Chapitre 27 : Invité surprise.

Nolahn traversa le hall mais se trouva stoppé dans son élan par l’entrée fracassante d’un jeune garçon aux cheveux aussi noirs que la nuit, et frisés tels les rouleaux des vagues dans une mer déchaînée. Mais ce l’interpella le plus chez ce garçon inconnu était son attitude agressive quand il lui demanda :

« Où il est ? Où est cette enflure d’Akihiko ? »

A l’entente de ses paroles haineuses à l’encontre de cet individu qu’il ne portait pas dans son cœur, Nolahn dû faire appel à tout son self-control pour ne pas éclater de rire, ce qui, il le savait énerverait d’autant plus son interlocuteur au visage d’ores et déjà entièrement fermé.

« Bon tu réponds ou quoi ? » Tonna le frissé.

« Il est à l’étage mais je ne sais pas où, il faut dire cette barraque est tellement immense. Tu peux aller jeter un œil je ne retiendrais personne qui a à l’esprit de casser la gueule à ce japonais égocentrique. »

Celui aux cheveux noirs lui offrit un sourire bancal et sardonique et lui emboita le pas quand il commença à monter les escaliers.

Sans même savoir qui il était, Nolahn conduit le brun jusqu’à l’étage, le laissant vagabonder dans toute l’aile du bâtiment, sans plus se soucier de ce qu’il allait faire. Il se dépêcha de rejoindre la salle de bain, trouvant Helory et Tÿas en train de babiller doucement en attendant que la baignoire soit pleine.

« Helory, on aurait besoin de toi, c’est urgent, Mahé ne va pas bien. »

En entendant cela, le jeune homme se releva subitement, comprenant l’urgence de la situation mais se ravisa un instant, se tournant vers Tÿas, et lui demandant :

« Ça ira si je te laisse seul un moment ? »

Le blond ouvrit la bouche, pour répondre que tout irait bien et qu’il n’y avait pas de soucis à se faire pour lui, mais fut interrompu par la porte qui s’ouvrit brutalement sur l’adolescents aux cheveux frissé que Nolahn avait abandonné dans le couloir.

Tout le monde se tut un instant, se dévisageant tour à tour puis Helory fronça les sourcils et demanda, de sa voix douce et mélodieuse, calme :

« Lyzaïa ? Qu’est-ce que tu fais ici ? »

Le dénommé Lyzaïa sourit et dit, sans pour autant lâcher Tÿas du regard :

« Des comptes à rendre avec Akihiko, tu ne saurais pas où il se cache d’ailleurs ? »

Helory soupira, comme si cette explication ne l’étonnait guère.

« Ce n’est pas vraiment le moment, j’ai un ami qui ne va pas bien à aller voir et tout le monde est très occupé, Akihiko compris alors si tu pouvais, je ne sais pas, repasser dans un mois ou deux ce serait très aimable. »

Tÿas coupa l’eau du bain qui était désormais plein.

« Je crois que je vais rester ici. Jusqu’à temps qu’Akihiko vienne et me rende ce qu’il me doit. Donc si vous êtes occupés, autant le faire venir au plus vite. » S’enquit Lyzaïa, provoquant.

« Lyz’ ce n’est vraiment pas le moment, je te jure. Je n’ai jamais pris part dans tes embrouilles avec Akihiko mais là je te demande en tant qu’ami de partir. Tÿas a besoin d’être au calme et je devrais être à ses côtés pour le veiller mais comme je n’arrête pas de te le répéter, j’ai beaucoup à faire. »

« Si tu es si débordé, tu n’as qu’à y aller, je reste ici et surveille Blondie pendant que tu vas sauver ton pote et en même temps, je patiente jusqu’à temps qu’Akihiko daigne nous honorer de sa présence, qu’en dit tu ? »

Helory allait répliquer négativement mais fut coupé par la petit voix timide de Tÿas :

« C’est bon, moi ça me va. »

Helory resta donc un moment à fixer le blond, comme pour juger de la véracité de ses propos puis, se rappelant qu’il était attendu, il sorti, Nolahn à sa suite. 

Il se pressèrent dans les escaliers, ayant perdu assez de temps comme ça, et c’est dans un grand fracas qu’ils entrèrent dans la chambre où Orphée m’avait emmené.
Je luttais contre l’évanouissement, me forçant à garder les yeux ouverts, malgré la douleur.

J’entendais vaguement parler autour de moi, notamment Orphée expliquer la situation à Helory qui ne se formalisa pas du caractère démoniaque de la blessure, il sembla plutôt s’attarder sur son étendue et sa profondeur.

Il commença par me faire ingérer deux cachets de morphine qui me soulagèrent rapidement de la douleur et m’aidèrent à m’endormir, ne sachant ce qu’il comptait faire ensuite.

Je dû dormir deux bonnes heures et quand je me réveillais, Orphée était toujours à mes côtés, ce qui me rassura. J’avais la tête lourde et c’était la fantasia, comme si une fanfare jouait à l’intérieur.

