𝑪𝑯𝑨𝑷𝑻𝑬𝑹 𝑻𝑾𝑶 ;; 𝑅é𝑚𝑖𝑛𝑖𝑠𝑐𝑒𝑛𝑐𝑒.

Réminiscence
𝕸𝖆𝖞𝖉𝖎𝖑𝖆 ,, 𝕰𝖑𝖆𝖎𝖘.

𝔐𝔮𝔶𝔡𝔦𝔩𝔮.』
(( ★ )).

CÉDRIC ;;《‐YOUUUUU'LL BEEEEEEE.》
MAŸDILA, 5 ans ;;《‐WHEVEMIMAMIE.》

Papa se sert d'une télécommande en guise de micro et moi, je chante avec un peigne. On chante tous les deux à pleins poumons, on crie, on hurle et on rit. On s'amuse.

Aujourd'hui, j'ai cinq ans, une main complète. Papa dit que je suis grande, trop grande pour lui et qu'à ce rythme là, je vais finir par le rattraper. J'espère bien, je lui arrive un peu plus au-dessus des cuisses et je suis obligée de lever la tête pour pouvoir le voir. Il est grand mon papa. Et il est très gentil. Beau et fort ! Les gens le regardent toujours quand on sort tous les deux et moi je lui tiens fièrement la main. J'arrête tout le monde pour dire que le monsieur à qui je tiens la main, eh bien, c'est mon papa rien qu'à moi et qu'ils verront jamais quelqu'un de plus beau que lui ! Et qu'ils l'auront jamais non plus, parce qu'il est déjà pris. Enfin, il l'a été, par mon autre papa mais apparemment il est dans les étoiles, je l'ai jamais vu autre part qu'en photo avec papy ou papa. Il s'appelle Maxence, mon autre papa et apparemment il me regarde. Parfois quand on va se promener en forêt avec papa, je le vois et il me fait coucou et je le lui rends. Parfois je le vois faire le clown et ça me fait rire. Papa, un peu moins.
Et quand on rentre, il met de la musique et on chante et on danse tous les deux, comme maintenant ! C'est trop bien, j'aime beaucoup mon papa !

Je l'aime toujours beaucoup, mon papa.
J'ai sept ans et on s'est promenés toute la journée. Je suis tellement fatiguée que papa me porte dans ses bras et, contre lui, je frotte mes yeux.

CÉDRIC ;;《‐Tu es fatiguée Maÿdi' ?》

Maÿdi, c'est le surnom qu'il me donne, avec "ma puce", "ma grande", "ma petite", "asticot" et tout un tas d'autres. Je préfère Maÿdi, c'est plus court que tous les autres et c'est plus accrocheur.

Je fais oui de la tête contre son épaule et il rit.

CÉDRIC ;;《‐Ça se voit, tu as de touts petits yeux.》

Je sens ses mains me retenir pour pas que je tombe et sa main se caler entre mes épaules, pour venir m'apaiser. C'est un geste qu'il fait souvent et qui me chatouille et me fait rire parfois mais là, il m'endort.

CÉDRIC ;;《‐Tu peux dormir si tu es fatiguée.》

Mes paupières sont lourdes mais je lutte contre le sommeil, qui ne m'attrapera pas. Je veux rester réveillée avec papa, je veux pas le laisser tout seul et attendre demain pour le voir de nouveau.
Je secoue la tête et je m'accroche à lui en faisant un "mh-mh" de "non".

Les minutes passent et j'ai de plus en plus de mal à fermer les yeux. Je voudrais tellement dormir...
Mais mes yeux voient des hommes s'approcher de papa et moi. Ils sont tout petits, de loin, puis ils grandissent. Je les entends rire et siffler.

??? ;;《‐EH *siffle*, TOI LÀ AVEC LA GAMINE.》

Je tape l'épaule de papa, qui tourne la tête vers les hommes. Il ne s'arrête pas et marche plus vite.
Je n'entends plus rien à partir d'un moment. Je sens juste la main de papa passer autour de ma tête et couvrir mes oreilles. Je le regarde mais lui, ne me regarde pas.

Il reçoit quelque chose qui explose dans son dos et s'étale en beaucoup de verres colorés. Pourtant, il ne s'arrête toujours pas, papa, il continue et tourne dans une rue, une impasse.
Il me pose par terre et je le regarde, sans comprendre, terrifiée.

