je... pas comme ça. Je veux savoir ce qui ne vas pas.

- Tout va bien, il me contredit en caressant mon torse.

- Arrête de me prendre pour un con.

Il tente de détourner mon attention en m'embrassant, mais je le repousse doucement par les épaules.

- C'est peut-être mieux si on arrêtait de se voir. Complètement.

- Mais... Tu...

Ne pas céder. Il ne faut pas que je cède à ses yeux tout triste.

- T'es pas sérieux là ? Je veux dire... non, pas question.

Dans un sens, je suis content qu'il réagisse comme ça. Il tient quand même assez à moi pour ça.

- Laisse-moi revenir chez toi alors. Je ne veux plus que tu viennes ici, si c'est juste pour qu'on...

Je me fais couper par la sonnette. Louis descend de mes genoux, heureux de gagner un peu de temps. Je souffle et me lève pour aller ouvrir. Mon coeur loupe un battement lorsque je vois le visage de ma mère.

- Maman !

- Tu as oublié, elle souffle. J'ai essayé de t'appeler mais tu ne répondais pas.

- Oublié quoi ?

- Il faut que tu t'occupe des chats ce weekend, le temps que je suis chez ta soeur. Je te l'ai demandé la semaine dernière.

Et je remarque enfin les deux cages à chats qu'elle porte.

- Oh, c'est vrai. Désolé. J'aurais pu venir les chercher, je m'empresse de dire en prenant une des cages.

- Tu n'es pas tout seul ? elle demande en désignant ma chemise presque complètement ouverte.

- Je... oui... non. Euh...

- Je veux le rencontrer, elle sourit. Tu ne me laisse pas entrer ?

- Tu... tu veux bien, juste attendre une petite minute ?

Je pose la cage du chat, et rentre à l'intérieur de mon appart. Je ne ferme pas la porte, me doutant que maman va quand même entrer. Louis m'attend, assit dans le canapé. Heureusement, il est toujours habillé lui.

- C'est ma mère, elle... elle veut te voir.

- Quoi ? il se lève aussitôt. Mais tu... je suis pas prêt ! Je... je...

- Pourquoi tu stresses ? je demande en croisant mes bras sur mon torse, le sourire aux lèvres. C'est pas comme si on comptait vraiment l'un pour l'autre, non ?

Il fronce les sourcils, et son regard se durcit un peu.

- Tu trouve ça drôle ?

- C'est la vérité non ? Ne dis pas le contraire. Je suis juste assez bien pour que tu couche avec moi mais ça ne vas pas plus loin.

- Tu sais très bien que...

Il se tait lorsque maman apparaît à l'entrée du salon.

- Bonjour, elle sourit. Enfin bonsoir. Désolée de vous déranger, il fallait que je dépose les chats. Je suis contente de te rencontrer Louis !

- Je... moi aussi madame Styles... Twist pardon.

Maman sourit doucement, elle voit bien qu'il est mal à l'aise. Je souris aussi, décidé à emmerder Louis.

- Il est gêné parce-qu'on était en train de presque se disputer. Et puis on est pas vraiment ensemble de toute façon.

Ma mère nous regard tour à tour, elle aussi mal à l'aise maintenant. Louis soupire et tente de me prendre la main, mais je me dégage aussitôt, et me laisse tomber dans mon canapé. Son portable vibre sur la table basse, je vois le nom de sa mère apparaître. Evidemment. Il s'excuse en regardant ma mère et décroche en allant dans la cuisine. Maman pose la cage du chat et s'assoit sur le fauteuil perpendiculaire à moi.

- Ca va Harry ?

- Très bien.

Elle penche la tête sur le côté, l'air de dire : ne me la fait pas à moi. J'hausse les épaules et lève les yeux vers Louis qui revient vers nous.

- Désolé, il faut que j'y aille. Les filles refusent d'aller au lit.

- Les filles ?

Mon sang se glace lorsque j'entends la voix de ma mère. Oh c'est pas vrai. Quel con. Mon regard croise celui de Louis, et là je vois que j'ai merdé. Comment j'ai pu oublier d'en parler à ma mère ?!

- Mes filles. J'ai quatre enfants. Mais Harry a dû vous en parler, puisque qu'il les accepte, et c'est si important pour lui d'être avec moi, avec nous...

