Sang pour Sang Morte...
J'ai entendu un autre bruit près de la fenêtre puis plus rien... Je savais que le vampire se tenait là, au-dessus de moi, à attendre que je me retourne pour qu'il puisse me mordre. De peur que je meure sans que les autres sachent comment, j'ai pris mon téléphone, toujours dans le creux de ma main et je suis directement allée sur l'application « Caméra ». J'ai commencé à me filmer pour que si le vampire me mordait, les autres le sauraient. Je me suis dit que comme ma sœur connait mon code, elle n'aura qu'à chercher dans la galerie.
Je suis restée comme ça pendant plusieurs minutes, enfermée dans un grenier, à quelques mètres d'un vampire assoiffé de sang, et alors j'ai pensé...« Je suis sang pour sang morte... ». Les minutes passaient alors que je me filmais sans que rien ne se passe. J'ai osé lever la tête pour regarder le vampire en face car le carton me cachait et....SURPRISE !!! Il n'y avait rien du tout...
Je n'y comprenais rien. Et le bruit que j'ai entendu ? Et la fenêtre qui s'est ouverte ? Je me suis levée et j'ai lâché Rousseau qui, aussitôt, commença à grogner. Il ne grogne que quand il y a un étranger dans les environs mais là, j'étais sûre que dans ce grenier il n'y avait que deux âmes. Sauf bien sûr si dans un des cartons se trouvaient des souris qui pourraient largement le satisfaire. J'ai gloussé, amusée par ses grognements et je suis allée fermer la fenêtre. Peut-être que c'était le vent ? Au moment où j'ai fermé la fenêtre, et donc je donnais dos à la porte, elle s'est ouverte brusquement. Je me suis retournée immédiatement...Personne ! La porte s'est ouverte toute seule, tout comme tout à l'heure elle s'est fermé toute seule. Ça c'est pas un vampire mais un fantôme. Comment ça se fait ? COMMENT ???
J'ai pris Rousseau dans mes bras au moment où j'ai entendu des pas et un ronflement à l'étage au-dessous. Des ronflements ? Surement un des enfants qui dort. Mais je ne connais aucun enfant qui ronfle à part Lucie. Etrange...Des pas ? Surement quelqu'un qui surveille les escaliers ou l'un des étages. D'un seul coup j'ai entendu Jacko, le perroquet de Lucie, dire « Sauve qui peut ! Sauve qui peut ! » Et au même moment Rousseau miaulait très rapidement, trop rapidement, comme s'il voulait me dire quelque chose et d'ailleurs, il s'est tourné vers moi.
Je venais de comprendre, Jacko et Rousseau criaient pour la même raison. Il devait se passer quelque chose. C'est là que j'ai entendu un cri...un cri d'enfant...venant du 4ème étage...j'étais sûre que c'était le 4ème étage...c'était si proche... J'ai décidé d'aller voir. J'ai laissé mon téléphone dans le grenier, il filmait toujours, comme ça il pouvait monter la garde à ma place. Au moment où je descendais vers le 4ème étage, Keith, ma petite sœur, a surgit devant moi. Mon cœur a fait un bond dans ma poitrine. Keith ? Réveillée à une heure pareille ? J'ai croisé les bras en disant :
- Keith ? Qu'est-ce que tu fais là ? Redescend tout de suite.
- Julia, a-t-elle dit souriante, je veux juste faire pipi mais j'ai vu du ketchup en bas viens voir. Quelqu'un a fait des frites.
- Du ketchup ? ai-je questionné. Mais où ça en bas ?
- Dans la cuisine du 4ème étage. Viens voir.
- Mais pourquoi Lucie ferait-elle des frites ?
- Lucie ? Y a pas Lucie là-bas. Y a juste du ketchup.
- Mais pourquoi la maman de Noé t'a laissé partir ?
- Elle m'a pas laissé. Elle dormait.
Voilà d'où venaient les ronflements ! Mais pourquoi y avait-il du ketchup dans la cuisine ? Et pourquoi Lucie n'était plus là-bas ?
- Bon on descend. Montre-moi.
