𝐂𝐇𝐀𝐏𝐈𝐓𝐑𝐄 𝟐𝟒
























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C  H  A  P  I  T  R  E    2 4

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tw — masturbation

赤い糸赤い糸


































赤い糸

             AVEC UN SOUPIR LAS, Eren laissa choir les deux sacs de voyage qu'il tenait au pied du large lit de la chambre d'hôtel tandis que sa femme, un sourire aux lèvres, examinait les lieux. Jamais elle ne se serait attendue à ce que Livai se montre si prévenant dans le choix de la réservation.

             Le sol de marbre était traversé d'un tapis à poils gris sur lequel trônait le meuble où ils dormiraient, des draps soigneusement pliés le traversant. Les murs — dont l'un couvert d'une plaque de bois — formaient un simple contraste avec le restant des tons noirs et gris de l'endroit, rappelant le goût du noiraud pour les décorations simples.

             Mais, une dizaine de mètres après le lit, une marche menait à ce qui ressemblait à un salon, avec un canapé, un écran plat et même un bar situé au fond. Implantée dans un des murs, une porte semblait donner accès à une salle de bain dont elle se ferait un plaisir de profiter après être allée chercher Pieck.

— Le séjour risque d'être un peu trop agréable pour une mission de sauvetage, commenta-t-elle dans un rire en regardant les plantes posées çà et là. Je pourrais même réussir à me reposer.

             Sur ses hanches, deux mains chaudes vinrent se poser et elle sentit le souffle d'Eren contre son cou lorsqu'il pencha la tête dans le creux de son épaule. Un sourire étira ses lèvres au contact du torse de son époux contre son dos.

             Ces petits moments intimes lui avaient manqué.

— Tu crois sérieusement que je vais te laisser te reposer ? demanda-t-il de sa voix grave et vrombissante avant de poser les lèvres sur sa peau.

             Le contact de sa bouche mouillée la fit frémir et elle bascula la tête en arrière, les yeux clos et du sang commençant déjà à pulser dans son clitoris. Un sourire de plaisir étira ses lèvres lorsque, embrassant une nouvelle fois son cou, sous son oreille, il posa une main sur son ventre, la maintenant contre lui.

— Si tu savais comme tu m'as manquée, (T/P)..., lâcha-t-il doucement contre sa chair.

             Sa voix envoya des vibrations qui la firent frissonner. Et, les yeux clos, la tête renversée sur l'épaule d'Eren, elle sentit ses doigts saisir son menton pour la tourner vers lui. L'instant d'après, les lèvres de l'homme se plaquèrent sur les siennes.

             Une explosion de sentiments éclata dans son ventre quand elle sentit le baiser. Il était décisif, comme libérateur. Après des semaines à désespérer de le sentir à nouveau contre elle, elle s'abreuvait à sa bouche, mouvant ses lippes contre les siennes en posant une main sur sa joue.

             Ses cuisses se serrèrent instinctivement tandis que, contre le bas de son dos, elle sentait déjà une bosse se former. Mais, s'arquant, elle continua de l'embrasser fougueusement les yeux fermés, ne parvenant à s'arrêter dans son geste.

             Il lui avait manquée.

             Soudain, la main sur son ventre glissa plus bas, se posant sur son vagin habillé. Son estomac se souleva à cette caresse et elle gémit contre la bouche d'Eren qui, de ses doigts libres, tenait fermement son visage.

             Bientôt, ses doigts attrapèrent son entrejambe et, à travers son pantalon, entreprirent de lents mouvements circulaires qui la firent trembler. Un désir dense naissait en elle, pénétrant. Elle ne parvenait à réfléchir correctement et se contentait de s'abandonner à sa bouche dévoreuse, ivre.

             Les frictions contre son clitoris, même au travers du tissu, se firent bientôt trop rapides et insistantes pour qu'elle ne les ignore. Et, même si les baisers d'Eren les étouffèrent, elle poussa de nombreux cris de plaisir, sentant une boule dense se former dans son estomac. Les vapeurs de l'orgasme s'amassaient déjà à une vitesse insoutenable.

             Jamais il n'avait mis aussi peu de temps et d'efforts à la pousser au septième ciel. Le temps passé éloignés l'un de l'autre ne l'avait rendue que plus vulnérable à son toucher.

