Chapitre 6: "Chez moi"


MES YEUX SE FERMÈRENT SUR LE DRAP BLANC.

IL FAISAIT NOIR.

Tout était CALME !

ET POURTANT,

DANS LES COULOIRS

DE MON ESPRIT

TOUT S'ENCHAÎNE ET SE DÉMÊLE

LOIN DE MA FAMILLE 

J'AFFRONTE DORÉNAVANT SEULE MES PEINES.

JE VEUX REVOIR MES PARENTS !

Sixtine toussota, elle n'était pas guérie. Sam s'approcha d'elle un regard inquiet. Elle lui fit signe que tout allait bien, malgré tout la voyante ne voulut pas reprendre.

- Je pense qu'on va s'arrêter là, déclara Sam.

- Il est tard renchérit Katy. Elle se dirigea vers la cuisine la théière à main. Ses longs cheveux tombaient le long de son dos. Sixtine saisit l'occasion de la rejoindre.

- Je peux vous aider, proposa-t-elle en s'approchant du levier.

- Non... Non, allez-vous asseoir, vous avez l'air fatigué. Je me débrouille très bien seule.

- L'histoire, la fille, le mariage... Tout ça, c'est vrai ? Elle haussa les épaules.

- Peut-être pas pour tout le monde, mais en quelque sorte, c'est votre vérité.

- Ma vérité... Sixtine répéta ce mot rugueux sur le palet ; il vibrait sur le bout de la langue comme s' il attendait sans cesse de sortir.

Sam entra à son tour dans la pièce en lui tournant le dos et s'approcha de Katy, pour lui dire le plus bas possible:

- Tu vois bien qu'elle est malade, ne la plonge pas plus dans sa folie.

- Je suis malade, pas sourde. Rétorqua-t-elle en réprimant un sanglot. Sam se tourna vers elle avec un regard désolé mais elle s'éloigna pour rejoindre la salle de vie . 

Elle ne pouvait pas lui demander plus que tout ce que Sam faisait déjà pour elle.


*

À la fin du repas, Katy l'emmena dans la chambre d'amis où elle allait passer la nuit. C'était une petite chambre assez chouette : beige, un grand lit bordé et un miroir rond.

Sixtine ferma les yeux, elle non plus ne se sentait pas à sa place ; il était temps qu'elle parte.

Car en plus de ne pas être à sa place, elle était à l'étroit. À l'étroit dans ce corps qui n'était pas le sien, et dans sa tête bourrée de médicaments... Elle s'avança vers le miroir et observa son reflet avec douleur.

Elle traversa le couloir se dirigea vers la salle de bain, et avala les cachés prescrits par son médecin avant de sortir une feuille et d' écrire:

« Cher Sam. La maladie me ronge et la vérité me démange : je dois partir.

Remercie ta tante d'avoir essayé de m'aider et si on se recroise un jour, dit lui que je serais ravie d'en savoir plus.

Avec une pointe de regret et un grand merci.

Sixtine »

Elle froissa le papier. Elle n'y arriverait jamais. Comment tout cela avait pu basculer, encore ? Ses yeux s'emplirent de larmes. Elle ferma les yeux et elle se revit assise à genoux, les jambes glacées par le sol froid de l'hôpital aux côtés de celle qui venait de perdre la vie et celle qui lui avait donné : sa mère. Elle s'imagina même pendant une seconde, que c'était elle, elle qui venait de perdre la vie.

Des pas se firent entendre derrière elle ; de petits grincements légers. Elle sortit de la salle de bain et observa le couloir; il était vide. Elle s'avança tâtonnant difficilement vers sa chambre en plissant les yeux.

Elle inspira et replaça son appareil respiratoire. Silence. Elle fit demi-tour et se dirigea vers la salle de bain, de loin, là devant, elle aperçut une ombre recroquevillée, elle était aussi maigre qu'un squelette et réfléchissait la petite lampe.

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