Chapitre 4
Argent comptant de différents pays, passeports aux divers noms, vêtements de rechange, items de toilette, téléphones jetables, cartes des différents états à proximité, kit de survie, ordinateur, clés... J'en entassais rapidement une grande partie dans un sac de voyage, tout en mettant les éléments les plus essentiels dans un sac à bandoulière qui n'allait désormais plus me quitter. Aiden était assis sur le lit, serrant son lion en peluche et suivant des yeux chacun de mes gestes.
- Aiden, avant de partir, je veux que tu ailles au toilette, d'accord?
Hochant la tête, il continua à me fixer de ses grands yeux noisette.
- Je veux dire maintenant!
- Ooooh!
Glissant du lit, l'enfant vint se placer à mes côtés et glissa sa main dans la mienne. Son visage était levé vers moi, en attente de quelque chose. L'interrogeant, sa réponse me fit rougir de gêne: il ne savait pas où était la toilette.
- Évidemment, tu n'es jamais venu ici, comment pourrais-tu savoir, marmonnais-je pour moi-même.
Je me sentis idiote de ne pas avoir considérer cet aspect.
- Tu es fâché? Me demanda-t-il, son regard exprimant une vive inquiétude.
- Non! Bien sûr que non. C'est ma faute.
Esquissant un sourire, je serrai légèrement sa main et l'entraînai vers la salle de bain. J'avais beau afficher un grand calme, à l'intérieur de moi, mon esprit s'affolait et me culpabilisait d'avoir pris la responsabilité d'un enfant dont j'étais visiblement incapable de m'occuper. Je n'avais jamais réellement donné de l'importance aux gens de mon piètre entourage, encore moins voulu prendre soin d'eux. C'était la première fois que je ressentais ce besoin et je n'étais pas certaine d'être à la hauteur. J'espérais tout de même avoir pris la bonne décision, car, si ce n'était pas le cas, je ne me le pardonnerais jamais.
*****
Après m'être changée et avoir grappillé quelques trucs à manger, nous avions rapidement pris la direction du deuxième sous-sol. J'avais pris soin de mettre une veste me permettant de dissimuler mon visage sous un capuchon et j'avais fait de même pour le petit garçon qui m'accompagnait. Il me semblait descendre les escaliers à la même vitesse que Bolt lorsqu'il avait battu le record mondial de vitesse malgré le poids d'Aiden dans mes bras. En effet, des membres de l'Agence n'allaient pas tarder à débarquer afin de me questionner sur cette façon inhabituelle de clôturer une mission et mon départ plus que soupçonneux. Après avoir vu et fait ce genre d'entrevue, la dernière chose que je souhaitais était d'en subir une. Enfin, que nous en subissions une...
Ouvrant la porte du sous-sol à la volée, je me dirigeai d'un pas rapide vers le fond du stationnement, dépassant sciemment, et avec un petit pincement au cœur, ma magnifique Audi. Là, cachée sous une bâche grise croulant sous la poussière, se trouvait une Honda 2007 dont je ne me rappelais même plus le modèle et que j'avais acquise grâce à un de mes nombreux comptes bancaires anonymes. J'espérai avoir de cette façon la certitude que nous ne serions pas suivi, du moins, pas immédiatement.
Lorsque je ne fus plus qu'à quelques mètres de l'engin, je ralentis le pas, puis finis par complètement m'arrêter afin d'évaluer la présence d'une menace imminente. Ne décelant rien d'anormal, je déposai Aiden au sol et lui ordonnai de ne pas bouger. Je sortis de la poche de ma veste les clefs de la voiture et pesai sur le bouton d'ouverture automatique des portes. J'attendis quelques secondes, avant de répéter le même manège avec le démarrage automatique. Quelque peu rassurée, je repris ma route et m'arrêtai sur le côté de la voiture dissimulée, arrachant au passage la bâche se situant sur celle-ci. Me couchant, je regardai sous celle-ci. Je voulais éviter tout risque, même si une bombe ne faisait pas partie des manières conventionnelles de l'Agence pour éliminer des gens. J'allai même vérifier sous le capot la présence d'un engin non identifié, mais tout était normal. Cette option écartée, je retournai chercher Aiden et ouvrai la portière du siège passager. Je savais que ce n'était ni prudent, ni légal, mais je n'avais pas de banc pour enfant de toute façon et je voulais garder Aiden à proximité au cas où nous aurions à nous enfuir rapidement. L'y installant et déposant à ses pieds nos maigres effets, je verrouillai et fermai rapidement sa porte avant de me diriger vers la mienne. Nos ceintures bouclées, je partis dans un crissement de pneus.
