Un soir dans une chambre d'hôpital


Chapitre 6

_Allez, Cop, allonge-toi. Je vais vérifier ta blessure et réparer tes conneries.

_Des clous, enfoiré !

En disant cela, Butch cherchait à se redresser. Mais V le maintenait cloué au matelas avec une force impressionnante, même en tenant compte de son gabarit.

_Tu vas me dire ce que vous foutez ici. Je veux bien que l'anesthésie me fasse planer, mais il se passe quand même des trucs foutrement bizarres !

_Ce ne sont pas tes oignons, inspecteur. D'ailleurs, tu auras tout oublié dans un moment.

_Oublié ? Rien du tout, ça risque pas.

Pour avoir une chance de le soigner puis de l'effacer tranquillement, V se résolut à pénétrer l'esprit de Butch pour le faire dormir. Il plongea dans les yeux noisette tout en formulant sa suggestion mentale, mais il se heurta au dernier moment à une barrière inattendue. Au lieu de s'endormir comme une masse, Butch se débattait toujours sous lui. Il fallait bien avouer que sa proximité n'aidait pas V à se concentrer, mais de là à échouer...

Alors que l'humain s'agitait de plus en plus, Vishous essaya de nouveau. Le second échec le laissa aussi perplexe que frustré.

Butch commençait à l'injurier plus que vertement, lui demandant ce qu'il foutait. Et Vishous se posait la même question. Il tenta encore de se focaliser sur l'esprit du flic mais, cette fois, sans introduire de suggestion, et il se rendit compte qu'une solide barrière mentale se dressait entre lui et la psyché de l'humain. V se concentra pour briser l'obstacle, mais celui se révéla inaltérable. En désespoir de cause il relâcha sa concentration sous une pluie d'invectives de plus en plus vives.

Merde, pensa V, qu'est-ce qui n'allait pas chez lui ? Deux nuits plus tôt, il n'avait eu aucun souci pour manipuler l'esprit de Butch. À part son attirance grandissante – qui, dans cette position, allait finir par poser problème –, rien n'avait changé.

Depuis quand Vishous le génie était-il mis en échec par un simple humain, au demeurant inconscient du tour de force qu'il venait d'accomplir ? Peu d'esprits résistaient aux intrusions de V. La plupart lui étaient même tellement ouverts qu'il devait fournir un effort permanent pour se couper de ce flot continu.

V était donc complètement désarmé par son échec. Et si lui échouait, qui à la Confrérie serait capable de le remplacer ? Si ce n'est...

Sans un mot, V relâcha Butch et le laissa brailler ses questions pendant que lui-même composait le numéro de sa sœur. Elle décrocha à la première sonnerie, comme si elle avait été consciente de l'imminence de l'appel et s'y était préparée. Ce qui n'aurait rien eu d'étonnant. Depuis que Payne s'était installée au manoir, le lien qui unissait les jumeaux s'était notablement renforcé.

Deux minutes plus tard, elle poussait la porte de la chambre, talonnée par Manello. Ce fut lui qui prit la parole en premier.

_Il y a un souci avec la blessure ? Je voulais vérifier tout à l'heure, mais Wrath m'a retenu, grogna le médecin avec humeur.

_Je pensais changer son pansement une fois qu'il serait calmé, dit V, mais j'ai rencontré quelques... complications...

_Comment ça, des complications ?

Butch dut décider qu'il était temps de donner son avis.

_Vous ne pensez quand même pas que je vais vous laisser me faire n'importe quoi sans rien dire ?

_C'est ça ta complication, Vishous ? ironisa Manello. Même plus capable de contenir un humain ?

_Toi, n'en rajoute pas. Payne...

V hésita.

_Je ne sais pas ce qui se passe. Je n'arrive pas à le lire. Alors, je ne te parle même pas de l'effacer.

_Mais m'effacer quoi ? Parce qu'à moins d'être devenu un putain de graffiti, vous êtes juste en train de planifier de me buter. Alors, c'est sympa de prévenir, mais je préfère vous dire que...

Manello éclata de rire.

_Un putain de graffiti ? Il commence à me plaire, celui-là !