             S'abandonnant au désir, elle ne parvint bientôt plus à faire le moindre mouvement, se contentant d'haleter et gémir dans les bras du brun qui, la main toujours fermée sur son visage, continua de l'embrasser avec ardeur. Ses doigts experts, entre ses jambes, écartèrent ses lèvres malgré le tissu et, de son majeur, il acheva son supplice, un sourire le prenant en reconnaissant au sursaut du corps de sa femme qu'elle était proche de la jouissance.

             Bientôt, celle-ci arriva. Les vapeurs condensées formées en elle éclatèrent en un orgasme si puissant que ses jambes cédèrent sous son poids et seul le bras d'Eren qui vint entourer sa taille l'empêcha de s'effondrer. Il lui sembla que son âme quittait son corps un instant tant la moindre pensée lucide s'éclipsa soudain de son esprit.

             Quelques secondes encore, il continua de la masturber, l'accompagnant jusqu'au bout. Puis, bientôt, il se détacha de sa bouche et posa un baiser sur son front, regardant son visage épuisé et traversé d'un calme profond posé sur son épaule.

             Elle mit quelques instants à se remettre de ses émotions puis, doucement, ouvrit à nouveau les paupières.

             La vision qui s'offrit alors à elle lui arracha un sourire. Eren, son chignon à moitié défait et son visage couvert d'une fine couche de sueur, la regardant au travers de ses yeux émeraudes avec tant d'affection et d'amour qu'elle s'en sentit troublée.

             De la main avec laquelle il tenait son visage tantôt, il passa un pouce doux sur sa tempe, la caressant et l'apaisant.

             Puis, ses iris passant de ses yeux à ses lèvres avant d'épier chaque partir de son visage, comme envoutées, il lâcha simplement :

— Je t'aime.

             Une douce torpeur se répandit dans son être lorsqu'elle entendit ces mots.

— Je t'aime aussi, Eren.

             Il lui offrit un sourire pour toute réponse.

             Jamais elle ne s'était sentie aussi bien, complète, qu'au cours des dernières semaines. Eloignée d'une belle-famille la ridiculisant sans cesse, rapproché de son époux qui travaillait énormément sur ses travers, évoluant aux côtés d'un mystérieux homme dont elle ne réalisait pas encore pleinement l'importance qu'il avait pris dans sa vie et vivant à proximité de personnes devenues ses amis, elle allait bien.

             Aussi étrange sa vie était-elle devenue, il s'agissait d'un équilibre qu'elle ne voulait pas perdre.

             Soudain, les interrompant dans leur moment de flottement, la porte s'ouvrit. D'un seul et même geste, ils se tournèrent juste à temps vers celle-ci pour voir la silhouette d'Edward la refermer dans un cri écœuré :

— AAAARGH MAIS TROUVEZ UNE CHAMBRE !

             Ils ne jugèrent même pas utile de lui signifier qu'ils étaient justement dans une chambre et se contentèrent d'échanger un rire.

             Puis, saisissant à nouveau le menton de sa femme pour la tourner vers lui, le brun posa doucement ses lèvres sur les siennes.

— Je vais prendre une douche, mon cœur.

             Là-dessus, il s'écarta d'elle, marchant en direction de la porte de la salle de bain qu'il referma derrière lui. A présent seule dans la pièce, elle sentit une dense fraicheur l'envahir et, refermant ses bras sur son propre corps, se laissa tomber en arrière, sur le lit.

             Elle se sentait éreintée quoi qu'euphorique.

             L'avion était un endroit permettant une très faible qualité de repos. Et, même si elle était parvenue à s'endormir durant l'intégralité du vol, au chaud dans les bras d'Eren et sous les couvertures, son visage tourné vers Livai que de temps à autres elle voyait, entrouvrant les paupières dans des phases de mi-sommeil, elle était courbaturée de partout.

             Elle n'avait guère qu'une seule envie : renoncer à la mission et rester dans ce lit douillet à ne strictement rien faire en compagnie des deux hommes, comme dans l'appareil, quelques heures auparavant.

             Cela pouvait sembler étrange mais, même s'il n'avait rien de bien transcendant, le moment qu'ils avaient partagé lui avait vraiment plu.

— Tout va bien ?

