Chapitre 2
La chevelure rouge de ma copine tombe sur son épaule lorsqu'elle s'appuie sur le banc du canapé puis elle tourne son regard émeraude vers moi.
- Ça, on sait. Dis-moi plutôt quelque chose qu'on ne sait pas.
- On ?
- Ravena et moi. On a vu vos regards et votre complicité. Vous étiez tellement dans votre bulle, que plus personne autour de vous n'existait.
Je déglutis, je ne pensais pas que serait si évident.
Apparemment, c'était raté !
Je bois une gorgée de vin et je regarde mon amie désespérée.
- Tu es tombé amoureuse, n'est-ce pas ?
Pandora me connait trop bien.
Notre amitié date de plus de huit ans. Des amis en commun avaient organisé une sortie à Oakland pour fêter le Nouvel An. Comme nous étions neuf personnes et deux voitures, j'ai proposé à Pandora de venir dans la mienne, côté passager ce qu'elle a accepté. Nous avons parlé pendant tout le chemin, on s'est très bien entendu et depuis, on ne s'est plus quitté.
- Il est avec Vera. C'est difficile...
- Parce que ?
- Parce que Vera sait trop de choses. Des choses qui ne concernent pas le club, mais pas moins grave.
- Oh merde ! Et tu crois qu'elle lui fait du chantage ?
- Ce n'est pas, je crois, elle lui en fait.
J'inspire un bon coup laissant ma tête tomber en arrière avant d'avouer ce que je ressens.
- C'était lui Pandora. C'était lui mon âme sœur, ma moitié.... Je sais que c'est débile, mais mon corps m'a montré... Je ne sais pas. Chaque fois qu'on a fait l'amour, nos corps étaient liés et je n'ai jamais ressenti une chose pareille.
- Et lui ?
- Pareil. C'était comme si nous étions faits pour être ensemble, c'est bizarre. On se connaît depuis quelques années, mais c'est arrivé sans que l'on s'y attende... il y a deux mois.
- Comment tu te sens avec lui ?
- Moi-même, avoué-je en fixant son regard.
Ma tristesse est perceptible et j'ai encore envie de pleurer. Pandora passe son bras sur mes épaules, je m'effondre aussitôt évacuant tout le mal que je garde au fond de moi.
C'est trop difficile !
Le lendemain Manel est là sur le pas de ma porte à 10 heures. Le meilleur ami d'Ash dont j'ai entendu parler à maintes reprises, vient à la rescousse de son pote. Je ne peux pas lui en vouloir. Ash l'a aidé à cacher l'argent.
De l'argent sale en plus !
J'ouvre la porte et il se tient là, droit comme un bambou. Ses cheveux châtains en bataille et ses yeux amande gonflés me confirment qu'il a très peu dormi ou pas du tout. Je le regarde méchamment et le laisse entrer.
- Tu as réussi à te reposer ? me demande-t-il en s'asseyant sur le tabouret de l'île de la cuisine.
- Pas trop non.
Je m'appuie sur le plan de travail en attendant qu'il parle, mais rien.
- Alors ?
- Est-ce que tu as pensé à la situation ?
- Crache le morceau Manel. J'ai d'autres choses à foutre que d'être avec toi.
- Il t'a fait autant de mal que ça pour que tu veuilles fuir à tout prix ?
Je me tais et passe nerveusement les mains sur mes cheveux.
- Ton silence répond à ma question. Alors... tu acceptes ou pas ?
- Oui, soufflé-je.
Je reste là, clouée sur place à le voir claquer la porte et je me demande si j'ai bien fait d'accepter.
J'ai toujours dit à Ash qu'il pouvait compter sur moi quoi qu'il arrive, mais je n'ai jamais pensé m'en mêler dans une affaire pareille. J'allais mettre ma vie en danger. Est-ce que ça valait la peine ?
Est-ce que j'ai bien fait ?
Est-ce que je ne veux pas regretter mon choix d'aider l'homme que j'ai trop aimé ?
Peut-être que bien.
Encore une fois, j'accède à sa demande au nom de la relation que nous avons eue. Je suis trop conne, voilà la vérité !
Après avoir inspiré un bon coup, je prends mon sac à main et je sors. J'ai besoin de prendre l'air. Installée dans une table du café en bas de chez moi, j'attends patiemment mon café. La serveuse dépose ma tasse et je la retourne sans cesse avec le regard fixe dans l'horizon.
- Salut !
Je tourne ma tête et je tombe sur deux agates claires que me scrutant.
- Thomas ! On s'est connu ici avec Ravena !
- Bien sûr. Pardon, je ne suis pas trop physionomiste, dis-je pas très convaincante.
Il m'adresse son sourire franc et s'assoit à mes côtés sans me demander la permission.
- Je peux te tenir compagnie ?
- Oh, je ne suis vraiment pas la meilleure, Thomas ! Vraiment ! baissant mon regard sur mon café que je retourne toujours.
- C'est vrai ? Mais je peux quand même admirer tes longs cils et tes yeux noirs comme la nuit.
Je ne peux pas éviter d'écarquiller mes yeux à ce compliment et m'étrangler avec la gorgée de café que je viens de prendre.
- Tu sais que mes cils sont faux rassure-moi ?
Il part dans un rire contagieux que je le rejoins timidement.
- Finalement, j'ai réussi à voir ton beau sourire.
- Thomas...
- Pardon ! Tu ne me connais pas et je passe pour un dragueur.
- En effet !
- Outch ! faisant semblant d'être frappé au cœur.
- Je ne te savais pas aussi drôle.
- Ça m'arrive. Parfois !
