𝐂𝐇𝐀𝐏𝐈𝐓𝐑𝐄 𝟑𝟕
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C H A P I T R E 3 7
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赤い糸赤い糸
赤い糸
TOUT N'ETAIT PLUS que silence et tension.
A pas de loup, ils se déplaçaient dans les couloirs du gratte-ciel. Focalisant toute leur énergie dans des mesures de précaution, ils veillaient à se tenir éloignés des fenêtres, respirer longuement afin de minimiser le bruit de leur souffle, écouter avec attention le moindre bruit ambiant trahissant la présence d'autres gardes.
Mais là était le problème. Il n'y avait aucun son. A tel point qu'ils pouvaient entendre le battement affolé de leur cœur, le son de leur sang pulsant dans leurs vaisseaux. Tétanisant, ces mélodies ne faisaient que croitre leur terreur.
Le monde semblait en suspens. Tout se jouait maintenant. Il leur fallait atteindre le plus haut étage de la tour, situé au niveau trente. Alors qu'ils venaient tout juste d'arriver au rez-de-chaussée après s'être défait des couloirs menant à la salle d'interrogatoire du sous-sol.
Plongés dans l'obscurité de la nuit, les lieux avaient un aspect fantomatique particulièrement inconfortable. Quelques échos éloignés ressemblant à des murmures leur venaient par endroit, perturbant le silence morne pour en faire une symphonie bien plus déroutante encore.
Le hall d'accueil s'étendait devant eux. L'escalier qu'ils venaient de prendre menait à une porte qui, cachée sous un faux lierre mural entourant le logo de néon placardé sur un des murs, menait aux comptoirs de bois des standardistes.
Evidemment, aucune ne travaillait à cette heure-ci. Mais de l'autre côté de la pièce, en face d'eux, là où le mur n'était plus que verre, donnant sur l'extérieur et où des fauteuils avaient été aménagé en salle d'attente, quelques hommes imposants vêtus d'uniforme patientaient.
A droite, d'autres gardaient les sasses de sécurité et portiques, la tête hautes. A gauche, là où le trio souhaitait se rendre, d'autres encore protégeaient assidument les ascenseurs et escaliers.
Ils ne pourraient pas passer sans se faire remarquer.
— Fais chier, grommela Livai.
Mais son simple murmure résonna avec vigueur dans le vaste hall vide. Tant et si bien qu'Eren eut tout juste le temps d'attraper sa fiancée et le noiraud par la nuque, les forçant à s'accroupir avec lui derrière le comptoir avant que toutes les têtes se tournent vers eux.
Leurs cœurs battaient avec ardeur. Jamais ils ne pourraient traverser le hall sans se faire remarquer. Et il y avait fort à parier que certains des hommes de sécurité aient repéré le mouvement hâtif qu'ils venaient de faire pour se cacher.
Assis derrière le comptoir, dos à celui-ci et face à la porte qu'ils venaient d'emprunter, ils retinrent leur respiration.
— Il y a quelqu'un ? tonna une voix bourrue, dans leur dos.
Ils ne pipèrent mot. Mais il était trop tard. Tous savaient que les chefs de sécurité, parmi les clans, étaient trop consciencieux pour ne pas vérifier leurs soupçons. Et en approchant le standard, il découvrirait trois personnes n'étant pas censées être là.
A cette pensée, les sourcils de la femme se froncèrent. A vrai dire, Livai seulement n'était pas censé être ici. Mais Eren demeurait le fils de Grisha Jäger et, elle était sa femme. Malgré les rumeurs inondant Twitter, ces derniers jours, jamais un employé du chef de clan n'oserait faire de remarque sur la progéniture de ce dernier ni lui dire qu'il n'avait rien à faire dans le gratte-ciel familial.
Dans leur dos, des bruits de pas résonnèrent. Il s'apprêtait à les découvrir. Mais il fallait l'arrêter avant qu'il ne remarque Livai.
Et le meilleur moyen d'arrêter un agent de la sécurité était encore d'attirer son attention ailleurs ou le forcer à détourner le regard. La première option était compromise par le fait qu'ils n'avaient aucune ressource pour provoquer une distraction. La seconde, en revanche, était facilement applicable.
Même si elle allait devoir mettre sa fierté de côté.
