Chapitre 14 - Réveillon, Partie 2
Écouter aux portes était une mauvaise chose, avait-on appris à Tsukishima. Cependant, cette règle devait bien être brisée à un moment. Ainsi se tenait-il devant la chambre de son frère, l'œil écarquillé et les lèvres entrouvertes.
Désormais, Eigishi était en haut-parleur, et ce qu'il entendait le glaçait jusqu'à l'os.
— Je ne peux pas marcher plus vite, débitait-elle à voix basse. Et je ne dois pas aller près de chez moi, ou il saura où se trouve ma maison. Je ne peux pas non plus lever le doigt sur lui...
— Ta sœur, alors ?!
— Non, elle a le genou blessé... Je ne sais pas quoi faire !
— Va vers notre quartier, je vais venir te chercher...
— Tu es ivre, Akiteru ! Mon oncle, ma tante, Ayaka aussi, il n'y a personne pour être raisonnable ici – c'est pas possible, ça ! gémit-elle. Vous savez ce que c'est, d'être sobre ?!
— Je peux vite dessaouler !
Cette fois-ci, elle hoqueta sous une panique mal contrôlée.
— Mais je ne sais pas ce qu'il peut faire, tu vas te blesser !
— Vers où tu es ?
— Vers le parc, je ne...
— J'arrive, trancha-t-il. Essaie de ne pas t'en éloigner !
— Si tu fais ça, articula-t-elle soudain d'une voix sourde, je te brise les jambes.
Court silence. Tsukishima lui-même se raidit, le cœur battant à tout rompre ; car pour qu'Eigishi en arrive à de telles paroles, elle devait vraiment être au fond du trou.
— Dans ce cas, balbutia Akiteru, je peux appeler un ami ? Non, la police ! Tu n'as pas contacté la police ?
— Je n'ose pas, murmura-t-elle soudain. Je n'arrête pas de les déranger avec ça.
Quelle idiote ! On sait pas à quel point elle est en danger, et elle se restreint toujours ?! Elle essaie même de jeter tout le monde de cette situation, car elle doit penser qu'elle est... Un désastre. Un poids mort. Les paroles du lycéen s'étaient donc avérées inutiles, autant lorsqu'il avait évoqué ses études de chimie que son manque de confiance en elle.
Alors, Yamaguchi avait-il eu faux sur toute la ligne, en déclarant que le simple fait de parler à la jeune fille restait une aide ? Si c'est le cas... Il sortit son téléphone de sa poche, le regard bas. « Haha, merci », avait-elle écrit ? Si c'est le cas, ce que je tente n'est pas suffisant. Qu'est-ce que je devrais faire ? Abandonner, laisser d'autres s'en occuper ?
— Kei, pataugea alors le pochtron qu'était son frère. Tu as essayé de contacter Kei ?
— Il ne doit pas avoir envie de se mêler de ça. Je ne veux pas le mêler à ça. Il est mineur, déjà ; je le mettrais en danger, ensuite...
Non. Tant sur le plan objectif qu'émotionnel, laisser tomber était la pire idée du siècle.
Alors, il tapa de nouveau sur son clavier : son estomac se nouait tant qu'il en manquait de régurgiter son poulet frit – encore heureux que son cake à la fraise reste à sa place. Et pourtant, ses pensées, elles, se réordonnaient peu à peu. Il devait désormais y aller pas à pas, avec prudence, car cette situation était si délicate qu'elle pouvait dégringoler au moindre faux-pas.
« Moi, 21:58 : Ce n'est pas une phrase en l'air. C'est rare que j'apprécie quelqu'un comme ça. »
Bien. Envoyé. Et dit. Merde, tant pis, c'est pour la bonne cause, ragea-t-il en serrant les dents. Ses SMS, elle devrait pouvoir les voir, même en appel...
— Kana, les sentiments ne comptent pas, rétorqua soudain Akiteru.
— Tu mettrais Ayaka en danger, toi ? Donc, pas de Tsukishima-kun dans les rues. Je tiens un poil trop à lui pour qu'il se prenne un pain à ma place !
