Un soir d'angoisse

Chapitre 23 : Un soir d'angoisse

Sur le chemin qui le ramenait à la Piaule, Butch était pensif. Il retenait ses pas, à la fois fébrile et incertain quant à la conduite à tenir en présence de V. Sa discussion avec Saxton lui avait ouvert de nouvelles perspectives. Ça faisait un bon moment qu'il était certain d'éprouver quelque chose de très fort pour V. Après tout, personne n'avait occupé une place comparable dans sa vie, même si, à bien y réfléchir, les candidates au poste ne s'étaient pas non plus bousculées. Avec son penchant pour le scotch, son nez pété et sa grande gueule, il faisait un sacré lot à encaisser. Est-ce qu'il aurait pu rendre heureuse une gentille petite femme, leurs trois enfants et le chien ?

Et lui dans tout ça ? Il aurait été heureux ?

La réponse à cette question le ramenait invariablement aux derniers mois de sa vie. Ayant l'impression d'avoir traversé une époque bénie, il n'avait aucune envie de voir les choses changer. Mais force était d'admettre que c'était bel et bien le cas. Était-il en train de se dédier à V ?

Un reste d'éducation catholique se rebellait encore en lui à l'idée d'un engagement aussi absolu envers un autre homme. Mais d'un autre côté, sa nature de vampire pas l'air de lui laisser franchement le choix et, au fond, c'était plutôt une bonne chose. V lui apportait la paix.

Il n'était juste pas sûr que l'ancien Butch, l'humain, aurait accepté tout cela aussi facilement. Par contre, ses nouveaux instincts hurlaient à son éducation d'aller se faire foutre.

Il espérait donc ne pas être en train de se gourer sur toute la ligne parce qu'il ne manquait pas grand-chose pour qu'il se laisse aller à cet espoir d'un avenir aux côtés de l'être le plus exceptionnel qui lui ait été donné de rencontrer. Et, par un putain de miracle, ce type-là avait voulu de lui. V, un demi-dieu, avait choisi pour compagnon un ex-flic, à moitié humain, et complètement paumé ? Mieux, il acceptait Butch tel qu'il était. Pouvait-il croire que V... l'aimait ?

L'idée le secoua. V n'était pas du genre à donner dans le sentiment et il aurait sûrement éclaté la tête de Butch s'il avait connu ses pensées. Pourtant ce qui flambait entre eux depuis des mois allait au-delà du sexe, c'était une certitude. En tout cas en ce qui concernait Butch. Même pour ce plaisir explosif, il n'aurait pas pu accepter de laisser un autre homme que V le toucher.

Mais, qu'en était-il du vampire ? Après tout, c'était lui qui les avait lancés sur cette pente.

Butch en était là de ses réflexions lorsqu'il arriva à la Piaule et vit Rhage en jaillir comme une tornade. Dans sa hâte, celui-ci bouscula Butch qui eut l'impression d'entrer en collision à pleine vitesse avec une montagne. Un peu sonné, le flic se raccrocha à l'épaule de Rhage pour éviter de se retrouver par terre. L'autre homme jura violemment.

_Putain, Cop, ça fait des plombes que je te cherche partout. V est avec toi ?

Butch fit non de la tête.

_Tu étais où bordel ? Tu avais éteint ton portable !

Butch fronça les sourcils. Hollywood semblait étrangement tendu, c'est pourquoi il ne se formalisa pas de sa brusquerie.

_Heu, ouais, j'avais besoin de réfléchir...

_Bah j'espère que tu en as terminé avec l'introspection parce qu'on a un sérieux souci. V a disparu.

Tout l'air que Butch avait emmagasiné dans ses poumons éclata, lui coupant le souffle. Un très mauvais pressentiment lui retourna les tripes d'un coup.

_Comment ça, disparu ?

_On l'a vu au Masque de Fer, expliqua Rhage. Il est venu nous dire que t'étais rentré et qu'il allait faire pareil. Au moment de partir, un type au nez en bouilli est venu l'aborder en braillant je sais pas quoi, mais V l'a éjecté vite fait donc je ne pense pas que ça soit lié.

