La périphérie (2)
Eté 2033
Sortir de l'immeuble pour arriver au Capitol n'était pas encore une mince affaire... Eren arriva vers Livai et Hanji qui inspectaient les lieux. Le noiraud ramassa une révolver qui était près des caisses. Il était chargé.
Un bruit résonna dans le bâtiment, Eren vit les deux adultes se coller au mur immédiatement.
- Des coureurs, murmura Hanji.
- Je vais aller voir, fis Livai. Reste avec le gamin.
Il descendit un étage plus bas et ramassa une barre de fer qui trainait sur le seul. Il tendit l'oreille quelques instants et jeta un coup d'oeil dans la salle. Le mur était à moitié détruit et il voyait le ciel étoilé. Ils devaient être trois coureurs et un claqueur. Le dernier était plus gênant que les deux autres. Il remarqua un coureur recroquevillé dans un coin, il s'approcha et l'attrapa pour l'étrangler silencieusement.
Mais un détail l'embêta, il réalisa qu'il ne pourrait pas s'approcher du claqueur sans se faire voir des autres coureurs. N'ayant pas d'autres options, il pointa son arme vers le claqueur et lui tira en pleine tête. L'infecté lança de ses cris terrifiants avant de se diriger vers la source du bruit. Les autres aussi avaient repéré Livai.
Il faut toujours deux balles au moins pour tuer un claqueur. Celui-ci remuait dans tous les sens en s'approchant du noiraud. Mais il réussit à le ravoir en pleine tête et l'infecté tomba devant lui. Il eut à peine le temps de se féliciter que les coureurs lui sautèrent dessus. Il leur assainit le plus de coups possibles jusqu'à ce qu'ils s'effondrent.
Livai reprit son souffle pendant que ses deux compagnons descendaient le voir.
Eren entrevit tous les cadavres qui traînaient sur le sol et eu un hochet de dégoût.
- Tirons-nous d'ici, dit Hanji en faisant signe à Eren de monter.
Livai ramassa quelques munitions et du soin pour se rafistoler un peu. Il tira un peu sur son épaule pour la faire claquer.
Ils avancèrent comme ils pouvaient dans l'immeuble délabrés. Les couloirs et les murs n'avaient plus vraiment de sens. Un faux pas et ils pouvaient manquer de tomber. Ils s'enfonçaient de plus en plus en bas dans l'obscurité ce qui ne rassura pas Eren.
- Tu sais, je me disais que... quand on aura récupéré les armes, on pourrait peut-être souffler un peu. Dit Hanji.
- Tu veux souffler?
- Hé. C'est toi qui parles tout le temps de se mettre au vert.
- Et toi, tu m'envoies toujours chier, fit Livai sarcastiquement.
- Bon, pas cette fois.
- J'attend de le voir pour le croire.
Ils arrivèrent dans un endroit qui ressemble à un métro. Presque toute les issus étaient bouchés mais quelques cadavres encore chaud gisaient par terre.
- Regarde sa manche, fit Hanji en en illuminant un. Une Luciole.
- Ouais. Ces types tombent comme des mouches, en ville comme à l'extérieur.
Le noiraud ramassa un cocktail molotov à côté de lui. En progressant dans le métro, il y avait un autre corps avec une note avec lui.
"Retrouvez la deuxième équipe des Lucioles au capitole.
Garçon, 1m65 environ, 15 ans, brun"
- Ils venaient de la zone de quarantaine, explique Livai en se relevant.
- Je voix, c'est pas nos types.
Le seul moyen de sortir était un petit passage qui les forcèrent à s'accroupir. Mais à peine ils s'y engouffrèrent qu'ils entendirent des bruits peu rassurant. Un claqueur apparut lentement à travers le couloir. Ils ne semblaient pas les avoir remarquer.
- Merde...
- On est presque sortis, fit Hanji frustrée. Ok Livai, passe devant. Je couvre nos arrières. Eren, quoiqu'il arrive, tu restes sur ses talons!
- D'accord.
- Ouvre l'œil, murmure la jeune femme à Livai qui s'avançait prudemment.
- Ca marche.
La clef pour survivre avec les claqueurs est d'être le plus silencieux possibles. Surtout quand ils sont plusieurs, on peut très vite être surmené quand ils nous ont repérés. Et cette fois là, ils grouillaient dans la pièce.
