MANDARINE
Salut les loulous ! C’est mouéééééééééé, Asproscycla, dit Cycla (et oui, encore, vous devez en avoir marre x)) !
Mais rassurez-vous, je vais être obligée de rendre l’antenne jusqu’au 11… Snif, snif…
Enfin, faut bien céder sa place de temps en temps ~
Du coup pour aujourd’hui je vous propose une halte sur un thème de Nöel et une tradition que je ne connaissais absolument pas il y a encore deux semaines : les mandarines !
Alors resserez vos ceintures (redressez les épaulettes et changez les talons, ça vous fera un total TTC de 1500 par tête de pipe : deux cents drachmes à qui aura la référence ^^).
Le Pôle Express repart !
Destination 7 : Mandarines !
Et c’est parti !
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Du orange. Des taches oranges au milieu d'une décoration rouge et verte typique des fêtes de fin d'année, et une odeur fruitée envahissant l'espace. Au comptoir du café Uzumaki, un jeune homme possédant des cheveux assortis à ces intruses, dont une longue mèche rousse coulait le long de l'épaule, ne retenait pas ses soupirs.
"Non mais, adopter ces traditions occidentales, pourquoi pas. Les décorations et même les biscuits, rajouta-t-il en crachant ce mot avec dégoût et un ton amer, pourquoi pas, ça se tolère. Mais des mandarines à Noël ? Cela fait tâche non ?"
"Autant que toi dans un café ma limace ~"
"Ta gueule saleté de maquereau !"
Occupée à passer le balai, Lucy soupira.
"Vous voulez pas vous calmer ? Je suis déjà gentille de vous laisser entrer avec tout le grabuge que vous faites chaque jour. Mr Nakahara, pourriez-vous éviter de briser ce verre s'il vous plaît ?"
Chuuya baissa les yeux pour constater que en effet, ses doigts avaient commencé à se resserrer dangereusement autour du contenant. Il soupira et le lâcha, se perdant de nouveau dans la contemplation des intruses présentes dans les gâteaux du jour du café, et exhibées fièrement dans une corbeille à fruit au milieu du comptoir.
“Arrêtez de les fixer comme si elles allaient vous sauter dessus ! Vous voulez les goûter ?”
“Non, j’essaye juste de comprendre… Des mandarines… Pourquoi ?”
“Tu te répètes mon Chuuya ! Fais attention, je ne souhaite pas sortir avec quelqu’un de sénile !”
“Tu devrais pas aller bosser au lieu de me les briser dès le début de la matinée ?”
“Si, et cela fait une demi-heure que je l’attends pour qu’il vienne corriger son rapport dans mon bureau.”
Dazai se retourna en entendant la voix du nouvel arrivant, un sourire figé collé au visage et une goutte de sueur glacée coulant le long de son cou.
“Bonjour Patron. Belle journée n’est-ce pas ?”
Fukuzawa se contenta de le fixer en arborant un visage impassible, les lèvres pincées et un regard digne d’un iceberg en provenance des mers sibériennes le transperçant de part en part. Chuuya s’affala sur le comptoir en gémissant de désespoir. Après sept ans de déni amoureux, il avait enfin l’opportunité de sortir avec l’homme qu’il aime, mais il fallait que son abruti de petit-ami suicidaire n’ait aucun instinct de survie. Tiens, voilà qu’il avait presque fait un pléonasme. Le rouquin se redressa en sentant le regard du patron de l’Agence sur sa nuque, et releva la tête pour lui faire face. Il savait que Fukuzawa n’allait pas faire de remarques sur leur proximité ou sa présence dans le café, sous les locaux de l’agence. Pas depuis que des intrusions de mafieux dans les locaux de l’ADA pouvaient être signalées presque tous les jours. Il n’avait entrepris aucune démarche pour les empêcher. A quoi bon quand on vivait soi-même une relation amoureuse avec l’ennemi. Et si cela permettait d’encadrer, ne serait-ce un minimum, son pire et meilleur élément à la fois, il n’allait pas dire non.
“Mr. Nakahara, pourrais-je récupérer mon employé pour pouvoir enfin prendre note du rapport ?”
“Faites, croyez-bien que je ne voulais en aucun cas le retenir. Je ne sais même pas ce qu’il l’a fait venir.”
“Votre présence a suffit à cela, je le crains.”
