Chapitre 7
Je vous invite à écouter cette superbe chanson Oxygen de Robin Schulz&Winona Oak
Cette voix joyeuse, qui résonne dans mon oreille, me fait sourire. Thomas me fait toujours cet effet. Il s'approche de moi avec un sourire éclatant.
- Bien, merci. J'allais manger quelque chose.
- Ça tombe bien moi aussi. On commande ?
Je souris et accepte son invitation. J'ai besoin de me distraire donc pourquoi pas ?
Après avoir fait notre commande, nous nous asseyons sur la terrasse même si le froid est un peu dur, le soleil donne l'air de sa grâce pour nous réchauffer un peu. Le café est plein à craquer, mais j'aime bien venir ici. Son entrée à l'américaine avec un tapis rouge me séduit et à l'intérieur des voitures du type Cadillac transformées en tables sont un délice pour les yeux des passants et des clients ! Accrochés aux murs, des tableaux de chanteur des années cinquante, le symbole de la Route 66 ainsi qu'une Harley en format miniature et une Indian Scouts du côté opposé donnent du charme et de l'originalité à ce lieu. Derrière le comptoir du bar, des jantes de voitures se mélangent aux verres disposés pour servir les clients.
Une jeune serveuse arrive avec le plateau de notre commande sur les mains. Elle se déhanche comme si elle était dans un défilé et sa queue-de-cheval au-dessus de la tête laisse montrer son cou bien tatoué ainsi que ses mèches blondes platines. Elle dépose le sandwich BLT (bacon, laitue et tomate), un jus d'orange devant moi et pour Thomas ça sera un sandwich beef on the weck, un rosbif au cumin dans un pain rond du type viennois accompagné d'une bière.
Je mords un bout, je me languis avec le sandwich et le jus.
- Bah, si un sandwich et un jus d'orange te font gémir de cette façon, je ne veux même pas savoir à un autre niveau.
Je baisse les yeux, embarrassée. Il rigole me voyant gênée et étend sa main jusqu'au coin de ma bouche passant le pouce lentement.
- Tu avais de la sauce, justifie-t-il avec ses agates ancrées en moi.
Je le fixe perdue avec son attitude. La situation commence vraiment à m'échapper, je trouve. Il faut que je reprenne le contrôle.
- Tu es belle Ayla ! Chuchote-t-il.
Non ! Non ! Thomas ne me dit pas ça s'il te plaît.
- Quand je t'ai vu pour la première fois entrer comme une furie dans le café cherchant Ravena, je t'ai remarqué tout de suite. Tu ne m'as pas laissé indifférent.
- Thomas...
Thomas stoppe ma démarche en capturant cette fois-ci ma joue gelée avec sa main. Il va trop loin.
- Je veux seulement te connaître, passer du temps avec toi. Tu ne te sens pas bien avec moi ?
- Ce n'est pas la question.
- Tu as quelqu'un, c'est ça ? Le gars qui t'a laissé tout à l'heure ? demande-t-il triste.
Je ne réponds pas. J'ai couché avec Manel, quand même. Qu'est-ce qu'il va penser de moi ? Je ne vais pas lui avouer.
Mon Dieu ! Mais le destin est contre moi ou quoi ? Ash, ensuite Manel et maintenant Thomas ?
- C'est plus compliqué que cela. Ce que je peux te dire, c'est que je ne suis pas avec lui, mais j'ai quelqu'un qui m'a beaucoup fait souffrir et... que j'aide à sortir d'un pétrin.
- S'il t'a fait autant souffrir pourquoi vouloir l'aider ?
- Parce que je l'aimais.
Ma réponse a l'effet d'une gifle, il a retiré aussitôt sa main détournant le regard. J'ai l'impression que je viens de confier que j'aime toujours Ash alors que j'ai dit que je l'aimais. Passé !
J'arrête de manger n'ayant plus d'appétit. Thomas semble réfléchir et son regard rencontre le mien à nouveau.
- Laisse-moi passer plus de temps avec toi, insiste-t-il.
J'observe son visage pour confirmer s'il est sérieux.
Je viens de confier que j'aide une personne que j'ai aimé et il s'obstine à être près de moi. J'avoue que je suis flattée, mais même si la tentation est là, je ne peux pas. Je le ferais souffrir sûrement et je ne veux pas. J'ai déjà fait trop d'erreurs pour en refaire encore. Je ne sais pas où j'en suis avec mes sentiments non plus. C'est confus dans ma tête.
- Non ! répondis-je fermement.
- Ayla ?
- Même si je voulais, je ne pourrais pas. C'est trop compliqué. Je ne veux pas te mêler à mes histoires, c'est trop risqué.
- Trop risqué ? Ayla, à quoi cette personne est-elle mêlée ? Si c'est dangereux, tu ne peux pas le faire seule.
- Je ne le suis pas. Thomas, s'il te plaît, supplié-je. Fais-moi rire ! Fais-moi oublier ! C'est ce que j'ai aimé lorsque nous nous sommes croisés. Ton sourire et ton humeur. Hum ?
Il me fixe longuement jugeant s'il doit abandonner ou encore persister, mais mon regard suppliant lui fait adoucir le sien et il commence à sourire.
- Tu as raison, c'est mieux de me taire. Tes joues sont en feu et je ne veux pas que ma bonne femme de neige devienne de l'eau. Je l'aime trop en glace.
Mes joues gagnent encore plus de couleur pendant que j'essaie de finir mon sandwich. Je me tords le ventre à tant rigoler aux blagues de Thomas. Cet homme a un humour incroyable !
Je suis contente qu'il ait renoncé à en savoir plus sur ma situation. C'est déjà assez dur de gérer le secret d'Ash et Manel.