Pardon ?! Il en laissa retomber ses bras, abasourdi au possible. Il avait mal entendu. Un haut-parleur, ça déformait les mots. Qu'elle « tienne à lui » était assez stupéfiant comme ça... Mais qu'elle risque de se faire agresser physiquement ? Il faut la tirer de là le plus rapidement possible. La police, qu'elle appelle cette foutue police !
— Si tu ne veux pas que je vienne, s'embourba de nouveau son aîné, et que tu veux pas que ta sœur vienne non plus, et que tu veux pas appeler la police, ça va être...
... compliqué. Tsukishima fourra son téléphone dans son pantalon et ouvrit la porte de la chambre d'Akiteru : il se retourna d'un bond, pour le gratifier d'un air estomaqué.
— K...
L'intéressé lui lança un regard assassin ; « hors de question que tu dises mon prénom ». Il déglutit donc, pris de court.
— Kana, se corrigea-t-il, ça va être compliqué.
Là-dessus, il recouvrit son micro de sa main moite, puis tourna vers le lycéen son visage rougi par la bière.
— Tu as entendu ? chuchota-t-il rapidement. Dans ce cas, tu peux essayer de la garder par SMS ? Que je parte sans qu'elle le remarque...
Un sourire acide s'étala sur la face de Tsukishima...
— Non, je compte aller faire une petite promenade.
... pour s'évanouir bien vite.
— Donne-moi sa position en direct par message, lâcha-t-il. J'appelle la gendarmerie et je la rejoins en attendant.
— Faut la prévenir, alors, bégaya son aîné.
— Non plus, elle a l'air assez perturbée comme ça. Si elle apprend que je suis en chemin, elle risque de t'en vouloir jusqu'à sa mort ; et ça impactera ses décisions. Qu'elle parle un peu trop fort, marche un peu trop vite, et ce gars la suspectera d'être en contact avec quelqu'un. Ça peut être dangereux si elle reste seule.
— ... Soit. Mais fais attention à toi.
— Pour qui te prend ? railla-t-il amèrement. Je n'ai toujours pas une tête à en venir aux poings.
Il fit sèchement demi-tour.
— Pour une fois, je compte sur toi, jeta-t-il à son aîné.
Il partit sans savourer sa tête certainement hébétée. Même s'il sait qu'il ne doit pas laisser transparaître que je vais être en chemin, il risque de gaffer, avec le nombre de bières qu'il a dû s'enfiler. Dès son arrivée dans son entrée, il enfila son manteau et ses chaussures et vérifia la batterie de son téléphone.
— Je vais faire un tour, annonça-t-il à sa mère.
— Oh. Ne rentre pas trop tard !
Il lui fit un simple signe de la main, puis sortit dans l'air glacé de la nuit. En bref, trancha-t-il, je dois me dépêcher avant qu'elle sente de pot aux roses.
Akiteru lui indiqua la position actuelle d'Eigishi avant même qu'il ne le relance. Près du parc, encore, pensa-t-il à pleine vitesse. Donc elle doit consciemment tourner autour. Quel est le nom de la rue ? Lorsque j'arrive, comment réagir ? Si je croise son suiveur avant, il faut que j'évite toute confrontation. Mais comment le reconnaître ? Discrétion faussée ? Et Eigishi-san, comment l'aborder sans qu'elle ne panique ?
Il composa le numéro de la gendarmerie : on décrocha au bout de trois sonneries. Mais après leur avoir expliqué la situation, il manqua de s'étrangler en entendant leur réponse.
— Kana Eigishi ? Pourquoi ne pas avoir appelé d'elle-même ?
— Elle est en ligne avec mon frère.
— Nous ne sommes pas assurés que ce qu'elle dit est véridique. Elle pourrait tout autant se tromper.
— Ce n'est pas la première fois que ça lui arrive, répondit-il dans un calme miraculeux.
— Je vais voir son dossier... Veuillez patienter.
Ils sont arriérés ? Ils sont séniles, c'est ça ?!
— Elle est mineure. Déjà responsable d'un délit...
Ne pas contester, se rabâcha-t-il en tournant dans une ruelle. Pendant ce temps, ce foutu gendarme prit bien son temps pour analyser des informations pourtant triviales. Le lycéen l'entendit ensuite demander l'aval de que savait-il.