Eren sentait son cœur battre à cent à l'heure pendant qu'ils progressaient très lentement entre les infectés. Dès que ceux-ci claquaient trop forts, il pensait qu'on les avait repéré. Il était impressionné par le sang froid que gardait les deux contrebandiers pourtant à deux doigts de se faire repérer.
- Notre sortie, fit Hanji en pointant du doigt un halot de lumière en hauteur.
Mais il y avait un claqueur qui campait juste devant. Livai attrapa une brique pour l'éloigner le plus possible. Il prit prestement l'échelle et fit monter Hanji et Eren en surveillant derrière eux. Il monta le dernier en faisant tomber l'échelle pour éviter d'être suivi.
- Putain! On a réussi! S'exclama Eren.
- Tout le monde va bien? Demanda Livai.
- Ouais, allons-y.
- Vous vous débrouillez plutôt bien tous les deux, fit Eren.
- C'est de la chance, et ça ne va pas durer.
Ils étaient enfin à l'extérieur et le ciel commençait à peine à s'éclaircir.
- C'est par où, Hanji? Demanda Livai.
- Heu... Le capitole est dans cette direction.
Ils traversèrent un grand camion pour se retrouver de l'autre côté de la rue. Il tombèrent sur un rideau de fer et évidemment Livai dût tirer sur la chaîne pour le lever. Mais Hanji lui fit signer d'arrêter.
- Chut, chut...
- Quoi, j'entend que dalle?
- On accélère, fit vivement Hanji en regardant derrière eux.
Eren entendit effectivement des cris distinctifs de coureurs.
- Oh, merde... Ils arrivent!
- Je sais, grogna Livai qui forçait comme il pouvait.
Hanji et l'adolescent purent passer et tinrent le rideau pour que Livai puissent passer. Les cris étaient si proche de lui, il sentit une main l'agripper quand ils s'accroupit pour passer. Le rideau se referma sur les infectés qui se mirent à le marteler de coup.
- T'as un truc sur ta chaussure, fit Eren.
Livai baissa le regard et vie une main accrocher à lui. Il fit un mouvement pour la dégager.
- Dégueu, grogna l'adolescent.
Ils étaient dans un garage où étaient entreposés des outils. Livai avait ramassé suffisamment de matériaux pour modifier ses armes. Il se posa à l'établi pendant que Hanji et Eren inspectait les lieux.
- T'étais avec Erwin quand tu t'es fait mordre, demanda Hanji?
- Non. Je suis allé lui demander de l'aide après.
- Ca m'étonne qu'il ne t'ait pas descendu sur place.
- Il a bien failli. J'espère qu'il va bien.
- Je te l'ai dis, il va s'en sortir, dit Hanji.
La pièce d'après était un bureau sûrement pour la gestion. Le bâtiment semblait en piteux état aussi. Le plafond était complètement détruit et s'était fracassé contre le sol.
Un bruit stridant les fit sursauter.
- Désolé, c'était moi, s'exclame Eren en s'éloignant d'un vase cassé.
- Hanji, fit Livai lassé.
- Désolé!
- Allez, reste avec moi, murmura Hanji.
- C'est quoi cet endroit?
- Sûrement un musée, aller avance.
Ils passèrent par le toit. Des planches de bois les empêchèrent de continuer. Livai dût les soulever.
- Ok, attention à la tête.
Les planches tremblaient sous ses doigts. Elles étaient trop lourdes pour lui et il les lâche après qu'ils furent tous les deux passer.
- Livai, Livai!! Cria Hanji inquiète.
- Je suis en vie. Je vais essayer de vous rejoindre.
- Oh, ils sont là! S'exclame Eren après avoir entendu un claqueur.
- Hanji?
- Cours, cours!
- Merde...
Livai se releva. Il était seul désormais. Il recula pour passer dans un autre chemin. Il n'entendait plus sa camarade ou le gamin. Tout était silencieux ou presque. Quelques claqueurs se promenaient dans le musée.
Il les contourna aisément après avoir fouillé les pièces. Il monta les escaliers qui s'offraient à lui mais il entendait toujours du bruit. Il vit un coureur qui tentait de forcer une porte. Il se rua dessus et lui donna de coup avec sa barre de fer.
