𝐂𝐇𝐀𝐏𝐈𝐓𝐑𝐄 𝐗𝐈𝐈















    S  A  N  S    M  A  N  I  E  R  E  S   












負けるが勝ち











             LA SALLE EST silencieuse autour de moi, tous semblent en proie à d’intenses réflexions. Nul ne commente la tirade que je viens d’effectuer, tous se contentent de croiser les bras, fixant le vide d’un air concentré et perplexe.

             Soit, il s’agit-là d’un plan particulièrement machiavélique qui nécessite une véritable volonté de nuire. Mais, si on se concentre sur le fait que ce même plan inclut un meurtre, alors il apparait tout de suite moins flagrant la nécessité d’être atterré.

             Après tout, si cette personne a été capable d’assassiner un être humain, pourquoi ne pas pousser le vice jusqu’au bout.

— Il s’agit d’un très grave abus de faiblesse, murmure la brune que je me souviens être Agnès.

             Assis sur une table, les fesses à quelques centimètres du service à café, elle a tout écouté patiemment de mon exposé des faits. Ceux-là collent aux indices ainsi qu’aux points d’interrogation laissé dans l’enquête telle qu’elle avait été menée.

             Au terme de leur travail, l’équipe sous mes yeux avait convenu d’une version semblant évidente et faisant de moi la coupable.

             Mais Olympe et Farlan, s’étant penchés de près sur mes prouesses en termes de manipulation et ayant étudié ma façon de retourner n’importe quelle situation à mon avantage ont trouvé un loup. Tout cela était trop facile. Bien trop facile compte tenu du fait qu’ils étaient censés avoir à faire à une criminelle particulièrement intelligente.

             Et, en effet, c’est le cas. Sauf que cette criminelle n’est pas moi.

             Pour avoir mené un plan aussi précis, minutieux et machiavélique, le meurtrier doit être une personne dotée d’une grande froideur et d’une faible capacité à ressentir de l’empathie. Et, en plaçant ces photographies chez Esther, en déposant le poison dans le verre que je lui ai servi, il a entrepris de manipuler la moindre preuve afin qu’elle me désigne.

             Mais il en a oublié quelque chose de fondamental : je suis sans nul doute au moins aussi intelligente que lui.

— Abus de faiblesse ou pas, ça concorde avec tous les indices que l’on a et le rapport toxicologique est clair. D’autant plus que maintenant que nous savons quoi chercher, le moment où le poison a été introduit dans le verre est effectivement visible sur la caméra de surveillance, commente Farlan qui, juste devant moi derrière son large bureau de bois affublé d’un ordinateur, semble dépité.

             Derrière lui, assise sur le radiateur les bras croisés sur sa poitrine, Olympe Loreen me fixe. Ses yeux se font calmes, m’observant minutieusement. Et, bien que je ne ressente aucune hostilité émanant d’elle, je dois avouer être plutôt saisie par sa simple présence.

             Il y a peu, j’ai tout de même réalisé qu’elle a pris un rôle important dans la tâche la plus sombre de mon passé.

             Plus loin, sur ma gauche, une jeune femme au doux visage affublé de couettes rousses semble réfléchir intensément à la théorie que j’ai soumise, le regard dans le vide et la tête plantée dans ses mains posées sur la table. De toute évidence, nul ne s’attendait à ce que le dénouement puisse être aussi mesquin.

             Même Annie, le médecin légiste, qui m’a pourtant parue assez froide, laisse voire une moue écœurée tandis que, les bras croisés, elle observe le tableau blanc sur lequel sont réunies les différents indices. J’y aperçois mon propre portrait, peu flatteur.

             Et, sachant pertinemment que Sieg le leur a donné, un sourire sans joie étire mes lèvres.

— Donc reprenons, lâche Farlan en se levant, commençant à effectuer les cents pas.

             Toutes les têtes se tournent vers lui.

— Esther Andrews présentait les caractéristiques de ce qui pourrait être appelé l’éthéromanie. Et, après examen psychologique des journaux intimes de la victime, quelques psychologues ont déterminé une forme assez grave de paranoïa.

             Je vois Olympe acquiescer lentement, les bras toujours croisés sur sa poitrine. Sa présence me met mal à l’aise.

