༄ Chapitre 16
Je m'observais dans le miroir de la grande chambre de la reine, ma transformation avait réduit mes vêtements en lambeaux, Emäris avait donc eu la bonté de me donner une de ses robes. Une longue robe à la couleur saumonée, elle me serrait un peu au niveau de la poitrine, mais sinon elle était parfaite. Voilà bien longtemps que je n'avais pas été aussi habillée, j'avais presque oublié ce que ça faisait. Je délaissai mon reflet pour observer la mère de Dagon qui m'observait en silence.
— Je vous la rapporterai, lui dis-je.
— Pas la peine, garde-la, elle te va bien. Et vois cela comme un gage de mon amitié envers toi.
Je fus surprise, puis embarrassée. C'était flatteur qu'une reine vous voie comme son amie, ça n'arrivait pas tous les jours et certainement pas à beaucoup.
— Je... je ne suis pas certaine d'être une amie idéale.
— Ça fait longtemps que je n'ai pas eu une conversation aussi normale, ça fait du bien. Reviens me voir à l'occasion, je serai ravie de te recevoir.
Je hochai positivement la tête, je n'avais pas l'intention de refuser son invitation, ce serait vraiment idiot de ma part. J'avais confiance en elle, je savais qu'elle ne parlerait pas de notre petite escapade ni du fait que j'avais prévu, dans un avenir proche, de m'enfuir loin de ce lieu sordide.
— Allez, dit-elle, file, sinon tu vas certainement avoir des ennuis.
— Oui, encore merci pour tout, Votre Majesté.
Je m'inclinai légèrement avant de prendre la direction de la sortie.
— Une dernière chose, Aesma. Fais attention à toi.
— Je vous le promets.
Sur ce dernier échange, je quittai les appartements royaux. Une fois de nouveau dans le couloir, je suivis les pierres pour rapidement regagner le harem. Les couloirs étaient calmes, c'était une chance. Il fallait que je change de tenue, ce serait étrange de me balader avec cette robe et, si on m'interrogeait quant à sa provenance, je risquais réellement d'avoir de sérieux ennuis. Il faudrait aussi que je raconte ce que j'avais vécu à Cadence et qui sait, si je demandais à la reine, peut-être m'autoriserait-elle à emmener ma blonde. Je levai le tissu qui barrait l'entrée de ma chambre et j'y pénétrai sereinement. Mais toute ma bonne humeur s'évapora instantanément quand je vis Dagon assis sur mon lit. Son expression était sombre et ses yeux lançaient des éclairs. Avant même que je n'aie pu ouvrir la bouche ou amorcer un mouvement pour essayer de m'enfuir, sa grande main s'écrasa sur mon visage. La douleur irradia dans ma tête.
Je chutai lourdement sur le sol, un petit cri de douleur m'échappa au même moment. Le goût du sang se répandit dans ma bouche, je crachai sur le sol. Il ne s'était, une fois de plus, pas retenu. Je fus soulevée par les cheveux, ce qui me fit gronder de douleur avant que je n'aie le souffle coupé par l'impact entre le mur et mon dos. Le visage du prince se retrouva à quelques centimètres du mien, je pouvais sentir sa respiration brûlante me caresser les joues et ça n'avait rien d'agréable à cet instant.
— Tu t'es bien amusée avec ma mère ?
Le ton était tranchant. Je me murais dans le silence, l'observant sans scier. Mais je me demandais qui était allé lui rapporter que j'étais avec sa mère. Le garde qui avait survécu ou quelqu'un d'autre qui m'avait reconnue ?
— Réponds ! hurla Dagon en lâchant mes cheveux pour s'emparer de mon cou.
Mes mains vinrent s'emparer directement de son poignet. Comment voulait-il que je réponde s'il m'empêchait de respirer ?! Des taches noires apparurent rapidement devant mes yeux, si je ne le faisais pas lâcher, j'allais tomber inconsciente. Je profitai du peu de distance qui nous séparait pour lui donner un coup de boule qui fit mouche.
