𝐂𝐇𝐀𝐏𝐈𝐓𝐑𝐄 𝟏𝟒

𖤓

ET DANS LES LARMES DE CEUX QUI
VIVENT, JE LAVE LE SANG DES
MARTYRS







S01E15
petit spoiler







             Il était tard dans l’après-midi lorsque le caporal s’accorda une pause bien méritée. Depuis la veille où il s’était rendu dans le réfectoire pour s’assurer que ses soldats avaient bien débuté la tâche à laquelle il les avait affectés —qui consistait à instruire Emeraude— il n’était plus sorti de son bureau.

             Il ne s’en faisait pas, chaque expédition extra-muros prenait du temps à être peaufinée. Quand bien même Erwin avait déjà mis en place la stratégie qu’ils déploieraient, quelques détails étaient encore à régler. D’autant plus que cette mission revêtait un caractère confidentiel qui faisait qu’il ne pouvait se permettre de déléguer certaines tâches à ses subordonnés et ainsi alléger son temps de travail.

             Il avait songé à confier à Emeraude le soin de rédiger la majeure partie des plans —une centaine de copies décrivant les affectations de chacun devait être réalisée dans les plus brefs délais afin que les soldats soient mis au courant le plus vite possible du poste qu’ils occuperaient. Seulement il s’était douté de quelque chose que leur entrevue remontant à deux jours avait confirmé : elle était analphabète.

             Cela l’avait considérablement embêté. Après tout, avec les chefs d’escouade, elle était bien la seule personne en qui il avait entièrement confiance malgré le peu de temps auquel remontait leur rencontre. Il ne savait pourquoi il en avait été ainsi. Peut-être car l’homme qui les liait l’un à l’autre avait obtenu, lui aussi, sa plus grande confiance et qu’il estimait donc inconsciemment qu’il devait en être de même pour elle.

             Quoi qu’il en soit, ayant compté sur son aide —qui était la seule dont il pouvait bénéficier— pour produire les centaines de copies de la formation qu’ils emploieraient, il s’était retrouvé pris de court. Alors, déléguant la tâche d’instruire Emeraude à ses fidèles soldats, il s’était enfermé dans son bureau où il avait écrit sans relâche, des heures durant.

             Son travail était à présent terminé et il souhaitait se dégourdir les jambes. Après un regard aux feuilles éparpillées et identiques en tout point à une exception près —le nom d’Eren qui n’était jamais inscrit au même endroit—, il se détourna de la paperasse avant de se lever.

             Aussitôt, il eut pour réflexe de porter son regard vers la fenêtre derrière lui. Sans surprise, il constata avec quelle intensité Emeraude s’entrainait. Ses cris résonnaient dans la cour, se répercutant sur les parois tandis que sa silhouette n’avait de cesse de se mouvoir à toute vitesse. Je ne comprends toujours pas comment elle n’a pas su plus tôt que j’étais au courant, se dit-il en suivant le mouvement de son sabre qui vint briser une bouteille de verre.

             La première nuit, il avait été réveillé par ses multiples cris enjoués. Intrigué, il était sorti dans le couloir et était tombé nez à nez avec Eren, Erd, Auruo, Gunther et Petra qui, eux aussi, se demandaient ce qu’il se passait. C’était durant le court laps de temps où, les jeunes recrues n’étant pas encore arrivées, tous avaient une chambre individuelle. Ce n’était aujourd’hui plus le cas.

             D’un même pas, ils s’étaient rangés derrière le caporal après l’avoir salué comme le voulait le code militaire et, avant de le suivre, avaient fait un aller-retour rapide à leur chambre pour s’armer. C’est alors qu’Erd avait interpellé son supérieur, lui assurant qu’ils n’avaient pas besoin de descendre.

             Intrigué, le noiraud avait rejoint sa chambre, lui demandant ce qu’il voulait dire par là. Mais il n’avait même pas eu le temps de finir sa phrase que deux semelles encrassées s’étaient soudainement plaquées contre la vitre, lui arrachant un sursaut. Il avait ensuite cru halluciner lorsque, en se décollant de la fenêtre, la propriétaire des bottes avait lâché un rire sonore qu’avait suivit un bruit de verre brisé.

