𝐂𝐇𝐀𝐏𝐈𝐓𝐑𝐄 𝐕
A R T D U
— C R I M E —
TOUT CELA PREND un mauvais tournant.
Assise sur l’un des fauteuils crème entourant la table basse posée devant la cheminée, je réfléchis calmement. Mon coude planté dans l’accoudoir se termine en une main dans laquelle git un bonbon emballé que je fais rouler entre mes doigts, songeuse.
Autour de moi, mes lieutenants attendent mes ordres. Ils savent pertinemment que la situation est trop grave pour que je n’agisse pas. Après un tel affront, il me fait prendre des mesures drastiques.
Bien que le problème demeure le fait que je ne sache pas qui blâmer.
— Madame, appelle Mikasa d’une voix ferme.
Elle est debout à ma droite, face à moi. Derrière elle, Jean observe le jardin à travers la fenêtre, les mains jointes dans le dos. Eren garde les siennes dans les poches de son long manteau tandis que, me fixant, il montre ses omoplates à l’autre vitre. Armin, pour sa part, est le seul à s’être assis.
Il occupe le fauteuil à ma gauche.
— Le Corbeau Noir a de nouveau tué quelqu’un mais cette fois-ci, il l’a déposé devant votre demeure à Washington, reprend la noiraude. Ce n’est pas une coïncidence. Qu’il s’agisse du nom qu’il arbore ou de ses actes, il vous en veut.
Je le sais. Il me faut donc procéder minutieusement.
Un nouveau cadavre en si peu de temps n’augure rien de bon.
— Que sait-on sur la victime ? je demande.
— La seule information intéressante est qu’il aimait l’art. Au cours de sa vie, il a acheté énormément de copies et très peu de faux. Mais parmi les rares faux ne se trouvent que les vôtres, m’informe Jean. Aucun autre faussaire.
J’acquiesce lentement.
Une copie est la reproduction d’un tableau. Mais elle est légale. Elle doit être plus petite que l’originale de sorte à ce que nul ne puisse prétendre qu’il s’agisse de la véritable toile. Un faux, en revanche, tout à fait illégal, vise expressément à se faire passer pour vrai.
Un soupir me prend. Une personne s’évertuant à acheter des copies est une personne respectant les artistes, ne voulant donner crédit aux faussaires. Alors pourquoi acheter des faux ? Sachant qu’ils coûtent plus chers que les simples copies, qui plus est.
S’il en avait acheté divers, je me serais sans doute imaginé qu’il s’agissait de la mise en place d’un commerce frauduleux. Mais il n’y a que les miennes dans sa collection.
Alors je pense avoir une idée de la vérité.
— Je ne comprends pas, se permet Eren. De tous les faux que vous avez fait, il avait obtenu trois fois l’exemplaire de la même toile. Ceux qui revendent des faux essayent généralement d’en revendre des différents car si deux clients discutent de la personne et apprennent qu’ils ont acheté la même toile, ils réaliseront le loup. Mais lui… Non.
— Et puis ce n’est même pas la toile la plus onéreuse que vous ayez faite, ajoute Mikasa.
Je ne réponds pas. En effet, après les peintures célèbres que j’ai reproduites, mes copies les plus vendues et recherchées sont loin d’être Le Cauchemar par Füssli. Cette toile est même assez méconnue.
— On dirait presque que ce n’est pas l’original qu’il recherche, mais une de vos copies, chantonne Armin de son ton malicieux, à ma gauche.
Me tournant vers lui, je découvre son sourire enfantin au-dessus de son poing fermé. Celui-ci soutient son visage tourné en ma direction. Bien que son expression soit chaleureuse, je ne perds rien de son air provocateur.
Bien sûr que cet homme se fiche de l’original et cherche une de mes copies. Mais ils n’ont nul besoin de savoir pourquoi.
— Que de secrets, que de secrets… Ma chère, allez-vous nous faire un jour l’honneur de vous montrer sincère ?
— Je n’ai pas de compte à rendre à mes hommes, Pique, je siffle sèchement à l’intention du blond.
Depuis notre divorce et le début de sa vie criminelle, il a bien changé. Nul ne parviendrait à l’imaginer mais il fut un temps où il était d’une douceur bouleversante, toujours à l’écoute des autres et bienveillant.
