𝐂𝐇𝐀𝐏𝐈𝐓𝐑𝐄 ³⁹ : « Vérité dévoilée et mort assurée. »
HELLO !
Avant de commencer, je tenais à m'excuser pour ma longue absence.
Je n'arrivais plus à avancer dans l'histoire et tout me paraissait nul.
Mais finalement, j'ai enfin réussi à écrire ce chapitre ( c'était celui qui me posait le plus de problème ) et je vous le poste donc, en espérant que vous ne soyez pas trop perdu après autant de temps sans suite.
Sur ce, bonne lecture.
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Pour la première fois depuis des années, Anastasia perdait patience. Son calme lui glissait entre les doigts à une vitesse hallucinante et la sérénité qui, quelques heures auparavant, envahissait son corps s'évaporait à mesure que les minutes défilaient. L'emprise pourtant constante qu'elle exerçait sur ses émotions commençait lentement à flancher. Elle perdait peu à peu le contrôle d'elle-même. La colère prenait le dessus et les autres sentiments, vaincus par cette force si puissante et dominante, préféraient se terrer bien au fond de son cœur, à l'abri de ce chaos dévastateur qui la rongeait. Le peu de sang-froid qu'il lui restait encore s'effritait, volant en éclat et ne laissant derrière lui plus qu'impatience et rage pour nourrir son esprit. Et l'attente interminable et insupportable ne venait pas arranger les choses, bien au contraire. La jeune femme avait l'impression de patienter depuis des heures. Elle avait la sensation que l'éternité s'était écoulée et qu'elle demeurait encore là, assise sur cette maudite chaise rouge à attendre que cette maudite réceptionniste ne daigne enfin répondre à sa requête pourtant si simple à réaliser. Le temps semblait à ses yeux filer à une lenteur insoutenable, comme si l'horloge s'était figée à son arrivée, refusant d'avancer. Le monde paraissait se mouvoir au ralenti, bougeant aussi doucement que possible et l'univers avait l'air de s'être ligué contre elle. Sa journée déjà catastrophique devenait définitivement chaotique.
Exténuée par son manque de sommeil et ne supportant plus sa position actuelle, l'adolescente soupira bruyamment. Aujourd'hui rien allait et rien, mais absolument rien, n'aidait à atténuer la situation déjà bien critique. Un flot d'émotions négatives envahissaient son cœur depuis ce matin et l'absence de son partenaire ne venait pas arranger les choses. Elle avait irrémédiablement besoin de lui, nécessitait sa présence si réconforte à ses côtés. La force de cette envie rendait la distance entre eux presque douloureuse. De plus, l'idée même qu'il puisse être seul ou même se sentir délaissé par elle l'horrifiait. Qu'est-ce qu'elle aurait aimé être avec lui ! Et la brunette évitait encore de penser au plaisir intense que prendrait l'ingérable Lisa Mantler - qui ne s'était d'ailleurs toujours pas décidée à quitter le pays - à s'occuper de lui à sa place. Martinus Gunnarsen s'étant blessé en pratiquant son sport préféré était en ce moment même à l'hôpital, effectuant divers examens à sa cheville pour s'assurer de l'ampleur des dégâts causés. Une blessure que sa famille n'espérait pas grave, car Dieu n'était pas le seul à connaître la mauvaise humeur dont le blondinet pouvait faire preuve s'il ne jouait pas au football au moins une fois par semaine.
Mais malgré ses certitudes quand à la légèreté de sa chute, Flor ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter de son état. Et le sourire vicieux abordé par la jumelle quand cette dernière avait compris qu'elle pourrait être présente là où la portugaise ne le serait pas ne voulait quitter son esprit. Cette vision persistait à la hanter sans cesse. La garce devait très certainement se faire une joie de rester aux petits soins pour lui et bien que son copain ait été très clair quand à la nature de leur relation, désormais démunie de sentiments, et à son envie de voir son ancienne partenaire disparaître, l'allemande persistait à vouloir s'immiscer dans sa vie et surtout dans leur couple. Un détail qui ne rassurait pas l'étrangère et qui attisait davantage le sentiment de jalousie qui prenait possession de son corps à mesure qu'elle y repensait. La belle brune avait peur, était complètement effrayée à l'idée de pouvoir perdre un être aussi cher à ses yeux. Pas après tout ce que l'on lui avait déjà retiré de force. Si lui aussi venait à disparaître, Ana ne serait pas capable de guérir à nouveau, car Tinus n'était pas seulement son monde, sa bouée d'oxygène ou encore dans sa part de clarté dans son univers sombre, il était surtout son cœur. La moitié qui manquait à son bonheur. Sans lui, elle était vide, seule et après avoir goûté de près à cet amour, à cette passion qui la consumait constamment, elle se refusait à le laisser filer.