Je sens le reproche dans sa voix, dans son regard. Maman est choquée. Et moi je ne sais pas quoi dire.

- Harry ne me parle plus de sa vie privée depuis plusieurs années, je ne suis même pas étonnée qu'il ne m'ait rien dit en fait.

- Maman, c'est pas...

- Tu ne vas pas me dire que c'est faux quand même ?

Je souffle et prends mon visage entre mes mains. Je me retiens de parler, et de dire tout ce que je voudrais à Louis. Ma mère n'a pas besoin de connaître nos histoires.

- Au revoir madame Twist... et désolé pour tout ça.

Quelques secondes plus tard, j'entends la porte se refermer. Je sens les larmes venir. Je suis à bout.

Il me faut un peu moins d'une minute pour me décider à me lever et le suivre. Je le rejoins juste à la sortie de mon immeuble.

- Louis !

Je le retiens, mais il me repousse.

- Comment tu peux me dire qu'ils comptent pour toi alors que tu n'en parle même pas à ta mère ?!

- Je sais, désolé, je... s'il te plaît, je bredouille en le serrant contre moi. J'ai besoin de toi.

Cette fois, il se laisse faire et enfouie son visage contre mon cou. Je sens qu'il pleure, comme moi. J'ai un peu froid, parce-que je n'ai toujours pas reboutonné ma chemise, mais je m'en fous.

Au bout de quelques minutes, Louis se recule et appuie son front contre le mien.

- Je peux pas plus pour l'instant. Je suis désolé.

Il m'embrasse furtivement, et se détache de moi. Je le regarde monter dans la voiture et partir.

- Harry ?

Je sursaute et me tourne vers maman qui sort de l'immeuble. Elle est surprise de me voir pleurer, et me prend dans ses bras.

- Je crois que tu as besoin de parler. Mmh ?

On est remontés, et on s'est installés dans le canapé avec un thé. J'ai tout déballé. Tout. Sauf les détails un peu trop chaud évidemment. Maman m'a écoutée, me serrant contre elle et jouant avec mes cheveux. Je sais que je suis trop distant avec elle parfois, mais ça arrive aussi que j'ai vraiment besoin d'elle comme ça, et elle est toujours là. Elle est parfaite.

- Il faut que tu comprenne que ce n'est pas forcément simple Harry. Tu sais, quand j'ai été longtemps avec Robin avant de vous le présenter.

- Oui mais c'est pas pareil. Il est resté après, non ? Tu ne lui as pas demandé de partir et de nous laisser Gemma et moi.

- C'est vrai que c'est étrange que Louis réagisse comme ça... Tu sais ce que tu vas faire ? Laisse-le mariner un peu. Pas de message, rien du tout. Il va revenir. Je le sais. Il t'aime.

- Comment tu peux le savoir ? Tu l'as vu à peine 3 minutes !

- Tu n'as pas vu la façon dont il te regarde ? C'était adorable. Et puis juste, fais moi confiance. Les mamans savent ces choses là.

* * *

Lorsque le lundi matin j'arrive au studio après avoir déposé les chats chez ma mère, je trouve un Niall souriant. Plus souriant que d'habitude.

- Toi t'as passé un bon week-end, je remarque en posant mes affaires sur mon bureau.

- Ouais, bof, il hausse les épaules. Un week-end normal quoi.

Je me laisse tomber sur mon fauteuil et le regarde. Il tente de se retenir de sourire, mais échoue lamentablement. Ses joues semblent plus roses aussi.

- Qu'est-ce-que tu me caches ?

- Moi ? Rien du tout.

Son air innocent j'y crois pas du tout.

- Ok, comme tu veux.

- Et toi ton week-end ?

- Un week-end normal. Ma mère m'a laissé ses chats parce-qu'elle est partit chez ma sœur.

Et je crois que Louis m'a encore plaqué. Ou je l'ai plaqué. Je sais jamais vraiment. Il es beaucoup trop compliqué... et moi je suis trop amoureux. Beaucoup trop. Je crois d'ailleurs que je ne suis jamais tombé amoureux comme ça. Ça a été rapide, et tellement bien.

Je souffle et prends mon portable dans la poche de ma veste. J'ai un message. Je l'ouvre tout en me levant pour aller dans la cuisine me faire un thé.

