Chapitre 2


Tirant sur les menottes emprisonnant mes poignets, je regardai l'homme s'approcher de la table sur laquelle j'étais emprisonnée. Je savais que ce n'était pas réel, mais je ne pus m'empêcher de tirer plus fortement sur mes liens. Couchée sur la table, j'étais à la merci de cet être qui ne pouvait exister. Il était mort, comme en témoignait le trou dans sa poitrine d'où s'échappait du sang. Je l'avais moi-même tué! Malgré mes tentatives pour me raisonner, la peur me prenait au ventre.

- Tyra... Comme on se retrouve... Tu ne t'attendais pas à me revoir, pas vrai? Eh bien, c'est ce qui arrive quand on est un assassin, UN MONSTRE! dit l'homme, terminant sa phrase en hurlant.

-NON! Criai-je. Tu es mort, tu n'es rien, tu...

Je ne pus finir ma phrase, car un couteau s'enfonça dans ma chair et m'arracha un cri. Celui-ci arrivait à peine à sa fin que mon bourreau m'entaillait une autre parcelle de peau. Le supplice continua durant ce qui me parut une éternité. Les larmes et la douleur m'aveuglaient et, clignant des yeux, je vis l'homme disparaître. Un autre battement de cils et une femme apparut. Ses longs cheveux blonds lisses contrastaient avec sa robe tâchée de sang provenant d'une longue estafilade sur son cou. Son sourire étincelait autant que son couteau en inox immaculé. S'approchant de moi, elle se plaça sur ma droite. La voyant lever le bras tenant l'arme tranchante, je fermai les yeux et attendis la fin de mon existence. Je les rouvris cependant quelques secondes plus tard, l'odeur métallique du sang ayant disparu et m'indiquant que j'avais changé de décor. J'étais toujours attachée, mais, cette fois-ci, mes poignets, tout comme mes chevilles, étaient liés à un lit. Un courant d'air m'indiqua que j'étais nue. Prise de panique, je fermai les yeux et me concentrai de toutes mes forces pour me réveiller. Je ne voulais pas revivre ça. Tout, mais pas ça. Cependant, quand je rouvris les yeux, il était devant moi, me fixant de ses yeux sombres et froids, un sourire carnassier étirant ses lèvres. Je hurlai, mon cri déchirant mes cordes vocales.

Je me redressai dans mon lit le souffle court et en sueur. Ma gorge me faisait mal à force d'avoir criée. Avant d'emménager ici, j'avais tenu à ce que les murs soient insonorisés pour cette raison. Je ne pouvais contrôler mes cauchemars et leurs effets sur moi, donc j'étais obligé de cacher cette faiblesse du mieux que je pouvais. Tournant la tête vers mon réveil, j'aperçus l'heure. 3h36. Je n'avais dormi que deux heures, mais je savais que je ne pourrais me rendormir. Enfin, j'aurais peut-être été capable de me rendormir, mais il était certain que j'aurais cauchemardé encore une fois et au vu de rêve de cette nuit, je préférais éviter de répéter l'expérience.

Soupirant, je m'immobilisai un instant. Quand je fus sure d'être seule dans l'appartement, je me baissai pour prendre mon ordinateur portable et vérifiai en passant qu'un de mes revolvers était toujours caché dans la monture du lit. Ouvrant mon outil technologique, je cliquai sur mon programme de surveillance. Ne trouvant pas d'anomalies dans les vidéos et les multiples détecteurs, je fermai mon ordinateur et me levai. Ouvrant mon placard, je fouillai dans mon sac de sport rempli et troquai ma camisole et mes leggings contre un survêtement gris. Je sortis de la chambre. J'avais pris l'habitude d'aller courir lors de mes insomnies. Ça m'aidait à passer le temps et à me réveiller pour le reste de la journée. Parfois, j'en profitais pour aller me promener dans les parcs alentours ou prendre un déjeuner dans les cafés du coin. Ainsi, je mis mes clés et mon portefeuille dans ma poche, vérifiai que mon poignard était toujours dans le brassard sur mon avant-bras droit et sortis.

