𝐂𝐇𝐀𝐏𝐈𝐓𝐑𝐄 𝐗𝐗𝐗
— S A N S M A N I E R E S —
負けるが勝ち
FIGEZ, JE NE PIPE mot dans un premier temps. Debout face à la porte close, enregistrant les paroles de Sieg, je laisse celles-ci glisser sur moi, presque médusée par le toupet du professeur. Bientôt, il s’éloigne.
Je me retourne alors lentement, serrant le poing pour lutter contre l’envie d’envoyer celui-ci percuter sa mâchoire.
— Pardon ? je demande d’une voix que je contrôle difficilement.
Derrière son bureau, il ouvre un dossier Craft sans sembler prêter grande attention à ma personne. Ma mâchoire se contracte alors en le voyant faire.
— Tu peux répéter ce que tu viens de dire ? j’insiste en faisant un pas en sa direction. Tu veux que j’agisse en adulte ?
Ma langue claque ces mots contre mon palais. Il lève enfin les yeux vers moi, me fixant au travers de ses lunettes dorées.
— Parce que je n’étais pas adulte, lorsque j’ai mis ma putain de fierté de côté pour venir m’excuser ? Parce que tu étais adulte quand tu m’as laissé poireauter à la porte ?
Son visage ne trahit aucune émotion. Je n’ai aucune idée de ce qu’il peut bien ressentir.
— Hein ? Tu étais si grand, si fort et si sage ! La splendeur de l’aîné ! C’est ça ? je fulmine.
— Cela n’a rien à voir avec l’âge, répond-t-il simplement d’un air ferme.
— Pourtant Nicole m’a prise de haut à cause de ça et j’ai l’impression que tu comptes bien faire par…
— Je me fiche de ce que Nicole t’as fait compte tenu de ce que toi, tu lui as fait.
Mes muscles se figent et mes yeux s’écarquillent. Le temps d’un instant, je me revoie, abattant ma main sur son visage dans un mouvement rageur. Quelques éclats de cette soirée me hantent et persisteront à le faire dans l’avenir, je le sais.
— Tu sais pourquoi j’ai fait ça.
Mon ton est ferme, sans appel. Son regard se pose dans le vide un bref instant, comme s’il réfléchissait.
— Tes traumatismes ne sont sûrement pas une excuse pour t’en prendre physiquement à autrui.
— Non, les excuses c’est ce que je vous ai présenté à tous les deux et que vous avez ignorés ! je tonne à le pointant d’un doigt rageur.
— Alors sous prétexte que madame présente des excuses, le monde entier doit se réjouir et les accepter !? s’exclame Sieg en faisant un pas dans ma direction.
Je l’imite. Tout aussi menaçante. Nous nous retrouvons l’un en face de l’autre, nos regards s’affrontant tandis que la température de la pièce gravit des échelons. L’air se fait difficilement respirable tant la tension épaissit l’atmosphère.
Ses pupilles se sont dilatées sous la colère, noircissant ses yeux.
— Scoop du jour, (T/P), tu n’es pas le centre du monde.
— Scoop du jour, Sieg, le stress post-traumatique ne fait pas seulement d’une femme une jolie demoiselle en détresse.
Mes poings se serrent tandis que ses yeux s’attardent un instant sur mes lèvres bougeant. Les mois accumulés ont laissé dans nos cœurs un mélange de rage, rancœur et frustration particulièrement étouffant.
Nos retrouvailles crèvent la bulle ayant enflé tout ce temps.
— Alors dis-moi, Sieg, reposante la vie aux côtés de Nicole ? je raille. C’est plus dur à impressionner, une femme de ton âge.
— Ne parles pas de ce que tu connais pas.
— D’abord Esther puis moi, un petit coup de rein pour charmer ses élèves, t’aimes bien jouer sur les daddy issues des plus jeunes, hein ? Facilement impressionnables, c’est sûr que c’est autre chose que la Nicole Wong ayant tout gagné dans la vie.
Sa mâchoire se contracte nettement.
— Est-ce que t’es en train de sous-entendre que je suis un putain de prédateur, (T/P) ?
— Je sous-entends rien. Tu t’es débarrassé de moi dès que t’as eu ta dose, connard.
Ma respiration est ralentie par la chaleur nous entourant. L’air semble crépiter autour de nous.
— Je te conseille vraiment de la fermer avant de dire une connerie.
