Chapitre 21

En media Kavinsky - Nightcall

C’est la pire idée que j’ai entendu de toute ma vie, mais en même temps elle n’a pas tort.

-  D’accord. On le fera ce soir alors.

-  Tu as des nouvelles du procès de Ash ?

-  Non.

-  Alors appelle monsieur Arrogant et demande-lui s’il a des nouvelles que tu vas au club ce soir.

-  Mr Arrogant ! ricane-je.

-  Aymeric. L’homme qui partage des femmes avec l’autre. Tu veux un dessin ? s’agace-t-elle.

-  Non mais je voudrais savoir ce que vous avez l’un contre l’autre.

-  Il m’énerve.

Je pourrais rire si le moment n’était pas grave.  Cette nuit on allait faire la pire idée du siècle et mettre nos culs en périls. Il manquait plus que ça ! En plein danger à cause de trois hommes de gang et maintenant les bikers pour leurs dossiers.

On se lève et on se prépare. Je crois qu’un jour je ferais un arrêt cardiaque avec tous ces évènements qui se succèdent. Je remercie d’avoir une amie fidèle qui reste à mes côtés malgré le danger imminent.

J’étais encore dans mon mutisme déambulant entre la chambre de Pandora et la salle de bain quand mon portable sonne.

-  Oui ? répondis-je d'une petite voix.

-  Ayla c’est Aymeric.

-  Ah salut Aymeric ! Ça va ?

-  Ça va bien, merci. Je t’appelle car j’ai du nouveau concernant le procès d’Ash.

-  Mauvaises nouvelles ?

-  Est-ce que tu peux passer au QG ce soir ? Je préfèrerais qu’on parle personnellement.

-  Bien sûr !

Putain ! Je ne crois pas à mon karma ! Le destin a voulu me donner un coup de pouce. Aymeric sans le savoir m’a aidé dans ma démarche et à équilibrer notre idée avec sa venue.

Pour la première fois, je souris de chance. Je me regarde dans le miroir et je m’accroche à un espoir infime qui se dessine au fond. Tout allait bien se passer à partir de maintenant ! Tout allait rentrer dans l'ordre, il fallait plus que Lord trouve Manel, et que ces gars de la Mafia nous laissent tranquille.
Je finis de me préparer et je rejoins Pandora à l’entrée.

-  Aymeric m’a appelé !

-  Alors ?

-  Pour me donner rendez-vous au QG ce soir.

-  Yes ! Enfin quelque chose de positif que monsieur Tout le monde fait. Je commençais à croire à sa perte.

-  Ce qui serait dommage, hein ? la taquinais-je.

-  Je t’interdis de faire allusion à quoi que ce soit ! menace-t-elle sérieusement.

On prend le sac des documents avec nous et on part dans sa voiture. J’étais trop nerveuse pour conduire et en moto ce ne serait pas pratique. En plus, je voulais encore réfléchir à notre plan. Peut être que j’aurais une autre idée moins dangereuse.

-  Hey, arrête de cogiter ! Tout va bien se passer ! rassure ma copine.

-  Je suis en train de réfléchir à notre plan.

-  Il n’y a pas de quoi réfléchir.

-  Peut-être qu’il a une autre solution.

-  Alors je t’écoute parce que là je n'en vois aucune.

Ma bouche s’ouvre dans un timide sourire en voyant Pandora autant impliquée. Je me tais puisque rien ne me vient non plus.



Arrivant au club, peu de personnes étaient présentes en début de soirée, et pourtant les brebis se promenaient déjà avec le peu de vêtements sur leurs corps. Pandora ne lâche même pas un regard à personne.

On avait laissé le sac dans le coffre de sa voiture. C’était presque drôle de savoir que l’argent de Manel était caché là aux yeux de tous, mais que personne le toucherait.

Je vois Aymeric penché sur le bar et instinctivement je dévisage Pandora. Leur rapport reste toujours tendu jusqu'aux dernières nouvelles, peut être ma copine va rester en retrait pour ne pas lui faire face, mais en voyant son regard sombre et son sourire malicieux je comprends qu’elle va encore le provoquer.

-  Salut !

-  Ayla !

Je lui fais la bise et son regard s’accroche immédiatement à celui de ma copine. Je m’aperçois que quelque chose dégage de ses yeux bleus, mais je n’arrive pas à le déchiffrer.

Mon amie avance et lui fait la bise même s’il reste stoïque suivant ses gestes visuellement.

-  Monsieur Déplaisant, comment allez-vous ?

Pas besoin de dire que ma bouche s’ouvre en grand devant son audace et Aymeric la fulmine.

-  Toujours polie mademoiselle ! dit-t-il avec sarcasme.

