Un soir au Manoir

Chapitre 17 : Un soir au Manoir

Une fois Rhage remis de ses émotions, les cinq mâles descendirent s'entasser dans l'Escalade qui avait été garée au pied du Commodore. V se glissa au volant, vêtu de son habituel cuir noir. Il ne desserra pas les dents tout le temps que dura le trajet alors que les vannes allaient bon train entre les autres passagers. Tout à leur soulagement de retrouver Butch vivant, ceux-ci ne remarquaient pas l'air sombre de leur chauffeur.

Le flic, quant à lui, sentait ses entrailles se tordre alors que la 4x4 filait à vive allure vers le manoir. Il savait que son sort dépendait maintenant du bon vouloir du roi. Celui-ci l'avait déjà épargné, il ne restait donc plus qu'à espérer que Wrath se montre aussi magnanime cette fois. Peut-être même que Butch pourrait intégrer la Confrérie ? Après tout, il était un vampire désormais... Plus rien ne l'empêchait de combattre les lessers auprès des Frères.

À cette pensée, il mesura à quel point sa vie était en passe de changer. À moins que tout ait commencé à partir en vrille quand il avait rencontré V dans ce restaurant.

V. toujours V...

L'Escalade franchit les grilles de la propriété. Sans doute alertée par l'un des passagers de l'Escalade, une bonne partie des occupants du manoir les attendait de pied ferme sur le perron. Wrath surplombait la plupart des têtes, Georges paisiblement couché à ses pieds, et sa leelane à son bras. Tous scrutaient les vitres fumées de la voiture comme si Rhage allait en surgir sous sa forme draconique.

Avant d'ouvrir sa portière, Butch prit une grande inspiration et tenta de prendre un air dégagé tandis qu'il faisait face à l'assemblée. Derrière son épaule droite, il sentit la présence rassurante de V. Le mec ne le laissait pas tomber.

La shellane de Rhage qui avait rejoint son compagnon fut la première à s'exprimer avec un sourire chaleureux.

_Butch, mais tu es... gigantesque !

_Ouais, j'ai dû trop forcer sur les taccos, j'ai un peu pris ces derniers temps, essaya-t-il de plaisanter.

Rhage s'esclaffa avant de se tourner vers Wrath.

_Alors, monseigneur, tu penses quoi du petit nouveau ?

Lassiter, qui jusqu'ici s'était tu, devança la réponse du roi.

_Mais, c'est trop mignoooon ! V a agrandi la famille...

_Lassiter, la ferme ! Et vous deux, dans mon bureau, vociféra Wrath en se tournant vers V et Butch. Maintenant !

Obéissants, ils emboîtèrent le pas au roi sous les regards mi-amusés mi-inquiets des habitants du manoir. Une fois encore, Wrath avait l'air las.

Georges trottait juste devant lui, remplaçant ses yeux dans l'escalier menant au bureau royal. Arrivé à destination, le gigantesque mâle alla se caler au fond de son fauteuil qui grinça sous son poids. Le chien se coucha docilement à ses pieds.

_Je suppose que vous pouvez m'expliquer d'où le Cop tire ses jolies quenottes toutes neuves ?

V, qui s'était assis sur un des fauteuils, prit le temps de réfléchir à sa réponse. Il la formula en se roulant une clope. L'odeur familière du tabac turc aida Butch à se détendre.

_Je crois qu'on a enfin l'explication pour les rêves et les prémonitions. Il semblerait que la Vierge Scribe n'ait pas menti en disant que le Cop aurait un rôle à jouer parmi nous.

En dépit de la cécité du roi, Butch eut l'impression d'être vrillé par le regard que Wrath lui jeta. Se tournant vers V, le monarque passa au Langage Ancien.

_C'est aussi ce que disent tes visions ? Il est vraiment des nôtres ?

V comprit que Wrath ne faisait pas seulement allusion à la nouvelle condition de vampire du flic.

