ℭ𝔥𝔞𝔭𝔦𝔱𝔯𝔢 30 ~ 𝔍𝔲𝔰𝔱𝔦𝔠𝔢

~ PDV Jennie ~

Premier jour de décembre ; on sort enfin de ce mois plein de peines et d'émotions fortes que je viens de vivre.

Mais la douleur n'en est malgré tout pas moins importante.

Ce matin je dois sortir acheter les médicaments et compléments alimentaires que m'a prescrits la Docteure Hwang, et bien que mon manager m'ait répété maintes fois qu'il pouvait s'en charger lui-même, j'ai insisté à y aller en personne car il s'agit de MA santé.

Une fois de plus avec le cortège de gardes du corps et Dong-Yul aux aguets, je montai dans la voiture de Soo-Yun et celui-ci démarra.

Aujourd'hui il était souriant et de bonne humeur mais paraissait dans les vapes, et cela depuis l'avant-veille lorsque j'étais allée chez le médecin. Il est étrange.

Il conduisit jusqu'à une pharmacie non loin de notre quartier, et Dong-Yul descendit s'assurer que la voie était libre, qu'il n'y avait pas énormément de monde dans les parages. Je restai alors seule avec Soo-Yun, qui sortit son téléphone de sa poche aussitôt que mon manager était descendu du véhicule.

Ça ne lui ressemblait pas d'utiliser son téléphone pendant ses heures de travail, alors son attitude m'intrigua. Je m'approchai un peu et jetai un œil par-dessus son épaule : il envoyait des messages à quelqu'un.

- Soo-Yun tout va bien ? l'ai-je tout à coup questionné.

Il sursauta et vint poser une de ses mains sur l'écran pour m'empêcher de voir, avant de se tourner vers moi :

- Oui oui tout va bien Mademoiselle Jennie.

- Pourquoi cachez-vous votre écran Soo-Yun ?

Il n'eut pas le courage de répondre alors j'ai continué de l'interroger.

- D'après ce que je sais, l'utilisation de votre téléphone portable vous est interdite durant vos heures de travail, non ?

- Oui...en effet...

- Et est-ce que vous imaginez ne serait-ce qu'une seconde la réaction de mon manager s'il vous voyait ainsi ?

- Je...je vous en prie ne lui dîtes rien.

- Ne vous inquiétez pas, je ne dirai rien. Vous avez déjà gardé un de mes secrets, alors je me garderai de révéler le vôtre. Mais dîtes-moi, pourquoi prenez-vous ce risque ?

Il baissa les yeux, et un minuscule sourire vint se dessiner sur son visage.

- En réalité...j'ai une nouvelle petite amie.

- Oh c'est formidable, félicitations !! C'est avec elle que vous discutez en ce moment ?

- Oui c'est avec elle.

- Depuis quand êtes-vous en couple ?

- C'est tout récent, depuis deux jours seulement.

Tout s'explique. Il est étrange depuis deux jours justement.

- Elle est très douce et charmante, poursuivit-il. Et d'ailleurs elle vous ressemble un peu physiquement.

- Oh vraiment ? Vous me la présenterez ?

- Euh je ne sais pas...elle n'a pas trop envie de se mêler à mon monde professionnel. Elle préfère rester en dehors de tout ça.

- Ça ne fait rien. Mais parlant de professionnalisme, vous feriez mieux de ranger votre téléphone avant que Dong-Yul ne revienne.

- Oui c'est vrai. Merci pour votre soutien Mademoiselle Jennie.

Je souris.

- Pas de quoi.

Il envoya un dernier message et rangea aussitôt son téléphone. Quelques minutes plus tard, Dong-Yul revint, disant que l'on pouvait à présent sortir.

Je descendis du véhicule et entrai dans la pharmacie, où beaucoup de gens me reconnurent malgré que je portais mon masque. Mais aucun ne semblait me regarder avec mépris ou dégoût comme ceux de l'autre jour.

Dix minutes plus tard nous avions terminé nos achats et sortions de la pharmacie quand soudainement, je me pris un œuf en pleine figure.