Il me relâcha et recula, portant sa main à son front, il jura entre deux grognements dignes d'une bête. Je toussai et portai ma propre main à mon cou endolori. J'allais de nouveau avoir des marques.
— Je ne vois pas où est le problème que j'ai rencontré ta mère! sifflai-je une fois mon souffle repris.
— Tu n'as rien à foutre là-bas ! Tu crois que tu peux vraiment faire tout ce que tu veux ?!
Il s'empara de nouveau de moi et me jeta sur le lit avant de se poster au-dessus de moi, ses mains – trop – fermement accrochées à mes épaules me gardaient contre mon couchage. Je ne fis rien, pas de mouvement de défense ni de comportement agressif, je me contentais de l'observer. Même si j'avais envie de le frapper, je n'avais pas envie qu'il me blesse, Azura m'avait déjà bien assez amochée aux entraînements.
— Je suis arrivée là-bas involontairement, dis-je d'un ton qui se voulait calme.
— Est-ce que tu te foutrais pas de ma gueule, Aesma ?!
— Non, je te jure que c'était un accident. Je voulais faire demi- tour, mais j'ai entendu chanter et ça m'a rendue curieuse, alors je suis allée voir et, après ça, elle m'a fait rester. Je ne pensais pas tomber sur elle.
Je n'allais pas lui préciser que Emäris m'avait encouragée à revenir la voir. Ce n'était pas ce qu'il me demandait, donc je ne lui mentais pas. Je lui disais seulement ce qui m'arrangeait et qui m'évitait de subir trop de violence.
— C'est elle aussi qui t'a amenée dans la cité? m'interrogea le prince.
— Oui, mais je n'ai pas demandé à rentrer, donc je suis aussi coupable.
Il plissa les yeux et je sentis la pression sur mes épaules se relâcher légèrement. Il était toujours en colère, mais son regard était moins dangereux que précédemment. Les mots de la reine me revinrent alors en mémoire : « Si mon fils s'intéresse autant à toi, c'est parce qu'il a dû retrouver quelque chose qu'il croit éteint en moi ». Lentement et avec beaucoup de prudence je portai mes mains à ses avant-bras et les posai dessus. Toujours prudemment, j'appliquai une douce caresse, j'espérais encore amoindrir sa colère ainsi. Il grogna, ce qui me fit me figer, j'avais le cœur qui pompait vite, je craignais qu'il n'explose, exactement comme le ferait une bombe à retardement.
— Je suis étonné que tu ne te sois pas enfuie, m'avoua-t-il. C'était une chance à ne pas manquer. Alors pourquoi ?
— On m'aurait rattrapée quoi qu'il arrive. Et tu aurais voulu que j'essaie ? Qu'est-ce que tu aurais fait si j'avais réussi ?
Une nouvelle claque me fit taire, bien qu'elle soit moins violente que la précédente. Je fus à nouveau étouffée, mais, là non plus, ce n'était pas réellement dans le but de faire mal. Ça avait quelque chose de plus... possessif.
— Je t'interdis même de penser pouvoir t'enfuir, cracha Dagon, tu es à moi et tu ne t'en iras d'ici que lorsque tu mourras. La moindre de tes cellules est mienne !
Je frémis face à ses paroles, ses pupilles étaient rétractées et je pouvais y lire de la rage, mais aussi un intense désir, comme à chaque fois qu'il me regardait.
— Je te l'ai déjà dit, ma vie n'appartient qu'à moi, je reste si je veux rester et je m'en irai si je souhaite m'en aller.
Un grondement guttural répondit à mes paroles, alors qu'il avait les lèvres retroussées à cause de la colère. Je pouvais voir les deux canines plus longues que la normale. Cette vision me provoqua des sueurs froides, je ne voulais pas qu'il me morde ou quelque chose qui s'en rapprochait. Ça laisserait une marque aussi indélébile que les tatouages qui ornait la partie supérieure de mon corps. Peut-être étais-je stupide ou trop téméraire, mais l'une de mes mains gagna le visage de l'Atlante. Ce geste le surprit, je le vis à son regard écarquillé. Une partie de moi rêvait toujours de le voir brûler en enfer, mais une autre désirait voir s'il était possible de briser cette carapace uniquement composée de haine accumulée au fil des années... voire des siècles. Dagon était-il foncièrement mauvais ou était-ce juste de la tristesse qui s'était muée en rage jusqu'à le transformer en monstre ?
