5-Emploi du temps chargé

{PDV CATRA}

Je n'arrivais pas à m'arrêter de rire. Je savais que ce serait amusant, mais pas à ce point-là !

« Continue de rire, méchante tigresse ! » dit-elle en essayant de paraître fâchée.

Cela ne fit qu'accentuer mon hilarité alors qu'elle retournait à sa chaise, le visage rougi de gêne. Peu à peu, mon rire s'éteignit, mais mon sourire resta accroché à mes lèvres jusqu'à ce que je voie Mme Weaver s'approcher de nous d'un pas décidé, le regard sévère.

« Catra, tu fais trop de bruit et tu distrais les autres élèves. Tu auras une retenue après les cours, » me gronda-t-elle, le ton inflexible.

Une retenue ? Le premier jour ? Maman va me tuer...

« Madame Weaver, ce n'est pas la faute de Catra, c'est moi qui suis tombée de ma chaise. C'est moi qui ai été bruyante, » intervint Adora, se plaçant devant moi, comme un bouclier.

Mme Weaver la regarda un instant avant de décider : « Très bien, Adora, tu auras la retenue à sa place. Catra, tu pourras rentrer chez toi à la fin de la journée. »

Je fixai Adora, un mélange de surprise et de reconnaissance dans les yeux. Elle se tourna vers moi avec un sourire soulagé.

« Sauvé de justesse, hein ? » dit-elle avec un clin d'œil.

« Pourquoi tu as pris ma défense ? » demandai-je, encore stupéfaite.

Personne n'a jamais pris le blâme pour moi... alors pourquoi elle ?

« Eh bien, c'était en partie ma faute, et j'ai déjà une retenue aujourd'hui, alors autant en profiter, » répondit-elle en s'asseyant à nouveau.

Je secouai la tête, amusée et incrédule. « T'es tarée, tu viens à peine de me rencontrer . »

Elle rit de nouveau, un son léger et sincère. « Et pourtant, j'ai l'impression de te connaître depuis toujours, » répondit-elle avec un sourire chaleureux.

Je n'avais jamais entendu un rire aussi apaisant. Il y avait quelque chose de réconfortant, presque familier, dans la façon dont elle riait. C'était doux, comme une mélodie qui apaise les tensions.

« Dis, ça te dirait de déjeuner avec moi et mes amis ? » demanda-t-elle soudain.

Je fus prise de court. Personne ne m'avait jamais posé cette question. Pendant une seconde, je ne sus pas quoi répondre, ni même comment réagir.

« Euh, ouais ? »

« Super ! Je suis sûre qu'ils seront ravis de te rencontrer. Je pense que Flèchedor sera le plus enthousiaste, » continua-t-elle en se lançant dans une description animée de ses amis.

Je l'écoutais, une pointe de jalousie au fond du cœur. La manière dont elle parlait si facilement, la façon dont elle défendait les autres, la légèreté avec laquelle elle évoquait ses nombreux amis... tout cela me semblait tellement éloigné de mon propre quotidien.

« Ça va ? » demanda-t-elle soudain, penchant légèrement la tête pour poser son regard doux sur moi.

Ses mots étaient simples, mais ils portaient une chaleur que je n'avais pas l'habitude de recevoir. Une part de moi voulait se fermer, repousser cette amitié naissante, mais une autre part – plus profonde – voulait saisir cette chance, ce petit rayon de soleil qui avait pénétré ma vie.

Je suppose que je suis un peu jalouse d'elle. La manière dont elle parle, dont elle défend les autres. Elle a tant d'amis qui tiennent à elle...

« Eho Catra, ça va ? » demanda-t-elle en posant doucement sa tête sur mon épaule.

« Qu'est-ce que tu fais ? » lui demandai-je, un peu surprise.

« Désolée, je pensais... enfin... »

« Adora, tu peux poser ta tête sur mon épaule si tu veux... » murmurai-je, presque timidement.

Je ne pouvais pas voir sa réaction, mais je savais qu'elle était heureuse. Elle reposa sa tête sur mon épaule, et je sentis une chaleur réconfortante émaner d'elle.

« Tu es si confortable » chuchota-t-elle doucement ce qui me fit rougir.

Elle aussi, son contact réchauffait ma peau, dissipant la froideur qui m'habitait sous ma capuche. Cette proximité, ce lien inattendu, me réchauffait bien plus que je ne l'aurais imaginé.

La sonnerie retentit après un long moment de silence partagé. Je tournai la tête et vis Adora endormie contre mon épaule.

« Adora, réveille-toi, » murmurai-je à son oreille.

« Non, » gémit-elle, en enfouissant son visage dans mon cou.

« Adora ! » insistai-je en chuchotant.

« Chut, Minette tu fais trop de bruit, » dit-elle en se redressant lentement.