Butch fronça les sourcils à cette évocation et peina à retenir un grondement sourd. Il avait pensé que sa petite conversation au coin du feu avait drainé toute la rage qui s'était concentrée en lui dans la ruelle, mais non. Cet enfoiré de danseur avait osé revenir à la charge, profitant qu'il ait le dos tourné. Tout bien considéré, il aurait dû vider cet enfoiré de ses boyaux pour l'attacher à un poteau et attendre que le soleil finisse le travail.

Rhage poursuivit son récit tout en notant la soudaine tension de son interlocuteur.

_Après ça, V est sorti dans la ruelle pour se dématérialiser et on ne l'a plus revu de la soirée. En rentrant avec Z et Phury, on est tombé sur des lessers. Phury a été blessé et on a cherché à joindre V pour un coup de main, mais impossible de l'avoir. Son portable est allumé, mais il ne décroche pas. Comme tu ne répondais pas non plus, j'ai pensé qu'il était avec toi.

La colère et l'inquiétude de Butch se muèrent en panique. Il ne le sentait vraiment pas ce coup-là. Même en rogne, V répondait toujours à son portable.

Agité, il bombarda Rhage de questions.

_Il est peut-être quelque part au manoir et il entend pas avec sa foutue musique, avança-t-il sans y croire. Faut toujours qu'il mette ça à brailler. T'es allé voir à la forge ? Ou au Commodore ?

Cette simple idée manqua de faire saillir ses canines. Il les sentit descendre et dut se retenir de gronder. Mais même s'il se refusait à négliger une piste, un tel comportement ne ressemblait pas du tout à V. Même après le petit show de Butch dans la ruelle, V n'avait objectivement aucune raison de se chercher à se taper quelqu'un d'autre. Ils ne s'étaient pas vraiment engueulés.

Non, ça ne collait pas du tout et l'instinct de Butch lui hurlait que cette disparition n'avait rien à voir avec les événements de cette nuit. Étrangement, ça l'aida à garder son calme.

_On l'a cherché partout, je te dis, repris Rhage, très nerveux.

L'inquiétude qui habitait les yeux d'azur n'était pas feinte. Les Frères avaient dû retourner ciel et terre pour savoir où était passé Vishous. Butch sortit néanmoins son téléphone, décidé à tenter sa chance de son côté. Peut-être que V lui répondrait, à lui.

Le silence qui précéda la connexion du téléphone lui parut durer des heures. Puis les sonneries commencèrent à s'égrainer. Dans le vide...

_V, décroche putain, marmotta-t-il en parcourant le couloir de long en large, les épaules ramassées et la tête baissée.

Mais le téléphone resta désespérément muet jusqu'au moment où il bascula sur répondeur. Une voix synthétique l'incita à parler après le bip sonore. De rage, Butch faillit broyer l'appareil. Il se tourna vers Hollywood, resté en retrait, et désigna la porte de la Piaule toujours ouverte.

_Il faut localiser son portable. On va utiliser ses joujoux. Il a un programme qui trace tous nos téléphones.

_T'es sûr, Cop ? Il va nous arracher les yeux si on touche à ses bébés. Peut-être qu'il est juste en train de s'envoyer en l'...

Rhage n'eut pas le temps de finir sa phrase. Il se trouva plaqué au mur, maintenu à la gorge par un Butch tous crocs sortis. Les yeux noisette étaient complètement fous et son grondement n'augurait rien de bon.

Englué dans ses propres inquiétudes, Rhage n'avait pas prévu que Butch puisse réagir aussi violemment. Et puis, qu'est-ce que ça pouvait lui foutre que V soit en train de se payer un peu de détente au Commodore ? Il allait tenter de se libérer lorsque la voix coupante de Z retentit derrière eux :

_Hey, c'est quoi vos conneries, là ? Putain, Cop, lâche-le. Ne m'oblige pas à te faire mal ! le menaça-t-il en voyant que Butch ne lâchait pas prise.