             Que sait-t-elle, au juste, sur Han ? Comment compte-t-elle se servir de ces informations ?

— La nuit des faits, elle s’est rendue dans le streapclub où travaille (T/P), déguisée afin de ne pas être reconnue. Elle lui a fait un cocktail mais, alors que nous pouvons voir nettement sur les vidéos de caméra surveillance que personne n’est rentré en contact avec le verre, les gestes de (T/P) au moment de la préparation se voyant clairement sur les images, du cyanure est arrivé dans le cocktail. La question est : « Comment le meurtrier a-t-il fait ? ».

             Mon regard se pose sur Agnès, la plus proche de moi. Les bras croisés, elle semble boire chacune des paroles de son supérieur.

— Peut-être l’un des ingrédients était-il empoisonné ? Non, toutes les bouteilles sans exception ont servi à l’élaboration d’au moins une autre boisson ce soir-là sans que personne n’en meurt. Alors peut-être que des doubles ont été créés ? Seulement chaque centimètre du bar est couvert par des caméras de surveillance montrant que personne ne s’est éloigné du bar avec la moindre bouteille et les lieux ont été quadrillé au peigne feint, nul n’a retrouvé d’objet empoisonné.

             Je me tends sur ma chaise. Exposé de cette façon, il est vrai que le meurtrier a façonné un plan frôlant le crime parfait, laissant autant d’interrogation.

— Depuis le début, reprend Farlan, nous prenons l’affaire dans le mauvais sens. La victime est Esther et nous cherchons autour d’elle le meurtrier. Nous n’avons jamais soupçonné le plus évident mais aussi le plus invraisemblable, à savoir que la main qui l’a assassinée…

             Le châtain marque un bref temps d’arrêt, s’approchant du tableau blanc avant de poser le doigt sur la photographie de la victime.

— …puisse être la sienne.

             Sur le radiateur, Olympe laisse voir un sourire qui me fait froid dans le dos. Je suis tout à fait consciente qu’elle est simplement époustouflée par l’intelligence du stratagème. Mais, malgré moi, même s’il s’agit d’une femme que je ne portais pas dans mon estime, elle demeure décédée.

— Lorsque (T/P) a tendu son verre à Esther, elle l’a attrapée d’une curieuse manière. Nous tous ici avons cru à de la maladresse : elle ne regardait pas ce qu’elle faisait et, au lieu de les serrer comme n’importe qui, elle a pincé le bord, explique-t-il. De loin, la scène semble on-ne-peut-plus banal, surtout si nous savons que la femme souhaitait être ici incognito. Elle semblait fuir le regard de la barman pour pas être reconnue et, attrapant le verre sans la regarder, a effectué un geste maladroit.

             Se déplaçant, il pointe la photographie noire et blanche du dit moment tiré de la caméra de surveillance. Nous pouvons y voir moi, le bras tendu vers la femme, un sourire tourné vers le professeur tandis que nous discutons et Esther, le visage orienté vers les danseuses, saisissant le verre d’une bien étrange manière.

             Ses doigts semblent refermés comme une pince sur le bord du verre. Son pouce est à l’intérieur tandis que le restant de ses doigts est contre lui, seulement séparés par la surface du récipient.

— Si on y pense bien, reprend Farlan, la seule fois où quelque chose d’extérieur a interagit avec cette boisson est ce moment précis, quand son pouce a, semble-t-il par mégarde mais en réalité pas du tout, plongé dans la boisson à cause d’un mouvement que tous parmi nous avons cru maladroit et anodin.

             Agnès, à côté, acquiesça lentement, les sourcils froncés en une moue concentrée.

— Si (T/P) n’était pas venue pour observer le corps, jamais nous n’aurions su ce qu’il s’était passé, explique le châtain. Car nous sommes tombés sur une femme assez banale, soigneusement maquillée et manucurée mais présentant peu d’indices. Seulement, parlant de manucure…

             Saisissant une photographie couleur des ongles de la victime, il la brandit devant les têtes présentes.