Quoi que celui puisse lui coûter.
De plus, ses projects pour la journée ne la mettaient pas plus que cela de bonne humeur. Après dix bonnes années passées à fouiller chaque recoin de ce monde à la recherche de son père et suite à ses récentes découvertes concernant sa famille déjà bien tordue, le plan mis en place par Mario et Jace restait à ses yeux encore flou. Elle n'avait pas la moindre idée de ce en quoi il consistait réellement, mais pouvait facilement en déduire le but final : faire tomber Katherine Olsen de la meilleure manière possible. L'unique supposition qui lui était venu à l'esprit était que, invisible aux yeux de la sorcière, le policier pénétrait son cercle restreint d'amis proches pour ainsi mieux la poignarder. Et ce poignard en question sa génitrice le tendait à bras ouverts, sans même se doute du malheur qui risquerait de s'abattre sur sa vie bien rangée de milliardaire fraîchement mariée. Mais ce qu'il restait à savoir était pourquoi la femme d'affaires avait accepté d'épouser Thompson et avait autant jeté son dévolu sur lui. Que pouvait-il bien lui apporter de plus qu'un autre ? Les contacts hauts placés du Lieutenant et ses liens avec les autorités pouvaient-ils être ses motivations ? Anastasia n'était pas réellement sûre de creuser la bonne piste, mais son intuition généralement très juste lui disait que son passé d'enfant maltraité et que les rapports entre son beau-père et son travail étaient les clés pour répondre à ce mystère.
Jouer les invisibles pour mieux s'infiltrer dans l'entourage de Kath était une excellente ambition. Mais il restait les détails précis de ce plan et eux, la demoiselle ne les avait pas. Elle les ignorait totalement et, aussi dangereux puisse être cette vérité et cette union entre les deux hommes et elle, elle se refusait à rester encore dans l'ombre, à être à nouveau mise de côté. Cette lourde tâche devait être terminée au plus vite et peut-être bien que sa présence pourrait faire avancer les choses. La jeune fille sentait qu'elle avait également un rôle à jouer dans la chute fatale et finale de celle qui l'avait mise au monde et elle souhaitait de tout cœur obtenir sa vengeance et la justice qui lui revenait de droit. Toutes les souffrances endurées auraient au moins eu le mérite de valoir la peine, aussi triste puisse cela être. C'est pourquoi elle se trouvait là aujourd'hui, assise dans la salle d'attente de ce poste de police à attendre que son tour ne vienne pour enfin confronter le meilleur ami de son géniteur sur ses agissements secrets. Et bien que certaine à cent pourcents que le frère aîné de Joey ne parlerait pas sous prétexte que la menace serait trop pesante, la belle roumaine aux origines norvégiennes n'était pas prête d'abandonner aussi facilement. Pas quand la sécurité de sa nouvelle famille, de son ami et surtout de sa moitié étaient menacées chaque jour un peu plus. Il était désormais temps de mettre fin au règne désastreux de sa vilaine mère.
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Dix minutes de plus s'écoulèrent avec lenteur et aucun signe de vie ne fut donné. Ni de la part de celui qui lui servait de beau-père que l'on disait être en réunion, ni de celle de son chéri, très certainement encore à l'hôpital. Elle lui avait laissé plusieurs messages dans l'espoir d'obtenir une réponse quant à son état, mais malheureusement personne dans la famille ne lui avait encore répondu. Son inquiétude grandissait malgré ses tentatives pour paraître calme et sereine. Au fond, Flora savait pertinemment que ses émotions ne se reposeraient pas tant qu'il ne serait pas avec elle. Et là tout de suite, elle ne rêvait que d'une seule chose : le rejoindre et rester dans ses bras jusqu'à ce que toute cette mascarade de mauvais goût engendrée par Katherine ne soit enfin terminée. Il lui manquait tellement que cela en devenait presque inquiétant, surtout pour quelqu'un qui, comme elle, n'avait jamais connu pareille relation. Une vilaine sensation de vide l'assaillait et comment combler ce manque restait encore un mystère à ses yeux. Elle l'avait définitivement dans la peau et ça, ça l'effrayait beaucoup.
Ne pouvant endurer plus longtemps une telle attente, l'étudiante quitta son siège et se dirigea d'un pas déterminé en direction de la réception. José et Taylor sur les talons, elle traversa le grand hall d'entrée et s'arrêta finalement en face du bureau de la secrétaire. Cette dernière, visiblement très occupée et le nez plongé dans la paperasse, releva très rapidement son regard sur la brunette. Son sourcil droit se haussa, les traits de son visage déformé par l'agacement et elle fit claquer sa langue contre son palais en signe de mécontentement. Un bruit particulièrement agaçant qui donnait à l'adolescente des envies de meurtres et qui ne l'intimidait pas plus que cela. Un peu plus de respect ne serait pas trop demander.