_Tu me demandes s'il doit entrer à la Confrérie ? Je n'en sais rien. Je n'ai rien vu à ce propos. Je suppose que seul le temps nous le dira. Mais je l'ai vu se battre alors qu'il n'était encore qu'un humain. Et les Frères aussi. Je pense qu'il sera un guerrier digne de la race. Et un atout précieux contre les lessers... Mais ce n'est que mon avis.

_Tout ça ne me dit rien qui vaille, il y a encore trop de choses que nous ignorons, soupira Wrath. Mais je n'irai pas contre la volonté de la Vierge Scribe. Une paire de bras supplémentaire, ça ne se refuse pas par les temps qui courent.

_Ça me semble une sage décision, ta Majesté.

Wrath marqua une pause. Butch commençait à s'agiter sur son siège, mal à l'aise d'être laissé à l'écart et de devoir attendre pour savoir à quelle sauce il serait mangé.

_Mais, je veux que tu l'aies à l'œil pour la suite, déclara le roi. La transition n'est jamais facile pour les adultes. D'ailleurs, comment as-tu fait ça ?

_Je n'en sais foutre rien, ta Majesté. Je suppose que cela devait arriver, conclut V avec un haussement d'épaule faussement désinvolte.

_Je ne comprends rien à ce qui se passe et je n'aime pas ça. Enfin, ce n'est pas comme si nous avions le choix. La priorité, maintenant qu'il est l'un des nôtres, sera de lui apprendre tout ce qu'il doit savoir. Je compte sur toi, V.

Ce dernier hocha la tête gravement, en une promesse silencieuse.

Butch suivait toujours avec fascination cette conversation dans une langue inconnue. On aurait pu faire de la magie avec d'aussi belles intonations. Il regretta donc presque d'entendre le roi revenir à la langue commune pour s'adresser à lui.

_Cop, je suppose que tu es conscient que beaucoup de choses vont changer. Si ta transition t'a sauvé la vie, elle va surtout la transformer, expliqua-t-il gravement. Nous n'avons que très peu de contacts avec les humains, mais ça tu dois déjà le savoir. Et cela risque de bouleverser tout ce que tu connais. Pour commencer, tu ne pourras plus travailler dans la police...

Butch l'arrêta d'un signe.

_Je ne laisse pas grand-chose derrière moi, vous savez. Y aura peu de gens pour me chercher, encore moins pour me regretter, que ce soit au boulot ou dans ma famille.

V sentit une pointe d'amertume dans le ton de Butch, vite balayée.

_Si vous acceptez que je reste ici et que je me batte avec vous, pour vous, tout ira bien...

Wrath le fixa un moment, caressant distraitement la tête de Georges venu s'appuyer contre sa cuisse, puis se leva d'un mouvement souple. V et Butch l'imitèrent.

_Alors, bienvenue parmi nous, Cop. Tu auras pas mal de choses à apprendre, enchaîna-t-il lentement, mais nous serons là pour répondre à tes questions. Cependant, et avant toute chose, tu dois te reposer. Et te nourrir... Je vais faire appeler une Élue, conclut Wrath.

Il se tourna vers V qui hocha sèchement la tête.

C'était la fin de l'entretien. Les deux visiteurs quittèrent le bureau du roi. Butch n'en revenait pas que cela ait été aussi facile, même si l'intervention de V en langage codé n'y était sans doute pas étrangère. Il se tourna vers son compagnon pour le remercier, mais la mine de V était à peine plus ouverte que dans la voiture. Ne partageait-il donc pas son enthousiasme ?

_Hey, dis-le si ça te fait chier que je reste !

_Nan Cop, je pense juste à tout ce qu'il y a à faire pour que tu puisses t'installer, biaisa V avant qu'un sourire sadique n'étire ses lèvres. Et puis, si tu m'emmerdes, je peux toujours te refiler à Z...

_Espèce d'enfoiré va ! s'esclaffa Butch en lui envoyant une bourrade pas trop douce.