*****

Tous les jours se ressemblaient pour moi. La journée d'aujourd'hui se passa de la même façon que la précédente dans mon esprit. Après les cauchemars, la course, déjeuner, aller à l'école et cuisiner, j'étais de retour à l'Agence, assise dans une foutu salle. Je me demandais souvent pourquoi ils n'évoluaient pas en communiquant avec nous à l'aide de messages codés. Ils voulaient sûrement pouvoir nous surveiller de près sans trop dépenser d'argent. Comme de gros chiens, pensai-je amèrement. Nous ne sommes rien de plus que des armes à leur service. Je réprimai par contre ses pensées dangereuses et me concentrai sur l'explication de la mission d'aujourd'hui. J'étais seule sur celle-ci. Je devais m'introduire dans une maison de Larchmont et tuer tous ses occupants. L'Agence s'occuperait par la suite du nettoyage, comme d'habitude. Lorsqu'ils montrèrent des images et informations sur les cibles, je n'y jetai qu'un bref coup d'œil, me tenant à ma règle fondamentale: ne pas regarder leurs visages.

00:40. Je me trouvais en face de la maison. Étonnamment, celle-ci était plutôt sobre et de petite taille, si on comparait avec les immenses bâtisses qu'on pouvait retrouver dans ce quartier longeant la baie. La maison était blanche avec des bardeaux gris. De grandes fenêtres séparées en trois se trouvaient de chaque côté de la grande porte en bois. Deux autres de même envergure et séparées par une plus petite fenêtre se trouvaient juste au-dessus, au premier étage. La nuit plongeait dans le noir les environs malgré les lampadaires, mais j'avais eu le temps de mémoriser un plan des alentours et de la maison. Après avoir attendu quelques minutes de plus, je sortis de derrière l'arbre duquel j'observais la maisonnée. Je n'avais perçu aucun mouvement et me dirigeai donc vers celle-ci. Je fis le tour du terrain en m'appliquant à rester dans l'ombre et arrivai à une entrée secondaire sur le côté gauche de la maison. Je sortis de ma poche un petit boitier. L'ouvrant, je désenroulai un fil et le connectai du boitier au clavier du système d'alarme. Je pianotai un peu sur mon appareil et quelques secondes plus tard, j'entendis le déclic familier annonçant que le système était désarmé. Je pénétrai silencieusement dans la bâtisse. Au fil du temps, j'avais appris à marcher sans bruit sur toutes les sortes de plancher. Je traversai donc rapidement les différentes salles avant d'arriver devant un grand escalier. Sortant un petit pistolet affublé d'un silencieux, je gravis les marches, à l'affût du moindre son. J'arrivai rapidement au premier étage, devant un couloir se séparant en deux parties, chacune d'un côté de mon corps. Je pris le passage à ma gauche et fis quelques pas avant de m'arrêter face à une grande porte. Je tournai lentement la poignée et entrouvris le portique. Je restai sur place un instant, m'assurant que tout était encore calme. J'ouvris un peu plus la porte et mon regard se porta sur le lit en face de moi. Deux formes pouvaient s'y deviner. Prenant mon arme à deux mains, je la levai lentement et visai. Le silence ne se brisa que par le son subtil des deux balles fendant l'air. J'allais m'approcher du lit pour vérifier l'état de mes victimes lorsque je perçus un léger bruit derrière moi. Merde! Comment j'ai pu ne rien entendre! Je me retournai lentement, passablement étonnée que la personne derrière moi ne me dise rien. Cependant, quand je fis face à cette dernière, je me figeai.

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Bon, ce chapitre n'est pas très long, mais j'espère qu'il va vous plaire. Donnez moi votre avis :D

P.S.: merci pour les 45 vues!!!! 

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