Chapitre 41 : Première garde

Coucou ! Voici la suite des aventures de notre tout nouveau gardien de nuit. Qu'est-ce qui pourrait mal se passer ?

https://youtu.be/tdcxIGWALOs

Chapitre 41 : Première garde

William ne s'était jamais senti aussi nerveux de toute sa vie, pas même lorsqu'il avait passé son examen de robotique, il y avait quelques années. Installé dans le fauteuil de garde, il regardait avec angoisse les minutes qui défilaient sur le moniteur. Il faisait noir, seul l'écran des caméras lui apportait une faible luminosité. Il détestait chaque seconde passée sur ce maudit fauteuil de cuir. Qu'est-ce qui lui avait pris d'accepter de remplacer Henry ? De l'orgueil mal placée ? Il faisait beaucoup moins le fier maintenant qu'il s'y trouvait pour de vrai. Il y avait une sacrée différence entre regarder les enregistrements le matin et les vivre pour de vrai.

Au loin, une église sonna les douze coups de minuit. William prit une grande inspiration. Le grand spectacle nocturne de Freddy Fazbear's Pizza pouvait commencer. Pendant une heure, il ne se passa absolument rien. Penché sur l'écran, William allait d'une caméra à une autre frénétiquement, terrifié à l'idée de repérer ne serait-ce qu'un mouvement. Il aurait tout donné pour espérer que les robots qui bougent seuls la nuit ne soit qu'une vaste blague. Malheureusement, ce n'était pas le cas.

A deux heures du matin, une lumière étrange attira son attention dans la salle où étaient enfermés les vieux modèles. Foxy s'était assis, son unique oeil brillant d'une lumière blanche surnaturelle. William retint son souffle alors qu'il se redressait comme s'il sortait d'un long sommeil. Il se dirigea vers Freddy d'un pas mécanique et le secoua légèrement. Les yeux de l'ours clignotèrent avant de s'allumer à leur tour. Chica et Bonnie ne tardèrent pas à en faire de même. Fasciné par le phénomène, William ne parvint pas à détacher son regard du moniteur... En tout cas jusqu'à entendre un bruit mécanique. Il sursauta et releva la tête.

A l'entrée du bureau, flottant quelques centimètres au-dessus du sol, la Marionnette l'observait, la tête légèrement penchée sur le côté. William bondit en arrière et tomba de sa chaise. Il recula contre le mur et lui adressa un regard paniqué.

"Reste... Reste là ! Ne m'approche pas !"

Elle ne dit rien et ne bougea pas non plus. Elle se contenta de regarder autour d'elle avec inquiétude, comme si elle redoutait quelque chose... Ou quelqu'un. Il n'eut pas de mal à comprendre qui lorsque derrière lui se matérialisa un gigantesque ours doré translucide. Il se jeta sur lui dans un grognement métallique... Mais lui passa au travers. Au moins aussi surpris que William, l'ours regarda ses mains avec colère, avant de relever la tête vers lui. Le gérant, cependant, ne compta pas simplement rester là à attendre que sa chance tourne. Il se remit sur ses jambes et courut à en perdre haleine vers le hall du restaurant. Ses pieds se prirent dans un seau que cet abruti de Jeremy avait oublié là et il s'écrasa au sol dans un boucan de tous les diables. Immédiatement derrière lui, la porte des coulisses tomba de nouveau au sol. Freddy, qui en était l'origine, se figea net en le découvrant couché au sol. Ses yeux virèrent au rouge et il s'avança vers lui, visiblement pas pour jouer.

Paniqué, William recula pour lui échapper. Il attrapa le seau et lui lança à la figure. Il contenait encore un peu d'eau qui produisit un grésillement désagréable au contact des circuits du robot. Malheureusement, cela ne l'arrêta pas. Et même si ça avait été le cas, ses copains sortaient eux aussi de la pièce. Il devait trouver un endroit où se planquer, et vite. Il se releva, mais Golden Freddy lui bloqua une nouvelle fois le passage.

Tuez-le ! ordonna l'ours mentalement. Il ne faut pas qu'il s'échappe ! Foxy !

Le renard passa à toute vitesse devant Freddy. William écarquilla les yeux, choqué par sa rapidité, et partit en courant, droit devant lui. Il traversa Golden Freddy et traça vers la salle principale. Les pas mécaniques continuaient de se rapprocher derrière lui, beaucoup trop proche. Un coup de crochet entailla largement sa chemise mauve, mais fit perdre l'équilibre à son porteur, pas conçu pour courir des marathons. William se réfugia derrière la scène des Toys Animatroniques, avant d'avoir un éclair de génie et de s'agripper au faux plafond en prenant de l'élan sur un tabouret abandonné. Il se hissa rapidement à l'intérieur et referma la plaque. Jusqu'à preuve du contraire, les robots ne pouvaient pas sauter pour le rejoindre. Les robots le suivirent néanmoins à l'intérieur. A travers la plaque entrouverte, il put clairement voir le chapeau de Freddy, quelques centimètres plus bas.

