Chapitre 12: As
Non.
Ce n'était pas possible.
La durée de vie maximale jamais atteinte par un Occinéen était de 97 ans.
Comment Lilith Nanoï aurait-elle pu vivre deux siècles ?
«Il me manque seulement une chose pour te faire fonctionner, continua Lithia en s'adressant à son robot. Et tu seras sur pied pas plus tard qu'aujourd'hui, je te le promets, puisque j'aurai cette chose à portée de main dans peu de temps.»
Ydriss dévisagea avec stupeur la jeune rousse.
Comment ?
Ce visage, après mûre réflexion, était tout ce qu'il y avait de plus... Lilith.
Le cerveau d'Ydriss fonctionna à plein régime pendant une quinzaine de secondes, avant que la jeune fille fasse le lien entre tous les éléments.
Ils se trouvaient dans une espèce de rêve collectif, dans lequel ils avaient remonté le temps, ils ne pouvaient pas interagir avec ce monde, mais la domestique avait l'air d'avoir entendu Noa toquer tout à l'heure, ils se retrouvaient face à Lilith Nanoï, l'assassin des parents des quatre adolescents, et étaient bloqués dans l'espace-temps de l'endroit.
Bordel de biquette.
Que c'était perché.
Ydriss s'empressa de partager sa trouvaille avec les autres enfants, qui se rendirent à leur tour compte de leur situation.
Un mélange d'appréhension, de stupeur et de peu se répandit chez les adolescents, et une question devint alors cruciale : comment, si c'était bien elle, Lilith avait-elle pu survivre à l'explosion et vivre tant d'années dans vieillir ?
Comme pour encourager les adolescents à trouver la réponse à cette question, la jeune Lilith s'empressa de se redresser et rejoignit d'un pas rapide sa chambre, suivie des quatre enfants.
Ces derniers emboîtèrent le pas de la rousse quand Lilith sortit en coup de vent de la pièce, tandis que le passage vers son atelier se refermait automatiquement.
La rousse descendit plusieurs étages du bâtiment, également déserts, pour arriver dans un long couloir. La jeune fille toqua à une des portes et attendit patiemment. Une dizaine de secondes plus tard, la porte s'ouvrit et Lucy, la domestique, exécuta une grâcieuse révérence devant sa maîtresse.
«Oh mon dieu, Lucy, ça te va tellement bien ! Tu vas faire un malheur ! S'exclama Lilith.
–Merci, mademoiselle, répondit timidement la domestique en jetant un œil à sa robe bordeau simple mais ample. Il est l'heure d'aller à la fête, maintenant.»
À contrecœur, la jeune rousse se décida à suivre sa domestique.
Après plusieurs étages de descentes d'escaliers, la petite troupe arriva dans l'immense salle de réception du Manoir, décorée pour l'occasion.
Lyon ne pu retenir un sourire satisfait en voyant la splendeur et la fasteté des parures et vêtements portés. Sous une apparence de jeune garçon blasé, il aimait designer des vêtements et étudier les modes des différentes époques, au contraire de son amie d'enfance, qui s'en foutait royalement.
Lucy emmena sa maîtresse au milieu d'un groupe de quatre adultes et s'empressa de souhaiter le bonjour aux éminentes personnalités dont elle venait de couper la conversation.
En effet, les actuels propriétaires du manoir Inneano, et accessoirement les parents de Lilith, conversaient jusqu'à présent activement avec un autre couple, apparemment également issu des hautes sphères.
Les deux demoiselles exécutèrent une révérence courtoise, avant de faire les habituelles présentations rapides, monnaie courante dans les réceptions de cette envergure.
La jeune Lilith n'osa pas lever les yeux vers sa mère, sentant son regard réprobateur fixé sur elle.
«Excusez-moi, puis-je savoir où se trouve As ? Demanda sans plus attendre la jeune fille au couple qui discutait avec ses parents.
–Elle joue dans le petit jardin, lui répondit la femme avec un grand sourire, ignorant le regard incendiaire que lui jetait la mère de la rousse. Elle t'attend.»
Entendant ces mots, Lilith se mit immédiatement à slalomer entre les invités en courant pour rejoindre le lieu que la femme avait donné. Les adolescents faillirent perdre de vue la jeune fille à plusieurs reprises, à cause du monde dans la salle de réception et surtout de la vitesse à laquelle la rousse se faufilait entre les invités.