— Sinon tu vas faire quoi ? je lâche dans un sourire mauvais.
— Boucle-la, c’est tout.
Un léger rire moqueur franchit mes lèvres.
— Si tu veux que je ferme ma gueule va falloir me forcer à le faire.
Le silence claque l’air après cela. Quelques instants durant, nous nous observons, hargneux. Son regard est assombri et ses dents se serrent. Il semble prêt à en découdre, désireux de frapper dans le premier sac qu’il trouvera.
Mon cœur bat avec force et ma vision est presque brouillée de taches noires tant ma tension est élevée. Ma gorge se fait sèche. Je le fixe, déterminée.
Soudain, ses mains se posent sur mes joues et dans un mouvement aussi brutal que passionné, il claque ses lèvres contre les miennes.
Mes bras s’enroulent machinalement autour de sa nuque. Je n’arrive même pas à lutter contre l’envie me dévorant. Cet homme me consume autant que la colère qu’il m’inspire. Mais ce contact rempli mes poumons du parfum de la délivrance.
Nos bouches se muent l’une contre l’autre avec violence, percutante. Sa langue glisse entre mes lèvres avant de toucher la mienne, agressive. Le combat qu’elles engagent alors me pousse à mettre plus de force dans mes gestes, mais aussi à vouloir m’abandonner au sien.
Ses mains attrapent mes cuisses avant de me soulever. J’enroule mes jambes autour de sa taille au moment où mes fesses se posent sur le bureau, balayant au passage quelques objets qui tombent au sol.
Mais il ne cesse pas ses mouvements, ivre de moi. Ses mains glissent sur ma taille avant d’atteindre mon dos, caressant la chute du creux de mes reins. Contre lui, je gémis mais il avale le son dans un sourire qui m’agace d’autant plus. Mes yeux sont clos, le plaisir m’engourdit.
Je presse avec ardeur mon entrejambe à son ventre.
Ses lèvres glissent sur mon menton, retraçant ma mâchoire avant d’atteindre mon cou. Sa langue passe alors sur ma peau, envoyant une pulsion violente à mon entrejambe qui me fait tressaillir. Basculant la tête en arrière, je pousse un soupir de satisfaction.
Je dois m’arrêter, maintenant. Sinon j’atteindrais un point de nom retour.
Mais les mains de Sieg sont si douces sur ma peau, la caresse de sa barbe est si rugueuse et sa langue m’éveille tant que je ne parviens même pas à penser correctement.
— Bonjour, c’est femme de ménage ! Je… Oh, excusez-moi pour l’interruption.
Aussitôt, Sieg recule et je fais de même, abasourdie. Les jambes écartées et assise sur le bureau, je ne réalise pas tout de suite que la nouvelle venue à une vue dégagé sur mon sous-vêtements imbibé de cyprine.
Le professeur le fait bien avant puisque, d’un pas de côté, il dissimule entièrement ma silhouette à la nouvelle venue.
— M… Miranda ! lance-t-il, pris de court. Comment va la famille ?
— Bien, monsieur Jäger, répond une voix à l’accent marqué d’Europe de l’Ouest. Et la vôtre ? Parce qu’il me semble que ce n’est pas madame Nicole, sur ce bureau.
Le ton empreint de jugement de l’employée ne me manque pas. Sautant sur la terre ferme, je replace ma robe maladroitement avant de courir en toute vitesse en direction de la porte, cuisante de honte et priant pour qu’elle ne voit pas mon visage.
Sieg ne tente pas de me retenir, il sait qu’il vaut mieux qu’il n’en fasse rien.
Bientôt, je sors de cette université en espérant ne jamais avoir à y remettre les pieds.
ꕥ
Ma colère ne veut pas redescendre. Une quarantaine de minutes s’est écoulée depuis que je suis sortie du bureau de Sieg à toute allure mais un feu mordant demeure allumé en moi.
Je ne sais ce qui me rend le plus furieuse entre le fait qu’il ne se soit pas excusé, que nous nous soyons embrassés ou que je ne l’ai pas repoussé. Non, à vrai dire, je sais ce qui me met le plus en colère. Et cela m’enrage encore davantage.
Pendant tout le trajet du retour, je n’ai pas cessé de songer à la douceur de ses lèvres, l’ardeur de ses gestes et le bien-être que j’ai ressenti.
