5. Ça ne me dérange pas 🧁


IL EST LE MAL INCARNÉ.

Qu'est-ce qu'il m'arrive ?

Je le vois maintenant avec un sourire béat faire des caresses à son van, son bébé aux fesses roses et blindé d'autocollants revendicateurs :

 "Choose sexe & love"

"Élever des chèvres dans les montagnes, c'est cool"

"Tout BIO, tout beau" 

"I love omegaverse" et-

J'ai bien compris que tous ses produits et denrées alimentaires étaient biologiques, mais...

— Les omegaverse ?

— Oui, c'est cool, c'est sauvage.

Je ne sais pas d'où sort cet extraterrestre et je ne sais pas pourquoi il me met dans tous mes états. Si c'est parce que c'est la période de l'été et de toutes les possibilités, "L'été de tous les possibles" ou "L'été de tous les secrets" - quel titre de livre peut-on encore inventer - mais je suis au bout de ma vie avec lui.

Finalement, il passe à mes côtés et monte les trois marches pour rentrer à l'intérieur. Il en ressort avec une petite serviette mouillée en me disant "c'est pour finir de t'essuyer, tu es encore collant de ma crème".

Je manque de lui répondre "si ce n'est que ta crème, ça va" mais je ne tente même pas de l'embarquer sur un chemin qu'il suivrait peut-être sans hésiter. Je ne le connaîs absolument pas, il peut me raconter n'importe quoi, être un schizophrène ou un psychopathe, ou même un chef de gang. Je n'ai aucunement peur, je pourrais lui faire une prise et le retourner comme un crêpe par terre en deux secondes, ou même appuyer sur un certain point d'acupuncture sur son corps et le paralyser.

Devrais-je ?

Je ne sais pas pourquoi je sens de nouveau en moi cette envie de le combattre et cette adrénaline me donne des palpitations.

Et peut-être que maintenant que je connais son parcours, ou en tout cas ce qu'il veut bien me raconter,  je me fais de fausses idées sur ses clins d'œil, ses attitudes ou ses sous-entendus. Est-ce que je n'entends pas ce que j'ai envie d'entendre, simplement parce que je suis en manque de sexe, d'attention ou simplement d'affection ? Simplement parce que j'aime les hommes et que je crois y voir chez certains d'entre eux le même désir ? 

Je secoue la tête à trop réfléchir pour rien. 

— En fait tu es une vraie catastrophe ambulante, à tout faire tomber, dis-je pour divertir la conversation et mon esprit.

— Non je ne suis absolument pas maladroit, tu étais en travers de mon chemin, me répond-il avec un t-shirt plié et repassé qu'il me tend. Garde-le, j'ai sali le tien. Il sera un peu grand, mais j'aime bien quand c'est large.

Large, comment ça, large ? Qu'est-ce qu'il entend par "large" ? Je me perds dans la conversation. Il a vraiment tout dans sa camionnette. A-t-il même une couchette ?

— Bien sûr... Bon j'y vais ! Même si mes parents vont me faire la tête, je sais qu'ils vont finir par s'inquiéter s'ils ne me voient pas revenir...

— Et tu sais, certains font la guerre, d'autres font l'amour. Moi je donne du plaisir aux gens, si tu veux tester, c'est quand tu veux.

Je ne veux pas savoir ni comprendre ce que ces sous-entendus signifient, et tout ce que je souhaite, c'est m'éloigner de lui, car lorsque nous sommes trop près il y a trop d'étincelles explosives.

Je pars sans demander mon reste en enfilant le haut qu'il m'a donné. Je repasse rapidement devant le lieu de notre accident et il n'y a déjà plus rien, ma famille a certainement nettoyé. Je passe vite fait au Café pour dire à mes parents que je vais prendre ma douche et ma mère ne manque pas de me dire : "j'espère que tu vas t'excuser auprès de Jungkook et de ton frère ! Ton état n'excuse pas tout. Et tu as intérêt à être calme pour l'arrivée de Titi". 

Je sais qu'elle a raison, surtout qu'elle me réprimande rarement. J'acquiesce, fuyant rapidement les lieux maudits. Et je ne veux surtout pas que mes parents apprennent que je me suis encore cru à la guerre.