— Voilà la manucure que nous avons trouvé sur la victime et, d’après le témoignage de (T/P) ici présente, dit-il en ramassant une photographie identique, à une exception près, voilà celle qu’elle avait ce soir-là.

             La différence n’est pas flagrante. A vrai dire, tous les ongles sont absolument identiques : bleu pastel et parés de légères tâches scintillantes blanches.

             Tous. Sauf un.

             Sur le pouce gauche, même si quelques paillettes s’étalent, il n’y en a pas autant que sur les autres. A première vue, n’importe qui penserait simplement que l’esthéticienne qui a fait le travail ne s’est pas montrée très regardante sur cet ongle en particulier.

             Mais, lorsque l’on observe attentivement les autres, cette hypothèse semble peu probable. Tous les ongles de la victime sont soigneusement travaillés, à cette seule exception.

             D’autant plus que, sur la photographie que j’ai retouché en compagnie d’Isabel présentant la manucure d’Esther quand je l’ai vue, ce soir-là, il apparait assez visible que tous ces ongles étaient uniformes : bleu pastel et scintillants sous une fine couche de paillettes.

— Comment expliquer le fait qu’à une heure précise, la victime ait une manucure et, lors de sa mort, que celle-ci soit modifiée mystérieusement ? lance Farlan.

             Accrochant la photographie retouchée à côté de celle exécutée post-mortem, le châtain se tourne ensuite vers nos visages attentifs :

— Et bien tout simplement par le fait qu’il s’agit de l’arme du crime.

             Revenant à son bureau, il saisit un épais dossier qu’il brandit à son tour. Sur le papier Craft, les mots « rapport toxicologie manicure dossier 14743A » sont visibles, écrits à la main.

— Après que (T/P) m’ait exposée sa folle théorie que je vous montre maintenant, j’ai demandé une analyse toxicologique en urgence. Celle-ci a pu être faite car je savais exactement ce que je cherchais. Alors cela a littéralement pris une quinzaine de secondes à Edward de me rendre mes réponses.

             Tirant une feuille du dossier, il l’accroche aussi au tableau blanc dans un geste théâtrale.

— Les paillettes de la manucure d’Esther Andrews ne sont pas des traces de vernis blanc mais du KCN, aussi appelé acide cyanhydrique ou, dans le langage courant…

             Avec un sourire satisfait, il se tourne vers nous.

— …du cyanure.

             Agnès se tend sur sa table, visiblement très intriguée par le déroulement des faits tandis qu’Olympe, de son côté, semble presque s’endormir. Visiblement, lui exposer la théorie une seule fois lui a suffi et la répéter semble soporifique.

— Lorsqu’Esther a saisi maladroitement son verre dans un geste en réalité tout à fait calculé, son pouce est rentré en contact avec le liquide, libérant le cyanure sur son ongle et empoisonnant le verre. Ce qui explique le fait qu’il n’y est quasiment plus de paillettes sur celui-ci maintenant alors que (T/P) se souvient dans avoir vu autant sur chaque doigt.

             Quelques têtes se hochent, acquiesçant. Quant à moi, j’observe le tableau, légèrement angoissée. Ce crime aurait pu être parfait s’il n’en avait pas été des preuves à outrance abandonné sur mon chemin pour m’accuser. Soit, mon innocence vient d’être prouvée, mais quelqu’un a réussi à élaborer un stratagème extrêmement poussé dans le but de me voir croupir en prison.

             Je ne peux que me sentir mal à l’aise vis-à-vis du fait qu’un inconnu nourrisse de tels desseins à mon égard.

— C’est donc un suicide ? demande Agnès. Tout ça pour faire payer à (T/P) le fait de s’être rapprochée de Sieg ?

— Non, répond aussitôt Olympe secouant légèrement la tête en gardant les bras croisés sur sa poitrine. Esther Andrews était convaincue que Sieg l’aimait et qu’ils se retrouveraient sous peu, ses notes montraient qu’elle était déterminée à coincer (T/P) car elle croyait pouvoir prouver un crime qu’elle aurait commis. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle est venue au poste, il y a quelques semaines, en demandant à parler avec un enquêteur. Elle croyait avoir mis le doigt sur quelque chose qui mettrait (T/P) à l’ombre donc ça ne servait à rien qu’elle s’empoisonne pour la faire condamner puisqu’elle était convaincue de pouvoir justement réunir des preuves qui la ferait jeter en prison pour une autre affaire dont on ne connait rien.

