Chapitre 24 - Et si ça restait secret ?

Madeline


Je descendais les escaliers quatre à quatre pour aller à l'école. J'étais nerveuse et en même temps heureuse de retrouver Edgar. Ma nuit avait été agitée après cette fin de soirée. Il m'avait envoyé un sms pour la première fois en rentrant chez lui. Juste un « bonne nuit », rien de bien palpitant, mais il l'avait fait et mon cœur avait fait des bonds, faisant vibrer mon corps dans un délicieux supplice.

Je le trouvais accoudé au mur de l'immeuble voisin. Alors comme ça il m'attendait ?

­— Salut Princesse, lança-t-il de sa voix entaillée du matin.

Mon coeur palpita en l'entendant prononcer ces petits mots.

— Salut, qu'est-ce que tu fais là ?

J'essayais de ne pas trop lui montrer à quel point il perturbait mes sens, mais j'avais du mal à être hermétique à ses avances.

— Je t'attendais.

Il sourit légèrement avant de m'embrasser discrètement sur les lèvres.

— Wow.

— Est-ce que... Tu penses que ce serait possible...

Il chercha ses mots avant de s'allumer une clope, comme pour se donner du courage, et moi, je buvais ses paroles.

— On peut faire ça sans se prendre la tête ? balança-t-il finalement.

— C'est à dire ? lui demandais-je tout à coup contrariée.

— On garde ça pour nous ? Tu vois ?

Son regard était fuyant et ses gestes brouillons alors que je réalisais ce qu'il était en train de me proposer.

— Oh. Tu veux me voir secrètement ? en conclus-je, troublée.

— Appelles ça comme tu veux. Enfin, j'veux dire, ...ouais.

Il passa une main dans ses cheveux, affichant une moue boudeuse au passage tandis que je réfléchissais à toute vitesse à ses mots.

— Donc que personne ne soit au courant ? Même pas Elisa ? lui demandais-je, les sourcils froncés.

— Surtout Elisa, dit-il en riant et en enfonçant mon bonnet sur la tête. Ça te va bien ! continua-t-il, sûrement pour détendre mon visage crispé.

— Il fait froid, lui répondis-je en replaçant correctement mon bonnet sur la tête, le regard et les pensées divaguant vers cette possibilité.

— Donc, tu en penses quoi ? insista-t-il.

D'un côté, si ça pouvait me permettre de passer du temps avec lui, j'étais prête à tout, même à mentir à Elisa. Mais à vrai dire, ce n'était pas vraiment lui mentir... J'aimais le comportement d'Edgar quand il était avec moi. Quand on était ensemble, tout était simple et fluide. Le fait de rendre l'information publique allait peut-être casser ce côté spontané qu'il avait avec moi.

 Il me regardait avec un sourcil relevé, impatient et plein d'espoir, le temps d'évaluer mon pour ou contre intérieur. Il était magnifique avec sa barbe taillée et son manteau en laine noir, nouveauté en ce premier jour de décembre. Je pris alors une grande inspiration et lui confirmais notre accord. Qu'on me traite d'idiote, je n'allais pas laisser passer cette chance.

— C'est ok..., Mais..., commençais-je.

— Mais quoi ? Il était évident que tu allais avoir des conditions ! conclut-il en levant les yeux au ciel.

Je croisais les bras sur ma poitrine et relevais un sourcil face à sa remarque.

— Evidemment que j'ai des conditions. Mais je veux vraiment savoir ce que tu fais de Julia dans tout ça ?

— Je m'en fout, je te l'ai dit ! me dit-il en essayant d'attraper mes mains enfouies sous mes coudes croisés.

Oh mon cher Edgar, il allait me falloir bien plus que ce genre de réponse vague.

— Tu n'avais pas vraiment l'air de t'en foutre vendredi..., continuais-je en grimaçant rien qu'en repensant à l'image qui défila dans ma tête.

— Ne te préoccupe pas de ça. Je vais lui dire que c'est fini, promis.

Il m'embrassa sur la tempe et nous partîmes vers l'école.

— Mais...

Je m'étais arrêtée en plein milieu du trottoir, toujours bloquée par une dernière pensée.

— Oui ? me demanda-t-il en me faisant face.

— Pourquoi ? Pourquoi moi ? Pourquoi ça ne marcherait pas si on l'annonçait aux autres ? Pour...

Il me colla contre le mur de l'immeuble vieux d'au moins cent ans avant de rapprocher ses lèvres des miennes. Il était si proche que je pouvais sentir son souffle sur ma peau à chacune de ses paroles.

— Madeline. Fais moi un peu confiance. Et puis même pour Julia, c'est pas très fairplay de me montrer avec toi alors que je viendrais de la quitter. Je ne pense pas que tu aies envie qu'elle te tombe dessus. Tu n'es pas la fautive dans cette histoire. Tu as juste pris possession de ça... me dit-il en attrapant ma main pour la poser au niveau de son coeur.