Ces journées semblent lointaines, à présent.
— Il sera dur pour nous de vous protéger si nous ne savons pas de quoi vous protéger, avance Jean.
— Il sera surtout dur pour vous de me protéger si vous ne savez pas de qui me protéger, j’objecte fermement.
Tous se raidissent. Sauf Armin, bien entendu.
Il est rare que leurs enquêtes ne donnent rien mais celle sur le Corbeau Noir a été un échec cuisant. Aucun renseignement n’est à trouver. Aucune plainte, témoignage, empreinte de semelle…
Ce monstre est un fantôme.
— Il est temps que je prenne les choses en main, j’ajoute en me levant.
Leurs regards me suivent.
— Jean, va dans notre réserve de drogue et trouve un tranquillisant. Eren, va me chercher des vêtements sales et déchirés. Armin, échauffe ta main et Mikasa, fait pareil avec ton poing.
Leurs sourcils se froncent. Le plan se dessinant derrière mes instructions est des plus curieux mais tous l’ont à peu près deviné.
— Je pense que l’agent Jäger en sait plus que vous sur le Corbeau Noir et il me faut l’approcher.
— Une nouvelle personne qui arrive dans sa vie alors qu’il commence une enquête épineuse, ça ne va pas passer inaperçu, objecte Jean. Il va forcément se poser des questions.
— Sauf si j’apparais justement dans le cadre de cette enquête, j’ajoute avec un sourire, saisissant le papier à lettre posé sur la cheminée ainsi qu’un stylo.
— Il se méfiera tout de même.
Un faible gloussement me prend quand, écrivant quelques mots d’une écriture n’étant pas la mienne — mes qualités de faussaires me permettent ce genre de prouesse — je lâche avec malice :
— Carreau, retiens bien que s’il y a bien une chose dont les machos de trente ans ne se méfie pas, c’est les demoiselles en détresse.
ꕥ
— Qu’est-ce que je ferais pas pour toi ? soupire la voix grave d’Armin.
Sa main est posée sur mes reins tandis que mon ventre est pressé contre son dos. Mes jambes tombant le long de son torse et mon buste faisant de même contre ses omoplates, je ressemble à un vieux linge balancé par-dessus son épaule.
Un mélange de drogue et de douleurs lancinantes m’empêche de bouger ou de répondre. Mikasa et lui n’y sont pas allés de main morte.
Elle m’a frappé. Violemment. A diverses reprises. Au niveau du ventre, du visage et même des jambes sans que je ne réagisse. Luttant contre la douleur et grognant, je ne lui ai ordonné d’arrêter ses gestes que lorsqu’un filet de sang s’est écoulé de mes lèvres.
Puis, étant le seul à voir accepté une tâche si lourde, Armin a fait glisser la lame tranchante de l’ouvre-lettre sur ma peau, m’endolorissant.
Sous l’une de mes épaules et ma hanche, trois plaies sont visibles. Superficielles, elles ne mettent pas mes jours en danger mais me cuisent tout de même d’une affreuse douleur froide.
Là, rouée de coups et blessée à l’arme blanche, habillée de vêtement sales et déchirés, droguée, je suis loin de ressembler à une cheffe de cartel. Non. N’importe qui nous croiserait présentement, Armin habillé et cagoulé de noir, moi affalée sur ses épaules, nous prendrait pour un ravisseur et sa victime.
Qui pourrait s’imaginer qu’il s’agit d’un lieutenant et sa patronne ?
— J’espère que tu sais ce que tu fais, lâche-t-il.
Evidemment, que je sais ce que je fais.
Mes paupières se font lourdes. A l’envers, je perçois le décor du couloir de l’immeuble dans lequel nous sommes bouger à mesure que mon ex-époux avance. Soit, il s’agit de mesures radicales de ma part et je n’avais auparavant jamais donné l’ordre à mes pairs de me mutiler. Seulement il me faut trouver le Corbeau Noir de toute urgence.
Et l’agent Jäger semble être le plus à même de me fournir des renseignements sur lui. Il le sait d’ailleurs très bien, ce qui le mènera à se méfier de n’importe quelle personne entrant dans sa vie.
