🅇🅇🅇🅅🄸🄸🄸.𝐼𝑛𝑡𝑒𝑟𝑙𝑢𝑑𝑒

Je suis de ces jeunes adolescents de quatorze ans tiraillés entre deux mondes, prisonniers de mes propres tourments. D'un côté, la société attend de moi que je sois comme tous les autres, que je me conforme à ses normes. De l'autre, il y a ce cœur ardent qui bat pour un seul être, mon meilleur ami Junghyun.

Depuis aussi loin que je me souvienne, mon regard n’a toujours été captivé que par lui. Ses rires, sa joie de vivre contagieuse, son sourire éblouissant... Tout en lui m'attire, me fascine, m’envoûte. Mais cette attraction est-elle seulement amicale ou cache-t-elle quelque chose de plus profond, de plus intime ? Cette question me hante, m'obsède, me dévore de l'intérieur. Suis-je vraiment comme les autres garçons de mon âge ?

Ce soir-là, alors que je passe la nuit chez Junghyun, allongé sur son lit, je sens l'angoisse me submerger. Il dort à côté de moi, paisible, inconscient de mes tourments. Ses traits détendus, sa respiration calme, tout en lui évoque une sérénité que je n’arrive pas à atteindre. Dans le noir, les pensées fusent, se heurtent, et se mélangent.


Je me redresse doucement, prenant soin de ne pas le réveiller, et je l’observe. Pourquoi mes pensées ne cessent-elles de se tourner vers lui et non vers les filles dont mes amis ne cessent de parler ? Suis-je... différent ? Cette simple idée me terrifie. Je ne veux pas être rejeté, incompris, stigmatisé. Je veux juste être normal, comme tout le monde.

Un frisson me parcourt à cette pensée. Pourtant, quand je suis avec Junghyun, cette dualité en moi s'apaise. Sa présence me fait sentir bien, en paix avec moi-même. Je pourrais presque croire que je suis un garçon ordinaire, sans les poids de la société pesant sur mes épaules. Mais cette plénitude est de courte durée. Dès que je me retrouve seul, les doutes reviennent, m’assaillant comme des vagues au bord d’une plage déchaînée.

Soudain, le murmure de la voix de Junghyun me tire de mes pensées. Il se réveille, son regard brille dans l’obscurité.

« Taehyung ? Tu es encore là ? » demande-t-il, sa voix endormie résonnant comme une douce mélodie.

« Oui, désolé, je pensais juste à des choses », je murmure en baissant les yeux, sentant le rouge me monter aux joues.

« Comme quoi ? » Il se tourne vers moi, curieux. Toujours ce désir d’en savoir plus, de comprendre.

Ma gorge se noue. Se lancer dans une explication est difficile, surtout quand mes sentiments sont en jeu. Mais je rassemble mon courage et, malgré la peur qui me ronge, lui pose une question qui me brûle les lèvres :

« Junghyun, qu’est-ce que ça fait d'embrasser quelqu'un ? »

Son regard s'illumine soudain, intrigué. « Tu veux essayer ? »

Mon cœur fait un bond. Ai-je bien entendu ? La peur et l’excitation se disputent dans mon esprit, mais je finis par acquiescer, incapable de prononcer le moindre mot. Ce moment est si soudain et inattendu, que mon esprit ne sait plus comment réagir.

Junghyun se rapproche lentement, ses yeux plongés dans les miens. Je me sens transporté dans un tourbillon d’émotions. Quand nos lèvres se rencontrent dans un baiser timide et maladroit, j'ai l'impression que le monde entier s'est arrêté de tourner. Toutes mes angoisses, tous mes doutes s’envolent, remplacés par un sentiment de plénitude et de sérénité. C’est un instant parfait, une ode à la beauté de l'amitié, mais en même temps, quelque chose de plus.

Quand le baiser prend fin, j'ai envie de le supplier de recommencer, de goûter encore et encore à la douceur de ses lèvres. Mais je me retiens, de peur de briser cet instant magique. Je suis submergé par mes émotions et, à ma grande surprise, des larmes commencent à couler sur mes joues, impossible à retenir.

« Qu’est-ce qui ne va pas ? Pourquoi pleures-tu ? » demande Junghyun, visiblement affolé. Son regard inquiet me touche profondément.