- Eren, t'approche pas!
Ils semblaient être derrière. Livai donna un énorme coup de pied à la porte qui céda.
- Hanji!
Il la vit entrain de se battre avec un coureur. Elle lui donna un coup avec un bout de bois à la tête qui le fit tomber. Elle remarqua Livai:
- Je vais bien.
- Hé, amenez-vous, cria Eren dans l'autre pièce.
-Le gamin!
Ils restaient encore des infectés, peut-être une dizaine. Eren essaya de se mettre en lieu sûr quand il en vit d'autre arriver. Les contrebandiers se battirent avec eux comme ils purent. Ils essayèrent de ne pas gâcher trop de munitions.
Quand Livai fracassa le dernier contre un mur, il grogna:
- C'était bien trop juste...
- D'accord avec toi, vaut mieux ne pas rester ici, fit Hanji en montrant la fenêtre.
- Ca va? Demanda-t-il la voyant reprendre difficilement ses forces.
- Oui, t'occupes pas de moi.
La jeune femme l'esquiva pour sortir et grimper l'escalier.
- Et toi gamin, tu tiens le coup?
- Tu veux dire, toujours en vie? Répondit Eren.
- Hem... Si tu veux.
- Je respire encore, donc je dirais oui.
- Ok.
Ils arrivèrent sur le toit. Le soleil était désormais plus haut dans le ciel.
- C'est bon, c'est ce bâtiment, fit Hanji en montrant le capitole avec un dôme jaune.
A vu d'œil il semblait encore loin, se dit Eren. Livai cala une planche en bois entre les deux immeubles pour les relier.
- Ok. Fais bien attention en traversant parce que tu pourrais...
- Pfff...
L'adolescent lui passa devant le nez en montant sur la planche. Livai le suivit en se retenant comme il pouvait. Il prit une grande respiration:
- Alors, c'est de ça dont tu rêvais?
- Ca reste à voir, dit Eren. Mais... la vue est magnifique.
Un sourire se dessina sur le visage d'Eren.
- Allez, par là, fit Hanji en les interrompant.
Eren la suivit mais Livai resta les bras croisé, le visage bas, pensif.
- Hé, traîne pas!
Livai regarda encore une fois la vue avant de s'approcher d'elle pour descendre par l'échelle.
- On y est presque, murmure Hanji. Reste concentré.
- Tch...
____
Le capitole était maintenant tout proche. Après plusieurs longues heures de marche, ils arrivaient enfin à leur destination. On pouvait le voir maintenant de très près derrière les bâtiments.
- C'est juste derrière cette rue, s'exclame Hanji. Ne t'arrête pas.
Un cadavre traînait au coin de la rue, Livai ramassa une note à côté de lui.
- Il a le symbole des Lucioles sur le bras, dit-il.
- Et si on arrive là bas et qu'ils sont morts, s'inquiète Eren.
- Ils ne le seront pas, affirme Hanji.
- Mais... comment tu le sais?
- Je le sais, c'est tout. Ecoute, tout va bien se passer.
- Ok...
- Il le faut.
Livai trouvait son amie bizarre dans ses propos mais il ne releva pas. Le capitole était désormais devant eux.
- On y est presque.
L'eau avait inondé les devants du capitole.
- Euh... juste pout info: je ne sais pas nager, dit Eren embêté.
- Reste près de moi, ça n'a pas l'air si profond que ça, lui dit Hanji.
- Je suis content qu'Erwin vous ait embauchés.
- Comment ça?
- Je sais qu'elle vous paie pour ça, mais... euh je voulais vous dire merci.
- Ouais, pas de problème.
Ils montèrent enfin les marches du capitole. Leur vêtements leur collaient à la peau mais c'était leur dernière priorité. Hanji tendit l'oreille contre la porte mais n'entendait rien. Livai décida d'ouvrir la porte et lâcha un soupire devant la scène qui s'offrait à lui.
- Non! Fit Hanji.
Des corps baignant dans leur sang étaient éparpillés partout dans la grande pièce.
- Non, non!
Elle se rua vers eux pour les secouer.
