chapitre 3
Regulus
L’après-midi avançait lentement. Trop lentement.
Regulus avait fini ses essais techniques depuis une heure. Les ingénieurs le voulaient encore pour une simulation, mais il avait insisté pour une pause. Il savait quand son esprit glissait vers l’erreur. Il préférait s’arrêter avant de cramer son équilibre déjà bancal.
Remus l’avait laissé tranquille. Comme toujours. Il savait lire entre les lignes du silence.
Il s’était assis sur le muret au bord de la pitlane, un casque autour du cou, le regard fixé sur les pneus empilés au loin. Il essayait de ralentir sa respiration, de faire le vide. D'oublier les bruits, les odeurs, les objectifs.
Mais quelqu’un s’approcha. Des pas reconnaissables. Fermes, mais pas agressifs.
— Tu fais une pause stratégique, ou tu fuis les journalistes ?
La voix le prit au dépourvu. Il tourna lentement la tête.
James Potter.
Lui.
En combinaison rouge Ferrari, les cheveux encore humides de sueur. Il tenait une bouteille d’eau à moitié vide, le regard curieux. Pas moqueur. Pas exactement amical non plus.
Regulus resta impassible.
— Peut-être les deux, répondit-il, simplement.
James haussa un sourcil. Il s’assit à côté de lui sans rien demander. Regulus le regarda du coin de l’œil. Il ne s’attendait pas à ça. Il n’aimait pas ça.
Le silence se posa quelques secondes. Puis James reprit, un ton plus bas :
— Ton frère fait semblant de pas te voir depuis ce matin. C’est toujours comme ça entre vous ?
Regulus ne répondit pas tout de suite. Il fixait la piste vide devant lui.
— Je pense qu’il ne sait pas quoi dire. Alors il ne dit rien.
— Pratique, dit James.
Encore ce ton. Ni moqueur, ni froid. Juste direct. Trop direct.
— Je préfère ça au drame, répliqua Regulus.
James sourit, un peu. Il but une gorgée d’eau, puis se leva.
— T’es plus calme que je pensais. Les journalistes te font passer pour un glaçon.
— Peut-être qu’ils ont raison.
James haussa les épaules.
— Ou peut-être que t’es juste fatigué.
Et sans attendre de réponse, il repartit, ses pas résonnant sur le béton.
Regulus resta immobile.
Remus, adossé un peu plus loin contre un pilier, avait tout vu. Il croisa le regard de son pilote au moment où James s’éloignait. Il ne dit rien, mais ses yeux disaient assez : tu vas devoir gérer ça aussi.
Regulus baissa les yeux vers ses mains. Il tremblait un peu.
Pas de panique. Juste de l’agacement. De la surprise.
C’est tout. Vraiment.
Il se releva.
Il n’avait rien prévu de tout ça.
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