             S’il avait été en colère, cela n’avait pas duré bien longtemps. Quelques secondes, tout au plus. Il avait quitté la chambre d’un pas énergique en ordonnant au cinq autres de se rendormir, ce qu’ils avaient fait. Puis, décidé à sanctionner durement la jeune femme qui avait eut l’outrecuidance de lui désobéir, il avait dévalé les escaliers et rejoint le jardin.

             C’est à ce moment précis que sa rage s’était soudainement évanouie. Lorsque, les poings serrés et les sourcils froncés, il était tombé sur Emeraude qui, absorbée par les sensations fortes auxquelles elle soumettait son cœur, ne l’avait pas remarqué. Aussi vite qu’elle était parvenue à le faire sortir de ses gongs —ce qui n’était pas chose simple— elle avait su l’adoucir. Et ce, sans même essayer.

             Aujourd’hui encore, plus d’une semaine après, il fut pris de la même émotion. En la regardant se mouvoir comme si la gravité n’était qu’affabulations et légendes absurdes, il sentit son habituel agacement et mépris de tout fondre. Sa colère et douleur, vestiges des combats, s’envola subitement, comme soufflées par les mouvements qu’elle exécutait. Tu avais raison, elle ne fait qu’un avec les éléments, songea-t-il avec une pointe de nostalgie.

             Soudain, quelques coups furent portés à la porte derrière lui. Calmement et sans détacher ses yeux de la jeune femme qui venait de donner un coup de pieds habile dans une bouteille, il autorisa au nouveau venu l’entrée. Celui-ci s’avéra être ceux-là puisqu’il entendit nettement huit bruits de pas et vit du coin de l’œil quatre ombres se découper à la lueur de la bougie. Il n’eut aucun mal à identifier les formes de ces dernières.

— Erd, Petra, Gunther et Auruo, annonça-t-il sans se tourner vers eux.

— Oui, chef. Nous sommes ici, répondirent-ils en chœur d’une seule et même voix forte.

             Le noiraud devina leur salut militaire et acquiesça donc faiblement, signe qu’il les autorisait à rompre celui-ci et laisser leur bras retomber le long de leur corps dans une position plus confortable. Ils s’exécutèrent.

— Vous nous avez demandé de vous faire un compte rendu des progrès d’Emeraude, annonça Erd.

             Aussitôt, ils obtinrent son attention. Abandonnant sa position droite et ses mains qu’il avait jointes dans son dos, il se tourna vers les soldats et les encouragea à poursuivre d’un geste de la main. Petra obtempéra :

— Elle a bien assimilé les voyelles et les règles de ponctuation. Son écriture est peu lisible mais je pense qu’elle saura lire sous peu.

             Auruo acquiesça faiblement avant de rajouter un détail qui lui paraissait assez important :

— Par contre, je sens que son orthographe sera déplorable. Elle ne pourra pas être votre script très vite. Il va falloir une grande patience.

             Levi acquiesça faiblement pour leur montrer que cela ne le gênait pas. Ses soldats ne pouvaient rien en savoir mais ce n’était pas pour en faire sa secrétaire personnelle qu’il avait souhaité l’instruire. Il avait une dette. Et ce, depuis dix ans. Alors fournir un toit, des vivres et une éducation à cette jeune femme était la moindre des choses qu’il puisse faire.

             Il se reprit soudainement, réalisant qu’il prenait les choses trop à cœur. Le lien entre Emeraude et son ami n’était qu’une hypothèse basée sur leur ressemblance de caractère. Rien d’autre. Peut-être s’était-il complètement fourvoyé et s’impliquait-il dans une histoire qui ne le concernait en rien. Ce serait préférable, songea-t-il en réalisant combien, s’il avait vu juste, la jeune femme souffrirait.

             Il se tourna vers la fenêtre pour l’observer encore. Les quatre autres suivirent son regard. Ensemble, ils détaillèrent alors la façon qu’elle avait de se mouvoir. Son système tridimensionnel ne semblait faire qu’un avec elle, témoignant de ses années de pratique. Elle ressemblait à un vrai soldat.