“Tu es bien vexante ma limace, ce n’est pas moi qui est passé trente minutes à méditer sur des clémentines je te ferais savoir.”
“Ce sont des mandarines que le patron a fait importer spécialement de Méditerranée pour que l’on puisse vous en servir !” S’insurgea la seule demoiselle de la pièce.
“Et bah bravo ! Bonjour l’écologie ! Tu devrais avoir honte Lucy !”
Et pendant que Dazai ripostait avec la maturité qui était la sienne aux remarques acerbes de Montgommery, Yûkichi soupira et vint s’installer aux cotés de Chuuya, commandant au patron de retour de la réserve un thé vert. Il se perdit lui-aussi dans la contemplation des mandarines. Et répondit sans vraiment y prêter attention aux questions que Chuuya posaient à haute voix.
“Est-ce vraiment la saison au moins ?”
“Oui, et jusqu’en février.”
“Et… pourquoi s’en offrir à Nöel ?”
“A l’origine, les familles aisées achetaient des oranges à Nöel pour en offrir à leurs proches en fin d’année. Comme ces fruits coûtaient très chers à l’époque, il s’agissait d’un présent luxueux et recherché.” Répondit le patron du café Uzumaki.
“Tiens, j’aurai tendu à penser qu’une telle tradition viendrait de Yule.” Exposa Fukuzawa.
“Et pourtant ! D’ailleurs, on reconnaît la valeur d’origine des oranges à leur place dans les récits occidentaux. Par exemple dans la mythologie grecque, dans “Les douzes travaux” d’Hercule. Les “Pommes d’Or du Jardin des Hespérides”, propriété de la déesse Héra, sont en réalité des oranges.”
“Mais il s’agit là bien d’oranges, et non de mandarines ?” Demanda Chuuya.
“Et bien, ce n’est que mon avis, mais je pense que les mandarines étant plus petites, elles étaient plus simples à manger pour les enfants.” Répondit le restaurateur. “Et il y a un côté plus convivial, vous ne trouvez pas ?”
“C’est amusant quand même, que de telles traditions se perdent.” Énonça soudain Dazai en s’accoudant au comptoir.
“Elles ont sans doutes eu du mal à s’exporter en Orient.”
“Quand même, des mandarines, les gens ont de ses idées.”
L’illumination se fit dans l’esprit du patron de l’ADA qui jusque là suivait l’échange sans y participer. Oui, il venait d’avoir une idée lumineuse impliquant enfant et mandarines. Une belle invention tordue pour participer à la magie des fêtes comme le désirait son amant, tout en lui rendant la vie impossible.
“Dites-moi Patron, que faites-vous de ces mandarines ? Enfin, quels sont leurs usages à Nöel de nos jours ?”
“Et bien, dans son école, ma nièce et ses camarades de classe en font des bougies.”
“Des bougies, sérieusement ? Mais on leur apprends quoi aux jeunes ? A se suicider avec des fruits ? Non mais le monde ne tourne plus ro-”
Chuuya continua à marmonner au travers le bâillon des mains de son amant sur sa bouche. Il voulut lui donner un coup, mais Dazai lui fit tourner la tête en direction de Yûkichi. Et tous deux s’immobilisèrent.
Au fin fond des prunelles du “Loup argenté” brillait une lueur de sadisme pur mêlé à un intérêt malsain, bref, un regard à en faire pâlir d’envie Ôgai Mori lui-même. Et il fixait son interlocuteur au visage souriant, buvant ses paroles comme une révélation et le fixant comme si il s’adressait à une apparition divine.
Les deux plus âgés, n’ayant pas remarqué l’étrange comportement des plus jeunes, continuaient leur conversation. Ou, plus précisément, le patron du Café terminait son exposé sur les mandarines.
“Donc, toutes ces utilisations sont possibles ? Et les recettes, vous pensez qu’elles sont faciles à réaliser ?”
“Mais très certainement. Tenez, nous avons cuisiné avec Lucy cette tarte hier.”
“Je vois…”
Yûkichi finit par se tourner vers l’emplacement auquel se tenaient les ambassadeurs de la jeunesse, et s’adressa à eux :
“Mr. Nakahara, je vais vous laisser mon employé pour aujourd’hui. Il me semble qu’une pause lui serait profitable. Dazai, puis-je t’attendre lundi prochain dans mon bureau à neuf heures ?”
“Très… Oui, très certainement Patron !”
“Fort bien. Dans ce cas, bonne fin de week-end à tous.”