— Et on n’a d’ailleurs aucune trace du policier avec qui la victime a discuté quand elle est venue, commente Farlan.

— De plus, résonne la voix d’Isabel dans notre dos, son corps a été pendu post-mortem aux câbles de sorte à ce qu’il soit face au professeur Jäger. Il y a eu une mise en scène voulant aussi incriminer (T/P) faite par un acteur extérieur.

             Saisissant un fascicule publicitaire dans la poche de sa blouse blanche, Annie brandit le dépliant montrant la photographie d’une manucure et quelques écritures portugaises.

— Ceci sont des faux ongles créés au brésil. Les femmes les mettent et les plongent dans leur boisson. Dedans, un procédé chimique altère la couleur de la manucure en fonction de ce qu’il se trouve dans la boisson, explique-t-il. En de brefs termes : s’il y a de la drogue dans le verre, l’ongle change de couleur.

— Esther était paranoïaque et convaincue que (T/P) lui en voulait, avait quelque chose a caché, poursuit Isabel depuis son bureau. Quelqu’un d’extérieur a dû la convaincre qu’elle ferait mieux de se rendre au bar pour mener l’enquête au plus près, déguisée afin de ne pas être reconnue. Par « mesure de précaution », il lui aura donné ses faux-ongles afin de vérifier que (T/P) ne l’ait pas reconnue et essayé de la droguer pour l’enlever. Dans le délire paranoïaque d’Esther Andrews, ce devait être tout à fait probable.

— Et, quand elle a discrètement plongé son doigt dans la boisson par mesure de sécurité…, commence Farlan.

— …Elle s’est en réalité condamnée, finit Olympe d’une voix ferme.

             A mon tour, j’acquiesce, légèrement fébrile.

             La personne qui a commis ce meurtre et placé tant de preuves me désignant sur le chemin des enquêteurs est un esprit particulièrement intelligent, rusé et machiavélique. A vrai dire, je suis même atterrée de découvrir un cerveau capable d’exceller à ce point dans l’art de la manipulation.












             Mais, ce qui est sûr, c’est que jamais il n’égalera le mien et je compte bien le lui prouver.







































             Les portes de la cage d’ascenseur s’ouvrent dans un tintement aigue et, passant devant le garçon d’ascenseur en uniforme rouge et casquette ornée de filaments dorées qui m’a menée à mon étage, j’émerge du lieu plaqué marbre blanc pour m’engager sur le sol décoré d’un long tapis pourpre suivant la forme du couloir. A peine mes yeux se posent-ils sur les meubles m’entourant que je réalise complètement où je suis.

             Car les lustres de cristaux se balançant au plafond, les tableaux onéreux décorant les murs et sublimant ce lieu si simple où quelques portes brunes sont visibles, donnant accès à des appartements de luxe…

             …Tout cela n’a rien à voir avec le monde dans lequel j’évolue.

— Bonsoir, madame, retentit la voix du garçon d’ascenseur dans mon dos.

— Bonsoir, je réponds simplement.

— Vous passerez un bon soir de ma part aux Jäger ! ajoute-t-il.

             Avec un sourire, je me tourne en sa direction au moment où les portes se ferment.

— Je n’y manquerai pas.

             Puis, tandis que la cage repart, je reprends mon chemin en direction de l’appartement, tout à fait consciente que ma tenue détonne dans cet environnement si riche et luxueux. Mais là est bien le cadet de mes soucis.

             A l’aise dans mes baskets et mon simple jogging, le pas calme et détendu, il ne me faut qu’une poignée de secondes avant d’atteindre le bout du couloir et sonner à la porte. J’entends le bruit se répercuter de l’autre côté puis quelques éclats de voix.

             Ma main plonge par réflexe dans ma poche, vérifiant le contenu de celle-ci. La sensation des feuilles rigides sous mes doigts me rassure.

             Bientôt, le son de pas étouffés retentit avant que la porte ne s’ouvre sur un sourire bienveillant paré de longs cheveux noirs. Mais je ne prends le temps de m’attarder sur son physique, je suis pressée.