             Ouvrant les yeux, elle tomba nez-à-nez avec le visage fermé du noiraud. Celui-ci venait visiblement d'entrer dans la chambre en usant de son habituel discrétion et, à présent debout à côté du lit, regardait la jeune femme.

             Sans attendre de réponse de sa part, il posa une main sur son front, les sourcils légèrement froncés.

             La fraicheur de sa paume lui fit du bien. Tellement de bien que, lorsqu'il tenta de la retirer, elle la retint sur son visage.

             A ce geste, Livai s'assit à côté d'elle pour garder une position confortable mais la mine soucieuse sur son visage se renforça. Elle fut assez surprise de la voir, d'ailleurs. Il était connu pour ne jamais afficher la moindre émotion.

— Tu as l'air d'avoir de la fièvre, tu devrais rester te reposer.

— Non, je veux venir. On s'occupera de tout cela une fois qu'on aura Pieck Finger.

             Lentement, il acquiesça, devinant qu'il ne servait à rien d'argumenter contre elle.

             Ses yeux gris s'attardèrent alors sur le visage de la jeune femme, appréciant moyennement l'idée de la voir tomber malade. Et, malgré lui, sa main glissa du front de l'alitée pour se poser sur sa joue, traçant quelques mouvements circulaires sur sa pommette.

             Dans son dos, le bruit de la porte retentit. Eren venait de sortir de la salle de bain. Pourtant, nul ne se tendit dans la pièce ni ne tourna de regard apeuré vers lui. Elle était trop éreintée pour le faire et la précédente discussion de Livai avec lui brun le laissait entendre qu'il ne serait pas gêné par une telle scène.

             Et, en effet, lorsqu'il arriva dans la pièce, une serviette blanche enroulée autour de sa taille laissant voir son torse sculpté ainsi que la naissance du « V » marquant le bas de son buste, quelques gouttes d'eau roulant sur sa chair, il ne fronça pas les sourcils à cause de la position de Livai.

             Mais bien face à l'air maladif de son épouse.

— Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda-t-il, alarmé.

— On dirait qui s'habiller en minijupe et mini-haut en pleine hiver pour la mission avec Marcel n'était pas une bonne idée, lâcha-t-elle dans un sourire épuisé.

             Aussitôt, Eren grimpa sur le lit, se plaçant de l'autre côté de son épouse et posant une main fraiche sur son front. Le contact l'apaisa, elle ferma les yeux. Le moindre de ses muscles était courbaturé et elle se sentait vraiment exténuée.

             Mais, même si elle devinait la naissance d'une angine, il était strictement hors de question qu'elle rate le sauvetage de Pieck.

— Je vais venir, je vais venir..., lâcha-t-elle, les paupières closes. Laissez-moi un peu de temps et je serais sur pieds.

             Profitant qu'elle ne le voyait pas, Eren lança un regard appuyé à Livai auquel ce dernier acquiesça. Ils savaient qu'elle ferait tout pour les accompagner et qu'ils ne pourraient pas l'empêcher de le faire mais, qu'importe ce qui se profilerait après cela, ils utiliseraient la semaine réservée dans cet hôtel pour prendre soin d'elle.

             Le pouce de Livai continua ses caresses sur la pommette de la jeune femme, songeur. L'autre homme, lui, se leva pour aller piocher quelques affaires dans son sac de voyage.

— Quand on rentre, promets de nous laisser nous occuper de toi, lança Eren en prenant un caleçon.

             Il n'avait pas pris la peine d'exclure le noiraud de sa phrase. Il le voyait à l'air anormalement soucieux que celui-ci affichait : il viendrait de toute façon prendre soin d'elle, qu'ils le veuillent ou non.

— Deux apollons pour s'occuper de moi, je suis servie, chantonna-t-elle dans un faible rire, les yeux toujours clos.

             L'homme assis à côté d'elle leva les yeux au ciel.

— Il est hors de question que quiconque te touche dans cet état. T'es contagieuse et trop faible pour ce genre d'activité.

— Activité..., répéta-t-elle en pouffant. J'ai l'impression que tu parles de m'emmener au parc.

             Eren sourit faiblement.

— Mais de toute façon c'est trop tard, je l'ai fait avec Eren il y a cinq minutes.

             Eren arrêta de sourire faiblement.