🧁

Je ne sais pas pourquoi j'ai décidé de prendre ma douche au rez-de-chaussée dans la salle de bain de mes parents, plutôt qu'à celle de l'étage. Peut-être parce qu'elle est plus grande ou parce que je serai déjà en bas, si je dois rapidement retourner aider mes parents.

Dans ma chambre avant de redescendre, je me saisis de vêtements propres, un nouveau short, un polo à col et caleçon, ainsi que mon nécessaire de toilette. Je passe un temps fou sous la douche et l'eau chaude, me délectant de ce bien-être, essayant de ne pas penser aux va-et-vient de la mer et au surfeur-psy-escort-du dimanche, en sachant très bien que je vais continuer à rendre fou ma famille si je me focalise sur lui. Je ne pense pourtant pas avoir dit mon dernier mot. 

Au bout d'une demi-heure, je finis par sortir de l'eau. La pièce est remplie d'humidité et de buée sur le grand miroir. J'aime ces moments-là de moiteur mêlée au parfum boisé du gel douche. J'enroule grossièrement mes hanches de mon drap de bain blanc, me coiffe les cheveux pour y enlever le reste de gouttes d'eau et prends soin de mon visage. Je remets ma montre  à mon poignet gauche, une Philippe Patek à laquelle je tiens, et c'est certainement ce qui m'habille quand je sors de la pièce humide et que j'entends du bruit.

Je ne sais pas pourquoi je me mets en tête que c'est mon père qui fait du bruit dans l'entrée et claque les portes en cette fin d'après-midi. 

Je m'avance dans le couloir, passe devant leur chambre et les toilettes, j'ai mon téléphone à la main et ne regarde pas forcément  devant moi, trop concentré par cette question que je me pose depuis quelques jours : dois-je réinstaller l'appli Grindr (appli de rencontres homosexuelles). Suis-je en manque à ce point pour vouloir faire une rencontre même ici ? Mais après tout c'est l'été, on se permet un peu plus de choses à cette période, non ? 

Je ne fais pas plus attention à mon environnement en arrivant près à l'endroit où se rejoignent la cuisine et le salon au carrefour de l'entrée, et je pousse tellement un cri que j'en jette mon téléphone à terre. 

Celui-ci glisse au sol jusqu'aux pieds non pas de mon père, mais de.... 

Jungkook.

Mais bien sûr, je ne peux pas seulement me ridiculiser avec la vision de cet homme fronçant les sourcils en regardant littéralement à ses pieds la page grande ouverte de l'application Grindr..

Non, il faut aussi qu'après coup, il lève lentement la tête, en même temps que ma serviette (toujours posée sur mes hanches à la va-vite) décide de glisser de mon corps. 

Je dois être blême quand je la rattrape in extremis dans mon poing et la positionne comme je peux devant mon entrejambe.

Je n'ai toujours pas lâché le regard de Jungkook, je suis tellement pétrifié que ma bouche reste ouverte, et s'il y avait des mouches, je suis sûr que j'en avalerais un nombre impressionnant.

— C'est bien ce que je me disais, ce n'est pas moi le maladroit... me  fait-il en se baissant pour ramasser mon téléphone. 

Moi, maladroit ? Je suis capitaine des Forces Spéciales, je ne peux pas être maladroit.

Il regarde une dernière fois l'écran de mon téléphone qui comme par hasard ne s'est toujours pas mis en veille, fait une drôle de moue en poussant sa joue de sa langue et me le tend sans rien dire. Mais je ne fais aucun effort pour le récupérer.

Il n'a rien vu ou n'a rien compris, je m'en convainc. Il ne connaît pas cette appli, bien sûr que non. Je suis soulagé, alors je reprends un peu de contenance pour garder la face et surtout ma dignité. Car je n'en ai plus aucune depuis la première fois où je l'ai rencontré. 

De toute façon, tout est de sa faute.

— Ça va, tu te rinces l'œil ?  je lui balance tout en me redressant et levant un sourcil énervé pour bien lui faire comprendre que je suis chez moi, qu'il est l'intrus ici et que je n'ai à rougir de rien de ce qu'il voit.

D'ailleurs qu'est-ce qu'il fout là ? C'est cela le vrai problème, pas ma fichue serviette qui s'est carapatée pour ses beaux yeux. 