— Bonjour, que puis-je faire pour v…

— Vous, rien, je lâche froidement.

Profitant de l’espace que son corps m’offre à droite, je m’engouffre dans l’appartement en la poussant légèrement pour me frayer un passage. Aussitôt, le haut plafond, le parquet noir, les meubles blancs et la décoration millimétrée au centimètre près me saute aux yeux. Tout se décline en ces deux teintes, parfois décoré de plantes.

Tout est si impersonnel.

Et froid.

             Mais, franchissant l’entrée qui se résume en un couloir de cinq mètres, je le fends et ignore les différentes portes fermées à ma droite et ma gauche pour arriver directement au bout, là où se font entendre des voix discutant. Dans mon dos, la femme tente visiblement de me rattraper.

— Ma chérie ? Qui est-ce ? retentit une voix masculine au moment où je pose pied dans la vaste salle.

             Celle-ci est particulièrement large et peut sans nul doute contenir deux fois mon appartement. Au fond, ce qui ressemble à une table déjà dressée pour accueillir un diner devant une cheminée dernier cri se tient. Mais ce qui m’intéresse est la scène s’offrant juste devant moi.

             A savoir les six personnes assises en ce moment-même sur les canapés de cuir blanc, autour d’une table basse, chacun un verre en main.

— Navrée de perturber la petite fête, je lâche simplement en passant en revue les différents visages.

             Bien vite, le seul qui m’est relativement familier, celui de Sieg qui se tient sur un des fauteuils me faisant face, se fend d’une moue stupéfaite. Mais, croisant son regard, je le coupe avant qu’il ne dise quoi que ce soit :

— Vous vous excuserez plus tard, j’ai pas le temps.

             Derrière moi, le bruit des talons de la femme sur le parquet me laisse entendre qu’elle nous a rejoint :

Grisha, je ne sais pas qui est cette fille, elle est rentrée de force dans la maison.

             Le dénommé Grisha, debout à quelques mètres de son fils ainé aux cheveux d’or, pose les yeux sur moi derrière ses lunettes rondes. Ses cheveux graisseux tombant de chaque côté de son visage en un rideau brun n’attisent que davantage son air austère, tout comme sa moustache.

             Habillé d’un costume onéreux brun, un verre de whisky à la main, il ne manque pas de promener un regard peu flatteur sur ma personne avant de lâcher :

— Vous avez trois secondes pour quit…

— La ferme.

             Mon ton est brutal, froid et prend visiblement tout le monde de court.

— Je ne suis ni venue pour Sieg, ni pour son géniteur, ni pour sa mère, je déclare d’un ton cassant tandis que l’intéressée, assis à côté de son fils, se tait.

             Puis, me tournant vers le canapé le plus proche de moi où président sagement trois jeunes adultes, je balaye rapidement le blondinet et l’asiatique du regard avant de m’attarder sur les deux yeux émeraudes et longs cheveux brun brillant entre eux deux. Une personne dont j’ai beaucoup entendu parler, il y a fort longtemps, sans réellement réaliser pleinement de qui il s’agissait.

             Eren Jäger. Le frère de Sieg.

             Sous quelques mèches sombres, ses iris intenses me fixent rudement. Il sait pour quelle raison je suis là, contrairement à tous les autres. Il n’est pas surpris de me voir. Cela se voit.

— Autant jouer franc jeu, je lance avec fermeté.

             Tirant les centaines de photographies imprimées de ma poche, je les lance sur la table basse de verre, le laissant observer ces mille et un clichés de ma propre personne pris au cours des dernières années qui s’écrasent en de faibles bruits.

             Ma voix se fait ensuite particulièrement brutale lorsque, sans lâcher son regard, je lance :












— On sait tous les deux que j’ai tué ton boss il y a deux ans alors tu vas me dire pour qui tu prends ces photos aujourd’hui et ce qu’elles foutaient dans la chambre d’une victime d’homicide.

 













負けるが勝ち









3275 mots

enfin l'explication hehe

et on rencontre eren mdrrr

j'espère que ça vous aura
plu !

:)

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