Ce dernier finit par obéir lorsque Z lui appliqua un coup sec sur le bras. Un nouveau feulement résonna, venu directement du fond de sa gorge, mais il se retint cette fois de se jeter sur quelqu'un. Après quelques secondes d'une confrontation silencieuse, Butch finit par se reprendre et adresser un geste d'excuses à Rhage qui se demandait encore ce qui venait de lui arriver. Il se massa la gorge. Décidément, il ne comprenait plus rien aux réactions de son pote.

La voix calme de Phury attira leur attention.

_Allons, mes Frères, il faut retrouver V... Elle ne sent pas bon cette histoire.

Butch hocha la tête et fonça vers les quatre ordinateurs qui tournaient en permanence dans un coin de la pièce. Il savait exactement ce qu'il devait faire. V lui avait un jour expliqué la marche à suivre. Un sourire tendre réussi à atteindre ses lèvres malgré son inquiétude. À ce moment-là, il s'était senti foutrement privilégié. V lui faisait assez confiance pour le laisser approcher ses précieuses machines. De ce qu'il savait, il était bien le seul !

Il se concentra sur l'écran et déverrouilla l'ordinateur avant de lancer le programme. Le temps d'initialisation de la séquence sembla s'étirer sur des siècles. Merde, ce PC était un foudre de guerre, le genre de truc qu'on ne trouvait qu'à la NASA, et pourtant Butch avait l'impression de voir un asticot coupé en deux se traîner misérablement.

Il sélectionna le portable de V dans la liste des numéros pré-enregistrés. Une carte des États-Unis apparut sur l'écran, ainsi qu'un immense cercle bleu. Le traceur du programme resserrait son diamètre avec une lenteur affolante. Le pays, l'état, la ville de Caldwell.

En voyant que V n'était qu'à quelques kilomètres d'eux, Butch relâcha un soupir de soulagement. Mais ça n'était pas suffisant pour localiser V. Le cercle bleu se réduisait toujours, jouant avec les nerfs tendus des spectateurs.

Ça commençait à démanger Butch de secouer l'ensemble, mais ça n'aurait servi à rien. Alors il pianotait nerveusement sur le bord de la table, le regard rivé sur l'écran. Derrière lui, tous les Frères retenaient leur souffle. Rhage était appuyé contre le dossier de sa chaise, aussi immobile qu'un statue, son intense nervosité palpable tant il était contracté.

Dans la pièce, on n'entendait plus que les respirations lourdes des quatre vampires et le ronronnement discret des ordinateurs.

Le cercle bleu finit par cesser de se rétrécir et le clignotement continu leur désigna un entrepôt désaffecté sur les docks. La zone portuaire. Butch connaissait bien ce secteur pour y avoir pas mal tourné alors qu'il venait d'être muté à la Crim' de Caldie. Une enfilade de hangars miteux plus ou moins désaffectés, des rassemblements de toxicos et des décharges à ordures. Il doutait que V ait eu quoi que ce soit à y faire et il ne serait jamais parti patrouiller là-bas seul, tout du moins sans avertir quelqu'un. D'autant qu'il avait affirmé aux autres Frères rentrer au manoir. Il n'aurait aucune raison de leur mentir, n'est-ce pas ?

Butch se leva si brusquement qu'il bouscula Rhage toujours accroché à sa chaise.

_Allez, on y va !

Phury le rattrapa par la manche tandis qu'il se dirigeait vers la porte en attrapant son holster.

_Minute Cop, on ne sait pas ce qu'on va trouver là-bas. Nous devons nous préparer.

Butch se retourna, une lueur dangereuse dans le regard.

_Si tu crois que je vais laisser V en danger une seconde de plus que nécessaire..., siffla-t-il.