Je secoue la tête, honteux, essayant de cacher mes larmes. Mais quelque chose en moi craque sous la pression, et je me rends compte que je ne peux plus vivre dans le mensonge. Je dois lui dire ce que je ressens, une fois pour toutes.

« Je suis gay, Junghyun. » Les mots sortent presque comme une confession, et je suis immédiatement submergé par la peur et la honte. « Je suis désolé. »

Junghyun me regarde, ses yeux écarquillés de surprise. Il fronce les sourcils, perturbé par mes mots, mais soulagé d’enfin comprendre. « Mais, Taehyung... je ne comprends pas. Pourquoi es-tu désolé ? Je suis ton ami ! »

« Tu ne comprends pas... » je murmure, mes larmes continuant de couler. « Je ne voulais pas que ça change quoi que ce soit entre nous. Je ne veux pas que tu te sentes mal à cause de moi. »

Il se redresse soudain, son regard se focalisant sur moi avec sérieux. « Écoute, peu importe qui tu aimes. Ça ne change rien à notre amitié. Je suis là pour toi, peu importe ce qui se passe. »

Son soutien inconditionnel m’enveloppe comme un doux cocon. C'est tout ce que j'avais besoin d'entendre, mais cela ne suffit pas à apaiser mes craintes. Que se passerait-il si les autres le découvraient ? Que diraient mes amis et ma famille ?

« Mais... et si les autres l'apprennent ? Je vais être rejeté... » je murmure, la terreur dans ma voix.

Junghyun secoue la tête avec force, prenant ma main dans la sienne. « Taehyung, vraiment, je ne pense pas que ça devrait te préoccuper. Ton bonheur est ce qui compte le plus. »

Sa chaleur, son sourire, tout en lui me réconforte. Je sens que je peux être moi-même quand je suis avec lui, et cela me donne du courage. Les mots d'encouragement résonnent en moi, faisant écho à la lumière d'espoir que je n'osais plus croire.

« Merci, Junghyun. » Mes lèvres s’étirent en un sourire timide, plein d’émotions minuscules. « Je ne sais pas ce que je ferais sans toi. »

« Tu n'as pas à le savoir, parce que je suis là pour rester. » Sa voix est douce mais ferme. Dans cet instant fragile et pur, je comprends que le véritable amour et l’acceptation peuvent prendre des formes insoupçonnées.

À ce moment-là, je réalise que même si le monde extérieur peut être effrayant, je peux trouver la force en moi-même et dans cet amour sincère que je ressens pour Junghyun. Pour la première fois, je me sens un peu plus libre, un peu plus courageux face aux incertitudes de la vie.



°



Je suis concentré sur mon devoir, le stylo en main, réfléchissant attentivement à la meilleure façon de formuler ma réponse. La pièce est silencieuse, remplie d'un calme studieux, jusqu'à ce que Junghyun commence à bouger à côté de moi. Je lève les yeux de mon cahier pour le voir fouiller dans mes tiroirs, dérangeant ainsi ma tranquillité.

« Qu'est-ce que tu fous ? » je demande, un peu agacé par son comportement intrusif.

« Je m'ennuie, » répond-il simplement, sans même lever les yeux de ma pile de papiers.

Je soupire, exaspéré, mais je reprends néanmoins mon écriture, déterminé à terminer mon devoir coûte que coûte. Je ne suis pas d'humeur à jouer, mais je sais que Junghyun a ce talent particulier pour rendre les moments les plus sérieux un peu plus... difficiles à gérer.

Cependant, alors que je m'enfonce de nouveau dans ma tâche, j'entends une exclamation étonnée. Je relève la tête, intrigué, pour le voir tenant mon ancien carnet de dessin dans ses mains, les yeux écarquillés de curiosité.

« Qu'est-ce que c'est que ça ? » s'interroge-t-il, feuilletant les pages avec un mélange d'étonnement et d'intérêt.

Je me crispe légèrement, mes pensées s'embrouillant alors que je me souviens du contenu de ce carnet. Des dessins que j'ai réalisés, enfouis dans des souvenirs que je pensais avoir oubliés. Quand j'avais dix ans, à une époque où j'étais tourmenté par une étrange sensation d'être observé.

