Chapitre 14

Dédié à Minikiwizz

-    Les deux, je réponds du tac au tac.

Il soupire, frustré. Il passe les doigts sur son visage et la nuque. Je sais qu’il s’inquiète pour moi, mais je ne veux pas l’impliquer dans mes affaires. C’est à moi de gérer tout ça ! En plus, Micli Riders va s’en mêler, une raison de plus pour le maintenir loin.

- Pourquoi tu lâches plus tes sacs ?

- Pardon ?

Son index pointe les deux sacs qui demeurent à côté de moi.

- Hier, tu les serrais tellement fort contre toi comme si ta vie en dépendait. Qu’est-ce qu’il y a dedans ?

-  Je ne peux pas te le dire !

- Ça doit être important pour que tu regardes partout toutes les secondes.

Mon regard se dévie vers lui. Il s’est aperçu de mon attitude.

Malheureusement, je crois que je suis un livre ouvert où toutes mes actions, sentiments se lisent au premier regard. J’aimerai tellement lui raconter et partager ma peine, mais je ne peux pas. C’est trop dangereux !

Même si le sujet de conversation est pesant, je n’arrive pas à me sentir mal à l’aise à ses côtés. Peut-être parce qu’il est l’assurance incarné, je me sens en sécurité avec lui.

Il m’attrape la main et me fait un bisou sur le dos de celle-ci. Je lui donne un sourire timide et il entremêle ses doigts aux miens et je le laisse faire. Mon Thomas ! Il est tellement gentil, attentionné que j’ai peur de me réveiller et de réaliser que j’ai rêvé.

On poursuit notre conversation, plus allégée en rigolant et racontant des situations passées dans notre adolescence. Je viens de découvrir que Olaf était un garçon rebelle et qu'il ne faisait qu’à sa tête. Ce qui n’est pas surprenant vu sa persistance envers moi ! Et il était joueur de football américain. Punaise ! Je me rappelle que mes copains de l’université étaient tous subjugués par ce sport. Et mes copines et moi allions voir tous les beaux garçons à chaque pause entre les cours. Je sais, ridicule !

- Tu veux faire une balade ? me propose Thomas.

- Tu ne vas pas travailler ?

- Je suis le patron de moi-même donc je peux me permettre de m’absenter.

-  D’accord !

Pendant qu’il prévient ses employés, je paie l’addition sans laisser de chance à la négociation. C'est le minimum pour son hospitalité.

Les deux sacs sur les épaules et ma main scellée à celle de Thomas, nous nous promenons dans le centre-ville. Il se poste derrière moi et me raconte ses théories sur des personnes ou lieux me faisant rire. Parfois, ses bras entourent ma taille et son souffle chaud caresse ma nuque et mon cou me donnant des frissons. Pas même le poids des deux sacs ne gâche ce petit moment de bonheur !

La décoration de Noël se fait plus présente dans tous les coins de rue et dans les boutiques aussi. Technique de marketing pour faire craquer les personnes avant le temps. Les vitrines se remplissent de rouge et blanc et des panneaux de promotions à ne pas manquer.

L’ouverture de la boutique Azteca sera faite le jour des Morts, le 2 Novembre pour qu’on puisse se costumer comme les Mexicains.

-  J'aimerais que tu viennes à l’ouverture de ma boutique de vêtements !

-  Ah ma bonne femme de neige est en train de m’inviter ?

- Si tu es d’accord !

- Et comment s’appelle la fameuse boutique ?

- Azteca. C’est Ravena et moi qui détenons la boutique.

- Ah en hommage à la culture mexicaine, intéressant ! Il y aura des bikers ?

Merde j’avais oublié !

Lord sera là et vu qu’ils ne s’entendent pas du tout, je ne sais plus si c'est bonne idée de l’inviter.

-  Peut-être que ce n’est pas une bonne idée.

-  J’irais, confirma-t-il.

-  Tu es sûr ? Lord sera là et…

- Ayla ? On est dans un lieu public, il ne va pas essayer de faire quoi que ce soit. Il sera pris au piège. Et il n’aura pas que moi j’imagine.

Je balance la tête pour confirmer qu'il y aura plus de monde même si la boutique vise plus les bikers.

- Donc je ne pense pas qu’il voudra faire un carnage, répond-il souriant.

Il n’existe pas. Autant de sérénité et d’assurance en une seule personne ça n’existe pas. Si ? Ses rides d’expression sont charmantes et son nez pointu…

- Ne me regarde pas comme ça, interrompt Thomas ma pensée.

Je secoue la tête, m’arrêtant au milieu de la rue.

-  Comme ça comment ?

-  Comme si tu m’admirais. Je vais finir par croire que tu m'apprécies.

-  Mais c’est déjà le cas.

-  Vraiment ?