— Bon, lâcha-t-elle dans un murmure à peine inaudible, se plaçant sur ses genoux et ôtant son haut.
Livai et Eren écarquillèrent les yeux en la voyant faire.
— Bordel, qu'est-ce que tu fous ? articula seulement le noiraud sans aucun son.
— Rhabilles-toi ! imita Eren.
Mais, se tournant vers ce dernier, elle lui offrit un sourire enivré. Et, dodelinant de la tête comme si celle-ci était extrêmement lourde, passa les bras autour de son cou, avant de s'assoir sur ses cuisses, riant bruyamment.
Aussitôt entendirent-ils ce gloussement que les hommes de sécurité se raidirent, dégainant leurs armes. Eren comprit alors le plan de sa fiancée et, attrapant fermement ses cuisses, se leva, jaillissant de derrière le comptoir.
Feignant de ne pas entendre le bruit des crans de sécurité ôtés et des exclamations alarmés des agents, il posa la femme sur le comptoir, se plaçant entre ses cuisses et embrassant son cou à pleine bouche. Bien qu'embarrassante, la situation était nécessaire.
A nouveau, les yeux fermés et la tête renversée en arrière, montrant le dos aux agents, elle laissa filer un bruyant rire. L'un de ceux poussés par une femme entièrement ivre.
En entendant ce son, l'humeur des gardes s'adoucit mais ils ne baissèrent pas leurs armes.
— Hé ! Allez faire vos cochonneries ailleurs ! reprit la voix bourrue du chef de la sécurité. J'ai aucune envie d'abattre deux abrutis se pelotant mais j'ai des ordres alors barrez-vous !
Le plan se déroulait à merveille. Entre deux baisers, Eren voyait quelques gardes se détourner de la scène, embarrassés. Mais la majeure partie d'entre eux, consciencieux ou juste pervers demeuraient droits comme des I, le canon de leurs pistolets pointés en leur direction.
Au moins, nul ne voulait plus avancer. Les chances qu'ils découvrent Livai, assis sur le sol, s'amenuisaient.
— Hé ! reprit le chef, voyant qu'ils ne l'écoutaient pas. Cassez-v...
Mais sa voix mourut brutalement dans sa gorge. Eren venait de s'arracher à la gorge de sa femme, rivant ses yeux émeraudes soulignés d'une crinière en bataille en direction de l'homme les interpellant. Et, aussitôt celui-ci reconnut-il le visage de Jäger que son regard s'écarquilla et son cou imposant vira au rouge.
Brutalement, il fit signe à ses hommes.
— Baissez vos armes, c'est le fils de monsieur Jäger ! Baissez vos armes !
De son côté, légèrement embarrassée, la femme ne se tourna pas, se contentant de rire faiblement pour conserver son rôle de femme entièrement ivre. Mais un soupir de soulagement la prit en entendant les froissements d'étoffes de leurs uniformes lorsqu'ils arrêtèrent de les pointer de leur pistolet.
Mais Eren ne s'arrêta pas là. Car ils ne suffisaient pas de gêner les agents, il fallait aussi qu'ils s'échappent tous les trois.
Glissant une main sur le dos nu de sa femme et une autre sur son crâne, très peu à l'aise à l'idée que d'autres hommes la voient ainsi, il foudroya le chef de la sécurité. Sans aucune pitié, il posa un regard incendiaire sur ce dernier.
— Je rêve où vous venez de braquer ma femme ? cracha-t-il, la serrant contre lui.
L'autre secoua vivement la tête.
— Non ! Pas du tout ! Nous voulions juste nous assurer que... Enfin nous devions voir...
— Voir quoi ? Ma femme à poil ? Et c'est pour ça que vous continuez de nous regarder, d'ailleurs ? fulmina Eren.
Aussitôt, l'intéressé écarquilla les yeux.
— Non ! Nous ne savions pas que c'était elle !
— Mais maintenant vous le savez alors de quel droit vous la regardez !? cracha-t-il.
Jamais elle n'aurait cru penser cela mais le passif possessif d'Eren en tant qu'époux — auquel il n'avait remédié que dernièrement au travers de séance de thérapies — les aidait considérablement, sur ce coup. Car aucun agent de sécurité n'était surpris par sa crise de jalousie.
Par le passé, il lui était déjà arrivé d'attraper plutôt violemment un homme qui s'était permis de la reluquer, dans ce même hall d'accueil.
