𝐏𝐑𝐎𝐋𝐎𝐆𝐔𝐄.
— Ferme les yeux Linh. râla Hori, penchée sur sa cadette, s'adonnant comme elle le pouvait à appliquer un fin trait d'eye-liner sur ses paupières, ce qui n'était pas chose facile au vu de l'agitation de cette dernière.
Linh s'exécuta tout de même et abaissa ses paupières. Hori reprit alors sa tâche laborieuse, coinçant sa langue entre ses dents dans un tic de concentration intense.
— Ça fait pas un peu trop ? marmonna nerveusement la noiraude en se tordant les doigts, les yeux toujours fermés puisque Hori s'appliquait maintenant à rehausser ses cils d'une touche de mascara.
— Mais non ! intervint Toru, allongée sur le lit double d'Hori, les yeux posés sur l'écran de son téléphone. Pour une fois que papa et maman te laissent un peu de liberté, autant en profiter, non ?
— Je suis d'accord. acquiesça Hori en refermant le tube de mascara, libérant enfin les paupières de Linh qui s'ouvrirent sur des iris chocolats. Ces trois semaines coupée de papa et maman vont te faire le plus grand bien ! Tu vas profiter à fond !
— Si tu le dis... marmonna cette dernière.
Un bref silence se fit tandis qu'Hori examinait la noiraude sous toutes ses coutures, avant de s'exclamer :
— J'en ai terminé avec le maquillage ! T'en penses quoi Toru ?
— Magnifique ! approuva cette dernière en se levant du lit pour s'approcher du miroir. Maintenant, on passe à la coiffure !
— Si tu permets, commença Hori d'une voix douce, j'ai déjà une idée en tête, tu me fais confiance ?
Après une légère hésitation, Linh hocha légèrement la tête, sans cesser de fixer son reflet dans le miroir. Hori connaissait ce sentiment : l'impression de voir quelqu'un d'autre, de ne plus se reconnaître. Peut-être que ce sentiment était même décuplé chez sa cadette qui était hypersensible et qui ressentait toutes les émotions en bien plus fortes.
— T'inquiète, ça fait toujours ça la première fois. la rassura Toru en voyant sa mine inquiète. Tu t'y feras.
Hori commença tout d'abord par peigner les longs cheveux noirs corbeaux de Linh, ce qui la rendit nostalgique de cette longueur qu'elle possédait également au même âge qu'elle, avant de la voir partir en fumée sur un coup de tête capillaire. Elle ne pouvait pas dire qu'elle regrettait son choix, mais il fallait avouer que de tels cheveux avaient de quoi faire envie à la plupart des filles. Comme si elle lisait dans ses pensées, Linh soupira au même moment :
— Mes cheveux sont tellement moches...
Pour la punir d'avoir de telles pensées, Hori tira un coup sec sur le peigne, la faisant gémir de douleur.
— Mais ça va pas ?!
— Redis ça encore une fois et je te rase le crâne. Tu sais pas combien de filles rêveraient d'avoir cette longueur.
— Peut-être, mais c'est tellement bana- mais aïeuh !
Une fois les cheveux parfaitement démêlés, Hori s'appliqua à réaliser la coiffure qu'elle avait en tête, la langue coincée entre les dents. Leur mère étant une bien piètre coiffeuse, c'était toujours elle qui avait eu le rôle de démêler et coiffer les cheveux de ses sœurs, jusqu'à ce qu'elles soient en âge de le faire elles-mêmes. C'était une sorte de tradition.
Elle jeta un regard en biais à Yeon, qui était retournée s'allonger sur le lit et souriait en regardant son téléphone.
— T'écris à qui Toru ? s'enquit-elle avec un haussement de sourcils appuyé par un sourire qui ne laissait pas de place au doute.
— Encore Shinoa je paris. lança Linh avant même que la brune n'ait eu le temps de répondre. Elle me parle que d'elle en ce moment. J'en peux plus.
— Mais de quoi j'me mêle ! s'exclama la concernée en rougissant subitement.
— Shinoa est si drôle ! Si généreuse ! Si intelligente ! Si belle ! l'imita Linh en prenant une voix aiguë.
Toru envoya un oreiller dans sa direction mais Hori le stoppa inextremis pour éviter de catastropher la coiffure qui prenait forme.
— Ah non hein ! s'énerva-t-elle en direction de Toru. Attendez au moins que je termine pour vous battre !
Étonnamment, son haussement de ton fonctionna et plus rien ne vint troubler le calme de la chambre.
Petit à petit, la coiffure prit forme, et bientôt, deux tresses se dressèrent sur le crâne de Linh. Hori fixa le dernier élastique avec satisfaction, et s'assura que la coiffure tienne bien.
— C'est fini ! Alors ? Ça te plaît ?
— J'aime... bien. annonça Linh, sans décrocher les yeux de son reflet.
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