De : Louis

Coucou... Est-ce-que je peux passer chez toi cet après-midi ?

* * *

Je suis nerveux. Genre vraiment nerveux. J'ai rangé un peu mon appart, et j'ai fais un gâteau au chocolat. Je suis désespéré au point de vouloir le soudoyer avec du sucre.

Je tourne en rond, alors qu'il sonne enfin. J'inspire doucement, et ouvre la porte. Louis me fait un petit sourire, et plonge ses mains dans les poches de son slim. Wow. Ok, il est vraiment canon aujourd'hui. Ses cheveux sont relevés sur sa tête, et il porte un pull gris... mon pull gris. J'en perds presque mes mots. Louis sourit et penche légèrement la tête sur le côté.

- Je peux entrer ?

J'hoche la tête et me décale pour le laisser entrer avant de fermer la porte.

- Ca sent bon.

- J'ai fais un gâteau au chocolat. Tu en veux ?

L'ambiance est bizarre. Il acquiesce en me remerciant puis part s'installer dans le salon. Vraiment trop bizarre. Je le rejoins avec le gâteau, et m'assois à côté de lui dans le canapé. Pas trop près, mais pas trop loin non plus.

On mange en silence, moi je fixe la table, n'osant pas le regarder.

- Je suis désolé pour vendredi soir. J'y ai réfléchis tout le week-end et, peut-être que je ne devrais pas t'en vouloir autant pour ça. Tu dis ce que tu veux à ta mère. Ça ne veut rien dire.

Je le vois secouer ses épaules. J'hoche la tête et termine mon bout de gâteau.

Louis attend un peu avant de se rapprocher de moi. Il prend mon visage entre ses mains et m'oblige presque à le regarder.

- Je t'aime Harry. Vraiment beaucoup. Plus que tu ne le crois. C'est pour ça que je m'accroche quand même. J'ai juste besoin d'un peu de temps.

- Du temps pour quoi ?

Il soupire et baisse un peu la tête.

- On est obligé d'en parler maintenant ?

Je secoue légèrement la tête, et me cale contre lui après avoir prit la télécommande.

Je mets un film, que je n'écoute même pas. En plein milieu, Louis m'embrasse. Je le repousse aussitôt.

- T'es venu que pour ça hein ?

Il souffle profondément et caresse ma joue.

- Harry Edward Styles, si t'étais qu'un plan cul je ne me prendrais pas autant la tête. C'est de ta faute, je peux pas m'empêcher de t'embrasser.

Je finis par sourire, et embrasse furtivement ses lèvres.

- Je peux pas m'en empêcher non plus.

Nos lèvres se retrouvent, alors que sa main glisse sur ma nuque. Comme à chaque fois, nos corps s'enflamment. Nos mains sont plus baladeuses, et elles finissent par retirer nos t-shirts.

- Je t'aime, souffle Louis en déposant une myriade de baisers brûlants dans mon cou.

Il se répète, encore et encore. Mon cœur se gonfle d'amour. Pourquoi faut-il que je réagisse autant à de simples mots ?

La sonnerie de son portable retentit, coupant un peu l'ambiance.

- Attends, je regarde juste, il chuchote contre mon oreille.

Il se redresse et sort son portable de la poche de son slim. Ses sourcils se froncent d'une façon que je n'aime pas trop.

- C'est l'école de Noah, il souffle avant de décrocher. Allô oui ?

J'entends vaguement le son d'une femme qui parle. Au fur et à mesure, le visage de Louis se décompose.

- Quoi ? Comment s'est arrivé ? Il va bien ?

Louis commence déjà à se lever et cherche son pull.

- Je... je suis suis pas en ville. Je pars tout de suite. Merci.

Il raccroche et s'habille.

- Qu'est-ce-qu'il se passe ?

- C'était la directrice. Noah est tombé à l'école. Elle a appelé les pompiers. Faut que j'y aille, je...

Il panique, et il est à deux doigts de pleurer. Je me lève aussi et renfile mon t-shirt.

- Qu'est-ce-que tu fais ?

- Je t'accompagne. T'es pas en état de conduire.

Il veut protester, mais se ravise. Il sait que j'ai raison.

- Merci, Harry.

***

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