— Navré ! Nous respectons beaucoup madame Jäger et vous-même, nous ne voulons que votre protection !
— Vous êtes en train d'insinuer que je peux pas baiser ma femme sans quelques paires de gros bras autour !? Des bras comme vous ? Vous voulez peut-être me dire que vous aimeriez être à ma place !?
— N... Non !
— Ah ! Mais dites carrément que vous êtes trop bien pour elle ! cracha-t-il.
Livai leva les yeux au ciel. Il avait presque de la peine pour ce pauvre homme.
— N... Non ! Pas du tout ! balbutia l'autre. Retournez-vous, tous ! Ne les regardez pas ! Donnez-leur le respect que vous leur devez et laissez-les rejoindre les ascenseurs !
Aussitôt, les gardes obtempérèrent, ne voyant pas de danger au fait de laisser le couple héritier de la fortune Jäger, complètement ivre, grimpé dans les étages pour se mettre en sécurité dans une salle plus fermée.
Eren ne perdit pas une seule seconde, attrapant le haut de sa femme au sol, il le posa sur la poitrine de celle-ci et, fermement, marcha à ses côtés. Livai les suivit immédiatement, s'extirpant de sa cachette pour leur emboiter le pas.
Arrivés à l'ascenseur, ils n'eurent qu'à appuyer sur le bouton fixé au mur. Les portes s'ouvrirent aussitôt, le noiraud et sa fiancée fondirent dans la cage, s'y enfonçant pour se cacher et Eren se posta sur le seuil, veillant à ce qu'aucun regard ne se soit égaré en leur direction.
Mais tous avaient les yeux clos et faisaient face au mur. Alors, appuyant immédiatement sur le dernier étage, il grogna d'une voix bourrue.
— Bien, et que je ne vous y reprenne plus.
Là-dessus, les portes se fermèrent à nouveau dans un tintement sonore. Le sol tressauta sous leurs pieds et la boite métallique se mit en mouvement tandis qu'il se retournait vers les deux autres.
Livai, les bras croisés, fixait un point devant lui et sa fiancée, de son côté, remettait en toute hâte son vêtement.
— J'ai vécu des situations stressantes et sauvetage in extremis mais celui-là restera à jamais gravé dans mon esprit, grommela le noiraud.
— Arrêtes, c'était drôle, le chambra la jeune femme, encore essoufflée par les baisers d'Eren.
Il leva les yeux au ciel pour toute réponse. Ils n'avaient pas le temps de se préoccuper des méthodes douteuses du Cinquième Lieutenant. Le trentième étage serait sans nul doute le plus gardé. Ils allaient devoir mettre en œuvre en plan solide pour en déjouer la sécurité.
Les pupilles du noiraud s'affinèrent brutalement.
— Eren, tu as appuyé sur le bouton du vingt-neuvième étage ! cracha-t-il.
— J'ai fait exprès.
Les deux autres échangèrent un regard surpris.
— Vous allez vous planquez au-dessus de l'ascenseur en passant par la trappe, lâcha-t-il en désignant le plafond. Le bruit des portes de l'ascenseur s'ouvrant sera de toute façon remarqué et nous serons cueillis par des gardes. Tout ce que je peux faire c'est donner l'impression que j'étais seul dans cet ascenseur et, en sortant, exiger des gardes qu'ils me mènent à mon père.
— Tu sais qu'ils refuseront ?
— Oui mais ils tenteront de m'escorter à la sortie et s'éloigneront. Vous en profiterez pour sortir de l'ascenseur à votre tour, maitriser les deux personnes qui resteront forcément au cas où et filer via l'escalier.
La femme fronça les sourcils.
— Attends... Tu viens pas avec nous jusqu'au bout ?
Son mari se contenta de lui offrir un clin d'œil rassurant.
— Je vais m'en sortir, t'inquiètes pas. Et vous aussi, je vous fais assez confiance pour ça.
En réalité, il bouillonnait de peur. En ce moment se jouait une réunion qui pourrait la tuer et, au cours de leur ascension, les chances qu'elle meurt étaient tout aussi élevées. Ils jouaient contre la montre, le clan Ackerman mais aussi celui Jäger.
Ils allaient devoir se démener pour s'en sortir et n'avaient pas d'autres choix, à présent.
