𝐂𝐇𝐀𝐏𝐈𝐓𝐑𝐄 𝐗𝐗𝐗𝐕𝐈𝐈












—    S  A  N  S    M  A  N  I  E  R  E  S    —


























             DANS UN BAILLEMENT, je me retourne. Aussitôt, le bras fort de Sieg déjà enroulé autour de moi me soulève avant de me poser sur son torse. Ventre contre ventre, mon visage tombant dans me creux de son épaule, je ris doucement.

             La nuit dernière a été inoubliable. Après des mois passés à se haïr, les retrouvailles m’ont fait l’effet d’une bouffée d’oxygène. Jamais je ne m’étais sentie aussi bien.

             Je me souviens encore de ses coups de reins, ses mains caressant mon corps et ses lèvres m’embrassant.

« Je veux qu’elle entende à qui j’appartiens. »

             Soudain, mes yeux s’écarquillent et je sursaute. Dans la fougue de nos ébats, j’ai abandonné toute forme de pudeur et le moment où j’ai joui bruyamment alors que Nicole se trouvait de l’autre côté de la porte vient soudainement de me rattraper.

             Sieg remarque mon brutal changement d’attitude.

— Tout va bien, mon cœur ? maronne sa voix embrumée par le sommeil.

— Je…

             Me redressant brutalement sur mes mains, je me place au-dessus de lui. Aussitôt, il frotte ses yeux avant de les ouvrir pour me regarder. Un sourire étire ses lèvres et il pose sa paume sur ma joue, tendrement.

             Son regard se fait si tendre et doux que je manque de défaillir.

— Tu as passé une bonne nuit ? chuchote-t-il.

— La première depuis longtemps.

             Un rire grave s’échappe de ses lèvres et il caresse ma pommette de son pouce. Doucement, je souris.

— Et toi ? Comment a été ta première nuit en ma compagnie ? je susurre.

— Elle me donne hâte de passer les autres à tes côtés, chuchote-t-il avec un sourire taquin.

— Ah oui ? je minaude en me penchant vers lui.

— A jamais.

             Là-dessus, je ferme les yeux, posant mes lèvres contre les siennes. Aussitôt, ma bouche s’ouvre et se meut contre sa jumelle tandis qu’il pose une main sur la chute du creux de mes reins, la caressant doucement. Me pressant contre son corps, je sens son érection contre mon ventre.

— Dès le matin, monsieur Jäger ? je sourie contre ses lèvres.

— A quoi tu t’attendais en partageant mon lit ?

             Un rire m’échappe quand il nous bascule ensemble sur le côté, l’un en face de l’autre. Une nouvelle fois, je l’embrasse en enroulant mes bras autour de son cou. Aussitôt, ses mains relèvent le large tee-shirt que j’ai porté pour dormir, dévoilant mes jambes seulement habillées d’une culotte.

             Je frissonne sous son toucher, transie par ses doigts me frôlant.

             Brutalement, la porte de la chambre s’ouvre. Aussitôt, je me redresse tandis que Sieg me couvre de la couverture. Nos regards se posent sur Nicole qui, habillée d’une combinaison noire, nous observe depuis l’encadrement de la porte.

             Ses yeux sont étirés par un maquillage aussi sombre que sa tenue et ses cheveux, coiffés en une stricte chignon banane.

             Elle tente de ne rien laisser paraitre de ses sentiments, conserve une mine condescendante en haussant le menton d’un air pincé.

— Réunion de famille. Habillez-vous.

             L’envie de rire qui m’a prise en voyant sa posture fond aussitôt. Autour de moi, les bras se Sieg se referment dans un geste protecteur. Il sait ce que signifie les paroles qu’elle vient de prononcer. Elle est allée prévenir Grisha de notre aventure et celui-ci risque de mettre sa menace à exécution et me jeter en prison.

             Déglutissant péniblement, je me blottie dans les bras du blond qui embrasse mon crâne. Nicole lève les yeux au ciel avant de fermer derrière elle.














— Ne t’en fais pas, je te protègerai.










































— C’est pas trop tôt, cingle la voix de Nicole quand nous posons pied dans le salon.

             Mes muscles se raidissent. Il n’y avait aucun euphémisme dans la terminologie « réunion de famille ».

             Assis sur le canapé, Carla et Dina — les mères d’Eren et Sieg — ont les bras croisés et les lèvres pincées. Debout à côté d’elles, Grisha tient un café dans sa main, ses yeux affutés me giflant derrière ses lunettes. Légèrement en retrait derrière lui, Nicole nous observe par-dessus son épaule à la manière d’un chiot planqué derrière son maitre. Finalement, assis sur le comptoir, Eren semble bien plus détendu.

