7. Interlude : la bref histoire d'une rencontre et d'une séparation
Jeonghan avait décidé très tôt qu’il n’était pas du genre romantique.
Il n’avait jamais vu d’intérêt à sortir avec quelqu’un, à ressentir plus que de l’amitié pour qui que ce soit.
Et pourtant, il faisait partie de ces personnes qui attirait toujours les autres. Il y avait toujours une fille qui insistait qu’ils se voient après les cours pour qu’elle puisse se déclarer, toujours des lettres et des chocolats posés sur son bureau à la Saint-Valentin et toujours quelqu’un qui se jetait sur chaque occasion pour lui parler. Quand les professeurs changeait les élèves de place, il y en avait toujours qui priaient pour être placé à ses côtés.
Jeonghan avait décidé qu’il ne ferait pas dans les relations et il s’y tint.
Jusqu’à la terminal.
Jusqu’à l’arrivée de Jeon Wonwoo.
Wonwoo était le genre de type grand et silencieux. Et, myope comme une taupe, il avait eu le privilège de s’assoir à côté de Jeonghan au premier rang.
Au début, il n’y avait rien. Le nouveau n’était pas particulièrement bavard et Jeonghan n’avait pas non plus envie de faire sa connaissance. Il avait déjà assez à faire avec Seokmin, Joshua et Seungkwan ; il ne voyait pas trop l’intérêt de se faire encore un ami proche. Puis, les semaines passant, ils s’étaient retrouvés à s’habituer à la présence de l’autre et Jeonghan avait commencé à lui accorder plus d’attention.
Wonwoo lisait beaucoup de livre et, bien qu’il était connu dans la classe comme étant quelqu’un d’assez taciturne, devenait un vrai moulin à parole quand on le questionnait sur ce sujet.
Jeonghan avait fait la grande erreur (qui n’en était pas une à l’époque, loin de là, même) de lui demander ce qu’il lisait, alors qu’il s’ennuyait à en mourir. Le visage de Wonwoo s’était illuminé et, il ne sut pas si c’était du au soleil qui lui tombait dessus ou à l’air parfumé de la fin de l’été, mais son cœur loupa un battement.
Religieusement, il écouta Wonwoo parler.
Il l’observa beaucoup, aussi.
Et avec chaque minute qui s’écoulait, il tombait un peu plus sous son charme.
Après ce jour-là, Il ne lâcha pas Wonwoo d'une semelle.
∘
◦❁◦∘
La remise de diplôme fut l’un de ses jours où on ne sait pas si on est heureux ou triste.
Jeonghan avait vécu toute cette journée comme un robot ; totalement déconnecté de ce qui se passait autour de lui.
Il n’était revenu à lui-même que quand, fraichement diplômé, le photographe engagé par leur établissement, demanda à ce que toute sa classe sourit.
Naturellement, même s’il avait été pris de court, Jeonghan avait réussi à être sublime sur la photo.
Il était heureux d’avoir fini avec le lycée mais été dévasté de n’avoir jamais pu se déclarer à Wonwoo. Il mourrait d’amour. Et rien, si ce n’est le cœur de l’autre garçon, aurait pu le sauver.
Heureusement pour lui, quelque chose d’incroyable survint.
Wonwoo vint le rejoindre à la table des collations (où Jeonghan noyait son chagrin dans les muffins) et lui demanda très discrètement de venir avec lui.
Ils se retrouvèrent à l’ombre d’un bâtiment, l’un de tout.
Wonwoo sortit un document de sa poche. Une lettre d’admission.
« J’ai été pris à S—l University. » avait-il chuchoté en montrant la feuille à Jeonghan.
Celui-ci avait été aussi pris là-bas. C’était une merveilleuse nouvelle.
« Et du coup… » continua Wonwoo en baissant les yeux « Je vais pouvoir recevoir ma récompense. »
Malgré son air studieux, Wonwoo n’était pas l’étudiant le plus brillant. S—l University était une université de médecine très réputée et donc difficile à intégrer. Pour se motiver, il avait décidé qu’il s’offrirait quelque chose (un secret qu’il avait bien gardé, personne n’était au courant) et cela avait vraisemblablement marché.
« Qu’est-ce que tu vas t’acheter ?
- Non, heu… C’était pas ça… Enfin c’est plus quelque chose que je me serais autorisé à faire si je réussissais.
- Et c’est quoi ? »
En continuité de sa décision de ne pas faire dans les relations amoureuses, Jeonghan était aussi complètement aveugle.
Je ne vous raconte pas la surprise quand Wonwoo lui déclara sa flamme.
∘
◦❁◦∘
« Hé…
- Hé… »
Jeonghan embrassa rapidement Wonwoo et s’assit à côté de lui.
Ils s’étaient donnés rendez-vous au parc.
Fraîchement diplômé à nouveau, Jeonghan avait commencé à travailler quelques mois plus tôt. Wonwoo devait faire encore deux ans avant de recevoir son propre diplôme. Ils avaient emménagé ensemble il y a un an et honnêtement, Jeonghan avait l’impression de vivre dans un rêve.
Bien qu’avec les études de Wonwoo, il était difficile pour eux d’organiser des sorties, ils tentaient toujours d'en faire au moins une dans le mois. Wonwoo avait organisé ce petit piquenique à la dernière minute et Jeonghan, qui s’ennuyait grandement, avait été heureux de poser sa pause déjeuner pour le rejoindre.
« J’ai réussi mon exam. » annonça son petit-ami en déposant son livre.
« Oh mon dieu ! » Jeonghan lui sauta au cou et le recouvrit de baisers. « Je suis si fier de toi. » il murmura en l’embrassant.
Wonwoo fit ce petit rire qu’il faisait que quand il était extrêmement heureux et Jeonghan sentit son cœur gonfler.