« C'est un de mes vieux carnets de dessin, » je réponds d'un ton neutre, priant pour qu'il ne s'attarde pas trop sur ce sujet.

Mais, bien sûr, Junghyun n'est pas du genre à lâcher l'affaire facilement. Ses yeux s'illuminent alors qu'il tombe sur un dessin en particulier, et il le contemple, perplexe.

« Qu'est-ce que c'est censé représenter ? » me demande-t-il, fronçant les sourcils et renvoyant un regard interrogateur.

(Voilà le dessin qu'à fait Taehyung. Bon techniquement c'est moi qui l'ai fait pour illustrer le sentiment d'être observé et j'espère que ça passe quand même j'suis pas une pro en dessin non plus."






Je me mords la lèvre, hésitant. Dois-je vraiment lui en parler ? Ça remonte à si longtemps, et je n'en ai jamais parlé à personne, pas même à lui. Mais Junghyun est mon meilleur ami, celui en qui j'ai toute confiance.

« Quand on avait dix ans, pendant quelques jours, j'ai... j'ai eu l'impression d'être constamment observé et suivi, » je finis par avouer, ma voix s’échappant timidement. « Ça me rendait complètement dingue, je n'arrivais plus à dormir. J'avais l'impression que des yeux me fixaient sans arrêt, de partout. Alors j'ai fait ce dessin pour essayer de mettre des formes sur ce que je ressentais. »

Junghyun me dévisage, stupéfait. Je peux lire l'inquiétude dans son regard, mélange de surprise et d'empathie.

« Pourquoi tu ne m'en as jamais parlé ? » me demande-t-il, sa voix empreinte de déception.

« Je... je ne sais pas trop, » je bafouille, gêné. « Je pensais que c'était juste mon imagination qui me jouait des tours, et ça n'a duré que quelques jours, alors j'ai préféré n'en parler à personne. »

Mon meilleur ami fronce les sourcils, sceptique et visiblement troublé.

« Tu crois vraiment que c'était ton imagination ? » interroge-t-il, une lueur dubitative dans son regard. « Et si quelqu'un t'avait réellement suivi ? Peut-être un type louche qui enlève des enfants, ça arrive souvent ces genres de trucs. »

Je hausse les épaules, mal à l'aise face à sa suggestion.

« Tu regardes vraiment trop de vidéos d’horreur sur YouTube, Junghyun, » je dis en tentant de minimiser l’importance de cet incident. « De toute façon, ça remonte à quatre ans, alors je ne sais pas trop ce que ça pourrait signifier. »

Junghyun ne semble pas convaincu, son expression indiquant qu'il n'a pas l'intention de relâcher le sujet.

« Tu aurais vraiment dû en parler à tes parents, ou à un adulte de confiance, » suggère-t-il, l'inquiétude clairement perceptible dans son ton.

Je secoue la tête, fermement. « Ça ne sert à rien de remuer le passé. C'est du passé, ça n'a plus d'importance maintenant, » je rétorque, bien décidé à clore le sujet.

Un silence s’installait alors entre nous, seulement troublé par le bruit du crayon que je reprends en main. Junghyun tourne le dessin entre ses doigts, plongé dans des pensées qu'il ne partage pas. Je sens le poids de sa préoccupation, et je sais qu’il ne va pas me laisser tranquille facilement.

« Mais, Taehyung, si ça t’a dérangé à l’époque, ça a forcément eu un impact sur toi. Tu ne peux pas juste balayer ça sous le tapis, » insiste-t-il.

Je soupire de frustration. « C'était juste une phase, Junghyun. Des enfants qui s'imaginent des choses... Ça arrive à tout le monde. »

« Je ne pense pas que ça soit juste ça, » dit-il en reposant le carnet. « Parfois, nos expériences nous marquent. Et même si tu penses que c’est passé, ça peut toujours ressurgir. »

Ses mots résonnent en moi, puisque je sais qu'il a raison, mais je refuse de l’admettre. J’ai toujours préféré cacher mes doutes et mes peurs, les enfouir au fond de moi.

