chapitre 2

Regulus black

Il n’aimait pas Monza non plus. Trop de bruit, trop d’angles, trop de caméras. Mais Regulus savait se tenir. C’était une règle tacite chez les Black : on ne montre jamais ce qu’on pense.

Il avait appris à respirer à travers la pression. À marcher droit, à répondre juste, à garder le dos bien droit même quand il voulait disparaître.

Le premier Grand Prix de la saison approchait. Dans le garage Mercedes, tout était millimétré. Remus faisait le tour des réglages, casque autour du cou, tablette en main. Il ne disait rien, sauf quand c’était nécessaire.

Regulus lui faisait confiance. C’était rare.

— T’as dormi ? demanda Remus, sans le regarder.

— Deux heures. C’est assez.

Un hochement de tête. Pas de jugement, pas de pitié. Juste une note mentale. Remus notait tout, sans jamais l’écrire.

Il avait ce calme étrange, comme si plus rien ne pouvait vraiment le toucher. Peut-être que ça venait de l’accident. Peut-être que c’était sa façon de continuer à exister. Regulus ne savait pas. Mais il se sentait moins seul quand Remus était là.

— Tu veux un café ?

Regulus secoua la tête. Pas maintenant. Il avait le ventre noué, la tête pleine de chiffres, et ce goût métallique au fond de la bouche.

C’était toujours comme ça, avant une course. Et surtout depuis que Barty avait décidé de le prendre de haut dès la première réunion d’équipe. Croupton avait ce besoin constant d’écraser pour exister. Et les dirigeants laissaient faire. Parce qu’il gagnait. Parce qu’il était spectaculaire.

Regulus, lui, était propre. Rapide, précis, mais pas spectaculaire. Il gagnait quand il le fallait, pas quand ça brillait.

Et cette année, il n’avait plus le droit à l’erreur.

Remus passa à côté de lui, puis s’arrêta.

— T’as vu ton frère ?

Regulus releva à peine les yeux.

— De loin. Il n’a pas changé.

— Toi si.

Pas un compliment. Pas un reproche non plus. Juste un constat. Regulus le rangea dans un coin de sa tête. Il ne savait jamais quoi répondre à ça.

Il retourna à sa monoplace, vérifia deux fois les réglages qu’il connaissait déjà par cœur.

Et sans trop savoir pourquoi, une image traversa son esprit : un regard noisette, curieux, un peu trop insistant. Celui du pilote Ferrari. Potter.

Il s’agita intérieurement. Pas maintenant. Pas le moment. Pas l’endroit.

Il prit une profonde inspiration. Ferma les yeux.

Système de survie, activation.

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