Chapitre 3 : Le lycée des riches


- Je m'ennuie, souffla Alev.

Le weekend venait à peine de se terminer, et une nouvelle semaine venait juste de commencer.

Heureusement pour les deux filles, c'était l'avant dernière heure de cours, et étant donné que la professeure qui devait enseigner à la dernière heure de cours n'était pas là, elles pourraient s'en aller juste après.

- Toi tout t'ennuie toujours, répondit Jemila, néanmoins un peu fatiguée elle aussi.

Malgré que toutes les deux avaient toujours eu de bonnes notes à leurs interros, Jemila avait toujours été un peu au dessus. Peut-être était-ce parce que même quand un cours l'ennuyait elle faisait des efforts pour essayer de comprendre ?

Sûrement, et c'était loin d'être le cas d'Alev. Si ça ne l'intéressait pas elle n'écoutait presque pas, et ce n'était que lorsqu'elle réviserait avec Jemila qu'elle comprendrait un tant soit peu.

- Franchement, à quoi ça sert l'histoire ? Tous ces gens sont déjà morts il y a plus de 100 ans au moins, grogna-t-elle en levant les yeux au ciel.

- Oui mais tu dois connaître ce qui s'est passé avant toi pour préparer ton avenir, répliqua Jemila, répétant ce que sa mère lui avait toujours dit.

En vérité, elle non plus ne voyait pas trop l'intérêt du cours d'histoire mais bon, ce n'était heureusement pas le pire pour elle.

- Gnagnagna, comme si présentement Hitler dans sa tombe se souciait de savoir qu'on connaisse ce qu'il a vécu.

Jemila ricana en continuant à prendre des note sur sa tablette tactile. Alev était vraiment la reine de la réplique.

Le professeur termina son cours 15 minutes après, et ce fut la sonnerie qui les libéra de leur supplice.

- Enfin la liberté ! s'exclama Alev dès qu'elle fut sortie de la salle.

- Je vous ai entendu, mademoiselle Ray ! lança le professeur depuis la salle de cours.

- Oops, souffla-t-elle en se pressant d'aller plus vite.

Jemila rigola. En plus d'avoir de la répartie, Alev était une grande maladroite.

Les deux filles marchèrent ensuite ensemble dans les couloirs en direction de leurs casiers.

Leur lycée était énorme, et c'était ce que l'on appelait « une école de riches ». Seuls l'élite ou les personnes dont les parents étaient richissimes s'y inscrivaient. Alev était clairement dans la seconde hypothèse, tandis que Jemila était un peu des deux.

Le bâtiment était érigé sur 4 étages, chacun composés de plusieurs salles et de divers autres pièces. De l'extérieur l'école avait l'air d'un grand château, mais à l'intérieur tout n'était que modernité. C'était pour cette raison que les élèves n'avaient pas beaucoup de cahier et utilisaient majoritairement des tablettes tactiles fournies par l'école.

Malgré tout, pour ne pas trop sombrer dans la technologie et abîmer son image atypique, l'école avait tenu à garder certaines choses comme les tableaux à feutres, les escaliers ou encore les casiers.

Au rez-de-chaussée, il y avait une grande cafétéria qui pouvait accueiller presque le double des élèves de l'école, ainsi que la salle de sport qui faisait la taille d'un demi terrain de foot - la moitié de la salle était un terrain de basket -. Et ça, c'était sans compter tous les autres terrains de différents sports qu'il y avait à l'extérieur.

Étudier dans une école pareille revenait à sacrifier beaucoup d'argent chaque année, ou avoir le Qi d'Einstein. Dans les deux cas, le niveau de formation était excellent. « Le meilleur de tout Paris » selon plusieurs critiques.

- Bon, on fait quoi maintenant ? demanda Jemila après qu'elles eurent fini de déposer leurs affaires dans les casiers.

- Il reste encore une heure avant que mon chauffeur n'arrive... Hum, ça te dirait d'aller au centre commercial ?

Alev avait un chauffeur qui le suivait qui était à sa disposition presque tout le temps. Le père de Jemila avait aussi proposer à sa fille d'en engager un pour elle, mais cette dernière avait refusé. Son père dépensait déjà beaucoup trop pour elle et son frère à son avis, et elle pouvait très bien rentrer bus ou même rentrer avec Alev dans le meilleur des cas.

- Pourquoi pas ? Il reste une heure après tout, approuva Jemila.

Le centre commercial n'était pas très loin, juste à peu près 7 minutes à pieds d'ici. Elles pourraient y faire un tour rapidement.

- Dans ce cas, let's go !

Et sans perdre de temps, Alev se dirigea vers les escaliers et les descendit rapidement, Jemila sur ses talons.

Les deux filles sortirent bien rapidement de l'enceinte de l'école et prirent la route du centre commercial sans plus tarder.

.   .   .

- Regarde ça Jemi ! Ça m'irait trop bien, tu ne trouves pas ?

Jemila sourit. C'était au moins la dix millième boutique qu'elles faisaient, mais ça lui faisait plaisir de voir Alev contente. Leur petite escapade d'une heure durerait beaucoup plus d'une heure finalement.

La noire regarda un peu plus attentivement le jean destroy que son amie brandissait devant elle comme un trophée, et lui dit finalement :

- Oui, il a l'air vraiment pas mal. Va un peu l'essayer pour voir ?

Sans plus tarder, Alev se rendit en sautillant vers une des cabine et tira les rideaux.

Pendant ce temps, Jemila se mit à chercher aussi quelques vêtement qu'elle pourrait acheter à son petit frère. En ce qui la concernait, elle avait un peu beaucoup abusée. Elle ne résistait jamais à la tentation lorsqu'elle voyait beaucoup de vêtements devant elle, et elle était loin d'avoir le portefeuille vide ces temps-ci.

En plus, elles n'étaient pas entrées que dans des magasins de luxe, parce que contrairement à ce que l'on pouvait penser, Alev n'était pas une fille de riche qui ne s'habillait que chez Gucci. La preuve, elles étaient maintenant dans un H&M, et sa meilleure amie avait l'air joyeuse comme une petite fille à Noël.

- Jemi ! Viens voir !

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