— Bon, grimpe sur mes épaules et ouvre la trappe, grommela Livai. On a pas toute la journée devant nous.
S'agenouillant au sol, il laissa la femme poser ses cuisses de chaque côté de sa nuque.
— Que de souvenirs, le nargua-t-elle.
— Ta gueule.
Puis, se redressant, il l'amena à hauteur de plafond. Elle put alors examiner la fameuse trappe, visiblement coulissante. Et, avec un soupir de soulagement, elle réalisa qu'elle n'était pas bien compliquée à ouvrir.
Agrippant une poignée, elle tira d'un coup sec sur la droite, ouvrant un accès. Aussitôt, l'intérieur sombre du couloir lui apparut. Ses rouages et câbles défilèrent à toute vitesse sous ses yeux, formant un amas indiscernable.
Mais elle réalisa relativement vite que la course de la cage tendait à ralentir. Ils arrivaient.
— Dépêche-toi de grimper, grogna Livai, en-dessous.
Posant ses mains sur le sommet de l'ascenseur et ignorant les nausées lui prenant à cause du mouvement autour d'elle, elle se redressa avec force, appuyant sur ses bras. Le noiraud, lui, posant abruptement ses paumes sur ses fesses, lui arracha un hoquet de surprise et la poussa.
Il ne lui fallut qu'une seconde avant d'arriver sur la surface plane. Aussitôt, la cage s'arrêta. S'accroupissant sur son plafond, elle écarquilla les yeux. Les portes allaient s'ouvrir et Livai était encore à l'intérieur.
Eren et l'intéressé eurent la même pensée. Echangeant un regard atterré, ils entendirent le tintement annonciateur de l'ouverture du lieu. Ackerman ne perdit pas un seul instant.
Bondissant sur le mur, il s'aida de son saut pour attraper le bord de l'ouverture au plafond. Puis, tandis que les portes s'ouvraient, il tira sur ses bras pour remonter son corps, aidé par sa fiancée qui vint entourer son buste de ses bras et le tirer jusqu'à elle.
Eren, lui, pris place sur le seuil et étendit ses bras au-dessus de sa tête, à la manière d'un homme ivre se rattrapant à tous les murs possibles, espérant cacher l'intérieur de l'ascenseur avec sa silhouette large.
La jambe droite du noiraud pendait toujours quand le brun se retrouva en face de cinq hommes armés jusqu'au dent, les sourcils froncés et prêts à en découdre.
— Salut, les petits pères ! Où est le mien !? lança-t-il dans un rire forcé et bourrin.
Livai disparut entièrement, se laissant tirer par sa fiancée. Et, s'allongeant sur le dos juste à côté d'elle pour reprendre son souffle, ferma les yeux. Elle, de son côté, garda les bras autour de son buste, regardant avec inquiétude son visage exténué.
Elle craignait qu'il ne se surmène.
Alors, posant une main tendre sur sa joue, elle essuya les poussières sur sa peau et demeura pressée contre lui.
— Monsieur Jäger, c'est vous ! tonna une voix visiblement soulagée. Ecoutez, navré mais votre père est actuellement en réunion.
— Dans son bureau ? Ah bah j'y vais ! Je veux lui parler de ma femme ! J'aimerai avoir un gosse mais vous savez, les conneries de bénédictions...
Les yeux de l'intéressée s'écarquillèrent et elle se raidit, surprise par le choix de l'excuse. Livai, qui la sentit faire, sourit légèrement avant de l'attirer davantage contre lui, posant une main dans le bas de son dos.
Aussitôt, une douce chaleur l'envahit. Et, enfouissant son visage dans son torse pour tenter de masquer le bruit de sa respiration saccadée, elle écouta son époux continuer son numéro.
— Je suis ravie de l'entendre, monsieur Jäger mais peut-être pourrez-vous en parler demain, quand vous aurez désaoulé et que monsieur sera disponible, vous ne croyez pas ?
— Non, je veux en parler maintenant ! trépigna-t-il comme un enfant.
Livai dut retenir un rire. Le brun pouvait être très ridicule quand il s'y mettait. La jeune femme, le sentant amusé, sourit à son tour, le pressant davantage contre elle et frottant sa joue contre son pectoral. Il posa une main douce sur son crâne à cette sensation.