Nous n'avions même pas fait 15 minutes de voyage que l'enfer commença. Quelques minutes après notre sortie du parking souterrain, j'avais remarqué que l'image d'une berline noire revenait sans cesse dans mon rétroviseur. J'avais appris à ne pas croire aux coïncidences, alors j'avais commencé à accélérer et à prendre différents tournants sans réel fil conducteur. La sombre voiture faisant sans cesse son apparition, je n'eus plus aucun doute: nous étions suivis.
- Merde!
- Eeh! C'est un méchant mot! Me lança Aiden, me faisant immédiatement sentir coupable.
- C'est vrai, excuse-moi.
J'étais accompagnée d'un enfant, je ne pouvais pas dire ce que je voulais, tout comme faire tout ce qui me passait par la tête. Pour la première fois depuis le début de cette aventure, je me demandai si j'allais pouvoir nous défendre. Je ne pouvais pas réellement me battre avec un enfant dans les bras et l'idée de tuer quelqu'un devant ses yeux m'horrifiait.
Décidant que j'aurais le temps nécessaire pour être désespérée plus tard, je revins au présent. La berline semblait avoir compris que je l'avais repérée, car elle s'était rapprochée de nous. Marmonnant un juron, je pesai sur l'accélérateur et commençait à louvoyer entre les voitures. Malgré cela, je pouvais toujours apercevoir la voiture ennemie nous suivre de près. Tentant de la semer, je pris quelques virages abrupts, mais cela ne servit à rien. L'engin finissait par revenir dans mon champ de vision au bout de quelques instants. Elle réussit même à nous rattraper, roulant à notre hauteur.
Mes différentes tentatives pour la distancer furent vaines et peu de temps passa avant qu'elle ne tente de m'arrêter. Voyant que je ne coopérai pas, les occupants de la berline commencèrent à faire ce qu'on voit dans tous les films d'action: ils cherchèrent à me pousser hors de la route. Le premier coup fut brutal et nous envoya dans la voie inverse. Nous ramenant d'un coup de volant dans la voie de droite, je jetai un coup d'œil à Aiden. Le pauvre enfant s'était mis à pleurer et affichait une expression terrifiée. Je sentis ma gorge se serrer. Ce n'était tellement pas ce que j'avais voulu pour lui... Nous subîmes deux autres coups, le dernier me demandant beaucoup plus d'efforts afin d'éviter les voitures klaxonnantes roulant en sens inverse. J'y perdis même quelques bouts de mon pare-chocs et de ma portière au passage. Je tentai alors le tout pour le tout. Arrivant à une intersection, je commençai un rapide demi-tour. J'étais sur le point de l'achever lorsque tout bascula. Nous fûmes frappés par un véhicule provenant du croisement, celui-ci nous envoyant nous écraser dans le rez-de-chaussée d'un immeuble. Le choc fut si violent que je perdis immédiatement connaissance.
*****
Souffrance. Obscurité. Souffrance. Souffrance. Obscurité. Souffrance. Aiden.
Cette dernière pensée me permit d'émerger difficilement de cet océan de ténèbres. Je soulevai lentement les paupières, mais ne vis rien. Cependant, j'entendis un cri, provenant d'une voix qui m'était déjà familière. Aiden était en danger. Je devais me relever et aller le sauver. Cependant, ma tentative de bouger mes membres fut vaine et m'apporta tant de douleur que je sombrai à nouveau dans un tourbillon de noirceur.
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Bonjour!
Comme promis, voilà le nouveau chapitre. J'espère qu'il vous plaira et n'hésitez pas à me donner vos amis et commentaires.
À bientôt!
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