Rhage avait suivi ce nouvel éclat en fronçant les sourcils. Il était sans doute temps de clarifier deux ou trois choses. Il tira Phury en arrière et agrippa Butch par le revers de sa veste. Celui-ci montra aussitôt les crocs, mais Hollywoood n'était pas prêt à se laisser intimider. Il approcha son visage de manière à dévoiler ses pupilles qui viraient désormais au blanc. Peut-être que Butch était en colère, angoissé, ce qu'il voulait, mais il était loin d'être le seul

_Maintenant, tu la boucles, Cop. Je sais que tu cherches seulement à protéger V. Mais au cas où tu l'aurais oublié, il est aussi mon Frère. J'arracherai la putain de tête de quiconque s'en prendra à lui, mais te faire buter en fonçant tête baissée n'aidera personne. Et certainement pas V.

Butch poussa un long feulement en tentant de se dégager, mais la prise de Rhage était aussi puissante qu'un étau.

_ Hey, tu m'écoutes, oui ou merde ?

Ce disant, Hollywood secoua Butch qui parut réussir à prendre un peu sur lui. Il aspira un grand coup, très doucement. Ses crocs se rétractèrent et l'inquiétude reprit le pas sur la colère.

_Ouais c'est bon. Une demi-heure. Pas une minute de plus. Ensuite, prêts, pas prêts, un plan, pas de plan, j'y vais...

Rhage le lâcha avec précautions en hochant la tête. L'heure n'était plus à la division et tous ressentaient l'urgence de la situation. Phury prit la parole pour tenter de coordonner leur action. En temps normal, la stratégie et la planification, c'était plutôt le rayon de V. Il allait falloir faire sans.

_OK. D'abord, il faut prévenir Wrath. Ensuite, on va essayer de se faire une idée de la zone. Butch, vois ce que tu peux récupérer comme cartes. Quand on aura une idée du terrain, on ira faire une reconnaissance. On ne sait pas ce qu'on va trouver là-bas, mais on ne peut pas exclure l'hypothèse de l'enlèvement. Et pour tenir tête à V, on n'aura pas affaire à des débutants.

_Ben même s'ils débutaient, je t'assure qu'ils n'auront pas le temps de se perfectionner, lança Butch d'un ton glacial en se réinstallant à l'ordinateur.

Les autres Frères grognèrent leur assentiment et chacun d'eux fila préparer son matériel.

Il leur fallut moins d'une demi-heure pour être tous harnachés et parés au combat. Plans en main, Butch attrapa les clés de l'Escalade d'un air décidé. À cet instant, il aurait donné tout ce qu'il possédait pour pouvoir se dématérialiser. V avait besoin de lui, il le sentait dans sa chair, dans son esprit, et il ne savait pas de quoi il serait capable s'ils arrivaient trop tard.

***

L'énorme 4X4 noir s'élança entre les grilles du manoir à une allure folle. La nuit était claire et toutes les étoiles s'étaient donné rendez-vous pour tracer leur chemin. Le croissant de lune les narguait, comme un sourire ironique au milieu du ciel d'encre. Les quatre mâles gardaient le silence, concentrés sur la tâche qui les attendait. Butch conduisait sans desserrer les dents, Rhage assis à la place passager et les jumeaux sur la banquette arrière.

Ils ne ralentirent l'allure qu'à l'approche des docks. Impossible de manquer le changement d'atmosphère qui accompagnait leur entrée dans cette partie de la ville. Les alignements de maisons de brique rouge avaient laissé place à une alternance de terrains vagues et d'entrepôts miteux. Ceux qui tombaient en ruine ressemblaient à des baleines éventrées avec leurs poutrelles métalliques mises à nu par l'effondrement des toits de taule. La crise industrielle avait frappé Calddie aussi fort que les autres villes de la côte Est. La population s'était recentrée sur la ville, laissant se décomposer les reliques d'un passé pas si lointain.

Ne s'égarait plus par ici qu'une faune hétéroclite de paumés en tout genre. Butch aurait été bien incapable de dire combien de cadavres il était venu ramasser dans le secteur. C'était presque devenu une routine. Sauf qu'aujourd'hui, il refusait de perpétuer les vieilles habitudes. Cet endroit pourri allait lui rendre son mâle, et plus vite que ça.

