𝐂𝐇𝐀𝐏𝐈𝐓𝐑𝐄 𝟑𝟓















—    A  M  E    A  S  S  E  R  V  I  E    —
cw — lemon































             DOUCEMENT, JE FRAPPE quelques coups à la porte de bois. Quelques secondes s’écoulent sans qu’aucune voix ne m’invite à rentrer. Tant et si bien que je finis par reculer, prête à tourner les talons. Mais la pièce s’ouvre alors de l’intérieur, dévoilant le visage d’un de mes élèves.

             Habillé d’un sweatshirt noir, Katsuki ne pipe mot. Ses cheveux blonds en bataille couvrent sa tête aux hautes pommettes lui donnant une allure d’hérisson. Durement, il me fixe.

— Vous voulez quoi ? lance-t-il.

             Hier, j’ai surpris l’adolescent en train de préparer un repas extrêmement protéiné similaire aux miens. La recette, héritée d’un magazine dans lequel Han avait donné une interview — en grand amoureux des caméras — est censée maximiser les performances sportives.

             Mais un tel entrainement apporte aussi son lot de souffrances. Il n’a pas supporté que je lui explique cela et s’est vite laissé engloutir par sa propre colère.

— J’aimerai te parler.

— Je suis déjà collé, là, je dois vraiment me farcir la double-peine ?

             Levant les yeux au ciel, j’entre dans la salle de classe en le poussant légèrement, le forçant à s’écarter. Bien vite, mon regard repère le seul pupitre occupé par une feuille. Saisissant une chaise, je m’assois à côté de celui-ci avant de me tourner vers le blond, attendant qu’il daigne me rejoindre.

             Mais, debout à côté de cette porte, il ne bouge pas. Levant les yeux au ciel, je secoue la tête.

— Je vais commencer à croire que tu fuis cette conversation, je lâche en insistant sur le mot qui, à coup sûr, piquera son égo.

             Sa réaction est immédiate. Poussant un soupir, il ferme la porte derrière lui et rejoins en quelques pas sa chaise. S’affalant dessus, il fourre les mains dans les poches de son sweatshirt et étend ses jambes devant lui.

             Tournant le regard, il tente de se conférer un air détaché mais je vois clair en lui.

— Te coller n’est pas une punition adéquate, Katsuki. Mais après m’avoir propulsé contre un frigo, tu me dois au moins une heure de ton temps, tu crois pas ?

— Peut-être, bougonne-t-il en haussant les épaules.

             Un rictus étire mes lèvres.

— Je sais que tu n’as aucune envie de me parler. Mais j’aimerai réellement que tu le fasses.

— C’est pas que j’ai aucune envie de vous parler c’est que j’ai rien à vous dire. Vous vous êtes mise dans la tête que j’étais traumatisé mais je suis pas un putain de nerd qui peut pas se remettre de quelques petits…

— Serais-tu mort, si les héros n’étaient pas venus te chercher chez les vilains ? je le coupe.

             Il tente de le cacher mais je le vois tressaillir. Ses yeux s’écarquillent et, me fusillant du regard, il lâche d’un ton brutal :

— Bien sûr que non ! A qui croyez-vous avoir à faire ?

— A un gamin qui croyait être le meilleur mais qui est tombé trop de fois sur meilleur que lui au cours de cette année et ne se sent plus légitime en qualité de héros.

             Ma voix est froide et mon ton, contrôlé. Cependant, mon calme ne suffit pas à contenir les ardeurs de Katsuki qui, se relevant brutalement, abat le plat de la main sur sa table dans un claquement sonore tandis que sa chaise tombe au sol.

— JE SUIS LE MEILLEUR ! gronde-t-il.

             Les bras croisés sur le dossier de la chaise, je ne cille même pas face à son accès de colère. Haussant un sourcil, je me contente de le regarder avec insistance durant quelques instants. Il soutient le contact visuel, respirant difficilement à cause de la colère.