             Et c’est à cet instant précis qu’il comprit qu’elle était prête.

— Coupez la corde.

             Son ordre était tombé comme une faux dans le silence auparavant paisible de la pièce. Tous s’étaient tournés d’un seul mouvement vers lui et la tension avait monté d’un cran. L’atmosphère, quant à elle, s’était alourdie et ses subalternes eurent soudain chaud. Très chaud.

— Pardon ? demanda Gunther, peu à l’aise à l’idée de répondre à son supérieur mais encore moins à l’aise avec celle d’avoir bien compris son injonction.

             Lorsque Levi lui jeta un regard des plus perçants, le giflant de ses yeux gris, il réalisa qu’il avait bel et bien entendu ce que le caporal venait de dire.

— Je vous ai demandé de couper la corde la reliant à son grappin.

             Même Petra, qui vouait pourtant une admiration sans égale au caporal, se raidit soudainement. Ses fins sourcils se froncèrent quelque peu et elle poussa un couinement de surprise. Le restant des soldats l’imita en crispant leur visage en la même moue.

— Chef…, se hasarda Gunther, pas réellement emballé à l’idée de tenir tête à Levi. Ça pourrait la tuer.

             Avec la froideur qui le caractérisait tant, Levi hocha la tête. Ses traits demeuraient figés en une moue indéchiffrable, empêchant quiconque autour de lui de comprendre ce qui pouvait bien se tramer dans son esprit à cet instant précis.

— Je le sais bien. On le sait tous. Après tout, nous avons tous du passer par cette épreuve durant nos entrainements respectifs.

             Le caporal disait vrai. Lors des trois ans nécessaires pour devenir soldat et intégrer un corps de l’armée, chacun dans cette pièce avait été soumis au même exercice. Le plus périlleux de tous. Et ils avaient, pour la première fois mais pas la dernière, assisté à la mort d’un camarade.

             Cela pouvait sembler barbare mais la vérité était que celui ne survivant pas à cet essai ne pouvait même pas espérer tenir quelques secondes face aux titans. À tout moment, le câble pouvait se rompre. Alors s’ils ne parvenaient pas à vaincre ce problème en période d’entraînement, ils ne pourraient pas faire grand-chose de plus devant les monstres.

— Monsieur, elle n’est même pas une recrue…, commença Auruo.

             Le caporal fut assez surpris que ses hommes osent lui tenir tête. A ce point en plus. De plus, il ne s’agissait pas d’une décision les impactant, eux, mais elle. Comptait-elle à ce point à leurs yeux ? Était-elle réellement leur amie ?

— Faites-le, le coupa-t-il d’un ton sec et cassant.

             Comprenant qu’ils n’avaient plus leur mot à dire, ils n’opposèrent plus aucune forme de résistance et se contentèrent de taper leur poitrine de leur poing au niveau de leur cœur en rapportant leur bras gauche derrière leur dos. Puis, d’une voix faible et presque éteinte, ils acquiescèrent.

             Levi les suivit du regard lorsqu’ils s’en allèrent et alla ensuite devant l’armoire massive la plus proche de son bureau. D’un geste habitué, il passa son doigt dans la fente de celle-ci et ouvrit ensuite ses battants, dévoilant un curieux contenu.

             Sous ses yeux, en compartiments précis où pas un centimètre ne dépassait, ses chemises étaient soigneusement pliées et entreposées les unes sur les autres, de même que ses pantalons beiges et ses foulards blancs qu’il avait pour habitude d’accrocher au niveau de son cou. A gauche des étagères se trouvait une penderie où trônait les mêmes sangles brunes, capes vertes et perfecto marron disposés à la perfection de sortes à ce que rien n’en perturbe la régularité. De même pour les bottes noires, sabres et bouteilles de gaz disposés en-dessous des par-dessus.