***

Ce commentaire lui valut un regard assassin de V et un sourire amusé de la grande femme brune. Si Butch ne l'avait pas encore bien regardée, il nota soudain sa ressemblance frappante avec V. Des jumeaux ? De toute façon, un mec pareil ne devait pas être du genre à demander facilement de l'aide. Qu'elle soit sa sœur expliquait donc la confiance que ce salopard glacial semblait placer en elle.

V la pressa.

_Payne, il faut que tu essayes.

Elle hocha la tête et s'approcha de Butch d'une démarche aérienne. Pris dans ses questions et sa confusion, il n'avait pas remarqué à quel point cette femme était belle, elle aussi. Mieux, elle était superbe. Et penser une chose pareille lui fit un drôle d'effet étant donné qu'elle ressemblait comme deux gouttes d'eau à son frangin. Comme le cuir pour les mecs, la beauté semblait une constante chez les nanas qui gravitaient dans cette baraque de dingues.

Butch dut un peu trop forcer sur le regard admiratif, car il s'attira un grognement furieux de la part de Manello. Il lui jeta un bref coup d'œil et reçut le message cinq sur cinq. Posture agressive, dents serrées. Ok, chasse gardée.

Il s'efforça donc de se détendre pendant que la jeune femme l'approchait de sa démarche chaloupée. Contrairement à ce qu'il avait déclaré quelques instants plus tôt, son instinct lui disait que si ces mecs avaient dû le tuer, ce serait déjà fait depuis longtemps et il n'aurait pas eu la moindre chance.

Payne s'arrêta à deux pas de lui. Comme l'avait fait son frère, elle planta ses yeux de diamant dans les prunelles de Butch et se concentra. Après quelques instants, elle se relâcha et recommença. Au troisième essai, elle recula d'un pas et se tourna vers son jumeau en secouant la tête.

V jura vertement.

_Merde, il va falloir en parler à Wrath. Il ne va pas aimer ça. Mais alors, pas du tout.

Sur ce, il quitta la pièce sans ajouter un mot.

Ses pas avaient à peine cessé de résonner que Manello se tourna vers sa compagne, un grand sourire amusé aux lèvres.

_Pourquoi lui avoir menti, bambina ?

Payne lui offrit la moue facétieuse d'une gamine venant de réussir un bon tour. Manello rit doucement en la serrant dans ses bras.

_Bon, maintenant que vous vous êtes bien foutu de lui, vous allez m'expliquer ce qui se passe ici ?

_Pas encore, j'en ai peur, s'excusa Payne. Mais je peux te garantir qu'il ne t'arrivera rien.

_Ça me fait une belle jambe, tiens...

_En attendant le retour de la horde au grand complet, on va regarder votre pansement, dit Manello.

Il lâcha sa compagne pour s'avancer vers Butch.

Il avait à peine terminé de poser un nouveau bandage que la porte s'ouvrit, marquant le retour de Vishous, cette fois accompagné de Wrath. Ce dernier jeta un regard perçant à Butch puis se tourna vers la dénommée Payne.

_Toi non plus ?

_Non, Ta Majesté. C'est complètement verrouillé.

_Et merde. Je n'aime pas ça, mais il va falloir se débarrasser de lui.

_Si tu le permets, Ta Majesté, j'aurais peut-être une autre idée.

***

Vishous avait pris la parole d'un air froid et calculateur, mais il cherchait surtout à masquer que quelque chose en lui s'était révulsé lorsque Wrath avait proposé d'éliminer le flic. Son attirance grandissante pour cette damnée tête brûlée n'y était sans doute pas pour rien. Hors de question que le jeu s'arrête maintenant. Alors c'était le moment où jamais d'abattre les bonnes cartes.

_Comme tu le sais, on a constaté une certaine... recrudescence de l'implication humaine dans nos affaires. Je pense que nos ennemis cherchent à nous entraîner sur un nouveau terrain pour nous obliger à sortir à découvert.

_Quel rapport avec lui ?

Butch ne put s'empêcher d'ouvrir sa gueule.

_Ouais, vas-y, V... Explique à ton chef, et à moi aussi au passage parce que je suis curieux, comment tu comptes embrigader un flic dans votre petite guerre des gangs...

Vishous retint un sourire devant cette fanfaronnade.