— Tu te fous de moi ? lâcha Livai d'un ton sec, se tournant vers l'homme.

— J'avais pas compris qu'elle était malade, c'était juste un petit truc comme ça, tenta-t-il de se défendre, levant les mains en l'air dans une position pacifiste.

— Un petit truc comme ça ? répéta le noiraud. T'as vue dans quel état tu l'as mise !?

— Oh... Depuis quand tu es aussi prévenant avec moi, Grincheux ? chantonna-t-elle, les yeux toujours clos.

Boucle-la, toi.

— Je me disais aussi.

             Au-dessus d'elle, les deux hommes continuèrent de se disputer sans qu'elle ne se concentre vraiment sur leurs paroles, se laissant bercer par leurs vois et leur simple présence. Car là, en cet instant précis, malgré sa migraine, ses courbatures et sa gorge douloureuse, quelque part, elle se sentait bien.








             Oui. S'ils restaient tous les deux dans sa vie, elle ne pourrait qu'être heureuse.





































             L'air frais du matin fouettait leur visage, vivifiant. Au-dessus de leurs têtes, le ciel gris de Washington D.C. s'étendait, couvrant la ville d'un voile clair. La matinée commençait à peine et, leurs bouches constamment traversées de bâillements, ils s'apprêtaient à entamer une nouvelle mission.

             Celle visant à ramener Pieck Finger à la maison.

— On peut acheter un chocolat chaud ? demanda la voix d'Edward.

— Non, répondit fermement Livai.

— S'il-te-plaît ?

— Non.

— Même si je te fais un beau sourire ?

— Encore moins si tu me fais un beau sourire.

— Même si je te donne assez de capotes pour que tu t'envoies en l'air avec (T/P) et Er...

Boucles-la, Edward, soupira le brun debout à côté de lui.

             Autour d'eux, nombreuses étaient les familles marchant dans les allées de ce parc. Autant dire qu'Eren se sentait bien mal à l'aise à l'idée d'aborder le sujet de possible rapports sexuels, proche d'enfants courant sur les graviers, entre les larges espaces d'herbes et arbres gigantesques.

             Ils avaient choisi de se rendre en ce lieu précis après avoir posé leurs valises à l'hôtel réservé par Livai car non loin se trouvait l'agence gouvernementale les intéressant et ils savaient de source sûre que Pieck Finger passait chaque matin chercher un croissant chez un vendeur ambulant posté à côté d'une fontaine. Ils souhaitaient l'intercepter à ce moment.

             Alors, tous habillés d'un long manteau et d'une écharpe pour éviter l'air glacial — à l'exception d'Edward qui n'avait rien trouvé de mieux que de porter un sweat « FUCK THE NCIS » à deux pas de l'agence de ces derniers, ils patientaient. Elle se montrerait sous peu et, après ce qui était arrivé à Marcel, ils trouvaient reposant l'idée de mener une mission aussi simple que celle-ci.

— L'état de Marcel s'améliore peu à peu. Même s'il est inconscient, sa main réagit aux tests de réflexes et ces signes vitaux sont stables, s'enquit Porco en rangeant son téléphone.

             Le cœur de la femme assis à côté de lui sur le banc public fit un bond et elle se tourna en sa direction, un sourire aux lèvres.

— Il va s'en sortir ? s'exclama-t-elle, une lueur d'espoir dans les yeux.

— Seul l'avenir nous le dira mais il semble être en bonne voie, répondit le châtain avec un sourire.

             Les lèvres d'Eren et Edward s'étirèrent en un sourire réjoui. En plus d'être soulagés que l'homme puisse aller mieux, voir le contentement sur les visages des deux membres de la Rose Noire les aidait aussi.

— D'ailleurs, on sait qui sont les mecs qui s'en sont pris à (T/P) ? demanda le faux-blond. Je veux dire, le sniper était sans doute lié à l'Omniscient ou le commanditaire des autres meurtres mais les clowns, c'étaient qui ?

— Ils ont été gardé en observation à l'hôpital et transférés dans nos cellules, expliqua Livai. On les laisse mariner quelques jours et on les interrogera plus tard.

             La femme esquissa un rictus. Elle reconnaissait bien là cette technique, elle avait subi la même lorsque le noiraud l'avait enlevée. Quoi qu'étant donné qu'elle avait passé la majeure partie de ce temps ivre ou comatant, elle ne s'en souvenait pas le moins du monde.