Sur ces paroles, il se leva, posa un billet sur le comptoir, et sortit en les saluant une dernière fois d’un signe de tête, son haori vert se soulevant derrière lui. Une fois la porte de l'établissement refermée, le silence qui s’y était installé fut rompu.
“Bon… On est d’accord pour dire que tout ça pue le plan foireux ?”
“Dazai, parle autrement de ton patron !”
“Allons, allons messieurs, pourquoi cet énervement soudain ? Vous devriez vous asseoir pour respirer, et penser à le remercier plutôt. Regardez, il a payé vos consommations
Les jeunes adultes se fixèrent un instant, et Lucy s’approcha du comptoir pour constater par elle-même ce qui s’apparentait à un miracle.
“Il… il avait l’air amusé non ?”
“Lucy-chan… On va faire comme si on n’avait rien vu, d’accord ?”
“Oui… oui, faisons comme ça. Vous pourrez le remercier lundi. Sinon, pourquoi est-il parti aussi vite ?”
“Votre patron, Mr Dazai, m’a demandé où est-ce qu’il pouvait trouver un fleuriste.”
Chuuya déglutit. Tout ça ne lui disait rien qui vaille, et il espérait de tout coeur ne pas récupérer son patron encore plus exécrable que d'habitude la semaine suivante.
Les mandarines semblaient porter la poisse. C’était là une belle hypothèse à valider !
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“Rintarô, ne t’énerve pas ! Regarde comme ça ira bien dans le jardin ! Ce sera trop chouette !”
“J’ai toutes les raisons du monde de m’énerver, Elise ! Un mandarinier ? Sérieusement ? Yûkichi, tu fais juste ça pour me pousser à bout, avoue !”
“Un peu oui, je l’ad-”
“Je n’attendais pas de réponse ! L’arbuste ira dehors dès cette nuit !”
Sur ces belles résolutions, Rintarô Mori, parrain de la plus célèbre mafia de Yokohama, se retourna et se dirigea d’un pas décidé vers l’escalier dans l’optique d’aller se réfugier loin de tout emme*deur sous un plaid dans son lit. C’était sans compter sur son amant qui faisait preuve ce jour-là d’une impulsivité rarement observée, et qui se précipita pour l’enlacer et ralentir par la même occasion sa fuite.
“Je voulais t’amuser, je t’assure. Je me suis renseigné, et il y a plein de choses à faire en décembre avec des mandarines. Je te promets que nous ne gâcherons rien, et puis c’est plein de vitamines C. Il n’y a rien de meilleur pour la santé !”
“Si, du calme et du silence !”
“Rintarô...” Soupira le plus âgé en adoptant une voix suave qui fit frissonner son cadet. “Je t’aime.”
Rintarô se sentait lentement dériver vers l'irrationalité. Il tenta de se concentrer. Non, il ne devait pas craquer. Il le savait. Et pourtant… et pourtant…
Et pourtant, il se laisser tomber contre son amant, et finit par se retourner. Il se sentit fondre dans cette étreinte emplie de chaleur, et se noya dans le creux des bras de son amour, respirant son aura à chaque inspire. Il ouvrit la bouche, et déclara d’une voix hésitante :
“D’accord… d’accord, on va le garder. Mais je te préviens, c’est toi qui le plantera…”
“Bien sûr, je ne voyais pas les choses autrement” Répondit l’autre, un rictus ironique invisible aux yeux de son conjoint aux lèvres.
“OUAIIIIIIIS !” Cria Elise de son côté en sautant sur place.
Rintarô soupira. Puis, il rouvrit les yeux pour tomber sur l’agrume se tenant au lieu du salon.
“Quitte à prendre un arbre, tu aurais pu penser au fait qu'on a déjà un sapin… À moins que tu n'en aies voulu un deuxième…”
“Mais qui te dis qu’on ne va pas en prendre un deuxième également ? Après tout, ce n’est pas Nöel tous les mois, il faut bien en profiter. Et puis, c’est toi qui me reproche mon manque d’implication quand il est question de festivités.”
Ôgai ouvrit de grands yeux effarés et s’apprêta à contester, toujours prisonnier des bras de son conjoint. Oui, le monde était injuste de lui avoir conféré moins de force physique qu’à son amant. Et, seconde vérité générale du jour, les mandarines portent bel et bien la poisse.
FIN MADARINES
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