Je déteste les fanfares !

Je tentais de me relever mais Orphée me stoppa, me demandant de faire doucement, que je pouvais être pris de mouvement de vapeur et de nausées ainsi que d’étourdissements si je me levais trop rapidement.

« Helory t’a fait un cataplasme pour contenir le poison qui te ronge et l’empêcher de gangrener dans tout ton corps, ou de moins le retarder. Un remède pour personne âgées qu’il a dit. Ceci dit je ne vois pas vraiment pourquoi ce remède serait réservé aux personnes âgées, s’il marche, autant le délivrer à tout le monde non ? Vous êtes parfois vraiment étranges vous les humains. »

Je me demandais un moment ce qu’il avait voulu dire puis éclatais de rire.

« Ce n’est pas un remède pour personnes âgées, il s’agit de ce que l’on appelle un remède de grand-mère… »

« Oui, voilà c’est ça mais ça revient au même. » Me coupa-t-il, me provoquant un nouveau rire moqueur.

« Non, c’est juste que c’est un remède ancien et souvent naturel, comme ceux que l’on employait avant les avancées en chimie moléculaire qui nous à permit le développement de la médecine et qui, traditionnellement était transmis par les grand-mères puisque c’est elles qui possédaient le plus d’expérience. »

« Ouais c’est la même. » Bouda Orphée, m’arrachant un énième rire taquin.

« Tu m’aides ? » Demandais-je, levant les bras vers lui pour lui faire comprendre que je voulais qu’il me lève. Mais rancunier, il me lança dans les dents :

« Aide-toi tout seul. »

J’ouvris la bouche en un rond casi parfait, stupéfait. Ce fut son tour de rire.

C’est ce que l’on appelle plus couramment être pris à son propre jeu, l’arroseur arrosé…

Il s’approcha finalement de moi pour m’aider. Nous traversons le grand manoir pour rallier le salon, Tÿas ayant apparemment des informations à nous faire parvenir.

En nous dirigeant vers le salon, nous croisons un adolescent aux cheveux ébène frissé que je ne connaissais pas. En quête d’informations, je me tournais vers Orphée qui haussa les épaules, me disant seulement :

« Un ami d’Helory il me semble. »

Cette maison est une auberge ou quoi ? Tout le monde y rentre comme dans un moulin.

Une fois dans le salon, nous nous asseyons là où il restait de la place sur le canapé, c’est-à-dire à gauche d’Akihiko et peu de temps après, le garçon bouclé de tantôt réapparut, tendant une serviette éponge à Tÿas qui avait les cheveux trempés. Ce dernier les essuya et commença à expliquer ce qu’il savait.

« Je sais comment communiquer avec vous quand nous serez en Enfer. Enfin je crois savoir, ma vision était courte floue et instable mais je pense en avoir saisi le sens général. »

« Développe. » Demanda Orphée calmement.
« Et bien il s’agit d’un processus d’imprégnation, il faut que l’un de vous réalise une imprégnation mutuelle avec moi. C’est un lien qui survit à la mort et nous pourrons l’utiliser pour communiquer, restant attaché, un peu de la même façon qu’un fantôme qui hante un lieu auquel il est étroitement lié. »

« Tu es sûr de pouvoir maintenir le lien sans faillir. L’imprégnation est très douloureuse quand on est séparé. » Questionna Akihiko, s’intéressant un tant soit peu à la conversation. »

« Je l’y aiderai. »

Tout le monde se tourna vers celui qui venait de parler, l’ami d’Helory -dont j’ignore toujours le nom-, qui était assis à quelques centimètres de Tÿas.

« Et comment compte tu faire cela ? » Railla Akihiko.

Ne me dîtes pas que c’est encore quelqu’un qui en veux au japonais et qui va se lancer dans d’incessantes joutes verbales comme Nolahn, qui d’ailleurs n’était étrangement pas présent avec nous.

« Je ne crois pas que cela te regarde, si ? Par contre, si tu n’as rien à faire, tu peux toujours commencer par me rendre ce que tu me dois, n’est-ce pas une merveilleuse idée pour occuper tes insipides journées ? »

Et bien si, encore quelqu’un qui lui en veut pour une obscure raison. Comme si nous avions besoin de cela actuellement…

Akihiko grogna quelque chose d’inintelligible mais ne réplica rien alors, le frissé, un sourire vainqueur trônant sur ses lèvres, expliqua :

« Je suis en quelque sorte un calice, un catalyseur d’énergie. C’est quelque chose d’assez étrange que moi-même je ne saisis pas bien mais je sais que j’en suis capable, je pourrais l’aider à gérer son pouvoir et maintenir le lien. »

« Et pourquoi tu le ferrais, tu ne nous dois rien, au contraire non ? » Demandais-je, sceptique.

