Chapitre 15
-T'es sure de ce que tu t'apprêtes à faire, Kayleen ?
- Ouep.
- Je cautionne pas ! Hurle Aaron de la cuisine.
- Je t'avoue que je ne cautionne pas non plus... Murmure Caroline à côté de moi.
- Bon vous savez quoi, j'aurai même pas du vous dire de venir ! Puis je le fais, que vous le vouliez ou non.
Caroline est assise sur le lavabo, et Aaron est parti nous chercher a boire. Il doit être dans les alentours de 22h. Quand je me suis levée ce matin, j'avais l'impression qu'on me donnait des coups de marteaux dans les tempes. L'odeur de Nick flottait dans la pièce, et un cadavre de bouteille gisait sur le sol. Et bien sur, je ne me rappelle de rien. J'ai essayé de l'appeler, toute la journée, j'ai pas arrêté mais il a du faire un coma éthylique dans un fossé. Remarque, c'est pas plus mal. J'écrase mon mégot dans le cendrier près de la baignoire et aspire un grand coup. Je passe de l'eau sur mes cheveux de manière à retirer la mousse et attrape une serviette pour les sécher. Je me retourne vers Caroline après plusieurs minutes utiles pour que ma chevelure soit entièrement sèche. Caroline me regarde dans les yeux, et explose de rire. Elle descend du lavabo et tente de retenir son rire. Je pose mes mains sur mes hanches et la regarde d'un air désespérée.
-Arrête de rire Caroline... S'il te plait ! Aaron! Caroline se moque de moi !
Mon meilleur ami monte les escaliers quatre a quatre et dépose 3 verres de vins sur ma table à maquillage avant de cacher son rire et de m'observer.
-Ça... hum... Ça donne un style à vrai dire.
- Arrête de te foutre de moi Aaron.
- Ok, j'aime pas, mais pas du tout. On dirait un clown.
- C'est ta tête le clown !
Je grogne tout en me dirigeant vers ma chambre, mon verre de vin a la main, en laissant mes amis rire.
Je m'assoie sur mon bureau et attrape mon Iphone, posé sur la chaise. Je regarde l'écran, aucun appel. J'hésite. Je soupire en appelant Nick. Il décroche au bout de 4 sonneries.
-Oh tiens, tu viens de décuver Nick ?
- Je te manques déjà ? Il avale quelque chose, encore de l'alcool surement.
- Non, je voulais juste savoir si l'hôpital t'avais retrouvé à l'agonie.
- Rassure toi, ton dieu est bel et bien vivant.
- Un 5 a 7 demain, ça te tente ? J'avale a mon tour mon verre de vin.
- Je te rappelle Bethy.
- Nick, m'appelle pas Bethy tu m'énerves. Il s'apprête à parler et prononce un "Je... " avant de se rétracter. Qu'est-ce que tu voulais dire?
-Rien. Je te rappelle.
Il a raccroché. Il a l'air froid. Certes, on se déteste et on est toujours froid l'un envers l'autre, mais là c'est plus que d'habitude, et je sais pas, j'aime pas ça... Je n'aime pas notre foutu jeu, je ne vais pas me mentir à moi même, mais lui et moi c'est ça. On se déteste aussi fort qu'on est censé s'aimer et j'aurai du ce jour là, quand il avait ses foutues mains chaudes et douces sous ma robe, lui dire que je ne voulais pas qu'on s'amuse avec nos cœurs mutuellement. J'aurai dû parce que j'en serai pas là aujourd'hui à me teindre les cheveux comme si ma vie allait s'arranger après les avoir massacré.
Mes amis apparaissent à nouveau dans la chambre en se mordant les lèvres pour ne pas rire. Je pointe un doigt menaçant sur ces derniers qui lèvent les mains de manière innocente. Aaron vient m'embrasser la joue en touchant ma crinière désormais coloré.
-C'est pas si mal que ça, finalement.
- Tu mens aussi mal que tu fais la cuisine Aaron.
Je me lève et attrape mon paquet de cigarette sur la table de nuit. Je l'ouvre, attrape un tube de tabac entre mes doigts et le porte à mes lèvres avant de tendre le paquet a mes deux amis. Caroline refuse d'un signe de tête et Aaron en attrape une avant de chercher son briquet. Il l'allume et me le tend pour que je fasse de même. La fumée se répand dans la pièce et aucun de nous trois ne parle. J'ai l'impression que mon histoire avec Nick les préoccupe autant que moi. J'aspire à nouveau la fumée et me met a rire sous le regard intrigué de mes deux camarades.
-Je vous comprend pas. J'veux dire, Aaron et moi on se détestait et maintenant on est inséparable, juste parce qu'on a rangé nos fiertés. Pourquoi vous faites pas la même chose, toi et ta pop star ?
- pop star, c'est un bien mot Caroline... Puis, je rangerai pas ma fierté, je l'aime pas.
- Et moi je suis gay.
- Je suis pas allé vérifier sous les sous vêtement de Caroline, ses atouts, alors je pourrais pas jurer là dessus...
Aaron me lance un oreiller au visage, je l'esquive sans problème et rigole en finissant les quelques gouttes de vin rouge remplissants encore mon verre. Mes amis se lèvent et me font la bise chacun leur tour. Ce soir, ils dînent en amoureux, et moi, j'vais faire un tête a tête avec mon paquet de cigarette. Ouai, ma vie est vraiment nulle.
