3. J'ai juste eu très peur.
Je me réveillai en sursaut, certain que Titania était en danger. Mais non, je la sentais dormir paisiblement à mes côtés. Une de ses mains était agrippée à ma chemise, comme souvent. En soupirant, je me passai une main sur le visage, puis me recouchai pour essayer de me rendormir. J'entourai sa taille de mes bras, et embrassai son front avant de fermer les yeux.
Mais je la sentis bouger contre moi, et une main caressa ma joue. Je soulevai aussitôt mes paupières, et vis son beau visage éveillé. Je demandai, inquiet :
« - Je... T'ai r-réveillée ? »
Elle secoua la tête en souriant, puis déposa ses lèvres sur les miennes pour un rapide baiser. Titania se blottit ensuite contre moi, et je la vis parler :
« - J'étais à moitié endormie. Je commence à en avoir assez, tu sais... »
Je fronçai les sourcils, ne comprenant pas. Je la sentis soupirer :
« - J'en ai assez de mon ventre qui grossit, de ma faiblesse, de mon appétit énorme, de tout... Et je ne sais même pas combien de temps encore je vais avoir cet enfant en moi, et... Et j'aimerais tellement pouvoir redevenir comme j'étais avant, comme tu m'aimais... »
Je vis quelques larmes tracer des sillons humides sur ses joues, et m'empressai de les essuyer. J'aurais voulu lui dire que j'étais là pour l'aider, que je l'aimais, et qu'elle devait être courageuse, qu'elle était parfaite comme elle était, mais je ne pouvais pas.
Alors je la lâchai pour allumer une bougie, et pris un morceau de papier et un crayon, puis revins près d'elle. Elle se nicha contre moi, entourant ma taille de ses bras en m'observant écrire.
Titania, tu es parfaite comme tu es, même avec ce ventre rond. Si tu veux, nous pourrons demander à Léandre dans combien de temps le bébé arrive. Et je suis là pour toi, ne l'oublie pas.
Je la vis renifler, et elle colla son visage contre mon torse. Je sentis très vite des larmes mouiller ma chemise. Je la serrai doucement contre moi, embrassant tendrement ses cheveux. J'attendis qu'elle se calme légèrement, avant de lui demander :
« - Veux-tu... Sortir un p-peu ? »
Elle essuya ses larmes, la lèvre tremblante :
« - Sortir... Dans les couloirs ? »
J'acquiesçai avec une moue contrite. C'était trop dangereux en ce moment de quitter le dédale de couloirs qui nous cachait à la vue de tous. Son regard s'éclaira tandis qu'elle hochait la tête :
« - D'accord, au moins, nous pourrons nous promener, et peut-être voir Léandre ! »
Je souris, heureux de la voir moins triste. Sans perdre de temps, je me levai pour tirer les lourds rideaux et ainsi faire entrer un peu de lumière dans la pièce. Puis je revins près du lit pour souffler sur la bougie, et aider Titania à se lever. Je ceinturai sa taille, la soulevant doucement. Elle s'accrocha un instant à ma chemise, puis me lâcha lorsqu'elle fut debout. En souriant, elle releva le menton :
« - Ose me dire que je ne suis pas lourde ! »
Pour plaisanter, je mimai le fait d'avoir de gros muscles au niveau des bras, prenant des poses grandiloquentes, ce qui la fit rire aux éclats. J'adorais la voir si joyeuse, elle était encore plus belle que normalement. Les battements de mon cœur s'accélérèrent tandis que je la contemplais, foudroyé par le bonheur.
Inconsciente de l'effet qu'elle produisait sur moi, elle m'adressa un sourire avant de se diriger lentement vers la porte, sûrement pour se rendre dans la garde-robe. Je la suivis de près, au cas où elle chutait. Mais elle parvint dans la pièce sans encombre, et aussitôt, une femme de chambre lui demanda ce qu'elle souhaitait porter. La sachant entre de bonnes mains, je me détournai pour passer un pantalon, une autre chemise et un veston. Je me passai ensuite les mains dans les cheveux pour tenter d'y remettre de l'ordre. Mais je sentis des mains se poser sur mes épaules pour me retourner. Face à Titania, je la fixai en souriant tandis qu'elle me recoiffait en faisant mine de pester. Elle avait passé une robe bleue qui moulait son ventre rond, et ses yeux brillaient d'excitation. Je remarquai également qu'elle avait relevé ses longs cheveux en un épais et lourd chignon. Elle s'écarta de moi pour me jauger du regard, et battit dans ses mains :
« - Tu es parfait ! Allez, viens ! »
Elle me prit par la main pour me faire sortir de la garde-robe. J'enlaçai sa taille pour l'entraîner dans un des couloirs, éclairé par des flambeaux. Elle soutint son ventre de ses mains en se collant un peu plus contre moi. J'embrassai son front, et m'arrêtai devant une porte. Elle menait devant les appartements de Léandre. J'interrogeai Titania d'un regard, qui colla son oreille contre le battant avant d'acquiescer. Il n'y avait personne. J'entrouvris doucement la porte, et regardai lentement si le couloir était vraiment vide. Je la laissai dans les sombres couloirs pour frapper à la porte de mon précepteur. Peu de temps après, le battant s'ouvrit, pour laisser voir le visage si familier de Léandre. En me reconnaissant, il eut un sourire ému, et me déclara :
« - Je suis seul. Vous pouvez venir. »
Titania vint se placer à mes côtés, et le vieil homme s'écarta pour nous laisser pénétrer dans ses appartements. Je promenai un regard habitué sur le petit salon aux fauteuils tendus de tissu bleu brodé de fleurs, et à la petite table en marbre, sur laquelle reposait un magnifique vase en cristal plein de roses blanches. J'avais toujours préféré ses appartements à ceux que j'occupais avant, trop richement décorés et pompeux.