 — Oui, j'aime ce que je vois.

Il est sérieux, il est putain de sérieux. Et forcément la conversation part en vrille, autant que moi.

— Et qu'est-ce que tu fais chez moi, d'abord ? crié-je en le menaçant et je pense que cela se voit sur mon visage. Rends-moi mon téléphone ! 

J'avance vers lui mais il est à une distance de deux mètres et je le menace, car il ne fait pas un pas ni un minimum d'effort. Il me le présente toujours, j'avance en tendant la mauvaise main, quel imbécile je fais, et la serviette tombe cette fois-ci pour de bon. Il explose de rire en me lorgnant franchement et lève la main pour que je n'atteigne pas l'objet de notre dispute. Je ne suis pas si petit par rapport à lui, mais pris dans l'action de ma hargne et ma colère, je sautille comme un idiot autour de lui en m'agrippant à sa peau et son corps. C'est un jeu sans fin entre nous, une rivalité qui ne s'arrêtera jamais. Je suis entièrement nu à tournoyer autour de lui, je ne fais même pas attention à mon corps qui frotte le sien, il continue à glousser et la mélodie de sa voix teinte joliment dans mes oreilles. 

Cela ne dure pourtant que quelques secondes, il se rehausse sur ses pieds pour m'embêter davantage, je réalise que sa main libre n'en profite pas non plus pour me toucher indécemment, il rit et moi je l'insulte de tous les noms. Quelques secondes pendant lesquelles nous ne faisons pas attention au bruit de la porte d'entrée et la poignée qui se baisse. 

— Mais qu'est-ce que c'est que ça ? entend-je de la part de ma tante. 

Nous nous arrêtons dans nos mouvements, je me jette derrière le dos Jungkook pour me cacher, il me murmure sérieusement entre ses dents "Ramasse ta serviette !". Je me baisse tout en essayant de rester cacher derrière son corps et attrape vite le tissu derrière moi pour m'en draper. 

Ma tante est dans l'entrée avec mon cousin Titi à ses côtés et qui se cache les yeux.

— Captain Mimi est tout nu avec un homme !

Je vous présente mon grand gaillard de cousin. Il vient d'arriver, je suppose. 

— J'espère que tu ne te disputes pas encore avec Jungkook ! me menace tata Na-Na alors que je me montre discrètement derrière l'épaule du surfeur. Ça va mon grand ? Merci d'avoir porté le fauteuil de mon fils jusqu'ici, tu es un amour ! fait-elle en regardant mon cadet avec des yeux doux. Et toi... Jimin, c'est quoi cette attitude ? finit-elle en me faisant les gros yeux. 

On dirait qu'elle gronde deux enfants pris en flagrant délit. 

Comme si je l'avais harcelé, le surfeur ! Et donc le fauteuil ? Je tourne légèrement la tête autour de moi pour apercevoir un fauteuil cabriolet installé devant la télévision de mes parents à côté du canapé. Celui de mon cousin à coup sûr. Jungkook a donc fait le gentleman et s'est retrouvé dans la maison de mes parents parce qu'il s'est proposé de porter l'assise jusqu'ici. Bon...

— Ne vous inquiétez pas, je l'embêtais un peu, c'est moi le fautif cette fois-ci. Je vous laisse en famille !

Quand je disais qu'il voulait bien se faire voir de ma famille pour les appâter et ensuite abattre son jeu de cartes ? Je vais tout faire pour découvrir ce qu'il manigance réellement. 

Il s'écarte de moi, ma tante et mon cousin se décalent de la porte pour se diriger vers l'intérieur, et par instinct je le suis alors que je me saisis enfin de mon téléphone qu'il me tend. En ouvrant la porte, il trouve le moyen de me chuchoter à l'oreille : 

— Pour l'appli, n'oublie pas de cliquer pour confirmer ta réinscription. Ce serait dommage que tu loupes des opportunités...

Je manque de m'étouffer avec ma salive  quand j'entends sa voix devenue sexy et langoureuse. Et quand je rencontre ses yeux qui brillent d'une intense luminosité, je crois que c'est la première fois de ma vie que je me mets à rougir autant. 