***

Dans le hall, ils étaient de nouveau attendus par les habitants du manoir. Quand ils apprirent que Butch allait rester, celui-ci dut faire face aux bourrades encore moins douces de Rhage ainsi qu'à ses commentaires graveleux sur ses nouvelles proportions. Phury le félicita avec son habituelle distinction tandis que son jumeau se contentait d'émettre un grognement approbateur. Butch commençait à connaître le balafré : c'était déjà un grand honneur. Il lui rendit son signe de tête et se tourna vers Beth et Mary qui l'accueillirent chaleureusement.

Les plus jeunes restaient en retrait tandis que Payne, prévenue par Manello, se joignait au chœur des félicitations. Butch se sentait rayonner de l'intérieur : sa nouvelle famille l'acceptait bien mieux que ne l'avaient jamais fait ses parents biologiques.

Sa joie était à peine ternie par les innommables courbatures qui lacéraient son corps. Qui avait dit que grandir de trente centimètres en une nuit allait sans mal ? Il avait l'impression d'être passé sous une benne à ordures, aussi se massa-t-il discrètement le bas des reins. Le geste n'échappa pas à V qui arracha son pote à la cohue, arguant que, désormais, le temps ne manquerait pas pour se réjouir et que Butch devait se reposer.

Un concert de protestations lui répondit, mais Butch se laissa entraîner vers la Piaule avec reconnaissance. Il suivit V redevenu obstinément silencieux, parcourant le souterrain à grands pas. Désormais, Butch n'avait plus besoin de se presser pour se maintenir au niveau du vampire.

_V ?

_Ouais ?

_Tu m'as sauvé la vie hier soir, mec, et...

_C'est bon, Cop.

_Je tiens quand même à te remercier.

_Ouais, bah voilà qui est fait.

Butch s'amusa du ton bourru. V n'était jamais très à l'aise avec la gratitude.

_Allez, grouille, Cop. L'Élue nous attend.

_L'Élue ? demanda Butch, se rappelant qu'il n'avait pas bien saisi de quoi le roi avait voulu parler.

_Tu viens juste de passer ta transition, tu as besoin de sang pour te requinquer, expliqua V. Les Élues sont des femelles au service de la Vierge Scribe qui vivent de l'Autre Côté. Ce sont elles qui donnent leurs veines aux guerriers qui n'ont pas de compagne en titre.

Butch aurait voulu en savoir plus, mais ils étaient arrivés à la Piaule. V poussa la porte et s'effaça pour le laisser entrer. Sur le canapé en cuir du salon, attendait une magnifique blonde. Elle ressemblait un peu à Marissa, quoiqu'encore plus éthérée que la Princesse. La jeune femme semblait complètement déplacée dans ce décor viril, comme un ange égaré sur terre.

À leur entrée, elle se leva gracieusement et adressa un sourire très doux à Butch. Il déglutit péniblement. Elle semblait tellement... fragile. Sa voix, mélodieuse et suave, porta doucement jusqu'à lui.

_Bonjour, guerrier. Mon nom est Elana. Je suis ici pour vous servir.

Disant cela, elle avait relevé sa manche pour présenter son poignet gracile à Butch, comme si elle attendait son approbation. La peau, presque transparente, en était si fine, qu'on voyait nettement le délicat réseau de veines courir en dessous. Une soudaine urgence assaillit Butch, le besoin pressant d'enfoncer ses crocs dans ce bras délicat pour recueillir son sang. Ses canines émergèrent.

Merde, qu'est-ce qui était censé se passer ? Il savait qu'il avait besoin de ça, mais n'était absolument pas certain de vouloir le faire. Il se tourna vers V, paniqué.

_V, je...

_Tu dois le faire, Cop, l'encouragea l'autre homme. Le sang est une nécessité pour nous. Encore plus dans ton état. Tu es affaibli par ta transition.

_Mais tu m'as donné ton sang hier ! Ça ne suffit pas ?

Un éclair de pure douleur traversa le regard pâle.

_Non, Cop, ça ne peut pas suffire. Tu dois prendre le sang d'une femelle. C'est déjà un miracle que tu aies pu utiliser le mien pour ta transition.