- On fait quoi maintenant, demande Eren inquiet?
Livai ne sut lui répondre. Il s'approcha de sa camarade qui fouillait les cadavres. Elle semblait vraiment avoir perdue tout son self-control.
- Qu'est-ce que tu fais, Hanji?
- Peut-être heu... qu'ils avaient une carte ou un mot pour nous dire où ils allaient.
- Jusqu'où ça va aller, comme ça?
- Aussi loin qu'il le faudra, se mit à crier la brune! Où se trouvait leur labo?
- Oh, il ne m'a pas dit, fit Eren désemparé. Il a juste dit que c'était quelque part vers l'ouest.
- Hanji, qu'est-ce qu'on fout ici, pesta Livai! C'est pas pour nous, tout ça.
- Qu'est-ce que tu sais de nous, réplique Hanji en se levant. De moi?
- Je sais que tu es bien plus maline que ça.
- Vraiment? Ecoute, on est des ordures, Livai! Et ça fait trop longtemps que ça dure!
- Non, on est des survivants!
- C'est notre chance!
- C'est terminé, Hanji!! On a essayé. Alors, maintenant rentrons chez nous.
- Non je... Non, je n'irai nulle part. Pour moi... ça s'arrête là...
- Pourquoi, demande Livai?
Hanji prit une grande inspiration avant de s'éloigner de lui en remuant la tête.
- Il fallait bien que ça arrive un jour ou l'autre.
Il voulut s'approcher d'elle.
- Mais enfin, qu'est-ce que...
- Non! Fit-elle en le repoussant. Ne me touche pas.
Eren resta sans voix en regardant la scène avant de comprendre:
- Oh merde... Elle est infectée...
Livai se retourna vers on amie qui esquiva son regard, les lèvres tremblantes. Il se recula.
- Livai...
- Fais moi voir.
- Ca ne devait pas se...
- Fais moi voir!
La jeune femme tira vivement sa chemise où on pouvait apercevoir une morsure près de la clavicule.
- Oh merde...
- C'est con, hein? S'exclame Hanji avant de se diriger vers Eren. Donne moi ton bras!
Elle montra la morsure du garçon.
- Ca fait trois semaines! Je me suis fais mordre il y a quelques heures et c'est déjà pire. C'est pas des conneries, Livai!! Tu dois emmener ce garçon chez Mikasa. Elle traînait avec ces types, elle saura où aller.
- Non, non, non, ça c'était idée, grogne Livai. Je ne veux pas faire ça!
Hanji se rapprocha de lui complètement désespérée.
- Si, tu dois! Ecoute, après tout ce qu'on a traversé ensemble tu peux bien faire ça pour moi? Alors, tu vas l'emmener chez Mikasa!
Elle avait pris un ton sévère à la fin de phrase. Elle voulut rajouter quelque chose mais un bruit de voiture les interrompirent.
- Merde, fit-elle en se dirigeant vers la fenêtre.
Une voiture de l'armée s'était garée devant la capitole et des soldats en sortaient, armés jusqu'aux dents.
- Ils arrivent.
- Putain...
- Je peux les retarder, dit-elle assurée, mais vous devez partir.
- Quoi? Alors tu veux qu'on te laisse ici? S'exclame Eren.
- Oui.
- Hanji, il est hors de question que...
- J'ai aucune envie de finir comme ces monstres!
Le noiraud se sentit dans une impasse de taille. Il vit les yeux de sa camarade se remplir de larmes.
- Je t'en pris, ne rend pas ça plus difficile.
- Je peux me battre.
- Vas-y! Pars! Crie-t-elle en le poussant. Allez fous le camp...
Livai la fixa longtemps dans le blanc des yeux, réfléchissant à tout allure.
- Eren!
- Je... je suis désolé, je ne voulais pas que ça arrive! Dit-il en s'approchant d'Hanji.
- On y va, dépêche toi.
Le jeune garçon se mit a courir vers la porte la plus proche. Livai regarda une dernière fois son amie depuis des années. Ils ne se dirent rien et il disparut en suivant le jeune homme.
Hanji cacha un sanglot avant de se retourner vers la porte d'entrée. Elle pointa son arme, en entendant les soldats être tout proche d'elle. Elle se sentait prête à mourir.
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