— Tu te souviens de ce que je t'ai dit la dernière fois ?
— Tu as dit trop de choses, bougonna-t-il.
— Si tu n'agissais pas en animal, tu pourrais avoir n'importe qui.
Alors pourquoi tu t'acharnes à user de violence ? Il n'y a que de la rage en toi.
J'aurais aimé lui dire que ça ne changerait rien à la situation, ça ne lui rendrait pas son père ni sa sœur. Mais je ne pouvais pas, il me tuerait à coup sûr. Il ne devait jamais savoir que sa mère m'avait raconté tout ce qu'elle m'avait raconté. Comme à chaque fois que je me confrontais à lui, il se mura dans le silence, même si ses yeux verts reflétaient un léger trouble. J'étais plutôt fière de cela, si, au début, mes mots ne le touchaient pas, j'avais la sensation que depuis que je l'avais « vaincu », je parvenais quand même à me faire entendre, même si c'était de manière mineure. Je sentis mon cou être libéré alors que sa main calleuse vint se refermer sur la mienne pour l'écarter de sa joue. Je n'opposai aucune résistance, il lâcha alors ma main qui retomba sur le matelas. On se regarda en silence, mais l'atmosphère changea, je connaissais cette sensation et je me doutais de la suite des événements.
L'Atlante se pencha sur moi et ses lèvres frôlèrent les miennes, provoquant des frissons dans mon dos et au creux de mon ventre. Pourtant, je détournai la tête pour fuir cette proximité. Mon refus arracha un grognement de mécontentement au barbu au-dessus de moi. Une partie de moi voulait le laisser faire, parce que, dans ce genre de moment, il abandonnait pendant quelques instants son côté bestial. Mais une autre partie n'avait pas oublié qu'il était insatiable et qu'il ne se contenterait pas d'un simple baiser, il en voudrait plus. Et je n'avais pas oublié le reproche qu'il m'avait fait la fois précédente. De le laisser faire pour ensuite le repousser, même si ce n'était pas vrai, je disais toujours non, mais il continuait jusqu'à ce que j'en arrive au point de devoir user de violence pour qu'il cesse ses attouchements. Alors, cette fois, je ne le laisserais pas me reprocher quoi que ce soit.
Je m'attendais à ce qu'il tente encore de faire quelque chose. Mais ce ne fut pas le cas, il se décala et se laissa tomber à côté de moi, observant la paroi donnant sur l'océan. J'étais si choquée que je ne fis aucun mouvement pendant quelques secondes, puis je me redressai pour regarder le tatoué allongé près de moi. Je voyais sur ses traits qu'il était frustré. Je continuais de le fixer avant de déposer une main sur son torse, j'y frottais légèrement la pulpe de mes doigts.
— Pourquoi est-ce que tu es si en colère que je sois allée voir ta mère? lui demandai-je pour tenter de détourner son attention de mon rejet.
— Parce que je ne veux pas que toi ou n'importe qui d'autre s'approche d'elle. C'est une faible qui mérite seulement l'ignorance.
Sa mine s'était renfrognée à ces mots. Je savais très bien pourquoi il disait cela, Emäris m'avait déjà tout dit, mais je voulais qu'il s'ouvre à moi de lui-même. Je poursuivis donc le dialogue.
— Elle ne m'a pas paru être faible, au contraire. Elle a beaucoup de prestance et impose le respect.
— Ne l'idéalise pas, maugréa le prince en me regardant du coin de l'œil, elle n'a rien d'une bonne reine, ni d'une bonne femme, et encore moins d'une bonne mère.
— Raconte-moi.