Avant que je ne puisse comprendre ce qui se passait, une foule de gens hystériques brandissant tous leurs téléphones dans ma direction se forma autour de moi : les haters.

Au moins une quarantaine.

Injures et calomnies me parvenaient de tous côtés, accompagnés de projectiles ou d'objets en tout genre qu'ils jetaient sur moi. Les gardes du corps se précipitaient pour me protéger, mon manager ôta sa veste et me recouvra la tête avec pour empêcher quoi que ce soit de m'atteindre pendant que je tentais de me diriger vers la voiture en restant intacte.

Je pus finalement monter grâce à la protection des gardes qui ouvrèrent un chemin devant moi et mon manager claqua la porte une fois que nous étions à l'intérieur. Aussitôt, Soo-Yun démarra.

Dong-Yul me tendit un mouchoir pour essuyer mon visage, ce que je fis. J'avais envie de pleurer, je recevais tellement de haine, c'est insoutenable.

Mais comment se fit-il qu'autant de gens savaient où j'étais en ce moment et m'attendaient déjà dehors ? C'est inconcevable.

J'ai pris ma tête entre mes mains et ai pleuré en silence des minutes durant, pendant que mon manager me tapotait l'épaule pour me réconforter, jusqu'à ce que l'on arrive chez nous.

Je descendis en vitesse, et entrai rapidement dans la maison.

Chaeng était en train de lire, comme toujours, et écrivait des phrases sur une feuille blanche (je ne sais pas ce qu'elle écrivait mais elle avait l'air d'aimer ça), Jisoo était scotchée à son téléphone le visage grave et froid, et Lisa nourrissait ses chats.

Elles vinrent vers moi lorsqu'elles me virent arriver et je me mis à leur raconter ce qui s'était passé, puis je montai dans ma chambre et fit une sieste.

Deux heures plus tard, j'ouvris les yeux et allumai mon téléphone. Je pus trouver cinq appels en absence de Namjoon, et aussi deux de Kai, plus un message de ce dernier me demandant si on pouvait se voir.

J'ignorai son message ainsi que ses appels et décidai de ne répondre qu'à Namjoon. Je l'ai appelé et il décrocha quelques secondes plus tard :

- Allô Jennie ?

- Oui allô bonjour Namjoon.

- Bonjour, est-ce que tu vas bien ?

- Euh...ça peut aller, mais pourquoi tu m'as appelé cinq fois ?

- L'attaque des haters. J'ai vu les vidéos sur les réseaux, c'est horrible. Tu n'as rien de grave au moins ?

- Non je n'ai rien ne t'inquiète pas. Un œuf c'est inoffensif.

- C'est discutable. Ce que je voulais te dire, c'est que j'en ai assez que tu portes ce fardeau toute seule. C'est trop injuste, et je n'ai jamais été d'accord avec ça.

- Namjoon, c'est ce que les agences ont décidé.

- C'est pas pour autant que je suis d'accord avec.

- Mais écoute, on n'y peut rien, c'est comme ça. Il faut que j'assume mes actes.

- Si tu dois assumer les tiens, je veux assumer les miens moi aussi.

Jour après jour, son sens des responsabilités m'émerveille de plus en plus.

- Namjoon, un scandale vaut mieux que deux scandales.

- Je m'en fiche, j'en ai marre. Je mérite de faire scandale tout autant que toi, si ce n'est plus. Alors je vais le faire aussi.

- Comment ?

- Je vais faire un Live et l'annoncer, et puis voilà.

- QUOI ? Non s'il-te-plaît Nam, ne fais pas ça. Je ne veux pas que tu aies de problèmes.

- Laisse-moi le faire Jennie, je refuse de te laisser tout endosser toute seule.

- Je...j'apprécie énormément ce geste de ta part, mais je t'assure que ton soutien moral m'est largement suffisant, ne fais pas ça s'il-te-plaît.

- Le soutien moral ce ne sont que des paroles qui rentrent d'une oreille et ressortent de l'autre. Ça peut réconforter, mais pas plus que ça. Prouver son affection pour quelqu'un se fait par des actes.