— D'accord, posa-t-on soudain avec urgence – enfin. Qu'elle reste en ligne avec votre frère. Si vous croisez cet individu, ne vous engagez pas dans quelque chose de dangereux. Nous devrions arriver d'ici une vingtaine de minutes au plus. Restez à l'affût, nous allons peut-être vous recontacter. Quel est le numéro d'Akiteru Tsukishima ?
Lorsqu'il leur énuméra, il l'entendit griffonner sur une feuille de papier.
— Merci. Nous l'appellerons en priorité. Rappelez-nous au moindre incident.
Dès qu'on raccrocha, Tsukishima lâcha un juron et braqua de nouveau son regard devant lui. Son portable vibra de nouveau : son frère. Il le mit en silencieux avant de regarder leur discussion.
« Akiteru, 22:07 : Elle est partie dzns la rue annexe, celle qui mène au 2nd espace vert
Akiteru, 22:07 : Je luyi ai pas ditg que tu arrives
Akiteru, 22:07 : Le hgars acelere »
Il est complètement torché ! Cependant, son esprit se concentra bien vite sur cette dernière donnée. « Le hgars acelere. » Et l'endroit où elle se dirige est à dix minutes de marche.
Et puisque c'était trop lent, il rangea son portable dans son manteau, et courut droit vers le carrefour qu'on lui avait indiqué.
Chacune de ses inspirations glaciales brûla sa gorge ; le bruit rapide de ses chaussures contre le goudron éclata le silence de ce soir de Noël, les maisons défilèrent de plus en plus vite autour de lui. Il scruta le moindre coin de rue, le moindre recoin sombre. Sous pression, sur le point de bien trop accélérer à tout instant, mais le regard plus aiguisé que jamais.
Et enfin, il entraperçut les barrières longeant le coin herbeux en question : son estomac se contracta dans un mélange de soulagement et d'appréhension. Il trottina un instant, pour reprendre une marche normale. À tout instant, il pouvait croiser l'un des deux individus. Il s'y préparait tout juste lorsque la silhouette d'Eigishi surgit dans la lumière d'un lampadaire.
Son cœur rata salement un battement. Le visage de la jeune fille pâlissait toujours plus chaque seconde, ses traits se tordaient sous la panique, et la main tenant son téléphone frémissait tant qu'elle manquait de lâcher l'appareil. Il prit une longue bouffée d'air dans l'espoir de calmer son pouls dératé, puis se mit à découvert dans une tranquillité superficielle, les mains dans les poches.
Dès que l'adolescente posa ses iris sur elle, elle béa à s'en décrocher la mâchoire : lui afficha une simple surprise, puis un sourire un poil crispé. Il s'avança jusqu'à elle en lui faisait un signe... et arriva bien vite à sa hauteur. Là où elle s'apprêta à déballer que savait-il, il lui servit une accolade énergique.
— Ça alors, se força-t-il à s'exclamer joyeusement. Tu as aussi décidé de prendre l'air ?
Elle se crispa aussitôt, les yeux ronds comme les billes : lui raffermit sa prise sur son épaule. Ne daigne pas te barrer de là, pensa-t-il, les dents serrées.
— Tu..., s'étouffa-t-elle.
— Il y avait trop de bruit, chez moi, expliqua-t-il tout haut. Ce n'est pas souvent que je te croise ici : comment vont tonton et tata ? Eux aussi, je ne les ai pas vus depuis un siècle.
Mais l'adolescente bloqua simplement, tremblante de tous ses membres. Il en profita pour jeter un discret regard derrière eux. En effet, quelqu'un s'appuyait contre un mur et faisait tranquillement défiler ses messages.
Son flegme le dégoûta au plus haut point.
— Tsukishima-kun, chevrota tout bas Eigishi. Qu'est-ce que tu fous ici ? Pourquoi t'es pas resté chez toi ? Tu as entendu la conversation avec Akiteru, c'est ça ? Tu es taré ?!
Il se contenta de les faire marcher ; bientôt, un sérieux lugubre modela sa face.
— Dixit, jeta-t-il. Tu penses pouvoir te sortir de là seule, comme par magie ? La gendarmerie est en chemin. En attendant, reste ici.