Un grondement sourd résonna dans sa large cage thoracique, me faisant rapidement retirer ma main. Je craignais que mes mots ne l'aient mis plus en colère qu'il ne l'était déjà et qu'il lève la main sur moi, mais il n'en fut rien. Dagon se redressa seulement pour s'asseoir dos à moi. Visiblement, le sujet était très sensible pour lui, parler de son père et de sa sœur lui était difficile. À ce moment-là, je me rendis compte que cette masse de muscles, que j'avais crue incapable de ressentir de l'amour, éprouvait encore une profonde affection pour sa famille, surtout pour son géniteur et son aînée. Je scrutai son large dos recouvert de tatouages, mes mains se posèrent sur ses épaules alors que ma joue prit place entre ses omoplates.
— Parle-moi, Dagon, encourageai-je.
Je fus déçue de ne rien entendre, il resta complètement muet. Je décidai alors de procéder autrement. Peut-être que ça ne marcherait pas, mais il fallait quand même que j'essaie.
— D'accord, alors je vais te parler de moi, de la fille que j'étais avant... d'arriver ici. J'ai vingt-trois ans, je suis originaire d'une ville qui s'appelle Miami, elle se trouve dans le sud-ouest de l'État de Floride. Mon père s'appelle Tobias Hale et ma mère Laisha Hale, avant qu'elle n'épouse mon père, son nom de famille était Benson. Ils se sont rencontrés dans le garage que dirige mon père, de ce qu'il m'a raconté, c'est ma mère qui l'a dragué, lui n'était pas très intéressé, mais elle était si insistante dans ses demandes qu'il a fini par accepter un rendez-vous avec elle.
Je marquais une pause dans mon récit, ces souvenirs me faisaient sourire. Même si ce n'était pas les miens, je les avais si souvent entendus que j'avais presque l'impression de les avoir vécus.
— Deux ans plus tard, continuai-je, ils se sont mariés et, une année plus tard, je venais au monde. J'étais un bébé plutôt bruyant, je pleurais tout le temps, ma mère m'a dit que, parfois, elle aurait aimé qu'il y ait un bouton pour que je m'arrête de geindre...
Je le sentis rire discrètement, cette constatation me fit plaisir, il écoutait ce que je lui racontais, même s'il ne disait rien.
— Heureusement, je me suis calmée en grandissant. Je n'ai pas de frère ou de sœur, j'avoue que quand j'étais enfant, j'aurais aimé avoir soit l'un soit l'autre. Et, plus tard, je me suis rendu compte des avantages qu'il y avait à être enfant unique. J'ai eu une enfance plutôt banale, je suis allée à l'école, je me suis fait des amis et j'ai eu tout ce dont rêvait une petite fille. De beaux vêtements, des jouets et tout l'amour de ma famille. C'est plutôt à l'adolescence que ça s'est gâté.
Oh oui, ce n'était pas la période la plus glorieuse de ma vie, ça non. Mes parents en avaient été témoins. À cette époque, si mon père avait pu m'arracher la tête, il l'aurait fait sans la moindre hésitation. Dagon se retourna pour pouvoir me regarder, je voyais de la curiosité dans son regard, même s'il avait toujours cet air bougon sur le visage. Je m'écartai pour le laisser s'installer de manière plus confortable. Je m'assis sur ma fesse droite, une main posée à plat sur le matelas pour me maintenir droite.
— J'ai été une adolescente terrible, je n'écoutais plus du tout ce que mes parents me disaient. Je ne voulais en faire qu'à ma tête, je pensais que j'étais invincible. Je sortais en pleine nuit pour aller à des fêtes, rentrais complètement ivre et j'ai même été arrêtée plusieurs fois par la police.
— Police ? répéta Dagon, pas certain de comprendre.
— Oh oui, c'est vrai que vous ne savez pas ce que c'est. La police, ce sont des gens, hommes ou femmes, qui sont chargés d'arrêter les gens qui commettent des crimes plus au moins graves. En bref, quand tu as affaire à ces gens, ce n'est pas très bon pour toi et même quand on n'a rien fait, on n'est pas forcément content de les voir.
L'Atlante hocha légèrement la tête pour me faire comprendre qu'il avait saisi ce que je venais de lui expliquer sommairement.