"Où est-ce qu'il est ? demanda l'ours."

William retint son souffle. C'était la première fois qu'il les entendaient parler. Au-dessus de leur voix robotique, une autre était superposée, plus enfantine, comme un écho. S'il avait encore des doutes vis à vis de qui se trouvait dans le costume, ils venaient d'être dissipés. Freddy tourna plusieurs fois sur lui-même, comme si cela allait régler le problème. Chica et Bonnie entrèrent à sa suite.

"Il ne peut pas être bien loin, répondit le lapin. On l'a tous vu rentrer ici. Il doit se cacher.

— Ou alors c'est peut-être un magicien, ajouta Chica. Après tout, il a réussi à passer à travers Golden Freddy.

— On te l'a déjà expliqué, Chica, rétorqua Bonnie. Golden Freddy n'a plus de corps parce qu'on a enfermé l'autre dedans et maintenant il est cassé. Je crois qu'il n'est pas très content, il n'a pas arrêté de dire des gros mots dans le couloir."

Ainsi, Golden Freddy ne parlait que mentalement et pouvait matérialiser son propre corps ? C'était une information importante à noter. Il se rendait de plus en plus compte qu'il ne connaissait au final que peu de choses sur ses "sujets". Henry en savait-il plus que lui ? La pensée l'avait déjà effleuré, mais il n'avait jamais trouvé de preuves concrètes pour le prouver. Pas assez de temps, et surtout absolument pas l'envie de passer une minute de plus ici. Était-ce pour cette raison que Henry avait tenu à prendre le travail de garde de nuit ? Sa curiosité l'avait sans doute poussé à se mettre trop en danger et il l'avait payé cher.

"Si ce n'est pas un magicien, continua Chica, de mauvaise foi, alors comment vous expliquez qu'il a réussi à se volatiliser ? La pièce est fermée, il n'y a aucune autre porte.

— Il se cache, répondit Bonnie. La magie, ça n'existe pas. Ma maman me l'a dit.

— Comment tu expliques qu'on soit coincé dans des robots alors ? se moqua la poule jaune.

— Je ne sais pas, mais ce n'est pas possible que ce soit de la magie. Maman, c'est une maman, et tout le monde sait que les mamans ne mentent jamais."

Elle ne trouva rien à répondre à cet argument. Foxy, la Marionnette et Golden Freddy rejoignirent la petite troupe dans la pièce. La Marionnette n'avait pas l'air contente. Bien sûr, cela ne se voyait pas spécialement sur son visage, désespérément neutre et inexpressif, mais William le sentait, d'une certaine manière. Il n'aurait pas su expliquer le phénomène, ses sentiments s'étalaient autour d'elle comme une sorte d'aura. C'était la même chose pour son acolyte ours doré. Peut-être qu'à cause de leur décès plus ancien, ils avaient développé des capacités psychiques plus importantes ? Cela expliquerait entre autres pourquoi la Marionnette était capable de voler, ou comment Georges manipulait des machines à café à l'hôpital. Dans tous les cas, c'était inquiétant. Les autres développeraient-ils des pouvoirs similaires en "vieillissant" ? La situation pourrait rapidement devenir hors de contrôle si cela se produisait. Il allait devoir en discuter avec Henry à son réveil. S'il se réveillait, songea-t-il amèrement.

Vous êtes tous irresponsables, grogna une voix féminine dans leurs esprits, et le sien. Ce n'est pas un jeu. Quand on tue quelqu'un, c'est pour de vrai ! En quoi est-ce que cela vous rend meilleur que lui ? Je ne comprends pas pourquoi vous tenez tant à vous venger. Je pensais avoir été claire après ce qui s'est passé avec mon père. On ne peut plus continuer comme ça ! Vous avez les uns les autres pour parler quand vous vous sentez mal, pourquoi vous sentez-vous obligés d'en arriver à chaque fois au meurtre ? Vous n'êtes pas des robots ! Vous êtes des enfants !

