12 - validation

Léna se gare devant l'immeuble où il y a ma maison familiale et j'ai des aigreurs d'estomac en pensant à comment je suis partie.

- t'as vécu ici toute ta vie?, me demande Léna en le regardant avec moi.

- c'est ça.

- il est vraiment en piteux état.

- tout le monde ne vit pas dans une belle villa comme toi.

Elle me fixe avant de hocher la tête.

- ton père n'est pas à la maison t'es sûre?

- je...

Je me fais couper quand je vois mon père sortir de l'immeuble accompagné de mes frères et je n'ai jamais été aussi contente de les voir .

- c'est mon père et mes frères.

Léna regarde avec attention et quand ils tournent leur tête vers nous, elle me prend dans ces bras et on se cache.

- ils ont pas l'air d'aller bien loin. On doit se dépêcher !, me dit elle.

Dans ces bras, j'ai un temps de réaction plus long avant de me reprendre et de hocher la tête.

On descend ensemble et je me presse d'aller jusqu'à la porte de mon appartement.

Normalement les petits sont à l'école en ce moment.

Je cogne à la porte , Léna derrière moi et j'ai le ventre noué.

- Giselle tout va bien! Tu ne vas pas cogner à chaque fois!, lance maman.

Léna me regarde et je lui explique en mimant que Giselle c'est notre voisine.

Maman ouvre la porte et en voyant son œil au beurre noire et sa joue enflé, je ne me retiens de fondre en larmes.

Je me jette dans ces bras et elle aussi elle a un temps d'arrêt avant d'accepter mon étreinte.

- mon bébé ! Ma sana! Tu vas bien?

- maman c'est toi qui a un œil au beurre noire!

- mais tu étais où ? J'étais si inquiète ?

Je jette un cou d'œil à Léna derrière moi et elle se racle la gorge. Maman la remarque avant de loucher sur moi.

- qui est ce?

- maman je te présente Léna c'est...

Léna me regarde et je ne comprends pas pourquoi je me bloque. C'est pourtant simple. Léna est la sœur de mon petit ami. Léna c'est ma belle sœur. Ni plus ni moins.

- ...une amie.

- oh...

- ravie de vous rencontrer madame. Nous ne devrions pas perdre de temps Sana.

Je regarde Léna avant de hocher la tête.

- maman il faut qu'on y aille.

- aller? Mais aller où ?

- loin d'ici! Loin de papa.

- non... non Sana. Je ne peux pas laisser Romy et Salomon avec Salif. Je dois rester. En plus, on est marié Sana. Devant Dieu!

- maman! Il s'agit d'une question de vie ou de mort ! Il peut te tuer.

- non! Il ne me fera jamais de mal.

- t'es aveugle ou quoi? Maman il t'as déjà frappé ! Devant nous!

- Sana, dans le mariage il y a des hauts et des bas. Tu vas comprendre quand tu sera marié à ce petit riche. Je vais bien. Maintenant, va t'en avant qu'il ne te trouve.

Comprendre?!?

Je regarde maman et j'espère que je n'ai hérité de son aspect si résignant. Je me tourne en colère et Léna pose sa main sur mon épaule.

- madame, voici ma carte. Appelez moi si vous changer d'avis. Je viendrai vous chercher aussitôt avec Sana, lance Léna.

- d'accord. Maintenant emmène là loin d'ici.

- je ne veux pas te retrouver morte maman. Tiara et moi on s'inquiète, dis je en me retournant.

- je vais bien. Mes filles sont en sécurité, donc je vais bien.

Je la regarde et je n'ai même pas envie de lui adresser encore un mot. Je pars sans Léna et descends rapidement les escaliers.

Quel idée d'être attaché à une personne pareil?! Ça se voit que papa...que Salif ne l'aime plus. Comment on peut rester avec quelqu'un qui ne nous aime pas?!?

Je sors du bâtiment et souffle l'air du dehors.

Une main se pose sur ma hanche et je sursaute.

- Léna ?...tu m'as fait peur.

- allons dans la voiture.

Je hoche la tête et la suis vers la voiture.

Une fois dans le véhicule, je souffle avant de me tourner vers Léna qui a encore gardé un sang froid incroyable.

- comment fais tu pour être si...calme dans ce genre de situation ?

Elle se tourne vers moi avant de sourire.

- je suis complètement détaché. Je réagi comme si...j'étais devant un film.

- ma vie est un film pour toi, soufflais je avant de regarder devant moi.

Pourquoi se sentirai t elle impliqué après tout? Ce genre d'histoire de famille tragique elle ne connaît pas. Gabriel m'a dit qu'il était petit pendant le divorce de leur parent. Elle devait être encore petite et n'a quasiment aucun souvenir.

Je vois sa main traverser mon visage et se poser à côté de ma joue. Elle tourne mon visage vers le sien et sourit.

- et si on allait faire du shopping ? Tu as 2 semaines après tout.

Je rougis en voyant sa main avant de la regarder.

- je ne suis pas vraiment d'humeur Léna.

- le shopping règle certaines choses tu sais. Même si...apparemment avec un orgasme est l'un des meilleurs anxiolytiques.

Je rougis en la fixant et suis totalement déstabilisé qu'elle le dise avec tant de flegme.

- tu veux essayer quoi du coup? Le shopping ou...

Je la regarde dans les yeux attendant la chute mais non, on est suspendu à son sous entendu.

- tu pourrais me...donner un ...orgasme...maintenant ?

- oui.

Elle est...tellement sûre d'elle.

Je détourne le regard sentant mon cœur battre à la chamade.

- Gabriel n'y arrive pas à tous les coups...alors toi...enfin...avec une femme...enfin...

- alors je le prends dans ma fierté que tu me compares à Gabriel, et ça me donne envie de te faire voir ce que c'est avec une femme. Mais pour ça...j'ai besoin de ton accord Sana.

Je remet mon regard dans le sien, étourdi par les battements de mon cœur et ces paroles.

- je...

Elle réduit l'espace entre nous et je déglutis quand sa main qui était sur ma joue , frôle mon intimité à travers mon pantalon de ces doigts.

- ne me sous-estime pas. Je peux faire bien mieux que Gabriel. Et bien mieux que plein d'hommes. Donne moi juste ton accord. Pas besoin de le faire maintenant. Juste ton accord.

Je la fixe et quand je sens son souffle dans mon cou, je ferme les yeux sentent une chair de poule envahir mon corps.

- alors? D'accord ?

- oui.

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