Ses bras m’enserrent m’approchant de lui. Son sourire est plus coquin en ce moment et ses agates fixent ma bouche, notre visage n’est qu’à quelques centimètres et mon cœur s’affole déjà.

-  Et si je t'embrasse encore une fois ? Est-ce que tu vas encore t’enfuir ?

-  Thomas, ne…

-  Je prends le risque.

Et prise au dépourvue, il possède ma bouche. Ses lèvres de velours envoûtant les miennes dans une sensation de bien-être. Mes sens se mélangent et mon corps demande plus, mais Thomas n'approfondit pas le baiser me laissant frustrée. Une de ses mains se loge sur mon visage me caressant la pommette. Alors je décide d’entreprendre. Je laisse ma langue se faufiler dans sa bouche, je sens le goût du café, je sens le goût de l’excitation qui monte en moi, le désir qui se répand dans mon bas-ventre. Mes pieds sont élevés jusqu’aux pointes pour que je puisse savourer et prolonger ce délice.

Nos corps s’appellent mutuellement et nos bouches se fusionnent tellement qu’on est obligé d’arrêter ce baiser trop intense sans écarter trop nos lèvres l’une de l’autre, juste l’espace suffisant pour respirer. Sans réussir à réfléchir correctement, mes mains couvrent les siennes qui sont à présent sur mon visage. J’ouvre les yeux avec difficulté et je vois ses agates foncées avec une lueur que je ne connais que trop bien. Je suis sûre que les miens transmettent le même sentiment.

Avec mes doigts, je m’aperçois qu’il a un anneau autour de son pouce. Voilà un détail auquel je n’avais pas fait attention avant tellement j’étais absorbée par les mauvais événements de ma vie. Ses agates me disent que si je plonge dedans, ils me montreront d’autres détails aussi intéressants et passionnants. Mais est-ce que je suis prête à courir le risque ? Il m’observe, me détaille essayant de savoir ce que je ressens. Il voit le doute et l’envie de relever le défi. Il voit la détresse et l’espoir d’être heureuse.

Il a toujours été là pour moi depuis le début, pourquoi ? Je ne sais pas. J’ai du mal à réaliser que c’est vraiment pour moi, pour ma personne qu’il est venu. Même après mon refus de le vouloir dans ma vie, il m’a aidé quand j’ai eu besoin. Est-ce que Ravena a raison ? Il ne joue pas ?  Je n’ai jamais eu un homme qui lutte pour moi ainsi.

Thomas est le premier qui assume sans peur son intérêt et ses sentiments pour moi. Je sais qu’il ressent quelque chose et il me le fait savoir sans réticence et je crois que c’est exactement pour ça qu’il m’attire comme un aimant. C’est peut-être le destin ou l’univers qui le met en chemin toujours au bon moment et au bon endroit.

-  Je l’ai acheté en pensant à toi. Ce n’est pas un bracelet en or, mais…, dit-il en entourant mon poignet droit d'un bracelet cœur en argent. 

-  Je l’adore ! je m’exclame émerveillée. Il est magnifique !

Il me regarde et j’aperçois que ses agates ont gagné des éclats d’or et ses pupilles sont dilatées. C’est fou comme je suis plus attentive aux détails maintenant de mon…

Ah ! J’ai découvert que je n’ai pas de deuxième surnom pour lui alors qu’il m'en a offert deux.

-  Je peux savoir pourquoi tu ris ?

Wouah, je ne me rends pas compte que je riais. C’est tout naturel avec lui.

-  Je me suis rendu compte que je n’avais pas de surnom pour toi, explique-je.

Il sourit me prenant la main pour avancer vers l’avenue.

- C’est vrai. Tu m’appelles bonne femme de neige et aujourd’hui Blanche Neige.

-   Pas faux. Et alors ?

-  Il faut que je réfléchisse. Ah, mais attends, je suis bête ! Tu es Olaf !!!

-  Et moi qui pensais que tu allais me donner un surnom beaucoup plus… positif de ma personne et oublier Olaf !

Et on rigole à pleine gorge. C’est décidé, j’adore cet homme !

-  Olaf, c’est mignon !

-  Ça veut dire que je suis mignon ?

Sa question me ramène à son appartement et à me demander s’il sera mignon dans l’intimité. Avant d’avancer dans un chemin dangereux, je décide d’ignorer sa question et mon propos mental.

-  Hum… Tu me rappelles plutôt Flash !

-  Flash ? De la série ?

-  Ah non ! Plutôt un personnage d’une histoire que j’ai lu sur Wattpad qui s’appelle Rédempteur. Il est rigolo, mais il a un côté sérieux qui lui donne du charme.

-  Ah, j’ai un sosie littéraire ! Il faut que je demande un dédommagement alors !

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