             Il m’adresse même un clin d’œil que je traduis rapidement en « bien joué ».

             Voyant ce rassemblement hostile, Sieg a le réflexe d’enrouler son bras autour de ma taille dans un geste protecteur. Je le laisse faire, ressentant désespérément le besoin d’être soutenue face à cette horde de hyènes prêtes à se jeter sur moi.

             Grisha avance d’un pas.

— Alors, si j’ai bien compris, tu comptes me tourner le dos et continuer à batifoler avec cette p…

— Terminez votre phase, essayez, je le coupe d’un ton cassant.

             Visiblement surpris, il hausse les sourcils.

— Mademoiselle, vous n’êtes vraiment pas en position de négocier ou de me parler de cette façon, me réprimande-t-il.

— Je n’ai rien à négocier, vous allez juste ficher le camp d’ici.

             Des éclairs vrillent dans son regard et il contracte la mâchoire. Autour de nous, tous retiennent leur souffle.

— A qui croyez-vous parler, petite sotte ? Vous venez vous mêler d’un mariage qui ravira le cœur de mon fils et le foutre en l’air sans le moindre remord et vous pensez vraiment pouvoir me parler comme ça ? Croyez-vous que je ferais preuve d’indulgence à votre égard ?

— Vous avez tenter de forcer l’homme que j’aime à épouser et baiser une femme contre son gré. Légalement parlant, vous avez essayer d’organiser son viol et vous pensez réellement que je vais vous faire des courbettes ? je crache.

             Tous se tendent. Même Sieg. Je dois être la première à employer un terme aussi violent.

— Un viol ? Ce n’est qu’un arrangement, s’oppose-t-il dans un rire embarrassé. Elle est une femme et il est un homme, elle ne peut pas le violer !

— Alors quand je vous enfoncerai vos lunettes dans le cul si profondément que pour voir il vous faudra ouvrir la bouche, ce ne sera pas une agression.

— COMMENT OSEZ-VOUS !?

             Son hurlement résonne dans la pièce et à l’instant où il crie, Sieg se place entre lui et moi. Tous les regards convergent en notre direction. Je remarque alors que la main de Grisha est levée dans les airs et que celle du blond immobilise son bras, l’attrapant.

             Il s’apprêtait à me frapper. Mon petit-ami l’en a empêché.

— Curieuse manière de résoudre vos problèmes, vous ne croyez pas ? je commente d’une voix moqueuse.

             L’atmosphère devient plus lourde encore. Sans doute s’attendaient-ils à tomber sur une bégayante jeune fille qui courberait l’échine. Ils connaissent alors très mal Sieg Jäger. Car ce qu’il aime et a toujours aimé chez moi est mon caractère.

             Il a aimé ce que je détestais. Et ce, même dans les premiers temps où il fronçait les sourcils dès que ses yeux se posaient sur moi.

— Nicole, Sieg a rompu vos fiançailles pour la première fois lorsque je n’étais pas dans sa vie. Autant te dire qu’il ne t’aime pas et que je n’ai rien à voir là-dedans.

             Elle baisse les yeux, fixa         nt le sol. 

— Dina, j’aimerai dire que votre ex-époux est le pire parent ayant existé mais je crois que le fait que vous assistiez à un tel procédé sans rien faire est plus odieux encore.

             La blonde ne me jette même pas un coup d’œil, gardant son regard fier rivé devant elle. Mais je sais que je l’ai touchée. Sinon, elle rirait d’un air condescendant et me dédaignerait autrement.

— Carla, ce n’est pas parce que votre fils est Eren que vous devez négligez votre beau-fils et votre façon de vous effacer devant quelque chose d’aussi grave est écœurant.

             Elle non plus ne me répond pas. Je n’en suis pas surprise. Depuis que je suis entrée dans la salle, ni elle ni Dina n’ont levé les yeux vers moi. Elles ne semblent avoir rappliqué que pour suivre les ordres de Grisha.

             Quelle relation malsaine.

— Eren…

             Je lève les yeux vers le brun, assis au comptoir. Triturant ses ongles, il semble affreusement gêné par la situation.

— …T’as encore volé mon eyeliner, enfoiré ?

             Toutes les têtes se tournent vers ses deux yeux verts réhaussés d’une peinture nette. Haussant les épaules, il se redresse d’un air effarouché.