— Je vais me répéter, Mademoiselle, mais le Lieutenant Thompson est en réunion et ne peut vous recevoir pour le moment, siffla la policière, se replongeant dans la lecture de son document.
— J'avais parfaitement compris la première fois, merci, répliqua aussitôt la portugaise, employant le même ton de voix que son interlocutrice. Mais permettez-moi d'émettre quelques doutes quand à la durée de cette entrevue. Monsieur Thompson, alias mon beau-père, ne va pas passer son après-midi enfermé dans son bureau à discuter meurtres, si ? Ce rendez-vous finira bien par prendre fin, non ?
La secrétaire roula des yeux dans un geste excessivement exagéré sans jamais la regarder, puis lui répondit froidement :
— J'ignore totalement quand leur conversation se terminera et je vous conseille vivement de rentrer chez vous pour vaquer à vos occupations d'adolescente. Je transmettrais au Lieutenant que vous êtes passée et lui demanderais de vous appeler le plus tôt possible.
— Voyez-vous... grimaça-t-elle. Je ne peux me permettre d'attendre plus longtemps. J'ai impérativement besoin de le voir et ça ne peut être un autre jour.
— Bien, dans ce cas la salle d'attente se trouve derrière vous, sur votre droite.
— Ma présence vous gênerait-elle à ce point, Madame ?
Un long silence s'en suivit, brisé par le soupir bruyamment de la flic. Cette dernière semblait perdre de plus en plus patience et les coups d'ongles qu'Ana s'amusait à donner sur le plan de travail paraissaient l'irriter davantage.
— Vous ne pouvez pas l'appeler et lui dire que je suis là ? insista la jeune femme. Je suis certaine qu'il serait d'accord de me recevoir. Après tout, je suis sa nouvelle fille, jamais il ne -
— Vous ne vous arrêtez donc jamais ?! s'emporta la réceptionniste, jetant brutalement son travail sur la table et fixant à présent le visage délicat de celle qui lui causait problème. Vous et votre saleté de famille ne faites que donner du fil à retordre et n'êtes jamais pas là quand il s'agit d'aider ! Foutre la merde est dans vos cordes, mais assumer vos torts... Ça, jamais !
La descenante des Ioans préféra garder pour elle ses menaces sanglantes et se contenta de fixer la femme d'un regard noir. Elle ne pouvait lui en vouloir de détester sa famille, pas après tous les soucis que sa mère avait causé depuis le début. Mais mettre dans son père dans le même tas et parler ainsi de lui était absolument inadmissible pour elle. Ce dernier avait servi pour la Norvège sans même y être originaire, avait tout mis en œuvre pour faire de Trofors un village paisible et sûr pour ses habitants, avait contribué à aider de nombreuses causes qui lui tenaient à cœur, s'était entièrement dévoué à ses admirateurs, avait été un modèle pour beaucoup et avait péri sans qu'on ne lui rende justice. Personne n'avait le droit de manquer à ce point de respect à un homme qui avait tout donné aux autres sans jamais penser à lui. Surtout pas une ingrate pareille.
— Je vais rester polie même si l'envie m'en manque fortement, commença-t-elle, en se penchant de manière menaçante vers la secrétaire désormais pâle. Vous avez parfaitement le droit d'être en colère envers ma génitrice, mais la prochaine fois que l'envie vous prendra de juger ma famille pour les actes d'une seule et unique personne, je vous conseillerais d'y réfléchir à deux reprises avant de l'ouvrir. Je vais laisser passer cela, car aujourd'hui je suis d'humeur charitable, ce qui généralement m'annonce rien de bon. Mais retenez bien que votre avis, personne ne le désire, surtout pas moi. À moins d'avoir été engagée pour dire des âneries et insulter le monde, ce qui semble être votre seule qualité, retournez à votre travail, vous voulez. Il serait préférable que je ne croise pas votre regard pour les prochaines minutes à venir.
Au même instant, la porte menant au bureau de Mario Thompson s'ouvrit, brisant ainsi l'atmosphère lourde en électricité qui avait envahi le hall. Ce dernier quitta la pièce accompagné de deux hommes vêtus de longs manteaux gris. Ces inconnus portaient chacun une plaque en or pendue à leur cou et abordaient une mine sombre et renfrognée. Ils ne semblaient pas venir du coin, remarqua la roumaine, observant attentivement les trois officiers se saluer. Au vu de leur expression, les nouvelles ne devaient pas être bonne et la colère visible sur les traits du mari de Olsen appuyait encore plus l'idée que les récents événements n'étaient pas pour lui plaire. Que pouvait-il bien s'être passé qu'elle ne savait pas ? Quelle information cruciale avait-elle pu louper ?
