Lettre.
Et ce n'est qu'en te regardant que je te voulais à moi seule. Je ne savais pas pourquoi, mais j'avais le pressentiment que tu étais différent, que tu étais un homme simple. Tu sais, c'est difficile de cerner les gens, mais toi je t'ai cerné direct. Tu étais un homme, un vrai homme, un homme amoureux de cette pétasse de Sandrine. Mais tu étais partagé quand je suis arrivée dans ta vie. C'était le deux juillet deux mille douze quand je suis arrivée, je me rappelle de ton sourire extrêmement beau, de tes joues rosies par la chaleur qu'il faisait, de cette sensation d'être heureux tout simplement.
Pourtant je n'étais pas la plus belle, à cette époque, et pourtant tu m'as choisi, moi. Pourquoi ? Parce que dans les moments difficiles, comme en ce vingt-sept juillet deux mille dix-sept, tu as été là, tu m'en as empêché de me suicider une énième fois. Tu m'as appelé, tu pleurais, les pleurs d'un homme sont tout ce qu'il y a de plus chers à mes yeux. Tu as essayé de me réconforter, de dire que ce n'était qu'un connard, qu'il m'avait fait souffrir tant de fois, qu'il ne me méritait pas, que je n'étais qu'une fille perdue, une fille qui cherche le vrai, le grand Amour. Je ne pourrais pas te dire que je t'aime, ni que je suis amoureuse de toi, non, tu n'es qu'un ami à mes yeux à présent. Un ami très proche, quelqu'un qui m'a soutenu dans les moments difficiles. Quelqu'un de très bien, par rapport à ce connard, quelqu'un qui n'était pas déprimé, qui n'était pas un sociopathe, ce genre de mec ayant eu des problèmes certes, mais qui s'en est toujours sorti parce que j'étais là, j'étais là pour t'épauler, et j'étais bien la seule. Même ta famille te reniait, même tes amis ne savaient pas ce que tu avais enduré. Seul, avec une grosse déprime en début deux mille quatorze, tu te faisais du mal alors que tu travaillais dans un secteur psychiatrique. Tu savais ce qu'était la douleur, tu le savais, et moi j'étais là, te regardant te détruire. Et puis j'ai craqué, j'en pouvais plus de te voir t'autodétruire pour une salope. Alors j'ai fait une chose impensable : j'ai pleuré, pleuré de toutes mes larmes, j'ai voulu te montrer que moi aussi j'étais faible, trop faible pour tout garder à l'intérieur de moi.
Aujourd'hui, je sais que tu vas mieux, mais moi je ne vais pas mieux. Au contraire, je sombre de nouveau, je bois pour oublier la douleur lancinante dans mon coeur, je ne pleure plus quand je me fais du mal, je veux rester forte, mais je sais que je suis faible, trop faible pour continuer. Mais toi, tu le sais, tu sais que je n'arriverais pas à me foutre en l'air, car je ne le désire pas. Je veux vivre comme une autre, même si c'est en portant un putain de masque, je veux vivre pour toi et les autres qui me soutiennent.
Je ne peux pas le dire, mais sache que tu as été une de mes plus belles rencontres, Brice.
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