-  La politesse est le summum de l’éducation voyons !

Je glousse en les voyant se chamailler. J’avais oublié combien ils étaient amusants ensemble. Elle lui fait un clin d’œil et lui présente son sourire de garce. Cette fille n’existe pas franchement !

-  J'aimerais savoir où tu as trouvé une amie comme ça ? me demande l’avocat sans pour autant dévier son regard d’elle.

-  Pourquoi ? réplique Pandora. Vous en voulez une pareille ? Désolée, mais je suis unique et exclusive.

-  Ça ne m’étonne pas !

Je crois que je devrais intervenir ? Non ?

-  Aymeric !

Heureusement que Lord apparaît sinon je crois qu’une guerre froide allait se déclencher. Pour une fois, le Prèz apporte la hache à ce jeu de regards et de mots froids. Nous rentrons dans la chapelle, Black est déjà présent assis à sa place. Je ne peux pas éviter de le regarder et de penser à l’idée de Pandora qui me hante depuis qu’on est parti de chez elle.

-  La police a perquisitionné le salon de tatouage et ils ont trouvé des documents de blanchiment d’argent, commence Aymeric.

-  Du club ? interloque Black.

-  Etrangement non. Les documents ont seulement le nom de Ash.

Lord et Black se regardent et je conclus que je suis plus douée que ce que j’ai pensé. Un coup de chance que j’ai chopé tous les dossiers qui ont le nom du club dessus.

-  Mais ce n’est pas tout.

On reste silencieux en espérant la suite de son récit et j’essaie de normaliser ma respiration.

-  Les documents qu’ils ont trouvés correspondent aux deux dernières années seulement. Bien sûr, ils ont des suspicions que quelqu’un essaie de vous couvrir. Vous avez récupéré les dossiers ?

-  Même pas, répond Lord, agacé. On n’avait pas de clef.

-  Ça veut dire que quelqu’un se promène avec vos dossiers ? grimace Aymeric.

Lord soupire, frustré. Son regard noir se retourne dans tout les sens et sa casquette se plie dans ses doigts. Il semble réfléchir.

-  Il y a quelques jours, l’électricité de la rue du salon a été coupée un soir, apparemment un incident dans une boite qui alimente la ville. Et ce soir là même Manel, le pote d’Ash a été enlevé.

Mon souffle se coupe une seconde. Lord ne peut même pas imaginer qu’on est à l'origine de cette coupure de courant. Mes yeux scrutent son visage pour déceler sa pensée et pouvoir anticiper en cas de danger.

-  Et si ce sont ces gars qui ont les dossiers ? suppose le Prèz.

-  Tu crois que c’est possible ? demande Black.

-  N’ayant pas Ash, ils se sont tournés vers son pote pour avoir ce qu’ils voulaient. Ça me paraît logique.

-  Ou peut être des membres d’autres clubs ?

-  Malheureusement on n'en sait rien, Aymeric. J’ai vérifié les vidéos de surveillance mais bien sûr, elles n’ont rien donné puisqu’il n’y avait pas d’électricité ce soir-là.

Je croise le regard de Pandora qui sans un mouvement m’offre un regard de réconfort.

-  Essaie de retrouver Lord, sinon vous allez avoir des ennuis et là je peux rien faire pour vous. De ma part, j’ai parlé à Ash et il accepte un accord de quatre ans de prison pour blanchiment.

-  Tu crois que c’est faisable Aymeric ?

-  Bien sûr, Black ! Je ferais tout pour et je suis convaincu que le juge acceptera avec les arguments que j’utilise.

-  Quatre ans ? Bon, c’est mieux que dix ou plus.

La nouvelle tombe mais ne me fait aucun effet. Le fait qu' Ash doit faire quatre ans de prison ne me fait ni chaud ni froid comme si mes sentiments envers lui étaient hibernés et qu’aucune sensation m'était permise.
Je crois qu’avoir perdu Thomas m’a fait un électrochoc. D’abord, être comparée à lui et ensuite voir que quelqu’un s’intéressait véritablement à moi malgré ses raisons douteuses.

C’est l’heure de lâcher Ash, de le laisser partir loin de moi, de ma vie, de mon cœur. Ça suffit d’être malheureuse pour une personne qui m’a tourné le dos sans difficulté et qui est revenue à moi seulement pour avoir mon aide pour son affaire louche. Dès que cette dernière sera finie, je tourne la page. J’effacerais son numéro, sa page sur Facebook et sur Instagram. Je ne veux plus le voir.

En sortant de la chapelle, une idée illumine mon cerveau. Sans même saluer les bikers, j’attrape le bras de ma rousse me dirigeant vers la sortie.

-  J’ai une idée !

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