Thomas me fait rire et arrive à me faire oublier mes maux de cœur. Il est plutôt mignon avec ses cheveux châtains courts soigneusement coiffés en arrière, mais qui laissent tomber quelques mèches sur les yeux. Sa mâchoire carrée couverte d'une barbe de quelques jours et sa peau bronzée lui donne un côté sexy.
Par contre, moi, je ressemble plus à un zombie avec mes cheveux noirs et ma peau blanche comme neige.
Son corps semble bien sculpté sous les vêtements, il doit mesurer une tête et demie de plus que moi d'après ce que j'ai vu quand il était debout. Ses agates marron sont impressionnantes! Tout à l'heure elles étaient claires et là elles sont foncées.
Il n'est pas mal du tout !
- J'espère que la vue te plaît !
Sans m'en rendre compte, je le fixe intensément et sa voix me ramène à la réalité. Pourtant, je le regarde, intriguée par son commentaire.
- Mince ! Désolée... Heu, j'étais ailleurs, bégayé-je en même temps que je rougis.
- Ne t'inquiète pas. Je t'ai détaillé aussi, me taquine-t-il me faisant un clin d'œil.
Mal à l'aise, je me lève décidée de partir et il fait de même.
- Pardon, il faut que j'y aille.
- On peut se revoir ?
- Je ne crois pas...
- Ayla, s'il te plaît ! supplie-t-il posant sa main sur mon avant-bras. Nous pouvons juste nos promener. Il n'y a pas de mal.
- Je peux être prise à tout moment et pour un bon bout de temps.
- J'accepte volontiers le temps que tu veuilles me consacrer.
Je hoche la tête et pars en pensant au très bon moment que je viens de passer. Thomas est très amusant et me fait beaucoup rire et ça me fait du bien. Un bien fou même.
Ensuite, je me dirige vers ma voiture pour me rendre au travail que commence d'ici une demi-heure. Heureusement, les employés disposent d'un parking exclusif et pas besoin de tourner autour pour trouver une place. Durant le chemin, je sens mes muscles à contracter, le fait que je dois parler à mon responsable de demander de congé dès demain pour mettre à l'exécution le plan d'Ash, ne me plaît pas du tout. Il va être furieux !
Je soupire en faisant le dernier virage avant d'arriver au bâtiment de deux étages. Le nom Expert Concept fait surface au rez-de-chaussée. Voici l'entreprise où je travaille. Elle est centrée dans l'expertise automobile et je suis en charge de l'accueil physique de clients et les appels téléphoniques ainsi que trois autres collègues qui travaillent par roulement.
Je me gare doucement et j'inspire après avoir éteint le contact de ma voiture RAM noire. Je ne me reconnais plus. Normalement, je suis bavarde, souriante même si j'arbore un visage hautain vers les personnes que je ne connais pas, après avoir fait connaissance, je suis très sociable et là, je me sens effacée, sombre, triste.
Bon, on arrête les pensées sombres et on attaque le boulot. Rien de mieux qu'occuper le cerveau avec des dossiers et des clients sympas et autres exigeants ou même avec les blagues des collègues. À peine je passe la porte et vérifie que mes collègues sont à fond dans leur tâche tandis que moi je ne suis pas motivée du tout. Je passe le comptoir d'accueil en traversant ensuite le hall jusqu'au bureau de Josh, mon responsable.
C'est avec vingt minutes de négociations que j'arrive à obtenir mon congé en plus d'avoir du retard sur mon poste. Bon, le plus difficile de la journée est fait.
Retournant au comptoir, après avoir rangé le sac dans le casier, j'assume la relève de la collègue. Écouteurs sur les oreilles et l'ordinateur allumé j'étais prête !
Je n'ai pas vu la journée passée, l'horloge marquée 17 heures et j'avais commencé à 11 heures du matin.
Whao j'ai bien bossé, je crois !
Mon cerveau avait déconnecté de ma situation personnelle comme s'il avait besoin d'une échappatoire pour trouver l'équilibre. Je range mes affaires, Manel doit être dehors à m'attendre. Il m'avait envoyé un texto à midi pour qu'on fasse du repérage autour du salon de tatouages.
Je sors de l'immeuble et je rentre dans la voiture de Manel garée à l'extérieur du parking sans le saluer. Aucun mot durant tout le trajet jusqu'au salon où on y voit de la lumière à l'intérieur.
Elle est là !
- Depuis quand elle vient à la boutique ? me demande Manel.
- Presque tous les jours excepte quand elle veut disparaître pendant des jours ou semaines sans prévenir, ironisé-je.
- Il faut la surveiller ! conclu-il après réflexion. Je le ferai. Et toi demain, tu parleras à l'avocat. Ash m'a prévenu qu'il passera au club de Micli Riders en fin d'aprèm.
- Et quelle excuse, j'ai pour aller au club et lui parler ?
- Pas besoin de dire quoi que ce soit. Il va parler du procès, il suffit de l'écouter. Tu es proche d'Ash, ils ne vont pas se méfier. Ils se méfient oui si tu ne donnes pas de signe de vie, tu ne crois pas ?
Je me tais. Je souffle en pensant qu'il faut que j'aille au club et c'est là que j'ai une idée. Portable à la main, j'envoie un texto à Pandora pour qu'elle m'accompagne demain, je serai plus discrète. Et peut-être Ravena sera là et je parlerais avec puisque je ne l'ai pas répondu à son texto.
Nous restons encore à regarder la lumière et les caméras autour. Nous avons une clé de la porte de devant qu'Ash nous a donnée. Malheureusement l'unique pour entrer et sortir de ce lieu.
Manel me ramène jusqu'à la porte de mon appartement.
- Tu peux t'en aller. Je chercherais ma voiture plus tard.
- Qu'est-ce qu'il t'a fait, Ayla ?
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