— Même en prison, on a des journaux, tu sais ?

             Il ne répond pas mais ses sourcils se froncent légèrement du fait de son incompréhension.

Midoriya t’a délivré d’un tas de boue puis Shoto n’a pas daigné utiliser son alter contre toi lors du tournoi Yuei, ce qui t’a permis de le vaincre et, finalement, tu t’es fait kidnapper par un écolier se baladant avec des mains sur la gueule, je murmure d’une voix cassante.

             Plus de bienveillance ou de main sur l’épaule. Celui-là a besoin qu’on lui dise qu’il s’est planté pour réaliser que cela ne fait pas de lui un piètre héros.

             Si je tentais de le réconforter, il y verrait de la pitié. Mais là, en l’écrasant, je le traite en égal. En être capable autant que moi et méritant que je le traite sans aucun égard.

— Vous vous êtes fait maitriser par moi et vous croyez que…

— Je ne lèverai jamais la main sur un élève mais tu ne m’as pas maitrisé, Katsuki, je lance avec un sourire malicieux. Comment pourrais-je perdre face à quelqu’un comme toi ?

             Ses sourcils se froncent et sa main, encore posée sur la table, se met à trembler. Quelques veines ressortent sur son bras et sa peau revêt peu à peu une teinte cramoisie.

— Comment ça…quelqu’un comme moi ? gronde-t-il, les dents serrées.

— Le poulet en détresse qui attend Midoriya, une panne de Shoto ou une poignée de héros pour cesser de…

             Ma voix meurt dans un fracas assourdissant. Par réflexe, je saute en dehors de la chaise qui se retrouve alors devant moi et, m’emparant d’elle, la place au-dessus de ma tête comme bouclier. Aussitôt, le pied du blond la percute.

             Debout au-dessus de moi, il s’est élevé grâce à une explosion. Visiblement prêt à en découdre.

— JE N’AI BESOIN DE PERSONNE ! rugit-il.

             Un geste de la main et une liane de sable jaillit du sol, s’enroulant autour de son corps encore dans les airs. En un battement de cil, je la solidifie de sorte à ce qu’elle forme une pierre mais, aussitôt, une explosion provoquée par Katsuki fait voler la structure en éclat.

             Me penchant pour éviter les débris, je projette la chaise au loin. Aussitôt, il se retourne, s’écartant de moi. Mais je n’ai le temps de le voir atterrir qu’une table fend l’air jusqu’à moi. D’un geste sec, j’envoie une pierre saillante la fendre en deux.

             Entre les morceaux se séparant, je distingue alors la silhouette du blond qui, pour la première fois depuis longtemps, affiche un sourire allumé d’une rage excitée.








— VOUS AVEZ AUCUNE IDEE D’A QUI VOUS AVEZ A FAIRE !







































 

— Alors, ce combat ? retentit la voix de Shota quand je sors de la salle de bain, soupirant.

— Je l’ai laminé.

             Au réveil ce matin, j’ai discuté avec mon petit-ami de la meilleure marche à suivre pour appréhender Katsuki. Celui-ci a longtemps cru être le meilleur mais les quelques épreuves qu’il a vécues l’ont brutalement ramené à la réalité. Et, même s’il ne l’aurait jamais avoué, il a commencé à se demander s’il était vraiment à la hauteur.

             J’ai tenté d’aborder le problème en me montrant amicale. Mais le meilleur restait encore de l’affronter d’égal à égal, lui montrer qu’il valait la peine que j’utilise tous mes pouvoirs et pouvait se défendre seul.

— Tu es sûre que c’est une bonne chose ? demande le noiraud en levant le nez de son livre.

             Allongé dans les draps, il a allumé une lampe de chevet qui illumine la vaste salle. Je souris à cette vision reposante. Les nuits sont plus belles, maintenant que je les partage avec lui.