— Donc oui, j'ai souvent eu affaire à eux. Mes parents devenaient fous à cause de ça et j'ai été comme ça de mes quatorze à mes dix-sept ans, entre-temps, je suis sortie avec un mec plus âgé que moi, il a été ma première fois et franchement... c'était barbant.
Je gloussai en repensant à ça. Ce type avait la classe, un bad guy comme on aime en voir dans les livres ou les séries, mais pour ce qui s'agissait d'assurer au pieu, c'était tout le contraire.
— Je n'ai jamais osé lui dire qu'il était mauvais, pouffai-je. Enfin, quand j'ai terminé ma scolarité obligatoire, je suis rentrée à l'université et là, je suis devenue encore plus une maniaque du travail. Parce que malgré mon adolescence plutôt chaotique, je me suis toujours appliquée dans mes études. C'est aussi lors de ma première année d'université que j'ai rencontré...
Je laissais ma phrase en suspens. Il ne valait peut-être mieux pas que je parle d'Amber ou même que je pense à elle. Je n'avais pas oublié ce que Dagon avait fait et le peu de sympathie – si on pouvait appeler ça ainsi – que je lui témoignais à ce moment-là risquait de s'envoler pour laisser place à de la colère. Je chassais donc ces souvenirs loin au fond de mon esprit. Mes yeux presque rouges se posèrent sur le visage du prince, il était... détendu, il semblait pensif.
— Enfin voilà, tu connais une partie de ma vie, elle est plutôt banale.
— Mon père est parti avec ma sœur...
J'arrêtai presque de respirer en entendant ces mots. J'avais du mal à croire que ça avait marché ! Ce n'était pas énorme, mais c'était déjà un bon début, il m'avait dit quelque chose à propos de lui. Je fis donc silence, lui laissant le temps qu'il lui fallait pour me dire ce qu'il voulait me dire.
— Ma mère n'a rien fait pour les retenir, ni eux ni ceux qui les ont suivis. Ils sont partis rejoindre la surface.
Un grognement de colère résonna.
— Si elle avait été plus forte, elle aurait pu les retenir, mais non, elle les a seulement laissés partir !
— Dagon...
Mon ton était calme, il fallait que je contrebalance sa colère. Il s'était immédiatement tendu dès qu'il avait commencé à parler de ce qu'il s'était passé. Ses yeux plongèrent dans les miens et je pus y distinguer de la colère, mais surtout une grande tristesse. J'avais raison, il souffrait en permanence de cet abandon. Ça n'excusait aucun de ses actes, mais je ressentais de la compassion pour lui à ce moment-là.
— Parfois, soufflai-je doucement, par amour, on laisse partir ceux qu'on aime. Ta mère a certainement laissé partir ton père et ta sœur parce qu'elle ne voulait que leur bonheur et qu'il n'était plus ici.
À peine ma phrase fut-elle terminée qu'il m'attrapa par la gorge et me fit me pencher vers lui.
— Ça, tu n'en sais rien ! s'emporta le barbu.
— C'est vrai, je n'en sais rien, peut-être que je me trompe, mais peut-être que j'ai raison aussi.
Il serra un peu plus fort, me faisant grimacer légèrement. C'est vrai que je ne savais pas, Emäris m'avait juste dit qu'ils étaient partis, je ne connaissais pas le fin mot de cette histoire. Je ne faisais que théoriser, mais je savais que Dagon ne me dirait plus rien après ça, même si ce qu'il avait dit... c'était beaucoup pour moi. Il s'était confié, bien que de manière minime, et c'était ce qui comptait. La pression sur ma gorge disparut, me permettant de me redresser. Le prince tourna de nouveau le dos, ses épaules tremblotaient et ses muscles étaient contractés. Il devait retenir sa rage. En voyant cela, je jugeai que c'était assez, je vins seulement déposer une main sur son épaule, près de sa nuque.
— Merci, lui dis-je.
— Tu es vraiment une des pires choses qui me soit arrivée, Aesma.
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