Une fois seuls et à l'abri des oreilles indiscrètes, elle le questionna :
— Qui étaient-ils ?
— Des inspecteurs de Mosjøen, répondit le brun, s'installant dans son fauteuil en cuir. Une fusillade a eu lieu aux abords de la ville et ils cherchent les responsables. Six morts au total.
— Je présume que c'était Katherine.
— Il s'agissait de ses hommes de main, oui, j'ai pu les reconnaître sur les photos. La police ignore encore qui ils sont et pour qui ils travaillaient.
— Des fantômes ? ricana amèrement la petite amie du célèbre Tinus. Pas d'identité, d'employeur, de papiers... Juste leur corps.
Le Lieutenant hocha la tête et reprit :
— Katherine a beaucoup de ressources et de contacts pour faire disparaître quelqu'un de cette manière. Et je suis sûr qu'elle n'aura aucun mal à faire boucler cette enquête avec un peu de persuasion à la Olsen.
Oh, ça non, elle n'en aura aucun, pensa la demoiselle.
— Ils étaient là pour mon père, n'est-ce pas ?
— Ne t'en fais pas, Ana, la rassura-t-il. Là où il est, je peux t'assurer qu'il va plus que bien.
Cette référence la perturba. Que voulait-il insinuer par là ? Et surtout, que savait-il qu'il ne voulait pas ajouter ? Son beau-père parlait-il d'une autre planque introuvable que Jace avait dénicher durant ses nombreuses escapades ou était-ce autre chose ? Soudainement, le visage angélique de Marisa Carson s'imposa dans son esprit. La belle journaliste, amante de son paternel par le passé, habitait exactement la même ville. Quelle étrange coïncidence pour un homme qui évitait par tous les moyens d'attirer le danger sur ses êtres chers ! Anastasia voulait croire qu'il s'agissait d'un simple hasard. Après tout, pourquoi aurait-il été voir sa bien aimée en premier alors que sa fille le cherchait depuis des années ? Ce serait injuste et insensé. Elle se fit mentalement un rappel : passer chez son amie pour vérifier son intuition.
Mais pour l'heure, la brunette se contenta de retirer son portable de sa poche, fouillant dans sa galerie et engagea à nouveau la conversation.
— Comment se porte Savana ?
— Aussi bien que se porterait une femme veuve qui vient de perdre son fils, répondit l'adulte dans un souffle. Elle est en sécurité, tu n'as rien à craindre à ce niveau-ci.
— Vous avez réussi à la maintenir en vie ? s'étonna-t-elle, admirative. Étonnant, connaissant la sorcière qui m'a mise au monde.
Le flic ne put qu'approuver ses dires. Il continua en affirmant veiller à ce que rien n'arrive à Madame Van der Woodsen et lui promit de faire son possible pour garder en vie leur seule témoin, car son témoignage pouvait faire tout basculer et aiderait à inculper Kath.
— À supposer qu'il ait vraiment un passage au tribunal, grimaça l'adolescente, grinçant des dents.
Flor déposa silencieusement son téléphone sur le bureau, puis le fit glisser lentement jusqu'au frère de Joey. Ce dernier s'empara de l'appareil et un sourire dépourvu de joie naquit sur ses lèvres à la vision du contenu. L'écran montrait une photo prise il y a de cela quelques années déjà. Une image très précises de trois hommes en uniformes militaires, souriant en direction de l'objectif. Mario Thompson à gauche, Jack Holland au centre et à droite, Jace Ribeiro Ioans.
Le sujet venait d'être mis sur la table, restait à voir si le brun serait ou non d'accord de coopérer.
— Comme tu peux le constater, j'en ai plus qu'assez d'être maintenue dans l'ombre depuis le début de votre plan.
— Ça pourrait vite devenir dangereux, Ana, la prévint Mario.
— Ça m'est complètement égal. Ça fait des années que j'attends de connaître la vérité, je ne vais pas me défiler sous prétexte qu'une menace pèse sur mes épaules.
L'adulte soupira.
— Ton père va me tuer...
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𝐉'𝐞𝐬𝐩è𝐫𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐜𝐞 𝐜𝐡𝐚𝐩𝐢𝐭𝐫𝐞 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐚𝐮𝐫𝐚 𝐩𝐥𝐮.
𝐍'𝐡é𝐬𝐢𝐭𝐞𝐳 𝐩𝐚𝐬 à 𝐦𝐞 𝐝𝐢𝐫𝐞 𝐬𝐢 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐭𝐫𝐨𝐮𝐯𝐞𝐳 𝐝𝐞𝐬 𝐟𝐚𝐮𝐭𝐞𝐬 𝐝'𝐨𝐫𝐭𝐡𝐨𝐠𝐫𝐚𝐩𝐡𝐞.
❤️
Claudia M.T.C
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