— Mais je ne sais pas jusqu'où ça peut aller, suffoqua-t-elle. Ce que ce gars peut faire, j'en sais rien, j'aurais pu me cacher ou quoi, tu n'avais pas besoin de venir !
— Je ne compte pas foncer tête baissée, répliqua-t-il. Je ne parie que sur mon mètre quatre-vingt-dix, là.
— Te fous pas de moi !
— Qu'est-ce qu'Akiteru aurait pu faire de plus ?
Elle ouvrit la bouche pour répondre, rien n'en sortit. Il exhala donc brièvement.
— Il a une voiture, certes – ça aurait été bien plus simple pour que tu échappes à cette personne. Cela dit, il se serait pris un poteau au moindre virage. Et du reste, la seule chose dont on peut se servir, c'est notre taille. Or, lui est alcoolisé. Donc je suis venu à sa place.
— Et s'il passe aux poings ? énonça-t-elle avec difficulté.
Il haussa les sourcils.
— Sans vouloir me vanter, je fais au moins une tête de plus que lui. Il ferait vraiment ça ?
— Les chimistes, c'est dangereux, siffla-t-elle. Alors...
Alors, elle sursauta soudain et se retourna avec panique ; Tsukishima ne la lâcha pas, mais suivit tout de même son regard... pour se raidir de pied en cap. En effet, ce chimiste était sacrément baraqué, et avançait désormais vers eux d'un air lugubre.
Hein ? Sérieusement ?
— Tsukamura-san, rit-elle nerveusement. Je ne t'avais pas vu...
— Vous, lança-t-il à Tsukishima.
L'intéressé cligna de l'œil avec confusion.
— Bonsoir.
— Je ne pensais pas qu'elle avait un acolyte, abrégea-t-il sèchement. Depuis quand tu me fuis, Kana-chan ? Je pensais qu'on était amis. Hier soir, pourquoi m'avoir dit que nos appels étaient futiles ?
Il n'a que des biceps, devina le lycéen. À voir sa posture, il n'a pas l'air de vouloir attaquer d'une quelconque façon. Du reste... Elle lui a balancé ça ?!
— J'avais de la fièvre, souffla-t-elle. Je m'excuse.
Honteux : seul mot pouvant décrire son ton. « Tsukamura », lui, plissa les paupières.
— Je ne savais pas non plus que tu sortais avec quelqu'un.
— Sortir avec quelqu'un ? s'étonna Tsukishima. Je n'étais pas non plus au courant.
— Vous pensez pouvoir me duper ? grogna l'étudiant. Elle vous a dit que j'essayais de discuter avec elle, donc vous êtes venus pour qu'elle s'en aille. Kana-chan, j'aurais préféré une vraie discussion.
Néanmoins, Eigishi restait tétanisée, sa main crispée derrière le manteau de Tsukishima. Celui-ci la lâcha donc, pour baisser un regard au goguenard forcé sur le monsieur. Du reste, il était tout sauf rassuré. La police devrait arriver d'ici une dizaine de minutes. Je ne dois pas partir d'ici-là. Et il devait éventuellement faire en sorte que le gugusse change de cible.
— Navré d'avoir interrompu votre tranquille échange, s'excusa-t-il obséquieusement. Je suis le cousin de Kana, enchanté. Et vous, j'ai ouï dire que vous étiez un étudiant de renom ?
Touché, au vu de sa face écarlate sous la colère. Touché, et un peu trop... car il brandit le poing, manifestement enragé. Tsukishima sursauta sous la stupeur. J'ai pas signé pour ça ?!
— Prenez-moi de haut, surtout ! s'énerva-t-il. Vous êtes quoi, lycéen ? Vous savez ce que c'est, de se faire jeter de son université par une seconde ?!
Jeter de son université ? C'est violent. Cela dit...
— Je veux dire, fit remarquer Tsukishima, ce n'est pas de sa faute.
— Vous ne savez rien de tout ça.
Il haussa les épaules dans un rictus.
— Blâmer les autres pour ce qu'ils n'ont pas fait... Digne d'un scientifique.
Et il maudit son ton railleur dans l'instant. Il en avait trop fait. Ce soir-ci, il était un imbécile.