« Tu sais, je tiens beaucoup à toi, » reprend Junghyun, sa voix devenue douce. « Je ne veux pas que tu portes des fardeaux tout seul. Si quelque chose te tracasse, je suis là. »

Je lève les yeux vers lui, la sincérité dans son regard me touche. Je suis reconnaissant de l’avoir à mes côtés, un allié dans ce monde si compliqué. Mais, au fond, la peur de sa réaction à mes véritables sentiments me retient de m’ouvrir complètement.

« Je sais, » dis-je finalement, ma voix bien plus douce, presque un murmure. « Merci. Mais vraiment, ça va. Ça fait longtemps depuis, et je ne veux pas replonger là-dedans. »

Junghyun acquiesce, mais je vois qu’il n’est pas totalement convaincu. L’inquiétude persiste dans ses yeux, et je sais qu’il n’abandonnera pas cette conversation de sitôt.

« D'accord, mais promets-moi une chose, » dit-il, une lueur de sérieux dans sa voix. « Si jamais tu ressens à nouveau quelque chose de bizarre, tu me le dis, d'accord ? S'il te plaît. »

« Je te le promets, » je réponds, même si je ne suis pas sûr de ce que l’avenir me réserve. Cette promesse pèse sur mes épaules, mais c’est un premier pas. "Sérieusement, tout va bien, je t'assure."


Junghyun me dévisage un long moment, comme s'il cherchait à lire en moi. Puis, sans un mot, il effleure délicatement mon carnet de dessin et le repose sur le bureau. Nos regards se croisent, et je peux y lire toute l'affection et la compréhension dont il est capable.

"D'accord, si tu le dis," finit-il par lâcher. "Mais n'oublie pas que je suis là si tu as besoin d'en parler un jour. Par contre, tu es vachement doué en dessin tu devrais vraiment en faire quelque chose de ton don."

Je lui adresse un sourire reconnaissant, touché par sa sollicitude. Même s'il ne comprend pas totalement ce que j'ai traversé, je sais que je peux compter sur son soutien inconditionnel.

Nous retournons à nos devoirs, dans un silence confortable. Junghyun semble s'être calmé, et je me concentre à nouveau sur ma rédaction. Parfois, mon regard se pose sur mon vieux carnet de dessin, et les souvenirs de cette période troublée refont surface. Mais je les chasse rapidement, préférant me focaliser sur le présent et sur la présence apaisante de mon meilleur ami à mes côtés.

°

Je ne sais pas vraiment comment j'en suis arrivé là. L’endroit est bruyant, rempli de lumière et de musique, mais l’excitation m’échappe. Je n'avais pas vraiment envie de sortir aujourd'hui, mais Junghyun voulait à tout prix qu'on s'incruste à la fête de mon cousin. Les cris et les rires des lycéens résonnent autour de moi comme une mélodie désordonnée, mais tout ce que je ressens, c'est un ennui profond, un poids sur ma poitrine.

« Allez, Tae, détends-toi ! » lance Junghyun, son enthousiasme débordant. Il vient de fêter ses quinze ans, une raison de plus pour célébrer, mais pour moi, c'est juste une autre soirée qui défile. « Regarde tous ces gens ! Tu vas voir, on va passer un bon moment ! »

Je hoche la tête, m’efforçant d’afficher un sourire. « Ouais, peut-être… » Mon cœur n’y est pas, et l'idée de me mêler à des lycéens me rend nerveux. Certains ont l'air bien plus vieux que leur âge.

La fête bat son plein, la musique pulse dans mes oreilles, mais je me sens étrangement à l'écart. Je me faufile à travers la foule, observant les gens qui s’amusent, s’embrassent, dansent sans souci. Je tente de me perdre dans ces moments, mais je réalise que je suis ici pour Junghyun, pas pour moi.

« Regarde, ils ont même aménagé un coin pour danser ! » s’exclame Junghyun, tirant sur ma manche. Je le suis, toujours peu convaincu, mais le voir si excité m'incite à lui faire plaisir. Au fond, je souhaite tellement qu'il soit heureux.

La foule se resserre, et je ressens ce malaise familier, cette impression d’être observé. Je frissonne à la pensée, mais je balaie cette sensation, me concentrant sur mon ami qui danse comme un fou. Puis, dans l'angle de ma vision, je remarque une fille. Elle me fixe intensément.