V n'avait rien à faire ici. Sans lui. L'aube n'était plus très loin et, à cette heure, la place du guerrier était dans le lit de Butch. Butch qui entendait bien faire tout ce qu'il faudrait pour que les choses rentrent dans l'ordre.

Rhage, qui suivait toujours la position du téléphone de V sur le sien, fit signe à Butch de ralentir et de se garer. Ils n'étaient plus très loin. Mieux valait éviter d'attirer l'attention d'éventuels guetteurs. Butch rangea le 4*4 à l'abri des regards. Les quatre mâles se concertèrent du regard avant de quitter le véhicule le plus silencieusement possible. Ils avaient un plan d'approche, mais guère plus. Ils se rapprochèrent furtivement de leur objectif. Bientôt, ils allaient devoir improviser.

Les jumeaux partirent en reconnaissance pendant que Rhage et Butch suivaient le signal du portable de V. Prudemment, ils se laissèrent guider jusqu'à une contre-allée. Déserte. Rhage huma l'air et indiqua que personne ne rôdait aux alentours. Pas d'ennemis, mais pas de V non plus. Ils commencèrent à explorer les lieux et finirent par trouver l'appareil derrière un tas d'ordures. Près de celui-ci, les marques encore fraîches d'un véhicule arrêté en catastrophe étaient visibles.

Des traces de luttes indiquaient que V s'était débattu en boxant ses assaillants. Puis, voyant qu'il perdait l'avantage, V avait dû balancer son téléphone avant d'être fouillé, offrant un début de piste pour le retrouver à ses Frères. L'écran de l'appareil était fêlé mais, heureusement, il fonctionnait toujours malgré sa chute. V avait été bien inspiré de jouer au petit Poucet !

Maintenant, restait à attendre le retour des jumeaux, ce qui ne tarda pas. Ils avaient repéré deux lessers montant la garde devant un autre entrepôt désaffecté, juste un peu plus loin.

Butch eut toutes les peines du monde à se contenir. Tous ses muscles s'étaient instinctivement tendus dans la direction indiquée. V était là-bas. Il devait y aller. C'était plus fort que lui. Rhage remarqua son agitation et lui posa sa main sur l'épaule. Le contact de cet énorme battoir lui apporta un peu d'apaisement. Il n'était pas seul. Les Frères allaient l'aider à sortir V de là.

_Bon, on va tenter une approche en douceur, vu qu'on ne sait pas combien de ces emplâtrés y a là-dedans, résuma Phury. Z et moi, on va neutraliser les sentinelles. Vous deux, vous couvrirez les portes principales pendant ce temps-là. Une fois le périmètre sécurisé, on verra s'il y a d'autres sorties, histoire de leur couper la retraite.

Tous approuvèrent et filèrent se mettre en place. De sa planque, Butch vit les jumeaux, parfaitement coordonnés, se glisser telles des ombres derrière les deux lessers qui ne sentirent même pas venir la mort avant que des dagues noires s'enfoncent simultanément dans leurs poitrines vides. Leurs corps s'évanouirent dans un claquement sec tandis que Z et Phury se tournaient vers la porte comme un seul homme, au cas où d'autres lessers se ramèneraient. Rhage et Butch s'approchèrent silencieusement de leurs compagnons pour mettre la suite du plan à exécution.

Ils s'apprêtaient à contourner l'entrepôt pour couvrir d'autres sorties potentielles quand Butch se figea. L'odeur d'un sang qu'il ne connaissait que trop bien venait d'atteindre ses narines. Les Frères le regardèrent, d'abord surpris par sa soudaine immobilité. Puis Z renifla l'air en jurant. Personne n'eut le temps de réagir.

Un rugissement de fauve enragé s'éleva dans la nuit...

Comme dans un film au ralenti, Butch se rua sur la porte, toute considération de prudence envolée, tandis que ses compagnons tendaient leurs mains vers lui, dans une tentative dérisoire pour le stopper. Mais il était déjà trop tard. Il ne leur restait plus qu'à se précipiter à la suite d'un Butch enragé en essayant de limiter les dégâts.

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