— Il vaut mieux que je le batte plutôt que je le laisse gagner, crois-moi. Et puis, après avoir remarqué que j’utilisais pleinement mon pouvoir, son égo démesuré est revenu en trombe, t’inquiète pas, je ris doucement.

             M’arrêtant devant mon placard, je cherche l’une des nuisettes que Shota m’a acheté, il y a quelques temps, encore vêtue de mon peignoir. Quelques instants me suffisent à retrouver le tissu satiné et, légèrement surprise de ne pas entendre mon copain approfondir la conversation, je me retourne.

             Il me regardait déjà, un vague sourire aux lèvres. A cette vision, mon cœur bat avec force et une chaleur s’empare de moi.

— Pourquoi tu me regardes comme ça ? je lance, embarrassée.

             Il ne répond pas tout de suite, m’observant plus longuement sans abandonner son léger rictus. Mais finalement, il lâche :

— Rien… Je t’aime, c’est tout.

             Mes sourcils se haussent et mon souffle se bloque. Quelques secondes durant, je ne dis rien, abasourdie par la spontanéité de cette déclaration. Puis, rejoignant le lit, je laisse tomber ma nuisette sur l’oreiller avant de marcher à quatre pattes jusqu’au noiraud. Il m’observe faire, un vague rictus aux lèvres.

             Bientôt à sa hauteur, je glisse sur ses cuisses. Il lève son livre pour me laisser passer et, collant mon torse au sien, je plaque mes lèvres contre les siennes.

             Aussitôt, sa main se pose sur mon crâne et il remue les lèvres contre moi, approfondissant le baiser. Me redressant, je me mets à genoux sur lui tandis que son autre paume se plaque sur le bas de mon dos, me pressant davantage.

             Me reculant enfin, je l’observe, lui qui se trouve juste en-dessous de moi. Mes yeux s’attardent sur ses traits apaisés, ses yeux noirs légèrement plissés et son magnifique visage.

— J’ai du faire quelque chose d’incroyable dans une vie antérieure pour qu’un mec comme toi puisse m’aimer.

— Pas que dans une vie antérieure, je t’assure.

             Grisée, je ris légèrement avant de le serrer plus franchement dans mes bras. Il fait de même, enfouissant son visage dans mon buste. Notre chaleur nous embaume dans un cocon réconfortant, apaisant. Le temps d’un instant, il me semble que plus rien n’existe.

             Puis, glissant contre lui, j’atteins sa hauteur. Nos visages se retrouvent l’un en face de l’autre et, à nouveau, je l’embrasse.

             Seulement, cette fois-ci, la douceur n’est pas au rendez-vous, non. Lorsque nos lèvres remuent l’une contre l’autre, que sa langue rencontre la mienne avec ardeur, que son bras s’enroule autour de moi, me pressant à lui, quelque chose de bestial nous anime.

             Nue sous mon peignoir, je suis soudain tout à fait consciente de ma vulnérabilité face à son corps habillé. Et celle-ci me fait frémir.

             Bientôt, nos bouches se détachent. Et il ne perd pas un seul instant. S’emparant des deux pans de ma ceinture, il tire dessus. Aussitôt, le tissu s’écarte pour laisser place à mon torse. Je frissonne au contact de l’air ambiant et il regarde mon corps, ses yeux s’écarquillant une nouvelle fois face à celui-ci.

             Lorsque ses deux mains se posent sur mon ventre, le caressant, je gémis. Puis, elles remontent pour s’emparer de mes seins, m’arrachant un sursaut. L’un de mes tétons se retrouve prisonnier de deux de ses doigts entre lesquels il le roule, m’observant me cambrer et couiner à cette sensation.

— Si belle…

             Les yeux clos et la tête basculée en arrière à cause du plaisir, je n’entends que vaguement son soupir. Mais mon vagin se contracte brutalement quand sa bouche se referme soudain sur mon autre sein.