Ouvrant la porte brutalement, je ne perds pas une seconde avant de balancer mes chaussures dans l’entrée.
– (T/P) ? m’appelle la voix d’Eren, depuis le canapé.
Je ne fais qu’un signe de tête au trio. Le jour n’a toujours pas commencé à décliner bien qu’il soit assez tard et que l’heure du diner approche. Mais je n’y songe pas vraiment quand, m’approchant du réfrigérateur, j’ouvre celui-ci et en tire une bière.
Armin coupe le son et leurs regards consternés se posent sur moi tandis que je décapsule la bouteille.
— Si t’as de l’herbe, Eren, c’est maintenant.
L’intéressé hausse les sourcils puis ses deux amis échangent un regard.
— Ça s’est si mal passé ? lance-t-il.
La sensation des mains de Sieg caressant mon dos me revient ainsi que celle de sa bouche glissant le long de ma gorge. Non. Je ne dirais pas que cela s’est « mal passé ». Alors, ne voulant pas non plus affirmer le contraire, je me contente d’avaler une longue gorgée du liquide acre en fixant véhément le mur.
Mikasa laisse claquer sa langue contre son palais.
— Donc je suppose que c’est mort pour le barbecue coréen ?
Dans un bruit sec, je pose la bouteille vide sur la table. Ahuris, Armin la fixe en semblant réaliser que j’ai avalé son contenu en une poignée de secondes seulement. Mais je suis encore plus surprise que lui en constatant que cela n’a pas suffit à calmer mes nerfs.
— Tu sais quoi ? je lance. Hors de question. On va se le faire, ce barbecue. Laisse-moi juste le temps de retirer cette robe de malheur.
Là-dessus et sans leur donner l’occasion d’ajouter quoi que ce soit, j’emprunte la cage d’escalier tout en commençant à défaire les attaches. Fulminante, je me retiens de pester à haute voix en me rappelant l’empressement avec lequel il a eu à palper mon corps au travers du tissu.
Quel enfoiré.
Et quelle bécasse je suis de ne pas parvenir à faire autre chose que de me demander ce qu’il serait arrivé si la femme de ménage n’était pas venue ! Un restaurant avec le trio sera idéal pour me changer les idées. J’ai bien fait de ne pas leur laisser le temps de refuser.
Poussant la porte de ma chambre, je me dirige immédiatement sur le placard. Celui-ci est situé sous mon lit perché au sommet d’un escalier qui, naissant à côté de la porte d’entrée, fait le tour de la chambre en s’élevant dans les airs. En-dessous de lui, un placard est visible, large, pouvant presque être qualifié de dressing étant donné qu’il fait la taille de mon matelas — étant situé sous ce dernier — et que je peux tenir dedans.
En face de lui, mon bureau s’étend devant lequel traine une chaise de bureau. Je m’empare de la combinaison aux motifs bohémien posée sur elle pantalon après avoir attrapé une nouvelle paire de chaussure dans l’armoire.
En un battement de cil, je me change, jetant mon ancienne robe au milieu des autres vêtements que j’ai balancé ce matin, dans l’angoisse de ne pas trouver une tenue décente pour l’entretien. Décente… Le mot me fait bien rire, maintenant que je songe à ce qu’il s’y est produit.
— Sieg va bien ? retentit soudain une voix dans mon dos.
Me figeant, je me tourne vers Eren. Celui-ci me fixe, les bras croisés sur son tee-shirt blanc et un air sérieux sur le visage. Je n’arrive à savoir s’il m’en veut ou non. Mais il a perdu l’habituel sourire qu’il m’offre.
— Q… Quoi ? je lance, prise au dépourvu.
Sortant de sa poche son téléphone, il me montre l’écran traversé d’une nouvelle notification. Je ne peux pas lire celle-ci depuis ma position mais il s’empresse d’éclaircir les choses.
— C’est un message de mon frère qui cherche à te contacter car il sait que tu l’as bloqué sur ton téléphone.
Je n’ose regarde le brun dans les yeux, quelque peu embarrassé par mon action immature datant du jour où, regardant ses réseaux sociaux, j’ai aimé par inadvertance une de ses publications.
Mais Eren n’a, de toute évidence, pas la tête à tout cela.
— Il veut te faire savoir que t’as le job.
負けるが勝ち
2060 mots
heeey
et bah les choses se sont
vite échauffée mdrrr
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