J’essaie de détourner le regard, mais elle est là, constamment présente dans ma périphérie. Elle a l'air d'avoir au moins plus de 18 ans, et sa beauté m'intimide. Un moment, je capte son sourire. Il est doux, mais quelque chose me met mal à l'aise. Je me demande pourquoi elle me regarde, ce qui cloche chez moi pour qu'elle s'intéresse à un garçon comme moi.

Même parmi les rires et la musique excessive, son regard est comme une ombre pesante sur mes épaules. Elle me scrute comme si elle voulait percer mon âme. Je me sens obligé de lui sourire poliment, même si je suis pris de malaise. Junghyun ne semble pas remarquer mon agitation, perdu dans sa danse.

« Tae ! Tu viens ? » me crie mon ami, me tirant de ma torpeur. Je secoue la tête, distrait, tandis que la fille continue de me fixer. Quand je reporte mon regard sur elle, elle se rapproche, un verre à la main.

« Hé, je m'appelle Haejin, » dit-elle, son sourire s'étirant alors qu'elle se tient maintenant juste devant moi. Elle n’a pas l’air d’une lycéenne, mais je ne doute pas de ses intentions. « Tu veux goûter ça ? C’est une boisson spéciale, » ajoute-t-elle, me tendant son verre.

Une part de moi veut refuser, cette petite voix de la raison qui crie de se détourner, mais une autre partie de moi, celle qui veut être poli et plaire, hésite. J’ignore si c'est la musique, mais une nausée monte en moi au fur et à mesure que je finis le verre. Je n'ai pas bu d'alcool ce soir, je sais que ce n'est pas ça.

« Merci, mais je ne suis pas sûr… » murmuré-je.

« Allez, c’est juste un petit goût ! » encourage Haejin, insistant avec un sourire enjôleur, presque trop parfait me donnant un second verre. Son regard scintille d'une manière étrange, et je me sens de plus en plus mal à l'aise.

Je prends une gorgée du verre, en sentant le liquide frais glisser dans ma gorge. Instantanément, quelque chose ne va pas. Mon esprit se met à tourner, et je flétris un moment, essayant de comprendre ce qui se passe.

"Qu'est-ce que... qu'est-ce qu'il y a dedans ?" dis-je, la voix tremblante, déjà peu sûre. Haejin éclate de rire, mais il y a quelque chose de froid dans ses yeux, une lueur que je ne peux identifier.

« Juste un mélange, relaxe-toi ! » répond-elle avec une nonchalance troublante. Son sourire reste en place, mais je sens qu'il cache quelque chose. Je n’arrive plus à penser clairement, comme si la musique et les voix autour de moi se mélangeaient en un bruit indistinct.

Quand je me retourne vers Junghyun, je le vois rire au loin, mais son visage est flou. Je me sens engourdi, comme si mes membres étaient envahis par une chaleur étrange. Je m’accroche instinctivement à ma dernière lucidité.

« Junghyun… Je ne me sens pas bien, » je dis, la voix se faisant de plus en plus lointaine. Mais mon meilleur ami ne semble ni m'entendre, ni me voir, trop occupé à danser.

Haejin s'approche de moi, me prenant par le bras. « Viens donc, je vais te montrer un endroit sympa. » Sa main sur moi est ferme, presque possessive. Le monde autour de moi se trouble, l'obscurité se faufile tout doucement.

« Non, attends… Qu’est-ce que tu… » Je panique un instant, sentant un poids oppressif m’écraser. « Qu'est-ce que tu as foutu dans ce verre ? »

C’est la dernière pensée cohérente que je parviens à formuler avant que tout ne devienne flou. L'obscurité m'envahit, et je suis entraîné dans un vide que je ne peux comprendre, mes sens s'effondrant, les souvenirs de la fête se dissolvant lentement. Je cherche du soutien, mais il me semble que tout s'effondre autour de moi, comme des murs, comme cette fête, dans cette nuit où je suis devenu invisible aux yeux de mes amis.

Le dernier son que j’entends est la musique assourdissante, puis, le néant.


❦ ════ •⊰❂⊱• ════ ❦
À bientôt pour la suite de l'interlude ❤️

Bạn đang đọc truyện trên: AzTruyen.Top