— T’as aucune preuve.

             Soupirant, je secoue la tête d’un air las avant de reporter mon attention sur Grisha. Droit comme un « I », il m’observe avec sa légendaire condescendance, attendant mon jugement. Mais celui ne vient pas tout de suite.

             Quelques secondes s’écoulent sans que je ne lâche son regard.

— Grisha, vous êtes un connard narcissique qui mérite une sacrée paire de baffes.

             Entre nous, je sens Sieg se détendre. Son père a laissé sa main retomber le long de son corps et un sourire amusé étire même ses lèvres. Je ne sais pas ce qui l’a fait changer d’avis mais sa colère semble être retombée aussi rapidement qu’elle est apparue.

             Bientôt, il recule, me laissant à nouveau mon espace personnel.

— Je vais vous laissez le temps de savourer cette courte période où vous vous croyez au-dessus du monde, ma chère. Car, après la condescendance avec laquelle vous m’avez traité, croyez-moi quand je vous dis que vous vous en mordrez les doigts.

             Ma mâchoire se contracte quand un rire franchit ses lèvres.

— Vivez avec lui, baisez-le, faites-lui le ménage et la lessive, essayez de devenir la parfaite petite ménagère pour le garder dans vos draps mais un jour, sans même que vous le voyez venir, des policiers débarqueront dans cet appartement et vous arrêterons, crache-t-il entre ses dents serrées.

             Sieg se tend, devant moi. Je vois ses muscles rouler sous le tee-shirt blanc qu’il arbore.

— Jusque-là, je vous condamne à vivre avec cette épée de Damoclès au-dessus de votre tête.

             Ses yeux fixent les miens, cherchant le moindre signe de détresse. Mais je ne lui fais pas le loisir d’apercevoir ma peine ou même ma peur. Mon regard se fait terne, venimeux tandis qu’il marche en direction de la porte.

             Eren, Dina, Carla et Nicole le suivent aussitôt. Je suis rassurée de voir cette pétasse quitter enfin les lieux.

— En prison, (T/P), peut-être que vous resongerez à combien votre vie aurait pu être différente si vous m’aviez parlé avec respect aujourd’hui, lance-t-il.

— Je connais les gars dans votre genre. Vous aviez décidé de mon sort le jour où vous avez appris mon existence. Rien de ce que j’aurais dit n’aurait pu y changer quoi que ce soit.

             Il acquiesce, riant doucement.

— Alors les rumeurs sur votre intelligence étaient fondées. J’espère que vous en ferez bon usage en prison, lance-t-il tandis que les quatre autres franchissent le seuil de la porte et disparaissent dans le couloir.

— Et moi je suis ravie d’avoir eu l’occasion de vous balancer toutes ces vérités au visage.

             Il sourit, satisfait. Mais au moment où il s’apprête à sortir, je l’interpelle :

— Oh et, une dernière chose…

             Levant les yeux vers moi, il m’invite silencieusement à poursuivre.

— …je voulais vous répéter les paroles d’un grand homme car, je l’espère, elles vous aideront à comprendre bien des mystères de ce bas-monde.

             Ses sourcils se froncent et je rejoins la porte, me plaçant sur son seuil tandis que sa famille l’attend, derrière lui. Tous m’observent, intrigués.

— « Perry, vos lèvres et mon cul devraient se rencontrer. »

             Là-dessus, je claque la porte. Le bruit sec résonne dans l’appartement tandis que je reste debout sur ce paillasson, fixant cette surface plane.

             Un silence prend bientôt place avant de s’éterniser. Sieg est encore là. Je sens son regard sur moi. Mais il n’ose pas parler, me perturber.

             Alors c’est moi qui prends la parole en premier d’une voix tremblotante et faible :

— Je ne peux pas être enfermer à nouveau, je… Je ne pense pas que j’y survivrai.

             Ce n’est qu’à l’instant où je prononce ces paroles que je réalise qu’une larme coule sur ma joue. Aussitôt, sa main se pose sur mon crâne, le posant contre son torse et il enroule ses bras autour de moi. Là seulement, je m’autorise à éclater en sanglots, dans le confort de son étreinte.

             Doucement, il remue, me berçant afin de me calmer. Ses lèvres embrassent mon crâne et il murmure au travers de mes pleures :
















— Je te fais la promesse qu’il ne t’arrivera rien. Je vivrais libre à tes côtés ou je ne vivrais pas.



































2069 mots

dernier arc...

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