_J'y viens. Je ne serai pas toujours en mesure de repérer à l'avance les coups tordus de nos « amis », surtout si leur nombre augmente. Que se passera-t-il le jour où l'un des... l'un d'eux atterrira à la morgue ? Mais si on a quelqu'un côté humain, il pourrait nous avertir des bizarreries.

Vishous était parfaitement conscient des failles dantesques de son raisonnement, mais la réponse de son roi n'aurait pu être plus claire.

_Merde V, à quel moment tu as échangé ton cerveau avec celui d'Hollywood ?

Ok, V allait devoir travailler sur le concept...

Décidé à régler le problème par lui-même, Wrath s'approcha du lit. Butch réagit immédiatement en se dressant sur ses pieds.

_Hey, ne t'approche pas, enfoiré...

Conscient de risquer son cul, Vishous se plaça entre le roi et sa proie. Les sourcils de Wrath étaient si froncés qu'ils ne formaient plus qu'une seule ligne noire.

_Vishous, écarte-toi de cet humain.

_Avec tout le respect que je te dois, je pense que tu devrais reconsidérer ta...

La phrase du Frère fut interrompue par une silhouette blonde qui traversa la pièce en courant pour se jeter dans les bras de Butch. Celui-ci reçut Marissa contre son torse avec un gémissement de douleur.

_Douce Vierge Scribe, vous êtes vivant ! Quand j'ai entendu dire que les guerriers avaient ramené un humain blessé hier soir, j'ai tout de suite su que c'était vous. Je vous ai cherché dès mon réveil.

Butch écarta prudemment la Princesse.

_Heu merci, Marissa, c'est... hum... gentil de vous inquiéter pour moi. Tout va bien, enfin si on oublie la demi-douzaine de menaces de mort proférée par vos amis...

_Menaces de mort ? Vous voulez dire...

Se retournant vers Wrath sans laisser à Butch le temps de parler, Marissa enchaîna :

_Monseigneur, vous ne pouvez pas vouloir faire du mal à l'inspecteur. D'ailleurs, il doit déjà être terrorisé...

Butch grimaça.

_... mais il doit savoir que, pour être des vampires, nous ne sommes pas pour autant des monstres...

Un silence de mort plana dans la pièce après cette déclaration. Butch sentit la température chuter de manière si drastique qu'un petit nuage de condensation se forma devant sa bouche. Il frissonna.

Face à lui, quatre paires d'yeux allaient de l'ahurissement le plus complet à la rage froide. Ce qui le poussa à se tourner vers Marissa. Il repassa mentalement sa dernière phrase et fut secoué par un hoquet de surprise avant de se reprendre.

Ces types-là ne savaient plus quoi inventer !

_Des vampiiiiires, mais, c'est bien sûr ! Et dans la pièce d'à côté, je vais trouver Jacob et les loups garous ?

Furieux, Wrath s'avança vers Marissa avec la ferme intention de lui expliquer le sens des mots : « survie de l'espèce ». Afin de prévenir le drame, Payne s'empressa d'attraper la femelle par le bras pour la faire sortir. Marissa commença par protester, puis elle nota que le roi était difficilement retenu par Manello. Prenant la mesure de sa bourde, elle courut vers la porte. Au moment où elle s'apprêtait à la franchir, Wrath réussit à se libérer de l'étreinte du médecin sans le briser en deux et se lança à la poursuite de son ancienne compagne, Manello sur ses talons.

Butch se retrouva seul avec Vishous qui avait perdu son air distant. Il semblait vaguement étranger à la scène qui venait se dérouler sous ses yeux et caressait son bouc d'un air absent.

_Et sinon, où tu as rangé ta cape et ton cercueil, Dracula ? Ah, nan merde, ça c'était avant... Et sinon tu brilles au soleil ?

***

Vishous grimaça devant cette référence humiliante. En même temps, il ne pouvait s'empêcher d'admirer le courage – ou l'inconscience – du flic. Après tout, même s'il refusait de croire à leur histoire de vampire, ce qui était une réaction plutôt saine, Vishous savait parfaitement quelle image renvoyait la confrérie : une bande de géants bardés de muscles, arborant vêtements de combat et balafres en pagaille.