Quand il a dit « affection », j'ai repensé à ce jour où il m'avait avoué ses sentiments. J'avais refusé d'y croire, car mon aventure avec Kai m'a fait renoncer définitivement à l'amour, mais depuis un moment je commençais à croire en la sincérité des sentiments de Namjoon.

Ses paroles m'émouvaient, ses efforts faits pour moi, sa manière de réfléchir, la façon dont il a réussi à comprendre mon état d'âme profond et à apaiser légèrement ma douleur. Il était différent, il avait un cœur grand comme le monde, et il me semblait réellement sincère.

Tout cela me plaisait chez lui, et je pense que je commence à croire et à accepter qu'il m'aime.

Néanmoins, j'avais peur de lui succomber à mon tour.

- Namjoon, écoute-moi. Je sais que tu veux rétablir la justice et je trouve ton dévouement admirable, je t'en remercie, mais tu vas enfreindre la règle, tu n'as pas le droit de le faire, ton agence te punira gravement.

- Je me fiche de mon agence, la justice est plus importante.

- Non, je ne veux pas que tu prennes le risque de ruiner ta carrière ou de gâcher ton image auprès de tes fans rien que pour moi.

- Jennie, tu mérites que je fasse ce sacrifice pour toi.

Je mérite quoi ?

Quand cette phrase parvint à mon oreille, je me sentis fondre, j'étais plus émue que jamais.

Jamais personne ne m'avait dit une chose pareille, jamais personne ne m'avait donné autant d'importance, jamais personne n'a voulu sacrifier quoi que ce soit pour moi.

- Namjoon...je...

- Qu'y a-t-il Jennie ?

- Je ne sais pas pourquoi tu me donnes tant d'importance mais je...

- Tout simplement parce que tu le mérites, tout le monde devrait te donner cette importance !

- Je suis horrible Namjoon, pourquoi tu me valorises autant ?

- Tu n'es pas horrible, mais horriblement incomprise. Personne n'essaye de se mettre à ta place pour te comprendre, mais moi je te comprends. Tu es une personne merveilleuse ayant d'après ce que j'ai compris subi d'horribles choses, mais ce n'est pas toi qui es horrible, c'est ton passé.

Il dit que les paroles ne prouvent rien, pourtant il vient de me prouver que dans ce monde, il n'y a pas une seule personne qui me comprenne autant que lui.

- Je veux que tu arrêtes de dire du mal de toi-même Jennie, poursuivit-il. Je ne me soucierais pas autant de toi si tu n'en valais pas la peine.

- Tu ne peux pas savoir...à quel point ce que tu dis me réconforte.

- Peut-être, mais ça ne suffit pas.

- Ça suffit pour moi, je t'en prie ne fais pas ça. Je t'en supplie Namjoon.

- J'ai dit que j'allais le faire donc je le ferai.

Je devais l'en dissuader, il fallait que je trouve une solution pour qu'il y renonce.

- Dis-moi Nam, tu veux que j'aille mieux n'est-ce pas ?

- Mais oui bien sûr !

- Alors si tu le fais, je me sentirai coupable, et je serai encore plus triste que maintenant, j'irai encore plus mal.

Il resta silencieux un moment, puis reprit :

- Tu marques un point, tu ne veux vraiment pas que je le fasse ?

- Non ça ne fera qu'empirer mon état.

- Eh bien comme tu voudras...

JACKPOT !

- Je ne vais pas l'annoncer, reprit-il, mais je ferai autre chose pour prouver ce que j'ai à prouver.

- Quoi ça ?

- Tu verras.

- Dis-moi je ne veux pas que tu fasses quelque chose qui te mette en danger.

Il gloussa un petit rire.

- Ne t'inquiète pas, ce ne sera rien de dangereux, mais ça signifiera bien des choses, pour toi comme pour moi.

- Bon d'accord.

Il me met le suspense, je me demande bien ce que ça pourrait être.

Namjoon me souhaita une bonne fin de journée puis raccrocha et je m'allongeai de nouveau. Ses qualités n'en finissaient pas de me surprendre, quand il me parle, je me sens aimée, en sécurité, je me sens moins seule.

Je crains que je ne commence sérieusement à m'attacher à lui. 

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