Le petit jardin était, contrairement à ce que son nom indiquait, une plutôt grande serre, aux multiples allées entourées de fleurs et autres plantes exotiques. L'endroit était désert, excepté une jeune fille encapuchonnée.
À sa vue, Lilith se précipita vers elle et se jeta avec tant d'élan dans ses bras que l'encapuchonnée tomba en arrière et atterit sur un parterre de fleurs.
«Wow. Je... Tu es magnifique, murmura cette dernière en admirant la rousse.
–Toi aussi, répondit Lilith. Mais enlève donc cette capuche, ce sera mieux.»
Toujours allongée sur le parterre, l'encapuchonnée ôta rapidement sa capuche, laissant déferler sur le sol un torrent de cheveux d'un bleu clair et arborant un sourire angélique. Ses yeux turquoises brillaient d'une joie de vivre inébranlable.
À sa vue, Kaërys retint un cri et recula mécaniquement d'un pas, les yeux écarquillés.
Cette fille.
Non, c'était impossible.
Elle pouvait admettre que Lilith avait trouvé un moyen de rester en vie deux siècles, après tout c'était la criminelle la plus recherchée au monde, mais elle non.
L'encapuchonnée ressemblait comme deux gouttes d'eau à Newen Tali, cette amie d'enfance qu'elle avait lâchement abandonnée afin de partir avec Théo Queeds.
Venait-elle donc la hanter jusque dans ses rêves ?
«As... murmura Lilith en plongeant ses yeux dans ceux de l'autre fille. Je t'aime.
–Moi aussi, Lil', répondit cette dernière, un immense sourire aux lèvres, moi aussi...»
Sur ces mots, les deux jeunes filles s'embrassèrent passionnément.
Un sentiment de malaise se répandit chez les adolescents, et plus particulièrement chez Kaërys.
Aucun des enfants n'était dégoûté ou choqué par l'homosexualité, ils étaient même totalement hermétiques à l'homophobie, mais voir une fille ressemblant étonnamment à sa meilleure amie embrasser l'assassin de ses parents était difficile à supporter pour la brune.
Quand les deux amoureuses se détachèrent enfin l'une de l'autre, Lilith prit la main d' As et l'entraîna dans sa chambre, puis dans son atelier. La jeune rousse fit un bisou sur la joue au robot à son effigie et le fit rentrer dans un sac à sa taille, avant de le porter en bandoulière.
«Alors ? L'interrogea As. Tu as trouvé la source d'énergie dont tu as besoin pour faire fonctionner ton robot ?
–Oui ! J'ai même, je crois, réussi une première dans l'histoire ! Se targua la rousse. Mais il faut tout de même tester...
–Évidemment. Et donc ? Quelle est cette source d'énergie ?
Un court silence sépara la question de la réponse. Cependant, toutes les meilleures choses ont une fin, et la réalité arriva en plein dans la face des adolescents.
«Le générateur principal de la ville.»
Les quatre enfants, tétanisés, se fixèrent les uns les autres, comprenant le ressenti de chacun.
Pitié non.
Pas le générateur.
Comme pour accentuer leur appréhension, Lilith prit grand soin d'emporter avec elle sa précieuse peluche, souvenir de son enfance et de ses réussites.
Mais, contrairement aux adolescents, la jeune Lilith ne se doutait pas que sa précieuse peluche allait devenir célèbre, et surtout rester dans l'Histoire comme la cause de la destruction totale de Progresscity.
*****
OH MY GOD WOW
Que j'aime ce chapitre, bordel.
C'était un réel plaisir à écrire, je me suis niquée les yeux lel.
Ohlalalala. On approche bientôt de... ET NON, PAS DE LA FIN, J'VOUS AI BIEN EUS !
Quand j'aurai fini Switch, je me consacrerai entièrement à ma BD, et je pense (j'espère !) que mon niveau en dessin se sera encore amélioré (au fait j'ai un artbook lel)
L'intrigue avance bien, il doit rester 10-15 chapitres, si ça se trouve ça va être beaucoup plus long X)
Cette partie de l'histoire est vraiment une drogue. Plus j'écris, plus je suis fière de moi et plus j'ai envie d'écrire la suite. Mais bon, on va pas se plaindre, j'aurais pu être en panne totale d'inspi...
Bon, les biquettes. Huuuuuum... J'ai rien à dire de plus, tout se passe bien, en fait.
Bon, bah je go écrire le chapitre suivant, alors.
Ciao !
10/10/17
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