Avec le soleil et la douce brise qui caressaient leur peau, ce n’est qu’un merveilleux instant qui pouvait s’annoncer.
Ils mangèrent paisiblement en discutant puis la pause déjeuner toucha à sa fin et Jeonghan dû se résigner à quitter son petit-ami.
Il embrassa celui-ci avant de se lever.
« On se voit ce soi—
- Attend ! »
Jeonghan leva les yeux de son téléphone et les baissa en direction de Wonwoo qui venait de… s’agenouiller.
Il fit un discours mémorable. Avoua avoir été séduit par Jeonghan dès le début et se sentir l’homme le plus chanceux au monde quand son petit-ami posait simplement ses yeux sur lui… Il lui dit à quel point il l’aimait et, alors qu’ils avaient tous les deux les larmes aux yeux, sortit de sa poche une boite en écrin rouge.
« Yoon Jeonghan, veux-tu m’épouser ? »
∘
◦❁◦∘
Le mariage avait été somptueux. Ils avaient loué un parc et la cérémonie avait eu lieu sous un soleil chaud et agréable (on dit bien « mariage pluvieux, mariage heureux » ; Jeonghan aurait dû se méfier). Leurs amis et familles s’étaient réunis et la journée avait été merveilleuse. Ils avaient dansé, chanté, mangé jusqu’à s’écrouler de fatigue.
Malheureusement, le bonheur de jeunes mariés s’estompa bien vite.
Et Jeonghan en s’en rendit pas compte immédiatement.
∘
◦❁◦∘
Il suivait sa routine innocemment. Il partait travailler, rentrait le soir et préparait le diner le temps que Wonwoo finisse avec ses cours. Il ne lui restait qu’une dernière année de médecine et Jeonghan préférait qu’il s’y consacre pleinement. « Après… » se disait-il toujours « On aura tout le temps du monde pour nous. »
Cette phrase ne fonctionna qu’un temps.
Wonwoo se refroidissait et Jeonghan, bien qu’il s’en était rendu compte très tôt, préféra mettre cela sur le dos des cours.
Et puis, un jour, il fut durement confronté à la réalité.
Il arrivait encore à ce jour que Jeonghan rêve de cet évènement.
Jeonghan avait pu rentrer plus tôt. Il était passé faire les courses car il s’était réveillé avec une envie de bœuf et qu’ils n’en avaient plus dans le congélateur. En arrivant devant la porte de leur appartement, il s’était rendu compte que la porte d’en face n’était pas fermée.
C’était une jeune femme qui vivait en face de chez eux. Elle était très gentille et polie et venait même s’excuser en personne à chaque fois que son ex-petit-ami venait faire un vacarme dans le couloir parce qu’il ne pouvait pas comprendre que c’était fini entre eux.
Jeonghan avait posé les sacs de courses devant sa propre porte et avait traversé le couloir très lentement.
L’ex n’avait quand-même pas réussi à s’infiltrer chez elle quand-même ?
Il poussa la porte.
Pas un bruit.
« Il y a quelqu’un ? » appela-t-il ?
Rien du tout.
Il entra en parcouru rapidement les lieux du regard. Toujours ri—
« Ah ! » cria-t-on.
Il se précipita vers la pièce adjacente, prêt à se jeter sur l’agresseur.
Il ne s’attendit pas à trouver son mari et la voisine en plein ébats.
∘
◦❁◦∘
Les cœurs brisés sont durs à réparer ; les confiances bafouées aussi.
Le divorce n’avait pas tardé à arriver. Wonwoo avait supplié, tenté de négocier, pleuré aux pieds de Jeonghan mais rien ne l’avait fait flancher.
S’il y a bien une chose qu’il avait retenu de sa mère est qu’il ne fallait jamais céder à l’autre ; si celui-ci vous trompe, il faut quitter la relation.
« A chaque fois que tes yeux se poseront sur lui, tout ce qui te viendra à l’esprit c’est ce qu’il t’a fait ; tu ne pourras pas oublier. » et elle avait raison.
Dès que ses yeux rencontraient les siens, tout ce qu’il avait en tête, c’était sa mine surprise quand il s’était fait chopper avec la voisine ; leurs vêtements négligemment jetés au sol, la petite musique qui s’échappait de la chaine hi-fi… sa bague de fiançailles collée contre la peau dénudée de la jeune femme.
Bien sûr, Jeonghan était dévasté (comment ne pas l’être ?) et il se retenait de pleurer toute la journée mais son honneur avait pris un coup et sa colère prenait plus souvent le dessus.
Le divorce se fit sans encombre. Wonwoo, étant trop gêné par la situation avait merveilleusement bien coopéré ; pareil pour les avocats. Et le contrat de divorce fut rédigés et signés dans la même journée.
Jeonghan quitta la pharmacie dans laquelle il travaillait, postula dans plusieurs établissements scolaires et, en moins d’un mois, fut totalement disparu de la capitale… et de la vie de Wonwoo.
Il se disait parfois que cela avait mal fini parce qu’ils avaient trop voulu précipiter les choses ; que s’ils avaient patienté un peu plus longtemps avant de faire quoique ce soit de drastique, ils se seraient rendu compte que cela ne marcherait pas sur le long terme.
Mais ils étaient amoureux.
Jeonghan s’avéra juste l’être un peu plus.
Il y en a toujours un dans une relation.
Et c’est cet échec qui convint l’homme de ne plus jamais faire dans les relations amoureuses.
Ce qu’il ne savait pas à ce moment-là, c’est que c’était plus facile à dire qu’à faire.
∘
◦❁◦∘
«
Vous êtes très joli dans cet imper ! »
Bạn đang đọc truyện trên: AzTruyen.Top