« Minette? » la regardai-je, surprise.

« Oui, je vais t'appeler Minette maintenant, » répondit-elle en se levant pour se diriger vers la porte.

« Allez, » ajouta-t-elle en m'attendant pendant que je prenais mon sac à dos.

« Ne prends pas trop tes aises, princesse, » lui lançai-je en lui faisant un clin d'œil.

« C'est tellement ringard, » rit-elle.

« Pas autant que 'minette', » rétorquai-je en lui donnant un léger coup d'épaule.

Je n'avais jamais ressenti cela auparavant... Ce sentiment d'être en compagnie de quelqu'un, de parler avec quelqu'un. Les gens avaient l'habitude de me fermer la porte au nez, mais elle... elle m'a accueillie dans sa vie comme si je n'étais pas un fardeau. Comme si sa vie était baignée par la chaleur du soleil et des cieux toujours cléments.

« Dis, je peux voir ton emploi du temps ? » me demanda-t-elle.

Je fouillai dans mon sac à dos et sortis un morceau de papier que je lui tendis. Elle le prit et l'examina attentivement.

« C'est génial ! » Ses yeux brillèrent d'enthousiasme.

« Qu'est-ce que tu veux dire ? » demandai-je, un peu confuse.

« On a le même emploi du temps ! » s'exclama-t-elle avec joie.

« Ne te colle pas trop à moi, les gens pourraient mal interpréter... » répondis-je en reprenant le papier.

« Ne t'inquiète pas, minette, rien ne m'empêchera d'être près de toi, » sourit-elle.

« Tu es tellement stupide.» ris-je.

« Ouais, ouais, et maintenant, allons trouver ton casier pour que tu puisses y déposer ton sac, » dit-elle en pointant du doigt mon sac à dos.

« Je ne sais pas encore où est mon casier, » soupirai-je.

« Direction le bureau de la principale ! » Elle attrapa ma main et me tira à travers les couloirs de l'école.

Nous nous arrêtâmes devant une porte sur laquelle on pouvait lire le nom de la principale.

« Principal Angelica ? » lus-je à voix haute.

« Oui, ou je devrais dire la maman de Glimmer, » répondit-elle en entrant, avec moi à sa suite.

« Bonjour Principal Angelica, » salua Adora.

« Qu'est-ce que tu as encore fait, Adora ? » soupira la principale en se frottant le front.

Je cachai un sourire derrière ma main en sentant le regard agacé d'Adora.

«Ce n'est pas parce que je viens ici que  j'ai forcément des ennuis, je suis ici pour elle, » dit-elle en me désignant.

« Ah, la nouvelle élève. Catra, n'est-ce pas ? »

« Oui, madame, » répondis-je poliment.

« Que puis-je faire pour vous ? » demanda-t-elle.

« On voulait savoir si vous saviez où se trouve le casier de Catra, » demanda Adora.

« Oh mon dieu, j'ai dû oublier ! Je suis désolée Catra ! Ce n'était pas mon intention, ton casier est ici, » dit-elle en me tendant un papier.

« Merci, » murmurai-je.

« De rien.» répondit-elle avec douceur. « Maintenant, dépêchez-vous, vous êtes déjà en retard pour votre prochain cours, et Adora, tu dois venir me voir cet après-midi, » ajouta-t-elle en désignant Adora.

« Vraiment ? Je pensais que j'en avais fini avec ça, » grogna Adora.

« Adora, viens simplement cet après-midi.» répéta la principale en la fixant.

« Oui, madame, » dit-elle en quittant la pièce.

Je suivis Adora et remarquai qu'elle semblait déprimée. Je ne la connaissais pas encore très bien, mais je sentais que je voulais l'aider.

« Eh, Blondi, ça va ? » demandai-je en posant ma main sur son épaule.

« Je vais manquer un cours, c'est tout» grogna-t-elle.

« Pourquoi ? »

« La Principal est un peu ma thérapeute, » avoua-t-elle en détournant le regard.

« Thérapeute ? »

« Oui, c'est pour mon comportement en classe et mes retenues, » soupira-t-elle.

Je ne pus m'empêcher de rire en voyant son expression.

Je suis contente que ce ne soit rien de grave ou de trop sérieux. J'aurais vraiment été inquiète pour toi.

Nous nous dirigeâmes vers mon casier, et je pus enfin déposer le poids de mon sac à dos.

« Dieu merci, » soupirai-je de soulagement.

« Ça va mieux, hein ? » sourit Adora.

« Oui, effectivement. »

« Maintenant, direction le cours d'histoire ! » dit Adora en pointant le couloir du doigt.

« Comment tu fais pour avoir autant d'énergie ? » demandai-je en fermant mon casier.

« Aucune idée ! » s'exclama-t-elle en riant.

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