Chapitre 2 : Accroche toi bien à ta branche.


Raphaël, les yeux dans le vide, termina de boutonner sa chemise d'un air absent, mâchant ses mots, cherchant désespérément une explication, une justification à donner à ses coéquipier. Mais franchement, il ne savait pas quoi dire.

Il enfila sa veste en se marmonnant des paroles d'encouragements, puis, finalement, lorsqu'il se rendit compte que certain étaient prêt à partir, il se lança finalement :

– Je suis désolé les gars.

Personne ne répondit. Raphaël eut droit à quelques claques dans le dos, à des sourires crispés, et des hochements de têtes, mais franchement personnes n'étaient dans l'état d'esprit d'un discours.

Ils ont perdus, point final.

C'était d'autant plus dur lorsqu'au loin ils entendirent les cris de joies des joueurs de l'autre équipe.

Raphaël baissa la tête et serra les dents.

Il pouvait encore remonter la pente.

En attendant il se lance et décide de rejoindre le bus qui les ramènera à Fontainebleau. Comme ordonné par le coach il ignora soigneusement les journalistes et avança tranquillement, du moins jusqu'à ce qu'une question en particulier retienne son attention.

– Répètes, exigea-t-il en s'approchant du petit gars aux lunettes.

– Je disais : qu'elle est le nom de la prostituée qui a semée la zizanie dans l'équipe.

Son sang ne fit qu'un tour et, sans prévenir et sans se soucier des flashs qui crépitaient autour de lui, il asséna une droite violente à son interlocuteur, brisant ses lunettes et son nez au passage. Mais cela ne suffit pas puisque Raphaël se jeta sur lui et le frappa encore et encore. Bien sûr les garde du corps arrivèrent très vite pour l'éloigner de l'enfoiré mais le mal était fait. Raphaël avait craqué devant une dizaine de caméras.

Il se débarrassa des gorilles, réajusta sa veste et reprit sa marche.

Bordel il creusait sa propre tombe !

Mais il ne supportait pas ça, que ce gars se permette de calomnier et insulter Ella comme ça. Bon, il ne savait pas qu'il venait d'insulter la jeune femme mais tout de même. Il n'avait pas pu, pas su, se calmer et se contrôler. Peut-être que son petit excès fera oublier la défaite ? Il y avait très peu de chance mais Raphaël cherchait un peu à se rattraper à n'importe qu'elle branche pour ralentir sa chute.

– Je peux savoir ce que tu as foutu, hurla Lopez à peine avait-il mit un pied dans le bus.

Raphaël prit le parti de ne rien dire, de toute façon il saurait d'ici quelques minutes. Il se concentrerait sur tout ça demain. Plus tard. De toute façon tout était déjà foutu. Un peu plus un peu moins...

Il ricana alors qu'il prenait place sur l'un des large siège tout en se vissant son casque audio sur les oreilles. Pour l'heure il ne souhaitait que rentrer et dormir. Ne plus y penser. La pluie tombait sur Paris, ajoutant à l'atmosphère déjà lourde et étouffante une sensation de fin du monde désastreuse.

Il était fatigué mais il ne parvenait pas à s'endormir, il était épuisé mentalement mais n'arrivait pas à arrêter de penser.

Et ces mots qui le narguaient, le titillaient, l'agaçaient sans jamais lui laisser le moindre répit !Il ferma les yeux et se laissa emporter par la musique sans vraiment y faire attention, ses yeux plongeant dans le paysage flous de la circulation parisienne, laissant les mots destructeur revenir :

Je ne peux pas continuer comme ça, je ne peux pas, pleura-t-elle.

Ella...

Non, cria-t-elle en reculant, se dégageant des bras qui l'enserrait. Je ne suis pas ce genre de fille. Je ne joue pas sur plusieurs tableaux !

Raphaël secoua la tête en reculant d'un pas, ses mèches blonde glissant devant ses yeux :

Tu peux pas me faire ça maintenant ! Tu ne peux pas venir pleurer ton mal-être dans mes bras aujourd'hui !

J'essaie de te joindre depuis une putain de semaine, connard !

Raphaël sursauta et se dirigea vers la porte pour la verrouiller. Il ne voulait pas que quelqu'un les surprennent. Personnes, jamais.

La ferme, siffla-t-il en se tournant vers elle. Écoute, rentre chez toi, je t'appelle.

Non. Je veux plus avoir à faire ça. Toi, Jeweel, ça me tue.

La pointe de jalousie qui vient lui tordre les tripes était malvenue, il le savait mais il ne pouvais pas s'empêcher de détester ça. Ces moments où elle les citaient tout les deux dans la même phrase. Et il se détestait d'autant plus que Jeweel était son meilleur ami.

Je suis désolée de faire ça maintenant mais...

Elle souffla et se passa une main dans les cheveux, elle tremblait, ses yeux étaient rouges, son nez coulait et ses cheveux bruns était légèrement humide à cause de l'averse qui avait commencer à s'abattre, formant une couronne de boucles hirsutes et sauvages autour de son visage défait. Son expression lui brisait le cœur et il se haïssait pour ça.

Je m'en vais. Une opportunités'est présentée. Je ne pense pas te voir avant un bon bout de temps. Je suis désolée, répéta-t-elle en baissant les yeux.

Raphaël fronça les sourcils tendis qu'il tentait d'assimiler ce qu'elle lui disait. Elle partait ?Elle le quittait ? Non, ce n'était pas possible. Il avait besoin d'elle. Il allait parler à Jeweel. C'était prévu.

Non, lance-t-il en lui saisissant le poignet alors qu'elle se dirigeait déjà vers la porte. Je vais lui parler, après l'Euro, cet été, laisse moi un peu de temps. S'il-te-plaît, ma fleur j'ai besoin de toi. Je t'en supplie.

Il en était venu à supplier. Il n'en revenait pas. Lui, le fier champion international qui suppliait ! Mais le sportif avait conscience qu'il ne pouvait pas la laisser sortir de sa vie. Il ne voulait pas vivre sans elle.Il n'avait même pas envie d'essayer...

Et tu vas lui parler quand, hein ? C'est jamais le moment. Vous avez toujours des compèt',des tournois, des stats ou je ne sais trop quelle connerie ! Je ne veux plus de ça. Et je ne veux plus trahir Jeweel. Ni toi d'ailleurs, ça te bouffe aussi, ne me mens pas. Je le sais.

Ella avait raison, il le savait.Raphaël n'était plus vraiment lui même. Ça le minait. Mais il n'était pas prêt à renoncer. Il l'aimait.

Ne pars pas, souffla-t-il en se penchant sur elle.

Elle secoua la tête et tenta de le repousser. Il lutta, l'empêcha de s'éloigner, attrapa ses poignets et les maintint dans son dos, et, finalement, l'embrassa. Là aussi elle essaya de le repousser, mais il était trop fort et c'était désespéré, comme s'il ne pourrait plus jamais respirer. Ils'accrochait à elle, délaissant ses poignets pour finalement entourer son visage de ses grandes mains. Elle pleurait et il en crevait.

Ne pars pas, ne pars pas,murmurait-il entre deux baisers, reste. Avec Jeweel ou avec moi, je m'en fiche, mais reste. Reste.

Elle secoua la tête, déposa ses lèvres sur les siennes, tendrement, et, tout aussi vite, s'éloigna en murmurant :

C'est fini. Tout est fini.

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