             Sans perdre un instant et sachant qu’il ne disposait que de peu de temps, il saisit des sangles qu’il enfila sur l’habituel uniforme de soldat qu’il revêtait tous les jours et y accrocha quelques bonbonnes de gaz. Après avoir vérifié la solidité des attaches en tirant dessus à trois reprises comme la procédure l’exigeait, il se tourna vers la fenêtre qu’il ouvrit en grand.

             Regardant à l’extérieur, il ne tarda pas à identifier la jeune femme qui semblait faire une pause. La tête en bas. Son grappin était coincé dans les remparts situés à une dizaine de mètres sur la gauche de son bureau et elle s’y suspendait, les jambes en l’air et les yeux fermés tandis que ses cheveux pointaient le sol. Elle avait l’air parfaitement détendue.

             Le réveil va être brutal, se dit-il en passant une jambe par-dessus la fenêtre puis une autre pour s’y assoir. Bien sûr, il était parfaitement conscient du danger que représentait un tel entraînement et ne comptait pas laisser Emeraude s’écraser en bas. Mais, malgré qu’il se soit préparé en quelques minutes de temps pour être prêt à la secourir en cas de besoin, il se doutait fortement qu’il n’aurait pas à bouger. Il avait confiance en elle.

             Il vit du mouvement au-dessus de la jeune fille et leva naturellement les yeux. Auruo, Petra, Gunther et Erd venaient d’arriver. Mal assurés, ils jetèrent un regard à leur cible qui ne semblait pas se soucier le moins du monde de ce qui allait lui arriver. Cela ne faisait qu’amoindrir ses chances de survie et ils le savaient.

             Ne voulant être celui qui porterait le coup fatal, tous se pointèrent l’un et l’autre du doigt pendant dix minutes sous le regard consterné de Levi. Ce dernier remarqua aussi qu’ils avaient tous pris le temps de revêtir un système tridimensionnel. Ils tiennent énormément à elle, se dit le noiraud avant de réaliser que, lui aussi, en avait un sur le corps.

             Au bout de longues minutes, Erd fut en même temps pointé du doigt par les trois autres. S’il tenta de protester, cela ne dura pas bien longtemps : les autres ne lui en laissèrent pas le temps. D’un même pas, ils allèrent se positionner à divers endroits des remparts et y coincer leur grappin. Le blond comprit alors que leur choix n’était pas discutable.

             Lorsqu’ils furent tous prêts à décoller, ils hochèrent la tête en sa direction. Il le fit en retour et, après une profonde inspiration, sortit un canif de sa poche. Ses mains se firent tremblantes lorsqu’il s’approcha du grappin et il hésita encore quelques instants.

             Je coupe quand même à la fin du câble, si elle le relance par réflexe sans se rendre compte qu’il n’y a pas de grappin, c’est la mort assurée, songea-t-il en sentant une grosse goutte de sueur sur sa tempe. Mais, en regardant un peu aux alentours pour tenter de trouver un point d’appui qu’il pourrait aussi prendre afin de rejoindre ses amis et la sauver d’une chute mortelle, il remarqua la présence de Levi vêtu de même façon qu’eux et qui semblait ne pouvoir détacher son regard d’Emeraude.

             Là, il se décida enfin à couper le lien. Il avait confiance en ses amis. Pleinement. Mais le fait que le caporal soit déjà en position pour la sauver le confortait. S’il était paré, elle n’avait même aucune chance de se blesser. Alors, d’un mouvement sec, il fit retentir un claquement sonore en coupant le lien.

             Pas un cri ne retentit ni même exclamation de surprise. Lorsqu’elle se sentit tomber, la jeune femme protégea instinctivement son point faible de la chute en basculant son corps vers l’avant. Encore valait-il mieux qu’elle casse ses deux jambes plutôt que le crâne.

             Ses cheveux se soulevèrent avec le mouvement et elle constata que le sol s’était rapproché à une vitesse ahurissante d’elle. En un battement de cil. A présent, ses pieds n’étaient qu’à quelques centimètres de l’impact. Et celui-ci promettait d’être douloureux, si ce n’est fatal.

