AND I'D GO A THOUSAND MILES

Je marche dans mon ombre.
Le ciel est noir, l'hiver a tout envahi. Je ne vois que des bribes de ma respiration qui s'évapore
dans l'air. Le froid me prend aux tripes, me rendant presque haletante de cette température presque polaire.
Comment le temps peut être aussi froid ?


Aussi froid que son absence.

Et je me sens encore plus refroidie. Mon cœur en prend un coup cette fois-ci.
Je marche rapidement et mes pensées se dirigent vers lui.
Mes pas m'amènent rapidement là où je veux tout sauf être.


Notre endroit secret.

Notre endroit secret était juste une vieille cour de jeu abandonnée. Tout était sale, mal entretenu mais les jeux étaient encore potables. On pouvait au moins s'amuser un peu. Mais les autres enfants les trouvaient trop pourris et préféraient jouer à la console ou aller dans d'autres parcs. Mais moi j'y trouvais de la nostalgie et du réconfort. J'ai grandi dans ces jeux. C'était mon endroit à moi avant que je ne l'implique.

Je m'assis sur une balançoire et commençai à me balancer
doucement. Puis rapidement, intensément, puissamment,
jusqu'à ce que mes pieds touchent l'infini et l'au-delà du ciel éternel. Puis je m'arrêtais, essoufflée et me remis à la tâche. Ça me faisait penser à autre chose que ce poids dans mon cœur. Ce poids qui me faisait dégueuler mon vomi et mes larmes à la fin. Qui me rendait totalement folle. J'étais seule. J'étais angoissée. Effrayée. Et rien ne s'arrangeait. Tout était pire.

Et puis sur un coup de tête, j'arrêtais tout. Je pris mon téléphone et l'appela. J'entendis la sonnerie et puis la
messagerie s'activa. Amère, je mis fin à l'appel.

Et je restai là, à pleurer comme une fillette. Je n'en pouvais plus, je voulais juste le retrouver. Mais voilà, il était si loin de moi.
De mon cœur vide.

Je ferais des milliers de kilomètres juste pour te trouver.

On s'aimait et puis bam tu t'es cassé. Pourquoi tu n'as pas essayé de chercher une solution ? Tu as tranché. Je savais que ton avenir était très important pour toi et pour ta famille qui te mettait la pression mais tu n'as même pas essayé. J'ai pleuré quand j'ai vu que tu n'avais pas essayé une petite fois.

Essayer quoi ? M'as-tu demandé, désespéré.
Essayer de sauver notre couple.

Tu m'as pris dans tes bras et je t'ai repoussé. Sale bâtard,
tu croyais vraiment que j'allais me laisser faire ? Tu n'as pas essayé, n'essaye pas de te racheter. Et j'ai dit :

« C'est fini. Et à jamais. »

Je suis partie comme une voleuse. Et tu m'as regardé de manière si soucieuse.
Tu n'y croyais pas. Pour toi, j'étais juste en colère.
Oui j'étais en putain de colère. Je voulais que tu la ressentes
jusqu'au bout de tes veines.
Tu es venue 2 jours après m'avoir dit ton départ imminent. Tu m'as apporté tout sauf du réconfort. Une lettre glissée à ma porte. T'es même pas rentré.

Sale couillon t'as la trouille de m'affronter ou quoi ? Je
suis juste ta copine, pas le diable.

Tu m'as évité presque tout le temps. Le reste de la semaine.
On habitait à des kilomètres mais on se réussissait au moins une fois mais là rien. Pas de messages, d'appels. J'ai pris mes affaires et je suis partie. Il fallait qu'on se voie. Au moins avant
ton départ non ? Purée, pourquoi tout était si compliqué ?
Je voulais juste pouvoir t'offrir mes mots glamour et mes larmes d'amour. Alors dis-moi où tu es. Par la porte ou la fenêtre, on allait se parler.

Je ferais des milliers de kilomètres juste pour te trouver. Juste
pour te trouver.
Et je ne peux toujours pas te trouver.
Où es-tu allé ?

Je me sentais fatiguée. Je marchais depuis si longtemps. Des kilomètres à pied jusqu'à sa maison, c'était pas donné oui. Mes yeux se fermaient presque tous seuls mais je gardais la tête haute. Bordel qu'est-ce que je ne ferais pas pour lui.

Et mes pieds si fatigués.
Mais cet amour, je le tiens.
Toujours tenir le coup.