— Et n'oublie pas de t'habiller ! finit-il en levant son pouce. 

Même s'il arrive magiquement à me faire oublier mon TSPT et le deuil de mes coéquipiers, même s'il arrive à me faire enrager et peut-être même, sans que je ne le réalise encore, à me faire sourire enfin à la vie,

Qu'il aille au diable !

🧁

— Titi, comment ça va ? 

Deux chaises se font la cour l'une à côté de l'autre dans le sable, et près du passage en bois qui lui permet de ne pas se salir les pieds pour venir jusqu'ici. Il est assis sur l'une d'entre elles, et la deuxième est comme une invitation faite à mon encontre, dans l'orée du soir.

Mon cousin est toujours égal à lui-même. Les cheveux coupés très court avec la même coupe depuis ses quinze ans, celle qui lui convient et qu'il demande à chaque fois, un pantalon de ville Dockers marron clair et un t-shirt blanc basique avec en dessous un débardeur de la même couleur et de la même marque. Je crois qu'il doit avoir dix exemplaires de chaque. Titi a toujours eu ses habitudes.

— Maman m'a dit "tu restes là, tu ne bouges pas", alors je ne bouge pas. Captain Mimi ? Tu es là ?

Comme Hanni, lui aussi m'a affublé d'un petit nom quand je suis parti à l'armée il y a dix ans. Et c'est comme ça, entre lui et moi.

— Oui je suis là Titi, je lui réponds. Ton scotch va bien, on dirait ?

Je m'assois à ses côtés sur la chaise libre, et je sais que cela sera amplement suffisant. Il ne me regarde pas alors qu'il est face à la mer de notre enfance, il scrute sa boule de scotch en opinant de la tête. Un léger sourire se dessine, je le vois, et savoir qu'il est heureux me suffit.

Mon cousin a toujours eu une passion pour les rouleaux de scotch, et pour le bruit qu'il fait quand il le repositionne. Il a toujours dans sa main une boule d'environ quinze centimètres de diamètre qu'il a créée en enroulant le scotch sur lui-même. Je crois qu'il lui faut deux ou trois rouleaux pour cela, c'est lui qui sait, pas moi. C'est lui l'expert. Il l'a dans la main, la presse, la roule dans ses paumes. C'est son renforçateur.

— Oui, on a fait les courses avec le foyer, et j'ai mon stock dans ma chambre, j'espère que je vais en avoir assez pour les vacances chez maman et papa, parce que sinon ce sera le drame. Oui un vrai drame, répond-il d'une voix monocorde.

— Tu sais, si tu as besoin on ira en acheter à la supérette, comme avant. Elle est toujours à 57 pas, réponds-je d'une voix douce, il m'avait manqué.

— On ira comme avant ? me demande-t-il d'une petite voix.

— Oui comme avant, comme quand on était petits ! Je ne te lâchais pas, tu te souviens ? Et toi, tu disais "lâche-moi, ta main elle poite !" parce qu'avec la chaleur je suais de la main, mais moi je te disais "non Titi, sinon je vais me perdre et tu dois veiller sur moi, maman elle a dit".

Il ne sourit pas, il ne sait pas trop faire, mais je sais qu'à l'intérieur, ces souvenirs lui donnent de la joie. Bien sûr, que j'étais celui qui veillait sur lui, mais j'avais toujours l'assurance au fond de moi qu'il prenait autant soin de moi que moi de lui.

— Oui c'est moi qui ne te lâchais pas, parce que tu courais partout et je devais te surveiller. Je devais surveiller Mimi la petite souris.

Je pouffe de rire.

— Oui, c'est vrai, tu tenais bien ton rôle, merci hyung, dis-je en le regardant avec admiration.

— Captain Mimi a changé. Oui il a changé.

— Oui j'ai changé, j'ai pris de la masse , tu as vu ? J'ai été un peu plus à la salle de sport au boulot.

J'essaie de gonfler un peu mon torse, histoire de faire le dur pour lui montrer mon côté guerrier et viril, c'est un peu idiot parce que c'est un truc qui n'est pas important pour lui. Même si je sais que j'ai plutôt perdu du poids avec mes six mois de captivité.

— Tu es musclé et tu as une allure de militaire avec ta peau abîmée, mais tu as des rides sur ton front aussi.