Cette soirée était peut-être leur dernière, aussi, même si le moment ne s'y prêtait pas, il comptait bien profiter de chaque interaction avec elle.
— Venez, monsieur, je vais vous expliquer. Toi, continue de monter la garde et les autres, éparpillez-vous dans l'étage.
Livai arqua un sourcil. Un seul homme ? Cela promettait d'être encore plus facile qu'il ne l'aurait cru. Alors, se redressant doucement et enjoignant sa femme à faire de même, il s'accroupit à nouveau au bord de la trappe en patientant.
Comptant mentalement jusqu'à trente afin de laisser le temps aux gardes de s'éparpiller, il ne perdit ensuite aucun instant.
Sautant à la manière d'un félin, il se réceptionna doucement. Mais le bruit très léger suffit à attirer l'attention du garde qui se retourna.
— Qu'est-ce que...
Sa phrase mourut dans sa gorge quand, se collant au dos du garde, Livai plaqua une paume sur sa bouche pour le faire taire et entoura sa gorge de son bras libre. Serrant dessus, il attendit de longues secondes durant, jusqu'à ce qu'il cesse de se débattre et posa doucement son corps au sol.
Il venait de ralentir son pouls au point de l'endormir. Ils disposeraient de plusieurs heures avant qu'il se réveille. Cette soirée serait à ce moment-là finie. Soit par leur mort, soit par leur victoire.
Revenant dans l'ascenseur, il leva les yeux vers la trappe et vit la jambe de sa fiancée en pendre. Sans aucune hésitation, il l'attrapa et la tira doucement vers elle, posant une paume sur son ventre pour la stabiliser.
Glissant, elle finit dans ses bras, au cœur d'une singulière étreinte avant qu'il ne la pose sur le sol, vérifiant d'un coup d'œil rapide autour de lui qu'aucun garde ne s'était égaré dans les lieux.
Pendant sa vérification, elle tira l'endormi dans la cage pour le cacher et, fouillant sa ceinture, dégaina deux armes dont une qu'elle tendit à Livai. Il jaugea le pistolet un bref instant. Mais il finit par le saisir.
— En espérant qu'on ait pas à s'en servir, grommela-t-il.
Acquiesçant, elle se redressa avant de sortir de l'ascenseur. Devant eux s'étendit alors un open-space taupe aux seules touches de couleurs se résumant à des plantes posées ici et là. Plus loin, des portes semblaient menées à des bureaux individuels mais ils ne s'y attardèrent pas et, se dirigeant aussitôt vers la poignée située juste à côté de l'endroit qu'il venait de quitter, s'enfoncèrent dans la silencieuse cage d'escalier.
Celle-ci, sombre, amplifiait en écho le moindre bruit. Il leur fallait être prudent. Mais, au moins, aucun soldat ne semblait s'y être égaré.
En toute hâte, ils commencèrent à dévaler les marches. Ils y seraient bientôt, atteindraient leur destination et, après quelques autres gardes, le bureau de Grisha situé au fond d'un couloir austère ou nul ne peut se tapir.
Echangeant un regard entendu, ils atteignirent le dernier pallier, celui donnant sur la fameuse porte. Derrière celle-ci, un seul et unique corridor couvert d'un tapis rouge et de murs sombres les attendrait.
Ainsi, aucune porte, aucun meuble ne leur permettrait de se cacher. Ils allaient devoir affronter les derniers remparts de sécurité. Seuls. Contre peut-être une dizaine d'hommes entrainés et les attendant de pied ferme.
— Prêt ? demanda-t-elle, anxieuse, en dégainant son arme.
Il regarda la poignée. Puis, n'y tenant plus, fondit sur les lèvres de la femme. Sa main vint attraper l'arrière de son crâne et, se perdant dans ce qui serait peut-être leur dernier baiser, il laissa sa langue exprimer toutes ses pensées.
Son amour pour elle. Sa peur dévorante de la perdre. L'envie de vieillir à ses côtés. La volonté de s'épanouir à trois. Les raisons pour lesquelles il faisait tout cela.
Elle les ressenti toutes.
Alors, s'écartant enfin après quelques secondes, les larmes aux yeux, il se contenta de dire :
— Maintenant, oui.
Alors, acquiesçant, elle ouvrit la porte.
赤い糸
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j'espère que ça vous
aura plu !
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