Ouais, O'Neal devait savoir reconnaître des combattants quand il en voyait, Vishous en était certain. Tout comme lui-même avait reconnu en Butch un guerrier, la nuit précédente. Ils n'étaient sans doute pas de la même espèce, mais ils sortaient du même moule. Deux soldats aguerris, marqués par l'expérience et la solitude, se foutant de vivre ou de mourir, trompant la mort autant par habitude que par ennui. Des hommes rudes, à qui il ne resterait plus rien une fois cette dernière flamme éteinte.

V avait vécu trop longtemps pour ne pas en être conscient. Et il ressentait cette même lassitude chez Butch. Et pourtant, il se battait, et même sacrément bien. V revit le crochet qu'il lui avait envoyé et sa manière d'agrafer le lesser la veille. La simple perspective de le voir combattre – avec ou contre lui, peu importait – enchantait V, déjà fasciné par leurs joutes verbales.

Il dévora le blessé des yeux, toujours torse nu et les cheveux en bataille. Un sourire goguenard appelait une réponse à sa provocation. Mais tout ceci ne déclencha pas la réaction attendue. En lieu et place de l'agacement, ce fut une violente flèche de désir qui traversa V, prenant naissance dans ses reins et tendant sa queue contre le cuir du pantalon.

Il reconnaissait la sensation, mais pas les émotions qui lui étaient liées. Pour lui, le sexe avait toujours eu un côté clinique, un exutoire à ses frustrations, la solution toute trouvée à son besoin pathologique de contrôle. Mais cette pulsion presque incontrôlable, ce flot brûlant et bouillonnant qui le tarauderait jusqu'à l'unique assouvissement possible, c'était nouveau pour lui. Et un peu effrayant, comme un saut dans l'inconnu.

En clair, la distraction idéale pour un vampire blasé de tout. Son excitation redoubla à cette pensée et il sentit ses canines transpercer ses gencives sans qu'il puisse les en empêcher.

À cette vue, Butch accusa un violent mouvement de recul.

_Putain de bordel de merde !

Butch fixa les deux appendices saillants avant de secouer la tête et de regarder un peu partout autour de lui. V haussa un sourcil perplexe.

_Tu cherches quelque chose, Cop ?

_En fait, je me demande juste où a roulé ma bouteille de Lag.

V s'esclaffa, faisant saillir un peu plus ses canines.

_Tu penses que t'es bourré ?

_Ben, ça me paraît la seule explication valable pour voir des seringues hypodermiques sortir de tes gencives.

_Des serin... Non, mais quel con...

V n'avait jamais autant ri en si peu de temps. Pas que sa vie lui en ait beaucoup laissé l'occasion jusqu'ici, mais là, ça ressemblait fort à du rattrapage intensif.

_Mais non, Cop, tu n'as rien bu, pas une goutte. Même si c'est difficile à croire, Marissa a dit la vérité. Nous sommes des vampires. Mon nom est Vishous, je suis un guerrier au service de ma race, et tu te trouves actuellement dans la maison de notre roi que tu as déjà eu le plaisir de rencontrer.

_Tu parles du catcheur furibard qui vient de sortir ?

_Hum... ouais. Son nom, c'est Wrath.

Butch fit une pause avant de jeter un regard dubitatif à V.

_Nan, sérieusement, tu crois que je vais avaler ça ?

V, dont l'excitation n'avait pas diminué d'un pouce, avait une idée très précise de ce qu'il aimerait voir Butch avaler. Mais une chose à la fois... En face de lui, l'Irlandais soupira ostensiblement.

_Je crois que je vais reprendre un peu de Lag, tout compte fait.

Il fixait les canines toujours saillantes. Un large sourire n'en dissimulait rien.

_Merde, ça a l'air foutrement vrai quand même. C'est dingue ce qu'on fait avec les prothèses !

Il marqua une pause, comme s'il cherchait la bonne formule.

_En fait, vous êtes juste une bande de geeks particulièrement baraqués... C'est ça, hein ? Je suis tombé au milieu d'un jeu de rôle tordu avec costumes et tout le bordel ? Dis-moi, c'est pas trop chiant à poser ?

Fasciné par les réactions que Butch déclenchait chez lui, Vishous n'anticipa pas son mouvement : le flic se leva et avança pour poser l'index sur sa canine droite. La surprise et une nouvelle bouffée de désir quasiment incontrôlable, démultipliée par la sensation du doigt courant le long de son croc aiguisé, envoyèrent un violent frisson secouer l'épine dorsale de V.