MAŸDILA ;;《‐Papa, j'ai peur...》

Il me caresse tendrement la tête.

CÉDRIC ;;《‐N'aie pas peur ma grande, on va juste... jouer à un jeu, toi et moi, d'accord ?》

J'hoche la tête.

CÉDRIC ;;《‐On va jouer à cache-cache. Je compte et tu te caches. Tant que je ne t'ai pas trouvée, tu ne sors pas, tu ne fais pas de bruit et tu ne me donnes pas d'indice.》
MAŸDILA ;;《‐Comme un cache-cache d'habitude ?》
CÉDRIC ;;《‐Oui, un cache-cache comme on en fait à la maison, c'est ça.》

J'en ai presque oublié les messieurs et j'hoche de la tête.

MAŸDILA ;;《‐Tu comptes jusque 100 et tu triches pas papa !》
CÉDRIC ;;《‐Non non, je ne triche pas.》

Il rit, me tapote gentiment la tête, puis il cache ses yeux et commence à compter. Moi je m'éloigne, jusqu'au fond de l'impasse. Quand je me tourne pour regarder s'il ne triche pas, il est devenu grand et comme un loup. Il ne me regarde pas, alors c'est qu'il continue de compter !

𝙹𝚎 𝚛𝚎𝚐𝚊𝚛𝚍𝚎 𝚖𝚊 𝚏𝚒𝚕𝚕𝚎 𝚜'é𝚕𝚘𝚒𝚐𝚗𝚎𝚛 𝚍è𝚜 𝚚𝚞'𝚎𝚕𝚕𝚎 𝚖𝚎 𝚝𝚘𝚞𝚛𝚗𝚎 𝚕𝚎 𝚍𝚘𝚜, 𝚍𝚒𝚜𝚙𝚊𝚛𝚊î𝚝𝚛𝚎 𝚍𝚊𝚗𝚜 𝚕'𝚒𝚖𝚙𝚊𝚜𝚜𝚎 𝚎𝚗 𝚝𝚘𝚞𝚛𝚗𝚊𝚗𝚝 𝚜𝚊𝚗𝚜 𝚖𝚎 𝚓𝚎𝚝𝚎𝚛 𝚍𝚎 𝚛𝚎𝚐𝚊𝚛𝚍.
𝙲'𝚎𝚜𝚝 𝚋𝚒𝚎𝚗, 𝚎𝚕𝚕𝚎 é𝚌𝚘𝚞𝚝𝚎. 𝙴𝚕𝚕𝚎 𝚜𝚎𝚛𝚊 𝚎𝚗 𝚜é𝚌𝚞𝚛𝚒𝚝é.

Je me cache sous une des caisses empilée sur les autres. Je la remets sur moi.
Je suis isolée de tout, je n'entends plus rien, je n'entends plus les paroles de mon papa ni le fait qu'il compte.
J'essaye de ne pas rire et de rester cachée. Je reste concentrée sur la lumière qui clignote joliment au-dessus de moi, en attendant qu'il me trouve ou m'appelle.

Mais le temps passe et il ne m'appelle pas.

La lumière continue de clignoter et je continue de la regarder, accroupie sous la caisse. Mes yeux me font mal, alors je les frotte et j'arrête.
Mes jambes me font mal, j'ai envie de courir. Il est long papa ! Mais compter jusque 100, c'est long, je le comprends. Mais j'ai mal. Mais je ne peux pas sortir de là tant qu'il ne me l'a pas dit ou qu'il ne m'a pas trouvée, c'est ce qu'il a dit.

Mais il ne me voit pas, non ?
Il ne saura pas si je sors quelques secondes et que je retourne me cacher dans ma super cachette après !

Alors je sors, sans faire de bruit. Je repose la caisse et je m'étire. Je fais quelques ronds sur moi-même, je relève la tête et je remarque que tout tourne autour de moi. Je ris et je tombe sur les fesses. C'est rigolo, c'est comme ce que papa il fait à la maison avec moi. Et comme je l'ai fait, je vois plus loin. Je suis sortie de ma cachette et personne n'est là, il n'y a pas de bruit, c'est tout calme.

Je regarde tout autour de moi. Il est parti où papa ?

MAŸDILA ;;《‐Papa ?》

Je me relève en continuant de chuchoter, de ne pas faire de bruit. Mes yeux se remplissent de larmes, je ne comprends pas, je ne le vois pas, où il est passé mon papa ? Il m'a laissé là ? Il m'a abandonnée ? J'étais trop méchante ?