Mais, dans peu de temps, il rentrera chez lui. Sur son paillasson, il trouvera une femme sévèrement battue et blessée à l’arme blanche, inconsciente car droguée. Puis, se penchant vers elle, il remarquera une lettre accompagnée de la plume d’un corbeau blanc. Celle-là même que j’ai rédigée, tout à l’heure.
« J’aime prendre soin de mes amis. Je sais que vous m’avez assuré que je ne pourrais jamais rien vous offrir pour que vous puissiez me rejoindre.
Mais il s’agit-là d’une charmante compagnie, n’est-ce pas ? »
De denses vapeurs m’enlisent, je peine à lutter contre le sommeil. Pourtant, il n’est plus qu’une question de secondes avant qu’Armin ne me dépose sur le paillasson. Et je sais pertinemment qu’il n’est pas assez stupide pour s’attarder à mes côtés, caresser mon front bêtement ou exécuter d’autres mièvreries que les caméras de surveillance enregistreront.
Oui, je n’ai pas à m’en faire. Après tout, il s’agit d’un professionnel.
Sur cette pensée, je m’abandonne aux bras de Morphée.
ꕥ
L’air autour de moi est agréable. Chaud, stagnant et embaumé d’une délicate odeur de café fraichement moulu, il me tire agréablement d’un sommeil profond. Mes paupières demeurent closes, savourant les sensations autour de moi.
Une épaisse couverture habille mon corps, remontant jusqu’à ma joue. Celle-ci est pressée à un oreiller duveteux. Quelques lointains sons me viennent. Une voix. Masculine. Seule.
Soi un homme parlant seul. Soit un homme au téléphone.
— J’aurais besoin de discrétion, si vous le voulez bien, père. Je n’en ai pas encore informé mes supérieurs mais elle aura besoin de soins…
Ouvrant les yeux, je pose mes doigts dessus pour les frotter, ne distinguant rien du décor m’entourant à cause de l’épais filme flou sur mes yeux. Mais une grimace de douleur me prend à ce geste.
Définitivement. Mikasa n’y est pas allée de main morte.
— Je ne les ai pas prévenus car je crains que l’un d’entre eux ne soit de mèche avec le coupable et je n’aimerai pas qu’il arrive autre chose à cette femme. Elle a déjà été très sévèrement battue.
Papillonnant des paupières, je peux enfin distinguer les détails m’entourant. Les murs noirs tranchent avec le parquet brun. Le plafond blanc est creusé d’un rectangle suivant les contours de la pièce et souligné d’une guirlande LED donnant un aspect élégant aux lieux. Le lit de bois sur lequel je suis allongée semble avoir été fait dans la même matière que la vaste bibliothèque s’étendant devant moi, la commode à ma droite ou même l’encadrement de la fenêtre à gauche laissant voir les hauts gratte-ciels du quartier des affaires. Non loin du FBI.
Cet appartement est bien trop onéreux pour un fonctionnaire, je le devine au décor simple mais luxueux de cette pièce. Mais l’homme avec qui l’agent Jäger converse justement maintenant, son père, est un chirurgien réputé.
Il a dû lui donner ce lieu.
— A vue de nez je dirais au moins une côte cassée, peut-être une fracture au niveau du bras et clairement une entorse de la cheville droite. Sinon les blessures restent assez superficielles.
En effet, mon buste me fait mal. A un point tel que je me redresse péniblement, grimaçant de douleur en m’appuyant sur mon bras gauche qui n’a pas été coupé.
Je remarque aussitôt les bandages sur les plaies striant l’autre. En revanche, je porte toujours mes vêtements sales. Il ne m’a pas changée.
Evidemment, étant un agent du FBI, il sait combien une victime peut être traumatisée après une agression, même si celle-ci n’a pas été sexuelle — quoi qu’il n’en ait aucune preuve. Alors se réveiller dans un appartement inconnu, lavée et changée a des risques d’effrayer davantage la personne.
Ainsi, il a préféré m’allonger crasseuse dans un nid douillet après quelques premiers soins sur mes membres visibles que de me nettoyer.
— Non, je ne sais pas qui elle est. Je ne sais même pas si son agresseur le sait. Il a laissé un mot sous-entendant qu’il s’agit d’une charmante compagnie. Peut-être est-elle une prostituée.