             Eux, en revanche, sans médicaments contre la douleur liée à la balle qu'elle avait tirée, risquaient de se souvenir un moment de ces journées passées à moisir en cellule.

— A notre retour on les interrogera, ajouta l'homme en posant les yeux sur la jeune femme encore à moitié endormie.

             Celle-ci sentit ses entrailles se tordre en sentant ces pupilles si intenses sur sa personne. Mais elle n'en dit rien.

Porco, toi qui te souviens de Pieck, tu penses qu'elle nous suivra sans rien dire ? demanda Eren, un peu anxieux à l'idée que la situation ne puisse tourner au vinaigre.

— Absolument pas, rétorqua l'intéressé.

             Tous se raidirent.

— Sauf si on lui promet une séance de massage de notre hôtel ainsi qu'une chambre.

             Le brun haussa un sourcil perplexe devant cette remarque.

— On est des mercenaires, déclara le châtain en réalisant l'insistance de son regard, notre code d'honneur, c'est l'argent.

— J'aime bien cette façon de dire que vous êtes une bande de michto avec des flingues, rit doucement le faux-blond.

— Edward, le rappela fermement à l'ordre Livai.

— Quoi ? C'est pas méchant, moi aussi je suis une michto avec un flingue !

             Eren pinça l'arête de son nez en s'éloignant de quelques pas.

— Il est définitivement trop tôt pour que j'ai ce genre de conversations, murmura-t-il en leur tournant le dos, marchant des brefs instants en regardant les marmots jouer autour de lui.

             Même s'il était effectivement assez tôt, quelques familles matinales étaient déjà de sortie. Et, un sourire attendri aux lèvres, il regarda des bambins courir le long des allées, leurs parents inquiets sur les talons.

             Parfois, il s'était surpris à imaginer une vie paisible et similaire auprès de sa femme. Mais, étant donné leurs activités respectives de criminel, il avait rapidement entrepris de chasser cette idée de son esprit.

             Cependant, Sieg prendrait la tête du clan à la mort de Grisha et le laisserait s'éloigner des sombres affaires familiales tandis que la Rose Noire brillait une toute dernière fois au travers des missions qu'ils se lançaient mais retournerait bientôt à l'état de légende. Ainsi, après toutes ces péripéties, peut-être pourraient-ils envisager ensemble cette fois-ci l'idée de s'épanouir de la sorte.

             Malgré lui, l'image de son épouse, le ventre arrondi par une grossesse, affalée sur le canapé dans les bras de Livai, un sourire tourné en sa direction et lui demandant de les rejoindre pour une simple soirée devant un film se matérialisa dans son esprit.

             Et l'idée, bien qu'inhabituelle, ne lui déplut pas.

             Il n'appréciait pas forcément le noiraud qu'il trouvait condescendant et hargneux. Mais, quand ce dernier était avec son épouse, celle-ci semblait si détendue par leurs deux présences qu'il en venait à souhaiter qu'il reste avec eux plus longuement.

             Ses pensées furent soudain détournées lorsque ses yeux se posèrent sur la silhouette d'une femme emmitouflée dans une doudoune noire. Tout d'abord, il réalisa que la vision de son ventre arrondi l'avait inconsciemment poussé à avoir ces pensées. Puis, tout en se disant que cette femme avait de la chance d'être enceinte, il remarqua que celle-ci le fixait.

             Là, à quelques mètres de lui, entre ses longs cheveux noirs encadrant son visage joufflu et ses grands yeux sombres soulignés de cernes, elle semblait s'être arrêtée en voyant le petit groupe. Et elle dévisageait celui-ci.

             Le cœur d'Eren fit un bond dans sa poitrine.

— Euh... Les gars ? Ce serait pas Pieck, ça, par hasard ? demanda-t-il en tournant légèrement la tête.

             Aussitôt, les quatre visages dans son dos se tournèrent vers la femme.

             Celle-ci demeura pantoise quelques instants, soutenant le contact visuel établit. Puis, sans plus de cérémonie, tourna les talons.

— Attends... AMANDA CARTER ! appela Porco en se levant, utilisant son faux-nom. JE SUIS AVOCAT DE LA DÉFENSE, NOUS DEVONS PARLER DU SERGENT MAYERS !