« Dis-toi seulement que j’en ai envie. C’est comme ça et vous n’avez besoin d’aucune explications à ce sujet. Je vous propose mon aide, c’est à prendre ou à laisser. »

Je jetais un œil à Tÿas qui semblait approuver ses propos.

« Ok, et quand pourra-t-on commencer ? Quand le portail sera ouvert ? »

Akihiko allait me répondre quand Orphée nous interrompit :

« Tu es sûr de toujours vouloir le faire, tu ne veux pas te reposer un peu avant ? » S’inquiéta adorablement Orphée.

C’est avec un petit rictus que je lui répondis :

« Plus nous attendrons et pire ce sera. Et puis Tÿas aussi est blessé et il n’en fait pas tout un plat. »

Le bel ange me jeta un regard suspicieux mais à mon grand soulagement n’argua rien de plus.

« Comment réalise-t-on une imprégnation et surtout comment s’en défait-on ? » Demandais-je, curieux de savoir dans quoi je m’engageais.

« C’est un lien complexe basé sur des sens cognitifs très peu développés et compris chez les humains, ce que vous appelez souvent instant ou sixième sens. C’est cet instinct qui va pousser deux êtres imprégnés l’un de l’autre à se retrouver quoi qu’il en coûte et où qu’ils soient dans le monde. Pour développer ce lien, il faut, soit trouver l’âme-sœur, auquel cas ça se fera tout seul, ou sinon, suivre un rituel ancien qui consiste à échanger des veux, un peu à la façon d’un mariage, échanger un serment devant quelqu’un doué d’une certaine magie onirique qui pourra les lier en suite. » Exprima Akihiko, comme si la discussion l’ennuyait profondément.

« Et pour s’en défaire ? » Demandais-je de nouveau.

« Il suffit de rompre le lien en s’imprégnant d’une autre personne. Mais celui qui restera imprégné après que l’autre soit parti souffrira plus que s’il était mort. »

« Comment trouver quelqu’un avec… de la magie onirique ? »

« Tu en a un devant toi. » Souffla Orphée, désignant le japonais et son air toujours sombre du menton.

« Tu pourrais faire ça ? » M’exclamais-je.

« Non. » Refusa-t-il catégorique.

« Mais pourquoi ? »

Je ne comprenais pas pourquoi il refusait, je me serais plutôt attendu à ce qu’il demande quelque chose en retour mais nous, il refusait, simplement, sans explications.

« C’est comme ça, jamais je n’aiderais personne à s’imprégner. C’est un procédé barbare et dénué de sens. » Cingla-t-il désormais fermé comme une huître et sombre comme une nuit d’hiver.

Et il se leva, quittant le salon.

Fait chier !

Helory me lança un regard, m’intimant de ne pas le retenir, qu’il allait s’en charger, et il sorti à son tour. Quelques minutes plus tard, des éclats de voix indistinct s’élevèrent de la pièce à côté, nous faisant tous taire, curieux de savoir ce qu’ils disaient.

« Mais enfin Helory comment peux-tu me demander une chose pareille, tu sais ce que représente l’imprégnation pour moi, tu sais ce qu’elle m’a couté par le passé alors ne me demande pas de la pratiquer ! »

« Mais on n’a pas le choix là ! Et tu m’avais promis de tout faire pour les aider ! Je ne supporte plus ton égoïsme ! »

« Mon égoïsme ? Ah c’est la meilleure ! Tu me traite d’égoïste ? Mais rappelles toi que je t’ai tout offert, pour toi c’est facile de juger, tout le monde t’aime au premier regard et regarde où ça nous mené. Je suis bien tombé dans le panneau avec ta gueule d’ange putain ! Tout ce que tu as toujours fait c’est me donner des leçons et profiter de ce que j’avais ! Et après c’est moi l’égoïste. »

« Tu ne peux pas me dire des choses comme ça… » Retenti la voix d’Helory, brisée, au bord des larmes.

« Tu crois vraiment ? Si tu ne veux pas t’en prendre dans la gueule arrête de me provoquer par c’est ce que l’on récolte quand on se croit au-dessus des autres ! »

« Tu ne t’entends pas parler, tu ne penses pas ce que tu dis. »

« Oh si, j’en ai parfaitement conscience et je pense chaque chose que je te dis, et au bas mot ! »

Une porte claqua puis ce fut le silence, nous laissant tous sur le cul. Nous n’étions absolument pas préparés à ce qu’une dispute éclate entre ces deux-là.

« Je vais rattraper Helory, sans lui nous n’avons plus aucune chance d’obtenir l’aide d’Akihiko et même si je n’ai jamais compris comment il pouvait le supporter, pour une fois leur relation va s’avérer utile. » Lâcha le frissé qui, je l’avais appris un peu plus tôt, s’appelait Lyzaïa, après un moment de silence.

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Et voilà, Lyzaïa est dans la place ! ^^

Avec amour et dévotion,

ParadoxalementParadoxale.

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