J'étais enfin arrivée chez toi. J'avais déjà fait part de ma venue, pour t'apporter tes cours quand tu étais au bord de la mort. Tu étais plutôt mignon encore. Je bourrinais la porte et après quelques minutes plus tard, tu vins m'ouvrir. Surpris, tu
es resté figé. Moi, je t'ai foutu une claque puis embrassé comme si il n'y avait pas de lendemain.
Je pleurais à chaudes larmes et parlais en même temps.
Incompréhension mais tu n'as rien dit. Tu m'as pris dans tes bras et m'a chuchoté dans l'oreille : « Je suis profondément désolé. Pardonne moi s'il te plaît. »

Tu l'as dit si doucement et dans un ton descendant les octaves
que j'aurais pu fondre sur place et mourir d'amour pour toi.

Sérieusement arrête ton délire et embrasse-moi juste
imbécile.

J'avais prononcé mes paroles violemment car j'étais épuisée et un peu gênée de cette situation. Tu m'as souri et obéi.

J'ai senti des papillons. Des odeurs. Des sensations. Des émotions. De la tension. Un amas de sentiments entassés pour faire exploser ma cervelle. J'allais le tuer si il continuait comme ça. On s'est câliné toute la nuit. Tu m'as fait du bien. Je t'ai fait du mal. Ironique mais vrai. Tu m'as dit que j'étais têtue et j'ai affirmé car c'est vrai. Je le suis. Car notre couple n'est pas une affaire de ménage je t'ai dit.

Tu m'as regardé et susurré :
Merci. C'était très important
mais j'ai fui car je suis un lâche. Je t'aime. Je t'aime vraiment.

Mon cœur a fait un bond et j'ai pleuré de joie. Tu ressentais la
même chose que moi sauf que toi tu gâchais tout comme un égoïste.

On a parlé toute la nuit. On s'est embrouillés toute la nuit mais
on s'est embrassés toute la nuit. Tu m'as touché partout, comme une poupée en porcelaine. On était aux anges. Même si tu te trouvais avec une bouffonne plus qu'autre chose. Et le lendemain, on était encore enlacés. Pour finir séparés. Oui car je suis venue le dernier jour. Il ne restait qu'une semaine avant que tu partes en vérité. Tu m'as rien dit. Encore. Je n'étais pas prête. Je t'ai insulté comme jamais, tu m'as pris dans tes bras.

Excuse-moi mais...si je l'avais dit, tu aurais encore plus chercher de solutions alors qu'il n'y en a pas. Je vais partir. Tu vas partir aussi pour ton avenir. Mais on sera toujours ensemble quelque part sur terre. Tu es ma première fois et ma dernière. Tu m'as tout appris. Tu es quelqu'un de si incroyable si tu savais. Reste forte jusqu'au bout mon amour. Je t'aime profondément. Sache que tu seras ici, à cette place.

Tu as pris ma main et l'a placé sur ta cage thoracique. Je pouvais sentir les battements effrénés de ton organe vital. Les larmes me montaient aux yeux. Je te regardais, sourire aux
lèvres, et je t'avais dit :

« T'es vraiment qu'un putain de couillon mais mon Dieu je
t'aime aussi. Tu acceptes mon caractère si peu agréable alors que je n'ai rien pour moi. Écoute-moi bien, n'oublie jamais de ne pas perdre confiance et de botter leur culs à tous ces gens de là-bas ok ? Je crois en toi alors fais de même. Courage, je soutiendrai toujours là où tu iras. »

Les mots étaient dit. Les regards s'étaient parlés et les lèvres
s'étaient exprimées silencieusement. Et tu étais parti, sans un regard en arrière.

Et maintenant, j'étais sur une balançoire, en train de sangloter
comme jamais. Je criais ma rage, tristesse, injustice. Ça ne durait que 6 mois et je semblais déjà au bord de ma vie. J'étais cernée, avais maigri, devenue désagréable envers mon
entourage. Je tombais dans une chute irréversible si je continuais ce chemin. Il fallait que je me reprenne. Que je l'oublie.

C'était à me faire vomir cette relation. Il fallait que je me détache. Oui j'avais pensé à le quitter, fuyant lâchement ma souffrance comme il l'aurait fait. Mais étonnamment, c'était lui qui était motivé à me parler, chambouler mon coeur, me rendre la vie tendre d'avant. Et à cause de ça j'étais encore
plus attachée de ce gosse. Je le hais sérieusement. Je souffre mais lui doit encore plus souffrir de me voir si vide avec lui.

Pourquoi je ne peux pas te laisser partir ?