J'aidais Titania à s'asseoir, puis me postai à ses côtés tandis que Léandre prenait place en face de nous. Il commença à l'interroger sur sa grossesse, si tout se passait bien et lui posa bien d'autres questions. Je pris une des mains de la brune entre les miennes et entrelaçai nos doigts. Elle les pressa doucement sans cesser de parler, me faisant sourire. Elle caressait en même temps son ventre, en avouant à mon ancien précepteur qu'elle avait un comportement changeant, qu'elle avait envie de manger des noix etc.
Occupé à la fixer, je ne vis pas le temps passer. Soudain, elle pressa mes doigts avant d'avoir un signe de tête en direction de Léandre. Je tournai la tête vers lui, et il articula soigneusement :
« - Avez-vous déjà réfléchi aux prénoms ? »
J'échangeai un regard surpris avec Titania, et secouai négativement la tête. Il eut un sourire amusé :
« - De toute façon, vous avez bien encore trois mois environ pour y réfléchir. »
Elle eut un regard pour moi, me souriant doucement. Elle savait enfin combien de temps elle allait encore garder cet enfant dans son ventre.
Soudain, elle et mon précepteur se tendirent en même temps, et elle se retourna pour fixer la porte d'un air terrifié. Aussitôt, Léandre se leva et s'accroupit devant moi :
« - Côme, emmène ta femme dans ma chambre, et ne faîtes surtout pas de bruit. Il tourna la tête vers la porte. Je viens, un instant ! »
Comprenant soudain qu'il y avait une personne derrière la porte, je me relevai brusquement, et pris Titania par la taille pour l'emmener dans une autre pièce des appartements. Je refermai la porte, la verrouillant, et eus à peine le temps de me retourner qu'elle se jeta dans mes bras en tremblant, me plaquant contre le battant. Je la serrai contre moi tandis qu'elle enfouissait son visage dans mon cou. J'embrassai sa nuque pour tenter de la rassurer, sentant ses mains se cramponner à mon veston. Je la berçai doucement, priant pour que tout se passe bien. Je ne savais qui c'était... Je relevai son visage vers le mien, l'interrogeant du regard. Je sentis son souffle sur mon visage tandis qu'elle répondait :
« - J'ai entendu « Louis », mais je ne suis pas sûre, et... »
J'ouvris de grands yeux en la resserrant contre moi. C'était peut-être mon frère. Sûrement, d'ailleurs, c'était le seul à s'autoriser à venir voir Léandre dans ses appartements. Il ne fallait surtout pas qu'il nous découvre !
Soudain, je sentis la porte vibrer dans mon dos. Titania leva son visage, toute peur soudainement disparue :
« - C'est Léandre ! »
Je la lâchai pour ouvrir le battant, et le visage soulagé de mon précepteur apparut. Il se passa une main sur le visage :
« - Seigneur, j'ai eu si peur... Allez-vous bien ? »
La brune acquiesça, ses mains pressées sur son ventre. En voyant son teint pâle, je m'inquiétai, et la pris par la taille, posant mon regard angoissé sur elle. Mais elle acquiesça lentement :
« - Ce n'est rien, je... J'ai eu juste très peur. »
Je la pris doucement dans mes bras, interrogeant Léandre du regard. En voyant mon inquiétude, il eut un sourire compréhensif :
« - Il vaudrait mieux que tu la ramènes dans vos appartements. »
Soulagé, je hochai la tête. Mais Titania me regarda, l'air désolé :
« - Si tu veux, nous pouvons rester encore un peu ici, et...
- Non, il vaut mieux que vous vous reposiez, ma chère. Vous pourrez revenir, ne vous inquiétez pas. »
****************
Hey !
Petit moment de frayeur, hein xD
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