Thomas me raconte qu'il a connu Ravena il y a deux ans et qu'ils se sont tout de suite nourri d'amitié, mais qu'à cause de ses déplacements professionnels, ils ne se voyaient que rarement, parlant plus souvent par téléphone.
Ma blonde m'avait parlé de lui, lorsque je les ai vus pour la première fois au café et m'a avoué la jalousie de Lord envers leur amitié et complicité. Il ne peut même pas entendre parler du nom de Thomas, sinon ses yeux deviennent des éclairs.
Les hommes et leur possessivité !
On est en train de se promener dans les rues de San Francisco, quand on commence à voir les guirlandes remplir les avenues pour l'arrivée de Noël. Même s'il reste encore
plus de deux mois, les magasins commencent déjà à se préparer pour cette période rêveuse et nostalgique de l'année. Et moi, j'aime beaucoup voir les Pères Noël en peluche ainsi que les ours polaires ou les rênes qui décorent les vitrines ! Pendant le mois de décembre, tous les maux du Monde disparaissent comme par magie comme si tous les habitants de cette Terre pouvaient être heureux.
Durant mon admiration pour la déco de Noël, Thomas m'amène à Union Street où je vérifie que, dans ce coin de rue, Noël n'a pas encore gagné de terrain. Ceux sont plutôt des objets ou des dessins allusifs à la culture mexicaine qui prédomine, comme les têtes de mort ou la pyramide de Kukulcàn, le drapeau du Mexique ou Notre-Dame de Guadalupe. Je les reconnais grâce à Ravena et à ses origines qui l'ont fait ouvrir une boutique de vêtements exactement dans cette rue. Elle a voulu leur rendre hommage en donnant le nom d'Azteca à la boutique et en faisant son ouverture le jour des commémorations des Morts.
Selon l'histoire du pays, Azteca était un peuple qui idolâtrait plusieurs dieux et chacun d'entre eux avait un rôle d'influence sur la vie des habitants soit pour le bien soit pour le mal.
Nombreux sont les tableaux exposés dehors et je m'émerveille de les regarder, les juger, les apprécier. Moi qui adore le dessin, je me laisse imprégner par les traits de ces crayons.
Thomas toujours à mes côtés, j'avance d'un pas lent. Il a l'air d'apprécier autant que moi, vu son regard concentré. Je me stoppe devant un tableau assez sombre où je distingue une figure humaine dans une brume au milieu d'une espèce de forêt. J'essaie d'identifier le personnage, mais je n'y arrive pas.
- Ah, je vois que tu as trouvé Tlaloc, remarque Thomas au-dessus de mon épaule.
Je détourne le regard pour le fixer et il accroche ses agates, pointant son doigt vers le dessin.
- Tlaloc était le dieu de la pluie, de la tempête et des foudres dans le peuple azteca. Il était celui qui faisait pousser les choses. Il était aussi le dieu de la fertilité.
- Intéressant !
- Il était marié à une reine qui a été kidnappée par son beau-frère et qui l'a forcé à vivre avec lui.
- Quelle horreur !
- J'ai une théorie, pointant maintenant son index vers le ciel.
Je rigole de suite, car je sais qu'il va sortir une connerie quelconque et je vais délirer. Je lui fais face, amusée pendant qu'il tourne autour de moi comme un lion autour de sa proie.
- Je pense qu'il n'aimait pas suffisamment sa femme et qu'il avait une maîtresse. Mais comme il ne pouvait pas se débarrasser de son mariage à sa guise, le kidnapping a été comme une bénédiction.
- Non mais quel romantisme ! Contre-attaqué-je.
- Quoi ? s'offusque-t-il. S'il l'aimait vraiment, il aurait été la chercher, tu ne crois pas ? C'est ce que je ferais si tu étais ma femme.
- Thomas !
Je tourne la tête pour regarder encore le tableau. Il est magnifique avec ses couleurs sombres ! Quand je relève mon regard, Thomas n'est qu'à quelques centimètres de moi. Ma respiration s'accélère d'un coup et mes yeux passent de ses yeux à sa bouche et de sa bouche à ses yeux.
Il fait chaud ici non ?
À contrecœur, je dévie la tête en me raclant la gorge avançant dans la rue pour voir d'autres tableaux exposés. Je sens sa présence derrière moi et je n'arrive pas à régulariser mon oxygène.
C'est trop Ayla ! Il faut que tu te reprennes !
Encore quelques pas et je décide de lui faire face. Sans le voir venir, ses mains entourent ma taille et ses lèvres se mélangent aux miennes. Un baiser fougueux et exigeant. Mes bras encerclent son cou instinctivement et nos corps s'approchent. Son baiser exprime un désir animal et plus encore. Je sens son intérêt pour moi et sa sincérité.
Il n'essaie même pas de me toucher ailleurs, ses mains restent à ma taille ou sur ma nuque, ses gestes sont tellement doux par rapport à ses lèvres dures que je me sens fondre.
Une larme coule le long de mes joues tournant notre baiser goûteux et salé à la fois. Il se détache lentement et nos lèvres se collent ainsi que nos salives. Ses mains toujours chaudes contournent mon visage et son front s'appuie contre le mien. Je sens ses yeux fermés comme les miens. Mes larmes ne cessent pas. Je n'arrive pas à les faire stopper.
- Je n'arrête pas de penser à toi depuis que je t'ai vu. Et maintenant que je commence à te connaître, je suis encore plus envoûté par toi. Ne me repousse pas. Ne me repousse pas ma belle femme des neiges, la plus belle qui n'ait jamais existé.
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