Une fois descendues, nous avons vu en effet du ketchup. Mais ça n'avait pas vraiment l'air d'être ce que ma sœur avait dit, il y en avait partout par terre. « Héhé ! Je sens que quelqu'un vient d'avoir ses règles !! » Ai-je pensé. A ce moment, Rousseau et Jacko se remirent à crier. Rousseau me faisait signe de le suivre au fond de la cuisine, mais d'abord, je devais allumer la lumière. En me dirigeant vers l'interrupteur, ma sœur a commencé à se moquer de Rousseau qui reniflait les flaques de « ketchup ». Quand j'ai allumé la lumière, le spectacle que mes yeux ont aperçu m'a laissé sans voix...
Louise, la petite sœur de Marion, gisait devant nous......morte... Du sang coulait de son cou et voilà d'où venaient les flaques de soi-disant « ketchup ». Ma sœur a crié et elle commença à pleurer. Malgré son jeune âge, elle avait compris ce qu'était la mort. Moi je ne pouvais tellement pas y croire que je suis tombée par terre...assise, adossée à un des murs de la cuisine...je venais de comprendre pourquoi Jacko et Rousseau criaient, ils avaient senti l'odeur du sang. Le cri d'enfant que j'ai entendu au 4ème étage, c'était celui de Louise. La petite sœur de ma meilleure amie, à 8 ans à peine, ne faisait plus partie de ce monde.
Lucie arriva et, découvrant Louise sur le sol avec Keith et Rousseau autour, elle prit ses mains à sa bouche et des larmes perlaient dans ses yeux. Elle s'écria :
- C'est ma faute ! Je n'aurai pas du descendre...Non ! NON !
- Pourquoi es-tu descendue, ai-je dit entre deux sanglots.
- Jacko criait, continua-t-elle. Je pensais que quelque chose lui était arrivé.
- Pourquoi Louise est descendue ? ai-je demandé en me tournant vers Keith.
- Elle m'a dit qu'elle voulait boire, a crié Keith.
Voilà d'où venaient les bruits de pas. Mais alors, si Louise est montée boire et que Keith est venue me retrouver au grenier, comment se fait-il que mon père, qui surveille les escaliers, ne les a pas vus. Je suis allée voir dans les escaliers : mon père ronflait. Ce n'était pas la maman de Noé qui ronflait mais c'était mon père. Je l'ai réveillé et lui ai raconté ce qui s'est passé...Lucie et mon père se sentaient coupables mais le vrai coupable c'est le vampire qui était rentré en douce sans qu'on s'en aperçoive. Comment ? C'est l'énigme qui me préoccupait plus que tout...Et je crois que je sais comment, le vampire a...
- Eho ? T'es sur la planète Mars ? s'écria Lucie. Je te signale qu'un enfant innocent vient de se faire tuer pendant que toi tu rêvasses.
Ma sœur venait de me réveiller d'une longue séance de réflexion.
- Non je rêvasse pas, j'essaye de résoudre ce mystère. Papa, dis moi, tu n'aurais pas vu quelque chose de suspect avant de t'endormir ? l'ai-je questionné.
- Euh...Non à part une petite chauve-souris qui descendait du grenier.
- QUOI ???? ai-je crié. Mais pourquoi tu l'as pas dit ???
- Ben quoi ? C'est inoffensif une chauve-souris non ?
Les battements d'ailes ? C'était surement la chauve-souris. Je me suis tournée vers Lucie :
- Dis ? Ton perroquet ne se serait-il pas échappé ?
- Non il était dans sa cage quand je suis descendue, a ajouté Lucie.
- Alors je viens de tout comprendre...
- De quoi tu parles ? ont dit mon père et Lucie en même temps.
Sans leur répondre je suis remontée au grenier en courant, Rousseau sur mes talons. Une fois dans la pièce sombre, j'ai saisit mon téléphone en arrêtant la caméra qui filmait encore. J'ai visionné la vidéo qui avait été filmée. C'était bien ce que je pensais, j'ai découvert la clé du mystère. Tout était clair.
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