_Ce n'est pas censé se passer comme ça ? s'étonna Butch.

_Les mâles boivent à la veine des femelles et inversement. Si je n'avais pas eu cette vision, ça ne me serait même pas venu à l'idée d'essayer de te changer avec mon sang. La transition est une étape très dangereuse, beaucoup de vampires n'y survivent pas, a fortiori quand ça arrive à l'âge adulte. Au moins un de tes ancêtres devait appartenir à une lignée très puissante. Mon sang aura réveillé ce qui dormait en toi, ou que sais-je d'autre. Mais maintenant, tu dois te nourrir et l'Élue est là pour ça.

_Alors, c'est leur rôle ? Servir de banque du sang aux vampires célibataires ? ironisa Butch.

_Elles servent aussi les guerriers dont la shellane est humaine, comme Rhage et Mary.

_La shellane, tu veux dire leur femme ?

_Hum, si tu veux... Si ce n'est qu'une union est sacrée pour nous. Celle d'un Frère est bénie par la Vierge Scribe. Enfin de toute façon...

V s'interrompit avec un geste vague, visiblement peu désireux de poursuivre. Mais Butch était curieux et voulait savoir ce qu'il avait voulu dire.

_De toute façon ?

_De toute façon, une fois un mâle dédié, uni ou pas, il est foutu... termina V avec un rire cynique que lui seul paru comprendre.

_Et si la femelle n'est pas d'accord ?

À ces mots, V arbora de nouveau une expression de douleur à vif, vite étouffée. Butch se demanda ce que cette conversation évoquait pour son ami. Une gonzesse aurait-elle refusé de s'unir à V ?

Ce dernier répondit d'un ton amer.

_C'est la merde...

V prit une grande inspiration, comme s'il cherchait ses mots, et poussa un soupir résigné avant de poursuivre.

_Cop, tu dois bien comprendre une chose : même si nous ressemblons à des humains, certaines de nos particularités font que nous sommes bien plus proches des animaux. La soif de sang et l'instinct de possession te pousseront à te jeter à la gorge de ta femelle, à la marquer comme tienne aux yeux de tous. Quand tu trouveras ta compagne, tu comprendras que rien n'est plus dangereux qu'un mâle dédié.

Devant le silence dubitatif de Butch, V conclut :

_Tu n'y pourras rien, c'est l'instinct qui prendra le dessus. Mais tu n'en es pas encore là. Tu apprendras. Comme nous tous... En attendant, tu dois boire...

Les paroles de V tournaient dans la tête de Butch. Il comprenait qu'à un certain niveau tout était lié : le sang, le désir, la possession, le sexe. Son instinct lui soufflait que cela finirait par se confondre en un tout cohérent. Mais le moment n'était pas venu et l'Élue les attendait. Elle n'avait pas interrompu leur conversation et un sourire bienveillant étirait ses lèvres.

Butch se secoua en entendant V s'éloigner. Il était en train de se diriger vers la porte de la Piaule. Un brusque élan de panique submergea le flic.

_Heu, mec, tu vas pas me laisser là, hein ?

V ralentit à peine pour lui répondre, comme s'il était vraiment pressé de se tirer.

_Tu veux que je te prenne par la main ou quoi, Cop ?

_J'ai juste pas la moindre idée de ce que je suis censé faire, sombre connard !

V se retint de lui rappeler que, la veille, Butch n'avait eu besoin de personne pour trouver comment faire. Sa gorge portait encore les marques de leur frénésie. Enfin, elles commençaient déjà à s'effacer et ça le faisait bien chier. Après tout, une fois que sa peau cicatrisée, quelle preuve lui resterait-il que la soirée précédente n'avait pas été le fruit de son imagination ? Sauf que ce n'était pas un sujet à mettre sur le tapis maintenant. V était déjà assez en rogne à l'idée de laisser Butch seul avec l'Élue.