Je le repoussais gentiment en abdiquant. Il avait marqué un point et j'étais encore toute chose de ses dernières paroles.

On reprit le chemin vers l'école. J'avais croisé les doigts tellement fort derrière mon dos qu'ils étaient devenus rouge et blanc. L'issue de cette relation me faisait tellement peur...

Il prenait bien soin de ne pas me toucher, ni même de marcher trop près de moi, mais je m'en foutais. J'étais quand même présentement sur mon petit nuage. Edgar Laville voulait enfin de moi.

Cela semblait un peu pathétique vu comme ça mais j'étais prête à tout pour ce mec. Advienne que pourra.

*


Malgré cette habitude qu'on avait instaurée, je n'avais pas envoyé de message à Elisa la veille, pour tout lui raconter. Donc elle n'était pas au courant, et elle ne me posa aucune question.

Tant mieux. Mon cerveau était en pleine ébullition, j'avais envie de lui sauter dans les bras et de tout lui dire, mais il fallait que je me concentre sur les cours aujourd'hui. Qui disait fin d'année, disait examens dans quelques semaines. Cela me permit de ne pas trop y penser, d'ailleurs et la journée suivi son cours sans trop de mal.

— Bon, t'as entendu ce que je t'ai dit ? me demanda Max à la pause, alors que je matais Edgar, à l'autre bout du patio, du coin de l'œil. Youhou, allo la terre, ici la lune ! enchaina-t-il en passant sa main devant mes yeux.

— Non, pardon ! Excuse-moi Max, j'étais perdue dans mes pensées, lui répondis-je alors que mes joues rougirent de honte et d'envie.

— L'école organise ce... bal le mois prochain, pour la nouvelle année et la fin des exams. Tu as vu ? Tu vas y aller ? me demanda-t-il l'air peu sûr de lui.

— Houlà, je ne sais pas. Probablement. Pourquoi ? le questionnais-je alors que mes yeux avaient retrouvés l'objet de leur désir à quelques mètres de là.

— Bah je voulais savoir ... Si... Tu voulais y aller avec moi ?

Je haussais un sourcil. Il avait maintenant toute mon attention. Mais c'était hors de question que je lui donne de faux espoirs. D'ici là, on aurait peut-être officialisé avec Edgar, je ne pouvais pas m'imaginer au bras d'un autre. La meilleure réponse ne vint pas, alors je sortis la première sottise à laquelle je pensais.

— Ouais, enfin on ira tous ensemble je pense.

Il sembla déçu, forcément, alors j'essayais d'en rajouter mais ce fut pire que mieux.

— Je vais demander aux autres, mais on verra, on n'y est pas encore !

Je l'embrassai sur la joue et partis rejoindre Elisa et Théo qui trainaient tous les deux dans leur coin. J'étais consciente que Max m'aimait bien mais j'avais mis les choses au clair dès le début. Je ne voyais rien d'autre qu'une belle amitié avec lui. J'avais bien évidemment envie d'aller à ce bal, mais j'aimerai y aller avec celui qui fait battre mon coeur en ce moment. Il me restait quelques semaines pour le convaincre que rien ne servait de se cacher.

— Vous allez aller au bal organisé par l'école le mois prochain ?

— C'est pété ce ge...

­— Bien sûr qu'on y va aller ! le coupa Elisa. Pourquoi tu demandes ça ?

— Max vient de me demander si je voulais l'accompagner.

— Qui doit accompagner qui ? demanda Edgar qui venait de faire son apparition derrière moi.

Je sursautais. Sentir Edgar aussi proche de moi sans pouvoir le toucher était excitant, mais je voyais venir Elisa et il n'allait surement pas apprécier entendre ce qu'elle allait lui annoncer.

— Max vient de demander à Maddy si elle voulait aller au « bal » avec lui, le mois prochain, dit-elle en minaudant.

— Mais j'ai dit que je ne savais pas ! enchainais-je rapidement. 

Mais c'était sans compter Elisa.

— Mais elle va lui dire oui, bien entendu ! insista-t-elle en appuyant son regard sur moi. Allez, on retourne en cours.

— Je n'ai encore rien dit ! appuyais-je.

Elle me prit par le bras et m'entraina vers la salle de classe.

— C'est le plan parfait pour rendre Edgar jaloux, t'as vu sa tête. J'suis morte. me dit-elle en explosant de rire.


Si seulement elle savait...


« Chez toi ce soir ? ». Je lis rapidement le nouveau texto que je venais de recevoir d'Edgar et y répondais positivement, laissant mes pensées divaguer et mes papillons s'envoler.



********************

Et voila un nouveau chapitre réécrit ! 

Vous pensez que c'est une bonne idée vous ? De se voir en secret ? 

Ne dit-on pas que les secrets seront révélés tôt ou tard ? Ça risquera peut-être de faire des dégâts ...

A voir dans la suite ! 

En tout cas, êtes vous contents du rapprochement d'Edgar et Madeline ? :)

On se retrouve sur insta: 


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