             En voyant cela, Petra amorça un geste en direction de la jeune femme mais le caporal leva la main en l’air, lui faisant signe d’arrêter. Il avait pleinement confiance en elle. Quand bien même son ordre faisait que, aussi près du sol qu’elle l’était maintenant, si elle se loupait, nul ne pourrait plus la sauver. Il venait de lui couper toutes chances de survie autre qu’elle-même.

             Mais elle ne sembla pas s’en soucier. Afin d’économiser du temps, elle plia ses genoux, mettant un peu plus de distance entre ses pieds et le sol et reculant le temps de l’impact. Là, elle ouvrit ses bouteilles de gaz d’un geste habile et tira une infime quantité de la substance pour ne redécoller que de quelques centimètres dans les airs.

             Ainsi, lorsqu’elle retomba juste après, la distance entre son corps et l’herbe était bien plus courte et plus du tout mortelle. Elle atterrit sur les genoux avec un rire sonore, revigorée par le cocktail d’émotions fortes qu’elle venait de prendre.

             Lorsqu’il l’entendit s’esclaffer, Erd se tourna vers les autres, désemparé. Ceux-là lui rendirent son regard étonné avec encore plus d’intensité.

— Elle a passé trop de temps avec Hanji, déclara-t-il en écarquillant les yeux.

             Ils acquiescèrent avant de se tourner de nouveau vers la jeune femme. Celle-ci n’était plus seule, Levi venait de la rejoindre. Elle ne sut pourquoi mais Petra ne se sentit pas vraiment à l’aise avec cette vision. Même si elle savait pertinemment que ces deux-là n’éprouvaient aucune forme d’attirance l’un envers l’autre, il avait tendance ces derniers temps à lui consacrer un intérêt qui ne lui était pas habituel, lui qui ne se souciait généralement que des expéditions.

             Emeraude, qui regardait l’herbe devant elle en riant, s’interrompit soudainement en entendant le bruit de sangles d’un système tridimensionnel s’entrechoquer à quelques mètres d’elle. Tout de suite, elle tourna la tête en direction du nouveau venu et vit le caporal-chef.

             Impassible, il ne semblait ni surpris de la voir en uniforme, ni apeuré de l’avoir vue frôler la mort. Elle n’eut donc aucun mal à deviner qu’il était à l’origine de son câble ayant rompu. C’est donc ça, sa punition, songea-t-elle après avoir réalisé que cela faisait trois fois qu’il essayait de la tuer en deux semaines. A ce rythme-là, elle n’allait pas faire long feu.

— Je dois reconnaître m’être trompé.

             Surprise par cette entrée en matière, elle fronça les sourcils tout en restant assise, profitant de la température plaisante qu’offrait cette fin de journée. Ayant compris que tous étaient au courant de ses activités nocturnes, elle s’était permise de les commencer plus tôt et le soleil commençait donc tout juste à se coucher.

             Ses lueurs rougeâtres se décimaient en nuances chaudes sur le gazon, donnant à leur froide entrevue une apparence plus décontractée.

— Tu n’aurais sûrement pas fait partie des premières à mourir, concéda-t-il en la regardant droit dans les yeux.

             Soudain, les joues d’Emeraude rosirent, à la surprise du caporal qui eut du mal à déglutir. Il se rappela qu’elle avait eu la même réaction lorsque le major Smith l’avait complimentée et avait pensé à ce moment-là qu’il ne s’agissait que des simples effets d’un flirt. Alors il fut bien embarrassé en assistant de nouveaux à ce spectacle.

             Il décida de poursuivre afin d’éviter la gêne qui s’instaurait un peu plus à mesure que le silence persistait :

— A notre retour d’expédition, je t’enverrai intégrer les brigades d’entrainements. Et, si tu maintiens ce niveau, on se reverra dans trois ans.

             Là-dessus, il tourna les talons. La jeune femme le regarda faire, la boule au ventre. Si on lui avait dit, quelques mois auparavant, que le caporal-chef Levi Ackerman en personne la recommanderait aux brigades d’entrainement, elle aurait sûrement bondi de joie. Mais, ce soir, elle n’en fit rien.






             Je ne veux pas partir.

 








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