Il fallait que ça arrive...

𝑃𝑑𝑣 𝑇𝑎𝑘𝑖𝑎

Il m'avait bien eu Lyo. Maintenant, je n'avais plus rien à cacher. À la fois, je le vécus comme une libération, à la fois comme une trahison. J'avais déjà joué avec le feu en quittant les Oaka, j'ai tout brûlé en lui racontant. Je suis vraiment nulle. D'ailleurs, Oaka signifie famille en Sistra, ma langue.


Je suis enfin sortie de l'hôpital. Le lycée ne m'avait pas manqué, mais, à l'hôpital, tu es moins libre que dehors. Et puis, j'allais enfin retrouver la coloc. Talia, Ozen, Kanaha... Ils m'avaient manqués, eux. En arrivant, je leur sautai dans les bras. À combien de temps remonte la dernière phrase féministe de Talia ? La petite gentillesse de Kanaha ? La blague pourrie d'Ozen ? Tous m'accueillirent en fanfare, on fit des blind test, karaoké et nous veillâmes toute la nuit.


𝑃𝑑𝑣 𝐿𝑦𝑜

Je rentrais du lycée. Enfin ! Il était dix-huit heures et il faisait sombre. Pas nuit, pas jour. Le soir. Un soir bien entamé. Je rentrais, donc, tranquillement, musique dans les oreilles. Elank Alwar c'est parfait pour les trajets. Sanp aussi. Bref, je marchais jusqu'à ce que je vois un homme encapuchonné. Il avait l'air étrange. Comme mentalement dérangé. Il titubait, riait d'un rire sadique et avait un couteau à la main. Il s'arrêta net en me voyant et élargit son sourire. «Enfin je te trouve.» me dit-il. Je sentis quelque chose s'enfoncer dans mon ventre puis le noir total.


Je me réveillais dans une pièce blanche. Mon ventre et mes côtes étaient douloureux. Une dame s'approcha de moi et me sussura : «On s'occupe de toi jeune homme, ne t'en fais pas.» mais trop de questions tournaient dans ma tête. Pourquoi étais-je là ? Qu'est-ce qu'il s'était passé après avoir vu l'homme ? Est-ce que ce que j'ai est grave ? 

«Madame, pourquoi suis-je ici ? demandais-je.

- Jeune homme, vous avez été victime d'une tentative d'assassinat. Si madame Llonara ne vous avait pas signalé à l'hôpital, vous seriez mort à l'heure qu'il est. 

Moi !? J'aurais failli mourir !? C'était donc ça.

- Ah. Je... Je me demande qu'avait cet homme contre moi au point de souhaiter me tuer.

- Les policiers mènent une enquête.»


𝑃𝑑𝑣 𝑇𝑎𝑘𝑖𝑎

«C'est horrible ! Comment les humains peuvent-ils se comporter comme cela entre eux ? Depuis quand quelqu'un tente de tuer son semblable ? Myuo est une bien drôle de ville.»

C'est ce que je pensais, recroquevillée dans mon nounours, les yeux transformés en torrents innarêtables. La porte s'ouvrit. Lyo ! Comme j'étais heureuse de le voir ! Un mois que je ne l'avais pas vu, l'hôpital ayant interdit toute visite, un mois ! C'était aussi long que dix ans ! Durant tout ce temps, mes journées ont été scindées en deux temps : le lycée et les larmes dans le nounours.


Mon ami s'approcha de moi et s'assit en face de moi.

«Qu'est-ce qu'il y a Takia ? Pourquoi ça ne va pas ? me questionna-t-il.

- J'ai eu peur pour toi, Lyo ! J'ai bien cru que t'allais mourir ! Mourir ! Vous, les humains, vous êtes effrayants. Jamais on a vu ça chez les Oaka. 

- Ne t'inquiètes pas, je suis là maintenant. Tout va bien, Kia.

Comme pour le confirmer, je me jetais dans ces bras et posai mes mains sur le sien.

- Aïe...

- Ça ne va pas, Lyo ?

- C'est ta main, tu l'as posé sur une de mes blessures.

Il déplaça ma main ailleurs. Sentir le contact me fit frissonner et je rougis instantanément.

- Tout va bien ? m'interrogea-t-il. Tu es rouge comme une tomate.

Il ria légèrement.

- Toi aussi tu rougis ! lui fis-je remarquer.»

Puis, sans vraiment réfléchir, je lui fis un énorme câlin. Je l'ai bien senti qu'il ne s'y attendait pas.


𝑃𝑑𝑣 𝐿𝑦𝑜

Ça, je ne l'avais pas vu venir. J'étais comme figé sur place par son geste. Est-ce qu'elle m'aimait aussi ? Je resserai un peu plus mes bras autour de sa taille. Je voulais lui apporter un peu de chaleur.

«Takia, est-ce que... Est-ce que... Est-ce que tu m'aimes ?

- Oui, oui. Tu es mon meilleur ami.

Finalement, peut-être que ça ne pouvait pas se faire elle et moi.

- Non, je veux dire... Est-ce que tu es amoureuse de moi ?

- Oui... Oui, aussi. Et toi ? Tu es amoureux de moi ?

Elle me regarda de ses grands yeux rose, comme pour percevoir une réponse dans mon regard.

- Oui, je suis fou amoureux de toi.»

Quelques secondes plus tard, je pus sentir ses lèvres contre les miennes. C'était si agréable. J'en avais des frissons. En plus elle avait mis son baume, donnant à ses lèvres un délicieux goût vanillé. Si seulement je pouvais arrêter le temps et faire durer éternellement ce moment de pur amour. Nous avions tout fait instinctivement mais c'était parfait. Nombre de mes connaissances avaient témoigné d'un premier baiser dégoûtant, les deux s'y étant mal pris. Nous nous séparâmes par manque d'air, puis on recommença encore et encore.

Takia et moi. Moi et Takia. Ensemble, unis contre tout. Rien ne nous séparera. Rien. 

Elle est la femme de ma vie. J'en suis sûr.

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