Je m'avance sur le balcon et m'assoie sur un carton, le dos contre le mur, les pieds sur la balustrade. Il fait froid. Je regarde le ciel rempli d'étoiles. Jimmy me manque. J'ouvre encore une fois mon paquet de cigarette et en poste une entre mes lèvres. Alors que j'approche la flamme du tube nocif, des rires retentissent dans la rue. Un rire que je connais, attire mon attention. Je cris du haut de mon balcon.
- Jonas ramène pas tes fesses chez moi ou je te castre, petit con.
Il ne me répond pas, il ne m'a sans doute pas entendu.. Je me lève et me penche de mon balcon. Assis là, sur un banc, il discute avec quelqu'un. Une jolie blonde. Elle est vraiment belle. Ses long cheveux lui arrivent au bas du dos, ils ont l'air lisse et soyeux. Les miens sont sales, secs, et j'ai préféré les attaché pour cacher le massacre précédemment fait. Nick la contemple du haut de son mètre 80. Il passe la main dans ses cheveux. J'essaye de les entendre parler, mais je ne perçois que des bribes de conversations, des mots sans sens. Ils se lèvent et Nick essuie ses joues, surement car a force de rire ses yeux ont pleurés. Enfin je pense. Il empoigne la jeune femme par les épaules et après quelques pas, lui embrasse le front. Je peste du haut de ma barrière, il joue a ça Jonas, je sais jouer aussi. J'attrape mon cellulaire et compose un numéro a une vitesse étonnante. Après plusieurs bip, mon interlocuteur répond.
-Salut Kayleen.
- Salut Joe, t'as un truc à faire ce soir dit moi?
Noyer mon chagrin dans l'alcool me paraissait une bonne option.
-Pourquoi ?
- Je t'annonce officiellement que le bar de Jimmy est rempli à ras bord. On partage?
- J'arrive dans dix minutes.
Je descend à toute vitesse dans le salon et sort toutes les bouteilles d'alcool que je trouve avant de les poser sur la table du salon. Je souris de toutes mes dents, la vengeance est un plat qui se mange froid.
15 minutes plus tard, alors que je contemple le plafond du salon comme si je ne l'avais jamais vu de ma vie, la sonnette retentit. Je me lève en sursaut et cours vers la porte pour l'ouvrir. Face a moi, le frère de mon pire cauchemard me regarde un sourire triste au coin des lèvres. Habillé à la va vite, les cheveux en bataille et des cernes striant son visage, il attend un signe de ma part pour entrer. Comme quoi, chez les 3 imbéciles, certains sont polis et ne rentrent pas a l'improviste. Je m'écarte et tend mes bras de manière a lui indiquer le chemin. Il entre d'un pas lent et part s'affaler franchement dans le canapé. Il enlève ses chaussures et pose ses pieds sur la table basse.
-T'aurai pas une cigarette par hasard?
- Tu fumes toi ?
- Ouais, surtout quand je me fais largué.
Je m'avance et me pose à mon tour au fond du canapé. J'hésite une instant et pose ma tête sur les genoux de Joe qui passe alors son bras sous mon menton. Je lui tends mon paquet de cigarette et en attrape une autre. Je ne les compte plus depuis le début de la soirée, et rien qu'à imaginer mes poumons j'ai envie de vomir.
-Tu t'es fait largué ?
- Ouais, il y a quelque chose comme trois heures. Il penche la tête.
- Elle t'a sorti quoi comme raison?
D'après ce que m'a dit Nick, la copine de Joe n'a pas la lumière à tout les étages..
- Que je ne veux pas quitter la musique pour l'épouser. Ouais dit rien, je sais ce que tu penses, elle est affreusement conne et égoïste de me dire des trucs pareils mais je sais pas, elle comptait à mes yeux.
- Je te sers un verre ou on y va directement à la bouteille?
Il a l'air triste, j'ai envie de l'aider.
- Je pense que même un tonneau ça serait pas suffisant pour l'effacer de ma mémoire.
- Arrête de dire des conneries. Jonas, l'amour c'est une connerie.
Il rigole. Il passe son pouce sur le lobe de mon oreille et sourit en regardant le mur face à lui. Il respire fort et lentement. Il prend la parole.
-Et toi, qu'est-ce que tu cherches a oublier?
- Je ne veux pas oublier, je veux juste me venger.
- Nick je suppose. Qu'est-ce qu'il a encore fait?
- Rien. Vaut mieux que tu ne sache rien. On est là, entre ami et je compte bien boire autant d'alcool que possible, alors laisse tomber.
- Il t'aime, et toi aussi, mais tout les deux vous êtes assez con pour jouer les cupidon.
- Sincèrement Jonas, tait toi.
- Il t'aime.
- Tu va aimer ma main si tu la ferme pas.
- Il t'aime.
Je déglutis en serrant le poignet de Joe. Il attrape une bouteille et jette le bouchon sur le sol. Je l'observe boire en cachant ses larmes. Il a l'air de ne vraiment pas aller bien. Nick m'a raconté leur histoire, et il se mord les doigts de les avoir présenté. Personnellement je me mord les doigts de m'être baladé en à moitié découvert dans la chambre de Jimmy alors qu'ils jouaient a la console. Ça m'aurait évité bien des problèmes si j'étais juste resté sous ma couette ce matin là. J'aimerai bien pleurer avec lui, mais j'ai décidé d'arrêter de pleurer pour quelqu'un qui n'en vaut pas la peine.
- Ça te vas bien cette couleur de cheveux.
J'étire mon cou et attrape la bouteille en riant. Cette soirée va être longue, très longue.
Bạn đang đọc truyện trên: AzTruyen.Top