— Hein ? je m'offusque. Mais ! Toi aussi !

— Non, moi je fais toujours aussi jeune.

— Mais tu sais quel âge on a Titi tous les deux ? 28 ans, bientôt 29, bordel.

— Ne dis pas de gros mots, Mimi !

— Oui hyung, pardon.

— Mhm... je suis ton hyung. Titi est le hyung de Mimi.

— Oui, ça ne changera jamais ça, je lui réponds avec douceur.

J'aime nos conversations de maintenant, sans prise de tête. Quand nous étions petits, je forçais toujours un peu, car je ne comprenais pas pourquoi il restait borné dans ses réponses qu'il pouvait donner en boucle quand il savait qu'il avait raison. Il a rarement tort et n'aime surtout pas l'injustice.

— Titi a manqué à Mimi ? me dit-il soudainement, alors qu'il ne me regarde toujours pas, ses yeux clairs fixés dans le bleu du rivage.

— Oui tu m'as manqué vraiment beaucoup, mais je savais que tu allais bien et maman me donnait des nouvelles. Tu veux un câlin ?

— Oui un câlin. Oui Titi veut un câlin de Captain Mimi.

J'entoure ses épaules en passant son bras et étonnamment, il faut de même avec moi. Mon cousin me donne de légères tapes dans le dos, tout doucement, comme le font généralement les parents et les aînés dans notre culture. Les Coréens sont rarement démonstratifs dans leurs élans de tendresse et encore moins lui. Mais cela me suffit, surtout venant de sa part, c'est un réel cadeau pour lui qui n'aime pas les contacts physiques sauf quand il les demande.

— Mimi se met en danger à la guerre, je le sais. Titi a peur des fois quand il voit les informations sur l'écran plasma du salon du foyer.

— Je sais, mais j'ai dit la même chose à Hanni et je te le dis à toi, il ne m'arrivera rien.

— Mimi pas mourir.

— Non, Mimi pas mourir.

— Bien.

Il regarde sa montre, celle qu'il a reçue pour ses vingt ans et toujours en parfait état de marche, et dit :

— Il est l'heure de la télé et du drama familial de 19h. C'est bientôt l'heure et il est 18h55. Maman a ramené le fauteuil pour regarder la télé chez mamie pendant que papa et maman travaillent. Et après les vacances, je retournerai chez moi au Foyer.

— Oui je sais c'est l'heure et  tu vas pouvoir y aller. Et tu sais quoi ? Ce serait cool que certains après-midi on les passe ensemble. Il faut qu'on trouve une solution pour aider Jihyun à réussir ses pâtisseries et sauver le Café. On pourra discuter de tout cela sur la terrasse ! Tu es blanc comme un cul, il faut que tu prennes le soleil !

— Un soldat ne dit pas de gros mots ! Et les forts rayons du soleil peuvent donner des cancers de la peau à trop haute exposition. Si jamais-

— Tu vas sortir de ta zone de confort comme tu le fais avec le Centre, et tu vas me tenir compagnie. Ce n'est pas avec ta soeur déguisée en Harley Quinn et le Joker, que tu vas t'amuser. 

— Si, elle est drôle, plus drôle que toi. Et ses copines aussi.

—  Quoi ? je m'indigne. Quelle trahison ! Ton père essaie d'être drôle. Mon frère ne fait pas exprès, mais il l'est aussi. Toi aussi tu me fais rire, quand tu es borné. Mais moi ! Je pourrais être le clown du rire tellement je suis drôle.

—  Non je ne pense pas, tu es nul. Mais tu es quand même drôle quand tu sautes tout nu. 

— Et bien en attendant, tu resteras un peu avec moi plutôt que regarder la télé, dis-je pour changer de sujet et éviter de repenser à ce moment honteux.  

— Non, je sais pas.

— Tu me saoules, il faut que tu sortes et que tu fasses des connaissances.

— Je sais pas.

— Si tu sais.

— D'accord.

— Bien. Marché conclu ! On fera ça.

Au même moment, ma nièce arrive près de nous. 

— Tonton Titi, c'est l'heure du drama, tu veux regarder avec moi ?

— Oui petite Hanni, dit-il en se levant aussitôt pour la suivre avec sa boule de scotch.