Eigishi elle-même faisait les yeux ronds ; le monsieur d'en face, lui, serra pour de bon les dents. Cette fois-ci, l'adolescent ne pouvait s'en vouloir qu'à lui-même. Car il avait engendré un désastre, à retourner le couteau dans la plaie de l'ancien étudiant alors même qu'il avait semblé sur le point de péter un câble.
Il ouvrit de nouveau la bouche, hors de ses gonds.
— Je vais vous mettre une claque tellement forte que même si je vous loupe, vous allez choper un rhume !
— Vous pouvez atteindre ma joue ? s'inquiéta faussement Tsukishima.
Mais ses railleries spontanées s'arrêtèrent abruptement. Oui, on put atteindre sa joue, et une main passa en un éclair juste sous son nez. L'instant d'après, une paume bien plus petite le poussa en arrière avec violence : s'il se tint l'estomac en grimaçant, le claquement qui suivit, il ne le ressentit pas. Néanmoins, Eigishi, elle, se tint la tempe en serrant les dents.
— Vous allez la fermer, bande de mâles zêta ?! aboya-t-elle.
— Mâles zê... ?! s'étrangla le blond.
Là où il resta hébété, Tsukamura ne flancha pas. Un peu plus, et il l'aurait cru habitué à de telles piques – et Eigishi avait sorti celle-ci sans mal aucun. Mais elle se tenait tout de même la joue, grimaçante.
Attends, elle vient de se prendre cette baffe à ma place ? C'est elle qui m'a mis un poing dans l'estomac ? Elle a fait la même chose avec cet arrogant ? Il ne se plie même pas en deux – si ça met fin à un conflit physique, soit, mais elle aurait pu... elle aurait pu... !
Qu'aurait-elle pu ? Cracher une dent, perdre connaissance ? À côté, Tsukishima était un peu trop bien loti. Il avait débarqué pour l'aider avant que la gendarmerie n'arrive, pas pour l'enfoncer d'autant plus !
— Tu viens de me frapper ? posa enfin l'ancien étudiant.
— Non ! se défendit-elle aussitôt, éberluée. Je ne t'ai pas touché.
— Tu as repoussé ma main, contra-t-il sèchement.
— Oui, car tu allais le baffer.
— Tu n'avais rien à voir là-dedans – tu n'as pas honte, de te mêler des affaires des autres ?
— Il n'avait rien à faire là de base, cracha-t-elle.
Je viens de devenir la source du conflit, c'est ça ? C'est ça ?! Mais alors qu'il s'apprêtait à séparer ces deux-là, Eigishi le poussa de nouveau. Il n'eut pas le temps de protester, ou de s'avancer, car la suite se passa bien trop vite pour lui.
Une pauvre seconde, et monsieur Tsukamura plaquait Eigishi contre un poteau. Il l'avait trop provoqué, et là le menaient ses actions puériles. Désormais, qu'était-il censé faire ? Pas rester planté là, déjà ! s'énerva-t-il. Tsukishima s'avança, Tsukamura leva vivement le poing, Eigishi...
Leva une garde à la propreté stupéfiante. Le coup du jeune homme ne frappa que son avant-bras – un peu plus, et le lycéen aurait cru qu'elle était habituée à ce genre de situation...
« Je ne peux pas non plus lever le doigt sur lui ! »
... ou plutôt, qu'elle s'y préparait depuis un moment : au lieu d'attaquer, elle se défendait.
Elle lui jeta un regard enflammé.
— Comme t'es là, rugit-elle, témoigne !
« Mêle-toi à cette bagarre, et tu n'as plus de plexus » : mais voir quelqu'un la prendre par le col sous ses yeux, alors qu'il faisait un foutu mètre quatre-vingt-dix, l'horripilait au plus haut point. Il le savait, s'il intervenait, il n'allait pas pouvoir servir de « témoin » auprès de la gendarmerie ; deux contre un, ils allaient être coupables. Mais Eigishi pouvait finir sérieusement blessée, et la nauséeuse adrénaline torturant ses tempes le força à agir. Alors, il amorça un pas...
— Tsukishima ?! s'exclama-t-on soudain.
... pour se retourner d'un bond, téléphone en main, avant de béer sous la stupéfaction. Coach Ukai ?!
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