Depuis leur arrivée à la Piaule, il devait se contenir pour ne pas tout ravager dans la pièce. Ce n'était pas passé loin lorsqu'elle avait tendu son bras au flic, mais il s'était accroché de toutes ses forces aux lambeaux de son contrôle, serrant la mâchoire à s'en péter les dents.

Peu habitué à l'acuité de ses nouveaux sens, Butch n'avait rien repéré. Pour autant, l'état de nerfs de V n'avait pas échappé à l'Élue. Elle avait conservé un masque serein, mais les battements de son cœur s'étaient accélérés. La frêle créature avait peur, et elle n'avait pas tort.

V savait ce qui allait arriver lorsque Butch prendrait son sang : l'inévitable excitation. Et à en croire le regard appréciateur que la femelle portait sur le flic, elle n'aurait rien contre offrir un peu plus que sa veine. L'image de l'Élue se tordant de plaisir sous les assauts de Butch remplissait V de douleur et de colère.

Son flic était complètement désemparé face à la situation, mais lui-même était incapable d'assister à la scène et de garder son contrôle. Il crevait d'envie d'éjecter la femelle manu militari et de marquer Butch comme sien.

Comme la nuit dernière, sa fragrance de mâle dédié monta en lui, manquant d'exploser sous sa peau. La retenir fut un vrai supplice. Alors il préféra reprendre la parole pour se détourner de cette inquiétante obsession. Il aurait tout le temps d'analyser ça plus tard, en éventrant quelques sacs de sable... ou une douzaine de lessers.

_Cop c'est pas vraiment le genre de chose qui se pratique en groupe, à moins que tu n'aies un faible pour l'exhib...

_Comment ça ?

V haussa un sourcil, visiblement agacé pas l'ingénuité de son interlocuteur.

Putain, pensa Butch, furieux, qu'est-ce qui est censé se passer avec cette histoire de sang ?

Il n'avait bu que celui de V et... Les sensations qui l'avaient envahi la veille affluèrent de nouveau, en même temps que les souvenirs de ce qu'il avait fait ensemble. Il rougit violemment.

_Ah, tu veux dire que ça fait... ça, heu... à chaque fois ? Bafouilla-t-il. Avec... n'importe qui ?

V hocha la tête, l'air de plus en plus fermé. Il était déjà difficile à déchiffrer d'ordinaire, mais à cet instant, il était complètement impénétrable. Est-ce que V lui en voulait de ce qui s'était passé entre eux la veille ? se demanda Butch. Pourtant, sur le moment, il avait eu l'air d'apprécier.

Butch se souvenait très bien de la chaleur du sexe de V tressautant dans sa main. Ou alors tout ça n'était arrivé qu'à cause de l'échange de leurs sangs et V préférait désormais éviter complètement le sujet ? Butch se demanda s'il devait se sentir rassuré de n'avoir sauté sur un mec que sous l'effet presque hypnotisant de son hémoglobine, ou s'il était déçu de l'attitude de V...

Il secoua la tête. Un bon catholique irlandais ne pouvait pas être déçu de se trouver une excuse toute prête pour s'expliquer son attirance envers un autre homme, non ?

Tout à ses pensées, il ne vit pas que V en profitait pour s'éclipser. Quand la porte se referma, il était déjà trop tard. Butch était seul, face à l'Élue qui lui souriait, toujours muette. Super... Sa nouvelle vie commençait à merveille !

Il était censé planter ses crocs dans le bras d'une fille qui devait s'envoler au premier coup de vent et il n'avait pas la moindre idée du protocole dans ce genre de situation. Il allait sûrement enfreindre une douzaine de règles sacrées et, pour couronner le tout, le seul enfoiré susceptible de le renseigner venait de se carapater.

Bon, autant commencer par le commencement, pensa-t-il, désabusé.

Si la fille se mettait à hurler, il serait toujours temps d'aviser.

_Heu, salut. Moi, c'est Butch, je suis nouveau ici...

L'Élue lui répondit par un nouveau sourire de nymphe.

Épatant...

Vraiment...

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