Comme s'ils allaient t'écouter, répondit Golden Freddy. Regarde la vérité en face, Charlie. Si on est coincés ici, c'est parce qu'ils sont vivants et qu'on ne peut pas passer à autre chose ! On ne peut pas rester ici éternellement. Je ne compte pas rester ici éternellement. Ce n'est pas notre place ! On est morts, on devrait avoir le droit de trouver le repos, mais on ne le peut pas à cause de lui. A cause de ton père. Si les tuer est la seule solution, alors je continuerais à essayer jusqu'à ce qu'on y arrive. Tu n'es pas notre chef, Charlie.

Les autres robots, mal à l'aise, se rapprochèrent les uns des autres pour se rassurer. William ne ratait pas une miette de leur échange. Des tensions étaient en train de fissurer le groupe, ça ne pouvait pas être bon. Il se sentait cependant reconnaissant d'avoir au moins un des robots de son côté, certes, en colère, mais sans envie de meurtre. Peut-être avait-elle simplement voulu parler plutôt dans le bureau de garde ? Il ne savait même pas ce qu'il pourrait lui dire.

"Je... Je pense que Charlie a raison, intervint Chica d'une petite voix. On a tous foncé dans le tas sans réfléchir, mais moi, je ne veux faire de mal à personne. Ce qu'on a fait au papa de Charlie, c'était mal.

— Tu es juste une poule mouillée, répliqua Bonnie. Je ne veux pas non plus rester ici, je n'aime pas cet endroit. J'ai peur et je veux juste rentrer à la maison. S'il n'y a pas d'autre choix, je ne vois pas pourquoi on devrait se sentir coupable après ce que lui nous a fait.

— Il a raison, approuva Freddy. Je suis désolé, Charlie, mais il n'y a pas d'autre solution. On doit lui faire payer ce qu'il a fait."

La Marionnette parut abattue par leur monologue. Elle se tourna vers Foxy. Le renard se frotta le bras avec son crochet, mal à l'aise.

"Je m'en fiche, finit-il par dire. Je ne pense pas qu'on doit rester ici, mais je ne pense pas que le tuer soit la bonne solution non plus. On a déjà essayé avec Henry, et pourtant on est toujours là. Peut-être qu'on ne peut tout simplement pas partir d'ici. Peut-être que leur mort ne résoudra rien. En tout cas, si vous voulez le tuer, débrouillez-vous tous seuls. Je n'aime pas cette idée."

Elle le remercia d'un signe de tête. Trois contre trois. Les choses se corsaient. William aurait presque trouvé la situation amusante si sa survie n'était pas l'enjeu de ce dilemme. Ces enfants avaient des conversations bien sérieuses pour leur âge. Peut-être que c'était vrai : la mort changeait les gens, même les plus innocents d'entre eux.

En attendant, la situation restait la même : ils étaient tous en bas et il était toujours coincé en haut. Sa position inconfortable commençait également à le déranger. Il essayait de ne pas bouger pour éviter un bruit trop suspect, mais il peinait à se maintenir correctement. Il regarda autour de lui. Le faux plafond recouvrait l'intégralité de la salle et du hall d'accueil. S'il parvenait à atteindre la porte avant les robots, il aurait peut-être le temps nécessaire pour la déverrouiller et s'enfuir d'ici. Lentement, il glissa son genou sur une des barres de fer pour essayer de se mettre à quatre pattes. Dès qu'il posa du poids dessus, un des carreaux du faux plafond se décrocha et tomba entre les robots. Six têtes se relevèrent immédiatement dans sa direction.

"Oh et puis merde ! cria William."

Il se redressa à quatre pattes et partit en courant dans la direction approximative de la porte. Il entendit Freddy crier derrière lui. Golden Freddy tenta de le ralentir en faisant apparaître plusieurs fois son corps devant lui, en vain. William l'ignora et atteignit bientôt le mur. Il donna un coup de pied dans le plafond, puis se laissa tomber. Il se réceptionna douloureusement sur les genoux, juste devant la porte. Ne croyant pas à sa chance, il fouilla frénétiquement ses poches jusqu'à trouver sa clé. Derrière lui, les pas des robots se rapprochaient dangereusement. Il ouvrit la porte, sortit et la referma immédiatement derrière lui, à clé. Derrière la vitre, Freddy le regardait, frustré. L'ours tapa contre la porte, mais celle-ci était bien plus solide que celle de la pièce où il était censé être enfermé. Le gérant s'éloigna sans demander son reste vers sa voiture, où il comptait bien passer la nuit. Il devrait simplement faire attention d'arriver avant Scott pour réparer les dégâts et effacer les caméras. Il avait un plan pour le lendemain : transformer le bureau de garde en coffre-fort. Encore fallait-il avoir le matériel à disposition. Avec quelques coups de fil, cela ne devrait pas poser problème.

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