MAŸDILA ;;《‐Papa, t'es où ?》

Ma voix tremble.
Je ne regarde pas sous mes pieds. Je suis tellement paniquée que je regarde tout autour de moi. J'ai peur, toute seule. J'ai peur que des monstres viennent et m'attrapent. Je ne veux pas rester toute seule.
Je veux mon-...

Je trébuche et je me fais mal.
J'ai des larmes qui coulent alors que je me relève en étouffant mes pleurs. J'ai peur, j'ai mal.

Je regarde ce sur quoi j'ai trébuché.

Papa.

Sa mâchoire est toute tordue, il y a du sang partout qui le tâche, ses vêtements sont déchirés. Des morceaux de verre sont tout autour de lui et ses yeux me regardent. Ils suivent mes mouvements.

MAŸDILA ;;《‐Papa...?》

Je me rapproche de lui. Il cligne des yeux, lentement.
Il me fait peur, comme ça.

Le sang tâche ma robe et mes genoux. Il a un gros trou dans la mâchoire, je vois ses dents et il a un gros trou dans la hanche, un morceau de verre. Il saigne beaucoup, par la hanche et la bouche et les yeux et le nez et la joue.

Je ne crie pas, bizarrement. Je devrais mais je ne le fais pas.
Tout ce que je fais, c'est me blottir contre lui et lui faire un câlin. Je sens sa main venir me faire un câlin aussi et caresser, tout faiblement, pas comme d'habitude, l'écart entre mes épaules. Je me cale contre lui, encore plus, alors que sa respiration siffle et gargouille bizarrement, comme s'il s'étouffait. J'entends son cœur qui cogne, fortement d'abord, très vite, puis qui ralentit et fait moins de bruit, puis il s'arrête et sa respiration se coupe.
Il arrête de siffler mais ça, je ne le vois que le lendemain matin, quand je me réveille contre lui toujours et que j'arrête de sentir sa main froide me caresser.

Quand je relève la tête, le sang a formé une croûte, partout, il est tout pâle et ses yeux sont aussi froids que sa main et son corps. Je le sens quand je me remets contre lui, sans comprendre ce qui vient d'arriver à mon papa.

Les souvenirs tournent en boucle dans ma tête depuis des heures, depuis que je suis couchée et m'empêchent de dormir.
Je me tourne et me retourne dans tous les sens mais le sommeil m'a définitivement larguée.

J'essuie les larmes quand je me lève et je retiens mes sanglots et l'abominable sensation d'étouffer quand je me redresse pour descendre, une peluche dans les mains.

Quand je descends sans bruit, en pyjama et la peluche entre les bras, bien contre moi, je vois que la lumière est toujours allumée, comme d'habitude. Papy ne dort toujours pas.

Je le vois assis avec [VOTRE OC] et il se retourne vers moi dès qu'il me voit. Ce sont ses yeux noirs qui me fixent, semblant chercher une explication sur mon visage qui doit sûrement être inondé.

MAŸDILA ;;《‐Je... Désolée de te déranger mais je... J'ai fait un cauchemar...》je murmure.《Je peux rester...?》

Il me fait signe et me tire une chaise sur laquelle je m'assieds. Je me sens ridicule de l'interrompre comme ça, alors qu'il est avec quelqu'un...

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『𝕰𝖑𝖆𝖎𝖘.』
(( ★ )).

Assise sur une chaise, je mâchouille le bord de mon crayon, en écoutant à moitié le cours. Il est tellement emmerdant, monsieur Esperanza, on se fait royalement chier ici. J'ai fini ses exercices depuis des lustres et tout ce que je veux là, c'est me casser d'ici.

??? ;;《‐Hey, psst.》

Je tourne la tête vers la provenance du bruit. Il vient de mon voisin, un banc plus loin dans la rangée du milieu, qui me regarde. Il fait un geste obscène vers moi avec son crayon et sa bouche, me désignant d'un signe de menton avec un sourire provocateur.
Je fronce les sourcils, trop abasourdie pour répondre d'abord. Je reste quelques secondes sans réagir.


≡【BLACK HOLE𓈒】,, CHAPTER TWO - RÉMINISCENCE.

【× -_-LisaJ-_-.】
【× akicow.】
【× -e_a_r-.】
【× Mlle_Chiyame.】
【× _-Euphorie-.】
【× @d'autres.】

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