             Plaquant ma main contre mes lèvres, j’étouffe le cri que je pousse lorsqu’il se met à aspirer ma peau sans vergogne, mordillant même mon autre téton sans cesser de faire rouler le premier entre ses doigts.

Shota, je…

             Malgré moi, je ne parviens à faire preuve du moindre contrôle et me mets soudain à m’agiter furieusement sur son érection imposante, sous moi. Mon entrejambe dénudé se frotte à son caleçon, le recouvrant de cyprine.

             La chaleur est étouffante et l’excitation, à son paroxysme. Couinant, les yeux clos, je suis esclave de la langue et des doigts du noiraud qui n’ont de cesse de martyriser mes seins.

Shota, s’il-te-plaît, je couine tandis que des larmes de plaisir dévalent mes joues.

— Oui, mon amour ? chuchote-t-il contre ma poitrine couverte de salive.

— Prends-moi…

             A ce léger cri, il rit, projetant de multiples vibrations sur ma peau qui me font frissonner. Puis, sa large main se glisse sur mon entrejambe, écartant mes lèvres. Sursautant à cette sensation, mes yeux s’écarquillent soudain.

             Là, contre mon entrée, son gland palpitant pulse, engourdissant tout mon corps. Pourtant, il ne me pénètre pas.

Shota, qu’est-ce que t’att…

             Soudain, ses hanches claquent mes cuisses. Sa longueur me pénètre entièrement, me fendant presque en deux. Allongée sur le matelas, les fesses surélevées car Shota, lui, est à genoux, je regarde entre des yeux mi-clos la silhouette de mon copain.

             Entièrement nu, il fixe mon corps habillé du peignoir ouvert et dévoilant tout. Ses mains fermement enfoncées dans mes hanches, il ne perd pas un instant et recule afin de me pénétrer plus profondément encore.

             Les lèvres closes, je peine à refreiner mes gémissements. Le son de nos peaux claquant empli la salle et mes yeux roulent dans mes orbites. Jamais je n’ai ressenti un tel plaisir, un tel besoin d’assouvir cette envie primaire.

             Soudain, il accélère, manquant de me faire tomber dans l’inconscience tant les sensations sont fortes. A chaque coup de rein, mes parois s’écartent avant de se resserrer, s’adaptant parfaitement à lui.

— Putain, (T/P), je vais…

— Viens en moi, je murmure sans réfléchir, trop excitée par la situation.

             A ces mots, comme s’il s’agissait-là d’un point de rupture, un liquide chaud se déverse en moi. Cette sensation achève de me monter jusqu’à l’orgasme et celui-ci me submerge, transcendant.

             Le temps d’un instant, j’oublie qui je suis. Puis les coups de reins se font sporadiques avant de s’immobiliser entièrement.

             J’ouvre les yeux, Shota est penché juste au-dessus de moi, son nez frôlant le mien. Je sourie à la vision de mon copain, couvert de sueur mais un sourire euphorique aux lèvres.

Shota, je soupire.

             Ses lèvres se posent doucement sur les miennes, m’embrassant tendrement. Puis, d’une main délicate, il essuie mon front.

— Même si tu prends la pilule et qu’on est dépisté, je vais te nettoyer, chuchote-t-il. Bouge pas.

             Se relevant, il rejoint la salle de bain tandis que je peine à reprendre ma respiration, euphorique. Bientôt, sa silhouette se redécoupe au pied du lit. Et, une serviette humide à la main, il se replace au-dessus de moi.

             Quand le tissu caresse doucement mon entrejambe, je soupire d’aise. Shota me nettoie avec grand soin avant de disparaitre à nouveau dans la salle de bain. Quand il revient, je suis déjà sous les drapas, l’attendant fermement.

             Il me sourit en voyant mes yeux traquer le moindre de ses mouvements, impatiente qu’il me rejoigne.













             Puis il se glisse sous les couvertures, me prenant dans ses bras.































2399 mots

la semaine pro
sort l'épilogue !

:)

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