À cet instant, je reçus un appel. Ça venait de cet idiot. Je décrochai, encore tremblante.
Formule de politesse, faits du quotidiens, anecdotes. On se
racontait tout depuis le début de la semaine, on ne s'était pas
encore appelé. Mais je n'y étais pas. En tout cas, pas mon coeur. Je souffrais avec lui et sans lui.
Horrible mais vrai.
D'un coup, je lui demandais :

— Dis tu t'es lassé ?
— C'est toi qui t'es lassée.
— Oui et non. Je souffre de ton absence et de ta présence.
— C'est contradictoire.
— J'ai besoin de toi mais c'est impossible. Et je meurs sans toi.
Comme un arbre desséché.
— Tu es courageuse. Tu peux le faire.
— Non, je ne peux plus-
— Eh. C'est quoi ça ? Tu craques maintenant ? Ça fait 6 mois et
tu vas mourir ? Je me suis trompé sur ton compte ? Espèce de couillone, tu n'arrives même pas à tenir tes propres valeurs.
— Toi, je vais te-
— Fais ce que tu veux mais tu es à des kilomètres de moi. Sois forte, je te le demande. Si tu ne t'en sors pas, personne ne va s'en sortir. Bientôt tu vas partir et me rejoindre si tu le veux. On peut
construire un truc ensemble. Quelque chose de plus que sentimental et peut nous renforcer. Un avenir. Mais que si on est forts. Garde la tête haute, c'est pas facile mais si tu choisis
la voie de la facilité, tu vas te détester je le sais. Tu te mens à toi-même, là. Tu m'aimes et je t'aime. La distance fait mal mais savoir que ton partenaire n'est pas autant impliqué pour te
sauver est encore pire. C'est toi qui voulait te battre.
Maintenant tu gémis pour un rien. Je suis déçu de ça mais je te comprends. C'est dur. Pour moi aussi ça l'est. Je te vois plus toi, ma famille, mes amis. Je te comprends si fort. Mais nous devons nous entraider. Mon amour je t'aime alors attends un peu avant de pleurer de joie s'il te plaît.

Je me vidais de mon eau. Elles coulaient comme un fleuve. Mes larmes expiaient ma laideur. Je
m'en voulais, me détestais, me haïssais d'avoir pensé tout ça.
Oui je m'en voulais mon Dieu. J'étais encore une fois si égoïste.

— Pardonne moi..
— Je te pardonne. Courage je suis avec toi. Ne pense pas que
tu es seule. Un couple c'est à 2. Je suis là, tu n'es pas toute
seule pour te soulager d'un poids.

Je pleurais encore de toutes ces vérités. Je suis franchement minable, je ne le mérite pas. Mais je l'aime vraiment.

— Je t'aime.
— Je t'aime aussi. Je te rappelle plus tard. Prends soin de toi s'il te plaît.

Le bip sonna ma délivrance et je me levais, déterminée. Je courus hors d'ici et me mis à aller au pont principal. Il avait raison, qui étais-je pendant tout ce temps ? Me remettre en question alors que je connaissais déjà la réponse me démangeait si fort. Mon Dieu j'étais si vulnérable pour me dire de tout arrêter alors que tout le monde souffre de son absence. Je suis juste un putain de clown. Arrivée au pont, je monte dessus, le bord est assez large pour ne pas tomber et regarde le ciel. Le vent soufflait, battant mes cheveux. J'avais un tout nouvel objectif.
Même à des kilomètres, il me montre le chemin à suivre.

Mille mille au-delà.
Mais tu as toujours le contrôle.

Il avait toujours été là, c'était moi qui m'était perdue. Il l'a senti
mais ne m'a rien dit. Je suis si bête, il me connait mieux que
personne. Alors il sait que je vais me reprendre car il croit en moi. Et il m'attend.

Je vais le trouver.
Un jour, je vais le trouver.

Il me l'a toujours dit qu'il le ferait. Cette baisse morale était juste un moyen de fuir mes responsabilités alors qu'il m'aime vraiment. Je l'aime aussi mais j'étais prête à tout détruire par égoïsme. Je n'étais plus aussi courageuse. Par pression, par frustration, par désespoir alors qu'il attendait juste que je me confie. Il a toujours été là depuis le début. Quelle copine pourrie. Je le remercie intérieurement et je pense juste à ce que je dois faire maintenant. Et c'est en regardant le ciel hivernal que je me disais juste une chose.

I'd go a thousand miles just to find you.
And I'm gon' find you.



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