Je suis assez surprise de l’entendre parler si librement d’une affaire confidentielle avec son paternel.
— Bon, je vais te laisser, voir comment elle va… Oui, pas de soucis, à plus.
Là-dessus, un bref silence se fait. Puis, quelques légers pas retentissent. Dans l’encadrement de la porte ouverte, je vois bientôt une ombre planer sur les murs. Et il apparait ensuite.
Mes yeux se posent d’abord sur son visage. Deux iris claires brillent derrière des lunettes affublées d’une monture dorée et ronde, rendant son regard particulièrement doux. Au-dessus de celles-ci, quelques boucles blondes attendrissent encore davantage ses traits. Elles sont de la même couleur que la barbe taillée avec minutie et couvrant sa joue.
Sous elle, son cou descend jusqu’à un torse habillé d’un costume trois pièce. Une chemise blanche sertie d’une cravate rouge rentrée dans un gilet gris le couvre. Les manches du tissu blanc sont retroussées, vestige sans nul doute des premiers soins qu’il m’a attribués.
Il m’offre un sourire compatissant.
— Vous êtes réveillée.
Silencieuse, je hoche la tête, veillant à garder la couverture sur moi en un geste protecteur. Il le remarque.
Parfait.
— Je suis Sieg, je travaille avec le FBI.
Volontairement, je me penche pour regarder derrière lui. Il suit mes yeux avant d’ajouter :
— Mes collègues ne sont pas avec moi. Vous avez été ramenée ici par un inconnu, sans doute la personne qui vous a fait ça.
Je fronce les sourcils.
— Ne vous inquiétez pas, il n’est pas avec moi, je ne vous veux aucun mal, ajoute-t-il en articulant soigneusement ses mots, me montrant la paume de ses mains.
Mais je ne baisse pas ma garde, conservant cette couverture ainsi que mon regard méfiant.
— Je vous ai soigné et veillerai sur vous. On va trouver qui vous a fait ça, ne vous inquiétez pas, insiste-t-il. Mais chaque chose en son temps, on va d’abord s’occuper de vous.
Encore, je demeure silencieuse.
— Avez-vous faim ?
Hésitante, je regarde à côté de lui avant d’hocher légèrement la tête. A ce geste, un sourire le prend. Brillant, sincère et spontané. Il acquiesce imperceptiblement avant de s’approcher d’un pas, les paumes toujours brandies en signe de paix.
Puis, il pose un genou à terre avant de le rejoindre de l’autre afin de me montrer qu’il ne compte pas me faire du mal.
Il sait s’y prendre. Définitivement.
— Vous avez une préférence ? Je peux commander ou cuisiner. Sucré ou salé ?
D’une main tremblante, je lui montre deux doigts.
— Salé ?
J’acquiesce.
— Indien ? Japonais ? Français ? Américain ?
A nouveau, je lui montre le chiffre deux, encore rassurée qu’il n’insiste pas pour cuisiner. S’il a le même niveau que son frère, il ne parviendra qu’à me coller de violentes brûlures d’estomac auxquelles je ne tiens pas particulièrement.
Ne perdant pas son sourire rassurant, il saisit son portable dans sa poche arrière et pianote dessus. Puis, précautionneusement, le pose au bout du lit.
— Voici la carte, vous n’avez qu’à vous arrêter sur le plat que vous voudrez.
A nouveau, je hoche la tête avant d’avancer lentement vers l’écran. Je n’ai toujours pas parlé. Je le ferais au bout du troisième jour en sa compagnie. Assez longtemps pour qu’il ne soupçonne pas ma véritable identité — une victime d’enlèvement, séquestration et agression ne tape pas la causette au premier venu et il le sait pertinemment — mais pas trop pour me laisser l’opportunité de rater quelques informations.
Faisant dérouler le menu, je m’arrête au bout d’un moment et recule. Il saisit alors son téléphone, regarde le plat avant de sourire légèrement.
J’ai pris le moins cher de la carte. Histoire de passer pour la respectueuse femme affamée et en détresse qui ne perd rien de sa politesse.
Tout mon contraire, donc.