Agrippant Butch, il le plaqua au mur, son bras lui maintenant le torse et son visage à quelques centimètres du sien.

La voix qui proféra la mise en garde tenait plus du halètement que du langage articulé.

_Tu devrais vraiment éviter ça, Cop.

Malgré sa réaction, Butch semblait toujours incapable de percevoir la tension qui avait envahi l'atmosphère. Il toisa V d'un air ironique, vaguement condescendant.

_Sinon quoi ? Tu vas me bouffer ? Me sucer le sang peut-être ?

Cette simple idée envoya Vishous sur orbite. D'où il était, il percevait parfaitement l'hémoglobine qui imprégnait le pansement abdominal. Comme deux nuits plus tôt, ce parfum faillit lui faire perdre tout contrôle. Il sentit le pouvoir affluer en lui, sans qu'il puisse le contrôler, et comprit que ses yeux devenaient lumineux, comme éclairés de l'intérieur.

Butch qui le fixait ne tarda pas non plus à le remarquer.

_Merde, toi aussi, tu fais lampadaire... Comment tu fais ça ? Les canines je comprends, mais ça c'est vraiment ouf ! Des lentilles ?

_C'est parce que je suis un vampire, sombre abruti !

***

Oups, se dit Butch. En disant cela, V avait l'air parfaitement sérieux, voire un peu las, comme un maître d'école démuni devant un gamin intelligent qui se refuse à comprendre ce qu'on lui dit. Ok, tout cela commençait à devenir un peu flippant. Et Butch se sentait de plus en plus mal à l'aise, plaqué au mur par ce mec.

Il le signala, espérant que Vishous reculerait pour lui donner un peu d'air. Il ne s'attendait cependant pas à ce que l'autre disparaisse purement et simplement de son champ de vision... Envolé, évanoui, pour réapparaître une demie seconde plus tard à l'autre bout de la pièce.

Merde comment avait-il...

Butch était loin d'être un idiot. En additionnant deux et deux, il commençait à se convaincre que V et Marissa avaient bien dit la vérité. Les canines en céramique, c'était une chose, les lentilles lumineuses passe encore, mais la téléportation ? Là, il était à court d'explications rationnelles. Si ce n'est celle fournie par l'intéressé : des vampires. Comme dans les comics...

Butch peinait soudain à mesurer toutes les implications de cette révélation.

_Ok, ok, on résume, mec. T'es un vampire... Un comme dans les films, avec grandes dents et vie nocturne ?

_À quelques détails près, c'est ça. Mais pour répondre à ta question de tout à l'heure, les capes et les cercueils, c'est un peu daté.

Et en prime Dracula se foutait de sa gueule. Butch préféra suivre le cours de ses pensées.

_Bon, et je suppose que je suis dans votre base super-secrète et que je ne suis absolument pas censé être au courant, jamais ?

_Un truc du genre.

_Et comme je suis au courant, tu dois me buter.

Vishous grimaça.

_En théorie je devrais pouvoir effacer tes souvenirs, mais ça ne marche pas.

Butch repensa à la petite scène avec Payne. Voilà qui expliquait beaucoup de choses, mais qui n'arrangeait en rien ses affaires.

_Donc, tu vas me buter...

V prit un air contrit, mais un demi-sourire continuait de flotter sur les lèvres carmin.

_ À vrai dire, ça m'ennuierait. Donc si tu apprends à fermer ta gueule, je peux trouver un terrain d'entente avec Wrath. Mon idée d'avoir un informateur côté humain n'est pas si mauvaise en fin de compte. Et maintenant que tu es au courant, les choses devraient être beaucoup plus simples.

Butch se dit qu'il lui faudrait demander des détails au sujet des albinos, ces autres, mais au vu des dernières révélations, il imaginait une sorte de guerre ancestrale avec il ne savait quelle autre créature fantastique. Merveilleux...

_J'ai vraiment le choix ?

_Non. En tout cas pas si tu veux rester en vie. Donc tu poses ton cul, tu finis de te rétablir, et moi je vais parler à Wrath.

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