             Mais la femme refusa visiblement de le suivre dans son mensonge et, brusquement, se mit à courir, une main logée sous son ventre arrondi par la grossesse. Aussitôt, le châtain accéléra la cadence de ses pas tandis qu'Eren et Livai s'éloignaient chacun de leur côté afin de bloquer à Pieck les différentes issues qu'elle pourrait prendre afin de fuir.

             Quelques têtes se tournèrent dans le parc, intriguées par les cris retentissants. Edward suivit Porco en toute hâte, abandonnant la femme sur le banc qui observait la scène patiemment.

             Quelque chose en elle, combattant l'amnésie, comme une vieille habitude, lui disait qu'il ne lui servait à rien de courir. De plus, son mal progressait et elle sentait ses membres trop engourdis pour commettre la moindre action.

             Et en effet, une poignée de secondes plus tard, une vibration dans sa poche la tira de ses pensées. Son téléphone sonnait. Extirpant l'objet de son antre, elle jeta un regard à l'écran affichant un numéro inconnu. Sans plus de cérémonie, elle décrocha et posa l'objet à son oreille.

— Je savais que tu m'appellerais, lança la jeune femme en regardant la brune au loin, courant vers la sortie du parc.

— Ah ouais ? T'étais pas censée être amnésique ? lâcha Pieck, visiblement essoufflée de l'autre côté du combiné.

— Je le suis. A vrai dire, ton visage m'est absolument inconnu mais quelques intuitions me traversent.

— T'as toujours été douée pour le mensonge, rit doucement son interlocutrice de l'autre côté du combiné tandis que Porco et Edward franchissaient les dizaines de mètres restant entre eux.

— Je ne mens pas.

— Le numéro de la starlette amnésique, ça m'a pas l'air très sincère, Galatée.

— Parlant du numéro, comment tu as eu le mien ?

— Je me tiens informée, répondit-elle simplement.

— Et pourquoi tu m'appelles au lieu de me laisser discuter avec toi ?

— Justement pour te dire que je ne veux pas discuter.

             Assise sur le banc, le Cinquième Lieutenant fronça les sourcils.

— Pourquoi tu nous fuis ? On était censé être tous frères d'armes.

             Un rire traversa la gorge de Pieck. Jaune. Sans joie. Elle atteignait déjà la grille verte marquant la sortie du parc.

— C'était avant que tu te permettes de coucher avec l'ennemi.

— L'ennemi ?

— Celui qui tue les membres de la Rose Noire depuis quelques semaines, celui qui a engagé cette salope de mercenaire.

             Le sang de la femme ne fit qu'un tour et ses yeux s'écarquillèrent. Assise sur ce banc, elle se sentit tout de même vaciller et sut qu'elle serait tomber si elle avait eu le malheur de se tenir debout.

             Pieck savait qui se cachait derrière ces meurtres.

— Qui est-ce ? Pieck, dis-moi qui c'est ? PIECK ! insista-t-elle.

             Mais, pour toute réponse, diverses tonalités retentirent. Elle avait raccroché.

             Alarmée, la jeune femme leva les yeux vers le bout du parc, là où Pieck se tenait encore, quelques instants auparavant. Mais elle n'y vit que Porco et Edward arrivant devant une grille verte ouverte, prêts à poursuivre la brune.

             Seulement elle sentit au plus profond d'elle-même qu'ils ne parviendraient pas à rattraper cette femme si celle-ci avait décidé de s'enfuir.

             Leur mission venait de tomber à l'eau.

             Entre ses lèvres closes, elle retint un juron sonore. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle venait de filer aussi facilement, juste en courant loin d'eux. Embarquant avec elle leurs chances d'obtenir des réponses.

             Seulement soudain, comme pour la rassurer, une vibration retentit dans sa main, là où se trouvait le portable sur lequel la brune l'avait appelée. Un message entrant s'affichant sur l'écran, provenant de ce même numéro.

             Et ce qu'elle lut alors lui coupa le souffle.














« Le mercenaire qui tue les membres de la Rose Noire se nomme Olympe Loreen et a été engagée par Kuchel Ackerman. »

 










赤い糸





























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on poursuit sa lancée
et on publie chaque
jour mdrrr

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