Notre conversation est déjà finie pour lui. Pas un regard, un toucher, rien, je le connais ainsi. Mais je sais aussi que notre petite discussion a été un moment précieux pour lui. Je l'ai toujours pris comme il est, comme il a toujours accepté ce que je suis.

Il avance à petits pas à côté d'elle. Elle lui donne la main, il accepte, il a toujours été comme cela avec les plus jeunes et n'a jamais eu une once de méchanceté en lui. Je les aide à traverser la route pour rentrer à la maison en prévenant la famille avant. Il s'assoit ensuite dans le salon dans son fauteuil et Hanni rapproche le sien, celui qui ressemble à un fauteuil bergère miniature que mon père lui a offert pour faire comme les grands.

Ils sont mignons tous les deux lorsque je les observe. Ils se tiennent de la même façon, et penchent même la tête en même temps sur le côté gauche lorsqu'ils regardent une scène.

Mon cousin a son propre mode de pensées et son cerveau réfléchit différemment avec sa maturité à lui. On pourrait penser qu'il est un enfant dans un corps d'adulte, mais ce n'est pas le cas. 


🧁 


Dix jours plus tard

"Promo du jour : Si vous commandez mon nouveau merveilleux Smootie "Love on the beach" fait avec tout mon amour, une jolie danse vous sera offerte !"

Voilà la nouvelle folie de Jungkook qu'il a affichée sur une grosse pancarte peinte.

Voilà ce qu'il a affiché ce midi pour attirer les clients avec son sourire de lapin, ses claquettes de plage, ses piercings et tous ses bracelets de coquillage à son poignet. Et Titi planté tous les après-midi devant la camionnette à lorgner tout ce qui est sucré et coloré.

Tout cela va finir en gogo dancing et pole dance et il va falloir que j'appelle les flics s'il continue.

Vous savez même ce qu'il a fait il y a deux jours ? Il a refait le coup du plateau rempli de Cupcakes et Muffins qu'il avait en trop, et l'a déposé sans chute et sans moi dans les parages, à mon petit frère dans sa cuisine. "Entre voisins, on s'entraide !"

J'ai vu ma famille y goûter et se goinfrer de ses gourmandises comme des vauriens. J'ai même surpris mon père qui s'est arrêté dans ses mouvements en se raclant la gorge lorsqu'il m'a aperçu. 

Ce sont tous des traîtres ! Même Titi.

Et personne ne voit que Jungkook, le rival d'en face, utilise toutes les stratégies possibles pour faire couler notre entreprise.

Moi aussi je peux faire un show et me trémousser à moitié à poil. Il faut juste que je trouve la bonne musique !

J'ai un plan et je vais le mettre à exécution.

— Réunion de famille ! Je répète, réunion de famille. Tout le monde au rapport ! je crie en sifflant dans tout le Café avec un sourire pervers sur les lèvres.

Je ne laisserai plus rien passer !




Nom de la mission secrète : "Expulser Dora l'Exploratrice"



🫧𓇼𓏲*ੈ✩‧₊˚


Voici pour le chapitre 5. Je m'amuse tellement à écrire cette histoire, j'espère qu'elle vous plaît toujours autant ❤️

À mercredi !

[ Petite note :
Pour en revenir au chapitre précédent, je ne connaissais pas vraiment le monde des Cosplay et Furries auxquels je fais surtout un clin d'œil (je ne développerai pas plus), avant de me rendre ces deux dernières années à la Japan Expo de ma ville.
Merci à Luciole et LeslecturesdeNessa pour m'avoir expliqué le monde des furries (intérêt pour les animaux imaginaires ou non, mythologiques ou anthropomorphes, c'est-à-dire l'intérêt pour les animaux possédant des caractéristiques humaines).

Et pour mon personnage de Titi, il est bien réel, je me suis inspiré du grand frère d'une copine de lycée. C'était à l'époque (on s'est perdues de vue depuis) un adulte autiste qui vivait sa petite vie, bien entouré en Centre d'Accueil et avec d'autres personnes comme lui et qui rentrait de temps en temps le week-end chez ses parents. Et c'est également un clin d'œil au film Rain Man, même si le personnage n'est pas le même]

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