— Je vais prendre quelques plats en plus, au cas où, dit-il simplement. Et quelqu’un de confiance arrivera tout à l’heure pour vous soigner. Je resterai là tout du long, d’accord ?
Lentement, j’acquiesce.
Puis, il porte son téléphone à son oreille avant de sortir à nouveau de la pièce, fermant la porte derrière lui. Aussitôt, sa voix me parvient, légèrement étouffée. Mais je souris en l’entendant, mes yeux se promenant autour de moi.
Je sens que ce jeu va être particulièrement distrayant.
ꕥ
Le bruit de la porte d’entrée s’ouvrant, au loin, attire mon attention. Quelques bruits de pas et échos lointains retentissent depuis le palier. Je demeure dans le lit de Sieg, sale et groggy. Cela ne doit faire que dix minutes que je l’ai entendu appeler le restaurant non loin d’ici pour passer commande.
Alors les nouveaux venus peuvent autant être des livreurs que des proches de son père.
« Venus » au pluriel car deux voix distinctes se font entendre en plus de celle de l’agent, balançant quelques banalités. Puis, le vif du sujet est abordé et ma question est relativement tranchée.
— Où est la patiente ? demande un homme qui doit avoir une cinquantaine d’années.
— Dans ma chambre, je lui ai commandé à manger, explique le blond. Je pensais que tu viendrais seul.
— Il était avec moi quand j’ai reçu l’appel et a voulu venir voir.
— « Voulu venir voir » ? Cette femme n’est pas une bête de foire que l’on peut exposer, père, rétorque l’agent d’une voix douce où se dessine tout de même une pointe d’amertume.
— Ecoute, si je peux donner le goût de la médecine à ton frère et qu’il se décide enfin à faire quelque chose de sa vie, je le fais.
— Je vous signale que j’entends très bien vos voix, père, retentit une voix que je ne connais que trop bien.
Un sourire sans joie me prend. Parmi les trois hommes qui marchent jusqu’à ma porte, seule une présence n’avait pas été prédite par l’agent fédéral. Et moi non plus. Mais je connais assez mes fidèles quatre lieutenants pour savoir qu’ils ne se maintiendraient jamais loin de moi trop longtemps.
Aussi, bien que jamais je ne lui en ai donné l’ordre, je suis ravie qu’Eren ait légèrement forcé la main à son père pour venir.
— Encore heureux que tu nous entendes. Et j’espère bien que tu vas finir par faire quelque chose de ta vie.
Oh mais il en fait déjà beaucoup. Vous n’en avez juste pas le moins du monde conscience.
— Bon, assez discuter, tranche la voix de l’agent fédéral juste derrière le seuil. Dans cette pièce se trouve une femme rudement blessée et traumatisée. Vous mettez de côté vos chamailleries. Elle va avoir besoin d’un climat sain pour nous faire confiance et nous laisser la soigner compris ?
Quelques sons approbateurs retentissent en retour. La porte s’ouvre enfin dans un très léger et à peine perceptible grincement, découvrant trois silhouettes.
Au centre, de longs cheveux bruns tombent autour d’un visage légèrement gonflé aux sourcils épais soulignés par des lunettes rondes et dorées me rappelant celles de Sieg. Grisha Jäger, son père, porte un costume noir soigné ainsi qu’une malle semblant contenir de quoi me soigner.
A sa gauche, son premier fils m’accorde un sourire compatissant derrière sa monture avant de s’approcher doucement de mon lit pour me rassurer.
— Mademoiselle, il s’agit de personnes de confiance, elles vont vous soigner.
Acquiesçant, je me tourne à nouveau vers son paternel qui m’offre aussi un rictus. Mais j’en profite surtout pour regarder Eren qui, les mains fourrées dans les poches de son éternel long manteau, son chignon défait laissant trainer quelques mèches autour de ses traits fins et ses yeux émeraude brillant légèrement, me fixe depuis sa position.
Et, profitant du fait qu’aucun des deux hommes ne le regarde, dans un mouvement quasiment imperceptible, il incline la tête en avant.
Un geste de respect envers le Corbeau Blanc.
3263 mots
je suis de retour après une
pause d'une semaine
j'espère que ce petit
rapprochement entre sieg
et le reader vous plaira
:)
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